RAFFINGTON EVENT - DÉTECTIVE (Andreas)

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Que cette réputation soit justifiée ou non, Andreas est connu pour ses intrigues complexes et sans concession envers le lecteur. Des intrigues denses qui occupent des albums entiers, parfois des séries (le tandem Mil / Cyrrus étant sans doute le paroxysme de cette approche). Bon, tout n’est pas complexe ni hermétique chez l’auteur. Et Raffington Event - Détective fait partie des œuvres les plus accessibles.

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L’album est composé d’histoires courtes tournant autour des enquêtes d’un détective bedonnant (que les lecteurs de Rork auront déjà croisé). Le premier récit est en noir et blanc, tandis que les autres profitent de la couleur. Chaque récit est séparé, à l’exception du dernier, qui est une suite du second (soit du premier en couleur, pour ceux qui suivent). La construction est en général ingénieuse, avec des chutes qui fonctionnent à merveille (“Mécaniques”, par exemple, est fort bien huilé).

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Amoureux de la forme et des expérimentations, l’auteur se permet aussi des contraintes constructives, comme le formidable épisode “Pourquoi ici ? Pourquoi moi ?”, qui se compose d’une succession de gros plans sur le personnage, dont la voix off raconte l’histoire que l’on ne peut que reconstituer par ses propos et ses mimiques.

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Dans un ordre d’idées voisin, “Kid” propose une petite histoire entièrement constituée d’ombres chinoises, puisque la ville est plongée dans le noir.

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Publié à l’origine dans la collection “Histoires et légendes” du Lombard, assez prestigieuse, le recueil a été réédité en 2016 dans la collection “Signé”, encore plus prestigieuse, sous une nouvelle illustration de couverture. La première faisait le portrait du héros hors de tout contexte, alors que la récente le place sur un fond mettant en exergue l’un des récits (une histoire de rêve prémonitoire).

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Andreas investit le champ de l’histoire à chute, faisant une sorte de Quatrième Dimension à sa sauce (avec des silences, des non-dits, et une grande liberté laissée au lecteur à l’interprétation). Bref, c’est accessible, virtuose et souvent doucement ironique. Un must.

Jim

Oui, c’est une série d’exercices formels très brillants, exploitant le média BD avec brio.