Comme beaucoup d’autres éléments du mythe supermanien, Jimmy Olsen n’est pas apparu dans les comics mais, en l’occurrence, dans le feuilleton radiophonique en 1940. Il ne sera nommé officiellement que dans Superman #13, à la fin 1941. Le personnage continuera à faire quelques apparitions secondaires (et quelques passages sur le devant de la scène) avant d’avoir droit à sa propre série en 1954.
La couverture du premier épisode de Superman’s Pal, Jimmy Olsen, par Curt Swan et Stan Kaye, montre Olsen se grimer devant sa glace, arborant une moustache postiche : la série est donc d’emblée placée sous le signe du déguisement et du travestissement, donc de la métamorphose. Très vite, ces transformations vont prendre un tour nettement plus fantastique : Jimmy va développer, à la faveur de récits où il est soumis à des rayonnements, des pilules ou des expériences diverses, des pouvoirs et des capacités diverses, parfois ridicules. Au point que cela restera comme une marque de fabrique de la série (et jusque durant la période Kirby, où Jimmy est confronté à des métamorphoses diverses…).
Le recueil Superman - The Amazing Transformations of Jimmy Olsen, paru en 2007, propose un florilège des métamorphoses les plus saisissantes, sous une très belle couverture rétro signée Brian Bolland. Tout commence avec « The Super-Brain of Jimmy Olsen », extrait du numéro 22, qui joue sur l’idée assez cliché que si l’on faisait évoluer un humain afin qu’il devienne comme son homologue du futur, son cerveau deviendrait gros et ses capacités mentales impressionnantes (aujourd’hui, on sait que ça ne sera sans doute pas comme ça…).
Suivent « The Human Skyscraper », dans le numéro 28, où Jimmy devient géant, et surtout « Elastic Lad », dans le numéro 31, qui est sans doute la variation sur le jeune reporter la plus connue, celle qui reviendra le plus souvent, celle qui inspirera beaucoup de reprises et celle qui connaît la plus belle continuité au sein de la série (voir la déclinaison dans le numéro 76, avec la Légion des Super-Héros).
Le sommaire propose d’autres variations : Jimmy avec huit bras, Jimmy en loup-garou, Jimmy en jupitérien, Jimmy en surpoids, Jimmy en porc-épic humain (sous l’effet d’un sort jeté par Miss Gzptlsnz de la Cinquième Dimension)…
Une autre des variations les plus connues, c’est celle du « Giant Turtle Man » de Jimmy Olsen #53 (sous une couverture renvoyant clairement aux origines pulps des super-héros, en l’occurrence vers Thrilling Wonder Stories, un titre à l’époque supervisé par Mort Weisinger comme le sera Jimmy Olsen). Comme pour la version élastique, des scénaristes se souviendront de cette version saugrenue et la feront intervenir dans des sagas d’importance, genre Countdown.
Parmi les pépites contenues dans le recueil, on peut signaler deux récits jouant sur la continuité de ces métamorphoses et profitant de leur accumulation. En premier lieu « The World of the Doomed Olsens », extrait du numéro 72, et qui fait intervenir la Légion, puis « The World of 1,000 Olsens », tiré du numéro 105, dans lequel Jimmy fait face à une planète d’androïdes à son image.
Ces aventures débridées et très imaginatives sont souvent signées Otto Binder, également romancier de science-fiction. Si ce n’est pas lui, ces récits sont alors signés Robert Bernstein ou Jerry Siegel lui-même, Curt Swan prêtant son trait académique et irréprochable à la mise en scène. Le recueil propose en ouverture des recréations d’images fameuses avec un lettrage riche et imaginatif qui évoque à la fois les couvertures de pulps et les affiches de films.
Jim




