RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Vraiment bien tout est relatif, mais ça se tient

Si tu ne les as pas déjà lus, je dirais en priorité les Astonishing X-Men de Joss Whedon et John Cassaday (24 numéros plus un « Giant Size » final, 2004-2008). Ça existe en deux TPB en VO, et aussi deux volumes « Icons » de Panini en VF. Le titre fait directement suite aux New-Men de Grant Morrison (2001-2004, également disponibles en VO et VF), qui est aussi une lecture des plus recommandables (malgré les deux derniers arcs que je trouve décevants)… mais, disons, un peu moins… « classique » (?) d’aspect, bien qu’on reste dans le domaine du facilement abordable pour le lecteur. Whedon reprend quelques éléments chez Morrison (le personnage de Cassandra Nova principalement), mais pour l’essentiel revient aux fondamentaux avec un casting plus resserré et plus classique, ce qui ne l’empêche pas d’être absolument épique.

Ok merci, je vais jeter un coup d’oeil au premier volume alors. J’ai toujours bien aimé Cable et je sais que le début m’avais plut à l’époque… ça date.

House of M c’était bien, mais j’y vois pas de relecture possible, plus un event fait pour basculer le statut quo (si je ne m’abuse c’était pour baiser Sony et ses mutants).

Tiens du coup, en Inhumains, y’a eu quoi après l’époque Marvel Knight ?

Oui les Astonishing c’était vraiment bon ça. New-Men j’ai pas lu par contre je vais guetter. Merci.

Son of M et Silent War qui sont excellent. Après ça part dans l’espace.

Banco ! Je vais tester ça aussi.

Souvenons-nous : en 1972, Marvel tente de séduire les lectrices, avec plusieurs titres consacrés à des héroïnes (on retient souvent Shanna the She-Devil et The Cat). Les séries ne dureront pas. Parmi elles, il y avait Night Nurse.

La série, consacrée aux mésaventures d’une infirmière confrontée à la violence de la grande ville (en tout cas pour les trois premiers épisodes), n’aura droit qu’à quatre livraisons. Le scénario est signée par Jean Thomas, épouse de Roy, aidée de Linda Fite, compagne de Herb Trimpe, pour le quatrième. Le dessin est assuré par Winslow Mortimer, un dessinateur classique que les lecteurs de ma génération ont connu pour ses Spidey Super Stories, les historiettes publiées dans Spidey chez Lug et destinées au plus jeune lectorat (j’ai découvert ça à dix ans et déjà ça me semblait un peu « bébé »).

Le premier épisode, tant au niveau de son récit qu’en termes graphiques, s’inscrit dans le sous-genre des romance comics, comme en témoigne la couverture et la première planche, qui mettent en avant une jeune dame en pâmoison, écartelée entre son devoir et les élans de son cœur.

Les deux suivants font glisser les drames cornéliens vers d’autres personnages, des patients pour la plupart, et confrontent aussi la prude héroïne au gangstérisme gangrenant la cité.

L’une des particularités de la série consiste à présenter non pas une héroïne mais plusieurs. En fait, un trio d’infirmières qui intègrent à tour de rôle l’équipe de nuit : Linda Carter la blonde (en fait la réfection d’un personnage vedette de Linda Carter Nurse Student, lancée en 1961 sur la vague romance de l’époque), Georgia Jenkins la noire et Christine Palmer la rousse. Linda tient la vedette, son nom apparaît dans le titre en première page, mais pas sur la couverture (où son visage est présent dans le corner box, larmichette à l’œil).

Le quatrième épisode sort de l’hôpital, puisque nous suivons Christine Palmer lors d’une intervention chez un particulier, pour un petit récit envoyant de nombreux clins d’œil vers un genre plus gothique.

Le personnage est réapparu sous une forme nouvelle dans les Daredevil de Bendis, creusant son petit chemin parmi les super-héros ayant besoin de soins nocturnes d’urgence. On la retrouvera notamment dans l’univers de Doctor Strange. Cette notoriété soudaine du statut de « night nurse » vaudra aux lecteurs de profiter, en 2015, d’une réédition des quatre épisodes de 1972, agrémentée de celle de Daredevil #80. Le tout sous une reliure agrafée : le recueil n’est donc pas un « trade paperback » stricto sensu, mais il permet de redécouvrir une curiosité dans l’histoire éditoriale de Marvel, à cheval entre deux genres.

Jim

En 1991, à une époque où Spider-Man était bien en vogue et justifiait de nombreux projets spéciaux, une mini-série intitulée Deadly Foes of Spider-Man a eu sa petite heure de gloire, au point de justifier un recueil trois ans plus tard, sous couverture de Joe Madureira.

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Le récit est écrit par Danny Fingeroth, qui connaît bien le personnage pour avoir supervisé de nombreux titres du Tisseur. La partie graphique est confiée à Kerry Gammill, qui s’occupe de la moitié des premier et deuxième épisodes, et à Al Milgrom, qui illustre le reste. On se doute bien que, malgré la bonne volonté de ce dernier et son sens assez limpide de la narration, on y perd au change.

Le principe est simple : Abner Jenkins, alias le Beetle, est libéré sur parole. Il s’empresse aussitôt de rassembler quelques alliés sous l’appellation « Sinister Syndicate », un groupe qui fait suite aux Sinister Six d’Octopus et qu’on avait déjà vu dans un Amazing Spider-Man de DeFalco et Frenz. Les vilains associés organisent des braquages pour le compte du Kingpin et recourent aux services de la petite amie de Boomerang, Leila Davis, qui officie comme chauffeur. Bien sûr, Spidey croise leur chemin, tout ça tout ça…

Si le récit met l’accent sur les alliances difficiles entre criminels et sur les motivations diverses de ces derniers, bien des années avant la réussite qu’a été le Thunderbolts de Busiek et Bagley, l’intérêt ici réside dans les motivations cachées des protagonistes. Nous passerons sur l’écriture un peu tangente d’un Wilson Fisk parfois vu comme une simple commanditaire désireux de s’enrichir à peu de frais et parfois comme un véritable manipulateur. Plus intéressante est la personnalité de Leila Davis, qui s’avère être l’épouse d’un criminel décédé, le Ringer, que le Beetle avait manipulé jadis. Leila cherche donc à se venger à la fois du super-vilain et de son ennemi de toujours.

Alliances, trahisons, le tout sur un rythme assez soutenu et dans un espace assez court, quatre épisodes seulement (mais le TPB de 1994 utilise un papier épais qui donne l’impression qu’on en a davantage).

Leila Davis fera son retour, justement, dans les Thunderbolts de Nicieza. Quant à la mini-série, elle aura une suite (avec Leila aussi) intitulée Lethal Foes of Spider-Man, et cette fois dessinée par Scott McDaniel (pas encore tout à fait dans son style millerien). Je ne sais pas si elle a été compilée un jour.

Jim

Christine Palmer est réapparue avec Diablo/Nightcrawler, aussi…

Ah, et ne confondons pas Linda Carter et Lynda Carter ! ~___^

Tori.

Note que Son of M a été réédité il y a peu dans une des deux collections Hachette. ça ne devrait pas être trop dur à retrouver.

Pour Silent War, c’est plus chiant je pense. Dans mon souvenir, c’est le début du périodique Marvel Universe, avant que les Gardiens de la Galaxie et Nova période Abnett/Lanning n’embellissent les sommaires du magazine.

Exact : le numéro 6.

Merci pour l’info. Je cherchais en V.O mais galère à trouver :confused:

Je viens de relire l arc avec le epic qui compile les 398-410… je trouve Thomas bien plus fluide… c est horriblement bavard, rempli de bulles de pensée et Cap est sans arret en train de commenter là qu il laisse une boite medicale en Dr Druid, là que son costume arrete les balles depuis peu par chance… juste derriere tu a sla mini Punisher/Captain America : Blood and Glory par Margaret Clark et DG Chichester (pas les meilleurs) mais on dirait que les deux parties n ont pas été ecrite la même année ni la même decennie…
Gruenwald surexplique tout à outrance… trouve une justification au moindre truc … de pourquoi on a pas vu tel perso à comment fonctionne tel truc dans le monde marvel…
La seule planche muette que je pense avoir vu est la mort de Cutthroat…

Franchement il y a pas mal de bonnes idées et ce st pas si mauvais que le dit tout le monde… le souci est que Gruenwald ecrit mal… et quand il a pas un dessinateur au moins confirmé… ca se voit encore plus… Déjà Squadron supreme, il y a des passages mal ecrits (ce qui explique aussi pour moi que ca ne soit pas « autant reconnu » l idée est bonne mais il ecrit mal)
Avec Dwyer… il y avait une alchimie qui fait que ca passe bien… avec Lim aussi… mais le reste du temps, s il a pas une idée forte, tu vois quand même nettement ces lacunes de scenaristes en terme de constructions, narrations, dialogues…

En te lisant, je me fais deux réflexions (qui sont plus des questions qu’autre chose).

D’une part, je me dis que Gruenwald garde en tête, à la limite de l’obsession, que son media est un feuilleton, et qu’il faut constamment rappeler des choses. C’est peut-être pour cela qu’il est si bavard, de crainte de perdre une information en route.

D’autre part, je songe à nouveau à la méthode employée par la maison d’édition et ses concurrents, à savoir que le scénariste travaille en deux étapes, d’abord en livrant l’intrigue et ensuite en finalisant les dialogues. Et peut-être qu’il se repose sur cette seconde partie, ce qui peut donner d’abord des transitions pas fluides, et ensuite des dialogues envahissants pour rattraper le coup.

Jim

je pense aussi sur le coup qu avec Levins, il y a du avoir des ratés…
cette histoire de kit médical que Cap « va envoyer » alors qu il part en skycycle… ca fait vraiment comme si le dessinateur avait oublié une case ou une info dans la case… ceci dit… je trouve que au vue de l intrigue où Druid se remet de pas mal de choses… cette reflexion est un peu too much… (oui le captain il pense au bien etre de son ami)… mais c est pareil avec druid qui pense qu il espere que cap ne pense pas qu il a déserté, blablbli…
Cependant, je pense aussi que Gruenwald etait surement un des meilleurs editors… qu il aurait fait un EIC surement extra… mais qu au niveau scenariste, il a pas mal de lacunes.

d ailleurs en me faisant cette reflexion sur Levins… je me suis dit que Quasar avait attiré à l epoque de meilleurs jeunes que Cap… titre assez délaissé apres le départ de Lim (que je n aime pas mais qui est pro)

Je partage cet avis, et je pensais à Quasar il y a une dizaine de minutes. Il est possible aussi que Gruenwald se soit davantage concentré sur Quasar, qui était son bébé, là où, sur Captain America, il était dans une continuité (où fatalement il souffrirait de la comparaison) et sur une série assez pérenne.
Qu’il y ait des ratés chez Levins (ou chez Hoover : Fighting Chance, c’est pas du tout fluide, mais d’autres trucs de Hoover, genre sa mini Invaders, souffrent de défauts comparables), c’est certain, mais c’est peut-être pas toujours dû au dessinateur.
Je dirais qu’il y a sans doute un mélange entre les dessinateurs qui font pas attention et peut-être des scripts qui manquent de précisions et qui sont donc affinés par les dialogues a posteriori. Quand la série était dessinée par Paul Neary ou Tom Morgan, je la trouvais aussi plus légères.

Jim

Personnages secondaires de la série Thor, les Warriors Three ont eu droit à leurs propres aventures, au détour de tel ou tel récit isolé, ou parfois de back-ups dans la série phare.

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Le recueil Thor: The Warriors Three, dans la jolie collection « Marvel Premiere Edition », rassemble certaines de leurs plus anciennes aventures loin du Dieu du Tonnerre, et aussi certaines des plus jolies.

Le sommaire s’ouvre sur Marvel Spotlight #30 (de la première série), un épisode daté de 1976, écrit par Len Wein et illustré par John Buscema et Joe Sinnott. Le récit s’ouvre sur une scène de bagarre dans un bar, à laquelle sont mêlés les trois guerriers. Dès la page 2, nous apprenons que ces derniers ont mis toute leur énergie à sauver une jeune femme du suicide et à retrouver son fiancé, embringué dans une sombre histoire de dettes, de chantage et de braquage.

Len Wein, à qui Roy Thomas trouvait la grande qualité de savoir restituer les accents et les argots, s’amusent à confronter le langage châtié et pseudo-shakespearien des trois bretteurs aux parlers exotiques d’un taxi new-yorkais ou d’un clochard aviné. Rien que ça, c’est assez drôle. Plus amusant encore, les héros arrivent toujours en retard et, en bref, ne réussissent leur mission que par le fruit du hasard, toujours en décalage, toujours surfant sur la bonne humeur communicative de Fandral. Divertissant en diable.

Le sommaire continue en rassemblant les aventures que le scénariste Alan Zelenetz (un temps aux commandes de la série Thor, un peu avant Simonson) et le dessinateur Charles Vess ont consacrées au trio dans les pages de Marvel Fanfare. Zelenetz avait déjà écrit quelques récits purement mythologiques à l’occasion d’un Annual, et il récidive ici, servi par un dessinateur dont je ne suis pas toujours client, mais dont on ne peut nier qu’il a à la fois du style et du talent.

Le premier récit provient de Marvel Fanfare #13 (numéro qui abrite le dernier chapitre du feuilleton consacré à Black Widow). Fandral, Hogun et Volstagg se mettent en quête de retrouver le dieu de la poésie, qui s’est enfui à cause d’un manque d’inspiration bien malencontreux. Ils le retrouvent transformé en aigle, perché sur les branches d’Yggdrasil, et deviennent sa source d’inspiration.

En parlant d’inspiration, signalons que Charles Vess en profite pour rendre un hommage discret mais reconnaissable au style de Harold Foster, dessinateur de Prince Valiant à qui il emprunte des décors et un système de narration pour la scène de banquet final.

Ensuite, le recueil propose les quatre épisodes d’une mini-série publiée dans Marvel Fanfare #34 à 37. Le principe en est simple : le mariage de Una et Mord doit avoir lieu au solstice d’été, faute de quoi leur amour mais aussi Asgard seraient condamnés. Loki, qui n’est pas invité à la fête, trouve là l’occasion de jouer une mauvaise farce : il transforme le promis en bouc puis se présente, sous un déguisement, tour à tour devant la fiancée et les parents du malheureux avec un vrai bouc, en leur donnant la marche à suivre afin de rendre au jeune homme son apparence naturelle. Chacun d’eux finit par croiser le chemin d’un des trois héros qui se lance aussitôt dans une quête, hélas infructueuse.

Les trois premiers épisodes mettent en scène, séparément, les guerriers : d’abord Volstagg, puis Hogun et enfin Fandral. Chacun est bien entendu confronté à la défaite, ce qui constitue un enseignement.

Le quatrième épisode rassemblent les trois héros, qui ont compris que le bouc dont ils avaient la charge n’est pas Mord. Le sort d’Asgard est dans la balance et ils se rendent dans le château de Loki afin de l’affronter. Là, ils montrent que les mésaventures précédentes ont porté leurs fruits, Volstagg dominant sa peur, Hogun se reposant sur autre chose que la force et Fandral repoussant son goût pour les plaisirs terrestres afin de se consacrer à sa mission.

Graphiquement, Vess s’amuse beaucoup, livrant des décors impressionnants, donnant beaucoup d’énergie à ses personnages et profitant de l’occasion pour glisser quelques références visuelles. Par exemple, il donne à deux enfants de Volstagg l’allure des garnements du strip The Katzenjammer Kids.

De même, la transformation de Loki en dragon me semble une référence également, cette fois pointée en direction de la métamorphose de Maléfique dans La Belle au bois dormant version Disney.

Quant à Zelenetz, il trouve une tonalité à mi-chemin entre l’épopée et la comédie, qui réussit très bien aux trois guerriers. L’ensemble constitue un récit divertissant, drôle et très agréable à regarder, qui méritait bien l’écrin de cette collection.

Jim

J’ai beaucoup aimé la mini-série, publiée en V.F. dans un volume de la collection rouge d’Hachette.

Comparé aux 4 épisodes de Marvel Fanfare de 1987, c’est le jour et la nuit. Les planches de Charles Vess sont un régal pour les mirettes…et le dessinateur est aussi très à l’aise dans la comédie, avec des expressions savoureuses et des références irrésistibles (j’ai beaucoup aimé l’hommage à Pim Pam Poum…bon, j’ai souvenir d’une Madame Volstagg moins revêche dans d’autres comics, mais dans le contexte de cette histoire, ça fonctionne bien). L’histoire de Alan Zelenetz est bien construite (avec Vostagg, Hogun et Fandral en solo dans chacun des 3 premiers épisodes avant leur réunion dans la dernière partie) et malicieuse à souhait. Un délicieux moment de lecture avec cette fantasy mâtinée d’humour…

Le sommaire s’ouvre sur Marvel Spotlight #30 (de la première série), un épisode daté de 1976, écrit par Len Wein et illustré par John Buscema et Joe Sinnott.

Très sympa, cet épisode. Je n’ai pas beaucoup d’Arédit, mais celui-là je l’ai dans un pocket Vengeur en N&B.

qui est avec la mini recente de willingham, c est ca?

Pour le TP ils auraient pu mettre le GN the raven banner… bon je l ai en GN mais

Yep !

Je crois qu’il n’a jamais été compilé, lui ?
Apparemment, il n’est pas non plus dans The Warriors Three: The Complete Collection.

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Jim