RÉÉDITIONS DC : TPBs, Hardcovers, Graphic Novels

J’ai récemment retrouvé dans une pile un recueil que je n’avais pas lu (et que je ne me rappelle pas avoir acheté, en plus…), Superman / Batman: Torment.

Il rassemble les épisodes 37 à 42 de la série précédemment lancée par Jeph Loeb et Ed McGuinness (et dont je découvre, en cherchant un peu, qu’elle a duré quand même quatre-vingt-sept numéros, une longévité qui m’étonne), chapitres en l’occurrence écrits par Alan Burnett et illustrés par Dustin Nguyen.

L’histoire commence de manière assez banale avec un braquage effectué par Killer Croc pour le compte d’un commanditaire inconnu. L’affaire mobilise Batman, mais la présence d’inscriptions kryptoniennes l’incite à contacter Superman. La fin du premier chapitre voit des masses de Kryptonite verte envahir Metropolis.

Le deuxième épisode apporte la première déception flagrante du récit, à savoir que ce phénomène géologique est en réalité un cauchemar, induit par le Scarecrow. Celui-ci semble de mèche avec un étranger dont on apprend l’identité à la fin du deuxième chapitre : Desaad. Son maître, Darkseid le seigneur d’Apokolips, apparaît également, mais visiblement diminué et moins colérique que d’ordinaire.

Diminué aussi, Superman tombe sous la coupe des ressortissants d’Apokolips. Plusieurs détails sont oubliés en route : que devient Croc ? que signifient les allusions de Pete Ross ? quelle est l’implication de Luthor ? Si l’on peut légitimement accorder à certaines sous-intrigues le statut de fausses pistes destinées à tromper le lecteur, il faut bien reconnaître que certains éléments du scénario semblent changer de nature, un peu comme si Burnett improvisait au fil de l’eau.

Le troisième épisode voit Batman enquêter sur la disparition de Superman, ce qui l’amène à rattraper Scarecrow et récupérer la Mother Box qui lui a été confiée. Le justicier de Gotham est projeté dans un monde transformé en forteresse et cerné de Paradémons. La confrontation entre le héros nocturne et son associé lumineux survient, les sbires de Darkseid jetant leur nouveau pion à l’assaut de Batman.

Arrive donc le quatrième volet. Batman, sérieusement endommagé après son court combat contre un Superman qui ne se contrôle plus, est sauvé par Bekka, l’épouse d’Orion, qui le soigne. L’épisode est l’occasion d’expliquer tout le bazar : toute l’affaire tourne autour de la disparition du sceptre du Highfather, et d’une précédente défaite de Darkseid qui l’a laissé sans ses pouvoirs Omega. On comprend que Desaad est à la manœuvre afin de ramener le sceptre à son maître et de restaurer sa puissance, et on devine que le tortionnaire garde à l’esprit ses propres ambitions.

Ce chapitre est long, bavard, compliqué. Visiblement, les auteurs tentent d’expliquer ce qu’ils ont précédemment embrouillé. Une pause soporifique au milieu d’un récit brouillon.

Les deux derniers chapitres retrouvent un semblant de souffle épique, avec un Superman projeté au-delà du Mur-Source et un Batman en mode teigneux qui s’en prend directement à Desaad, au moment où ce dernier a tenté son putsch contre Darkseid.

Malgré l’énergie palpable dans les deux derniers chapitres, l’ensemble est bordélique, disparate, annonçant des subplots avant de les abandonner. Visiblement, Burnett a eu les yeux plus gros que le ventre en se frottant au monde des New Gods, dont apparemment l’éditeur ne sait trop quoi faire au demeurant. Les épisodes sont datés de la fin 2007 : je n’ai pas vérifié les dates, mais je me demande si cela n’annonce pas la mini-série Death of the New Gods de Jim Starlin. C’est en tout cas ce que pourrait laisser croire la dernière séquence où l’on devine la présence d’un tueur mystérieux…

En plus d’un scénario bancal, ces six chapitres sont illustrés par Dustin NGuyen, un dessinateur dont je ne goûte que fort modérément le style. S’il est supportable en aquarelle, quand il travaille au trait ses faiblesses graphiques apparaissent nettement. Et il a beau convoquer des tics graphiques empruntés à Mike Mignola ou à Walt Simonson, ses personnages inexpressifs et laids se posent sur des décors vides à la manière de stickers collés au hasard sur des livres d’image.

Jim

1 « J'aime »