RÉÉDITIONS DC : TPBs, Hardcovers, Graphic Novels

Je n’avais pas lu Brightest Day. Lassé du travail de Geoff Johns sur Green Lantern, et surtout du carnage qu’a été Blackest Night, j’avais zappé. Je crois que j’ai pris le début de la VF chez Panini, mais sans la lire, et quand l’éditeur a perdu la licence, j’ai profité de l’occasion pour oublier. Et je n’ai pas lu la VF chez Urban non plus.


Mais j’ai profité de l’occasion récente de racheter à un membre du forum quelques recueils, et j’ai donc lu la série, dans une jolie édition en trois tomes cartonnés. C’est marrant, d’ailleurs, parce que je n’arrête pas de pester contre les albums cartonnés en franco-belge, mais j’aime bien les TPB cartonnés, même si j’ai majoritairement des recueils souples. Le lecteur, cet être de contradictions.


Et bref, c’est pas mal du tout. Pour resituer, on suit les péripéties des héros (et vilains) ressuscités à l’issue de Blackest Night. Récemment revenus à la vie, ils cherchent leurs places et découvrent que leurs capacités ont été altérées : Deadman n’est plus un fantôme, Aquaman peut convoquer la vie marine… morte, certains d’entre eux peuvent donner ou redonner la vie…


N’ayant pas lu la série, comme je le disais plus haut, j’ai eu la surprise de découvrir que c’est dans ces épisodes que Mera avoue la raison pour laquelle elle a rencontré Arthur Curry à l’origine. C’est aussi dans Brightest Day que Jackson, le fils de Black Manta, fait son apparition. D’ailleurs, je trouve cette version pré nioufiftitou plus intéressante que celle qu’on a actuellement.

Le récit est construit selon le principe d’intrigues séparées, de destins distants que l’on suit en parallèle, alors que les scénaristes laissent entendre que tout est lié, d’une manière obscure. C’est une manière de glisser des subplots, de poser des indices concernant la menace centrale. L’ensemble des vingt-quatre épisodes met en avant une structure feuilletonnante qui, il faut bien l’avouer, est assez prenante.

Le récit est mené par deux scénaristes, Geoff Johns et Peter J. Tomasi. Et je crois qu’une lecture attentive pourrait permettre de distinguer qui fait quoi. Il y a deux styles, un plus violent, plus rentre-dedans, qui propose de beaux moments (je songe à une discussion entre Aquaman et Jackson, avec une case de silence assez pertinente), l’autre plus sensible, même si les séquences violentes sont présentes. Je pense que l’intrigue consacrée à Martian Manhunter est de la plume de Tomasi, tant elle contient de belles idées (les balles en forme de perle pour tuer Batman, quel trait de génie !). L’un des plaisirs de la série, c’est de suivre des personnages somme toute secondaire, ce qui offre aux auteurs une liberté évidente.

Graphiquement, c’est de premier ordre. Bien entendu, Ivan Reis tire la couverture à lui, consacrant des planches incroyables à Aquaman mais aussi à Deadman, notamment dans un épisode en forme d’hommage évident à Neal Adams. Mais les autres, notamment Gleason et Syaf, ne déméritent pas.


La série n’est pas exempte de défauts, bien sûr. Notamment, elle a généré des spin-offs, et on sent bien que certaines péripéties sont traitées ailleurs, et seulement évoquées en début et en fin de récit. De même, puisque la menace est à l’échelle de l’univers, certaines figures célèbres de la cosmogonie DC sont convoquées, mais on ne pourra pas se débarrasser de l’idée que, justement, ça les diminue un peu. Mais c’est assez véniel somme toute, tant l’attention aux personnages et le caractère très intéressant de la menace l’emporte.

Jim

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