Tiens, le premier épisode de la formule Lee-Kirby du Rawhide Kid a soixante ans le mois prochain.
Enfin bon, pas tout à fait : les comics étant antidatés (car la date sur la couverture correspond au moment où le kiosquier doit retourner ses invendus, pas au mois effectif de parution), les soixante ans de cette formule ont été fêtés quelque part vers mai dernier.
Et rappelons que le personnage est apparu en 1955, que sa série n’aura compté que seize numéros avant l’interruption (en raison je crois des soucis de distribution d’Atlas).Donc août 2020 n’est le soixantième anniversaire ni du personnage ni de la série de 1960, mais bon, on va pas perdre une occasion de trinquer, hein ?
Et pourquoi fêter le Rawhide Kid ? Pourquoi dans cette formule ?
Sans doute parce que, comme je l’ai rapidement évoqué dans le post ci-dessus (qui date déjà de huit ans, tonnerre…), parce que Stan Lee et Jack Kirby, qui se connaissent et travaillent ensemble depuis quelques longs mois sur des histoires courtes de monstres, se retrouvent ici afin de développer une série sur le long cours, ce qui est une « nouveauté » à cette période. Et ils testent des choses : un personnage décalé, pas toujours adapté à la société qui l’entoure, pas toujours en pleine maîtrise et bien souvent malmené par des brutes (le Kid serait une sorte de proto-Peter Parker, mais qui répond), une morale de l’entraide qui sera par la suite véhiculée par Parker ou Grimm, des vilains masqués prototypes des super-criminels qu’on verra plus tard, et même quelques touches de fantastique.
Autant dire que, d’une certaine manière, c’est une sorte de première ébauche de la formule présidant aux Fantastic Four qui est testée ici. Il y a soixante ans, le Rawhide Kid commençait à définir, à grands traits rapidement brossés, certaines des règles qui allaient imposer le futur univers Marvel dans le paysage.
Jim