RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

C’est également quelque chose à quoi les éditeurs français, qu’ils fassent de la traduction ou de la création, sont en général peu sensibles. Je dirais même que, lorsqu’on évoque le sujet, ils semblent ne rien comprendre. En création, il faut peser lourd (comprendre « vendre beaucoup ») pour que l’éditeur écoute, et encore, en général, le placement des bulles, la gestion des onomatopées, le choix des polices ou des formes et des couleurs des bulles, tout ceci semble échapper aux auteurs eux-mêmes, dans une vaste majorité des cas.
Je suis par exemple passablement déçu de la version française de Sex, où la police très moébiusienne de la version d’origine a complètement disparu (il y a peut-être des soucis légaux derrière tout cela, mais j’ai du mal à voir lesquels). Chaque lettreur a une personnalité à part. Bob Lappan, qui lettre les Justice League de Giffen et DeMatteis (dans les Justice League Hors Série d’Urban), utilise des petites lettres sèches et gère l’équilibre des lignes d’une manière toute personnelle. Pat Brosseau utilise des lettres plus carrées, sans empattement. Toutes ces nuances disparaissent, en général. De même, Workman lettre les Batman de Tom King, actuellement, et il ne restera que la forme de ses bulles, pas ses lettres également caractéristiques. Et encore, chez Urban, ils font attention à cela : par exemple dans les anthologies, ils utilisent des polices différentes selon les époques évoquées. C’est une approche qui témoigne d’un soin assez rare dans le métier.

Jim

Totalement. Pour ma part c’est un aspect dont je regrette avoir trop peu de connaissance pour véritablement le traiter et comme le souligne Jim on est pas aidé par une édition française qui ne considère pas souvent ce point à sa juste valeur.

Et les BD qu’on peut lire ne s’y prêtent pas forcément.

Je l’ai fait par exemple sur Buffalo Runner, il n’y a pas longtemps car elle s’y prêtait merveilleusement, et que le travail de Tiburce Oger sur les onomatopées méritait ce coup de projecteur.
Ou sur Shimura de Morrison & Quitely ou le Hulk de Pak et Van Lente (Toujours sur les onomatopées).

Mais ce n’est pas non plus forcément le cas à chaque fois.

Je rajouterai a ce que tu dis (ma propre connaissance) qu on sent dans les interviews de pas mal d auteurs qui y attachent de l importance que c est aussi un sujet délicat avec les editeurs qui voient moins l interet… ca change mais…
Je me souviens d interviews de Simonson dans scarce 39 ou Palmer dans le 50 et recemment des gens comme Noto ou Francavilla voire Paul Renaud que c est compliqué… à aborder.
Même miller en a souvent parlé …

Il y a pour moi une meconnaissance des lecteurs, auteurs et editeurs qui amenent qu on en parle peu.

Perso, je remarque quand c est superbement fait comme Simonson et ceux dont on parle ou quand c est vraiment une calamité… peu dans l immense esapce qu il reste entre les 2…

Personnellement, je trouve le lettrage US plutôt de bonne qualité.
Il y a dix ans, Ed Dukeshire faisait celui de plein de titres Image, et c’était vachement bien. Kirkman, quand il assurait le sien, avait développé toute une grammaire empruntée à Workman et Orzechowski, et c’est l’un des éléments forts de ses BD, il maîtrisait splendidement. Je ne sais plus qui lui fait son lettrage de nos jours, mais il assure bien, complètement dans cette lignée.
C’est rare quand même qu’on voit des horreurs. Bon, y a la case formidable de la fin de House of M, où une bulle essentielle et pourtant petite est collée pile poil sur la trogne de Hawkeye. Magnifique bourde. Et le truc qu’on voit souvent, ce sont des bulles mal calées en bord de case, et ça, c’est inacceptable. Mais globalement, c’est plutôt quali.

Jim

Avant d’entamer ma relecture de la période Big Time, j’ai eu envie de me replonger dans les arcs précédents de Dan Slott qui correspondent à l’ère Brand New Day, généralement ceux qui ont montré la capacité du scénariste à redonner une certaine fraîcheur à la série avec un bon mélange d’humour et d’imprévisibilité, le tout soutenu par un usage malin de la continuité dans sa façon de piocher dans diverses périodes, même les plus décriées.

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Le tpb « Died in Your Arms Tonight » inclut pas mal d’histoires annexes à l’intérêt variable, avec notamment un court récit où l’on retrouve un caméo de Stan Lee en psychiatre, et qui vaut surtout pour la présence de Marcos Martin.
Le style détaillé et tout en sensibilité de Colleen Doran se prête bien à une histoire centrée sur la relation entre l’oncle Ben et son neveu (je me rappelle qu’elle avait déjà illustré une belle histoire courte sur une gamine sdf, qui fonctionne un peu sur le même principe que le fameux back-up de Roger Stern aka « The Kid Who Collects Spider-Man »).
Enfin l’annual à l’intrigue assez convenue et anecdotique se sert de la saga du clone pour introduire un nouvel antagoniste éphémère. Cet épisode est dessiné par Pat Olliffe, ce qui est plutôt plaisant quand on est fan des Untold Tales de Busiek.

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Le gros morceau de ce recueil c’est l’épisode 600, qui marque le retour en fanfare d’Octopus après une relativement longue absence.

À force le niveau de dangerosité du personnage semblait s’être émoussé avec les années, un peu comme si les lecteurs et les créatifs prenaient certains vilains issus de l’ère classique pour acquis, tellement iconiques qu’à force il font partie intégrante du décorum du titre. Ils n’ont plus l’attrait de la nouveauté, et après s’être pris une raclée à de nombreuses reprises, ils montrent parfois des signes de fatigue, nécessitant du coup leur prise en charge par un scénariste inspiré capable de les revitaliser.
Dans ce cas il est donc parfois nécessaire de frapper un grand coup, en ramenant ces vilains sous un angle plus ou moins inédit, pour démontrer de nouveau leur importance et réaffirmer leur place au sein de la série (The Gauntlet s’inscrit également dans cette démarche tout en étant beaucoup moins satisfaisant).

Ce fut le cas avec DeMatteis qui fit de Kraven un adversaire inoubliable au crépuscule de son existence, en lui concédant une dernier baroud d’honneur d’envergure (une histoire prévue au départ pour Wonder Woman et son frangin le Grim Reaper) qu’il lui aura offert en guise d’adieu, sa plus belle histoire finalement, lui permettant d’accéder à une certaine stature, une dimension tragique au moment de son trépas.

Le récit débute en faisant le point sur le piètre état de santé d’Octopus, car malgré son irradiation, il n’a pas pour autant acquis une robustesse en mesure de lui permettre de tenir la distance sur le long terme. Forcément quand le Hulk de Keown l’étale avec une simple pichenette (une revanche de la part de PAD qui n’avait pas apprécié la manière dont Larsen avait traité le géant de jade) cela a tendance à laisser des séquelles.
C’est assez bien vu, et cette fin programmée lui donne une motivation renouvelée, comme cela a pu être le cas avec la mère du Death-Stalker dans le cadre de l’épisode de Daredevil avec la maison piégée.

Rétrospectivement cet épisode marque un véritable retour en force graduel pour celui qui avec Norman Osborn s’est le plus immiscé dans la vie privée du héros, étant donné qu’Octavius a eu des vues sur l’increvable tante de Peter depuis les années 60.
Les autres prétendants l’ont depuis vite remplacé, mais c’est sans compter sur Slott qui aime bien appuyer là où ça fait mal, en particulier pour son héros fétiche, qui apprend lors du numéro 699, et de la pire des façons, que sa tante semble bel et bien avoir fauté avec le savant fou rondouillard, juste avant leur tentative de vie maritale sous l’égide du scénariste Gerry Conway.

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En ce sens le travail effectué par le scénariste à compter de cet épisode anniversaire est remarquable dans cette façon de lui redonner une motivation et un degré de dangerosité qu’il n’avait plus depuis les années 90, sans oublier sa présence dans la formidable adaptation qu’est Spider-Man 2 de Sam Raimi, qui n’a pas oublié la dimension fondamentale de figure paternelle négative qui relie les antagonistes les plus mémorables du héros.
Le personnage a droit à un relooking plutôt efficace façon momie high-tech, bien éloigné de la version originelle et pour cause.

N’ayant qu’une connaissance partielle de la série, je ne saurais dire si Slott a encore trouvé là le moyen d’inclure une référence à Docteur Who (la série du Surfer en est truffé, mais dans ce cas-là, cela m’a l’air plus diffus) dans le cadre du plan de Dock Ock de contrôler la grande pomme par le biais de la technologie environnante.

Depuis l’excellente mini-série Spider-Man/Human Torch (peut-être bien ce que Slott a fait de mieux jusque-là dans sa carrière avec son run d’anthologie sur She-Hulk) le scénariste a su montrer avec brio sa manière de gérer la dynamique propre à ces deux héros, dans sa façon de dépeindre à merveille la complicité qui unit les deux, en dépit de leur tendance à se chamailler continuellement. Cela donne lieu dans le cadre de cet épisode à des échanges plutôt efficaces, à base de ping-pong verbal et de remarques bien senties.

Le scénariste a la bonne idée d’éloigner la Torche humaine de son terrain de jeu habituel, ce qui donne souvent lieu à un résultat détonnant, à l’instar de ce qu’a fait Ann Nocenti sur le titre de tête à cornes, lorsque Johnny Storm s’est retrouvé dans les bas-fonds d’Hell’s Kitchen, pas une mince affaire pour celui qui est plus habitué à combattre Annihilus que des loubards patibulaires. À propos de DD, son alliance avec Spidey débouche sur une discussion qui porte sur un sujet assez ironique a posteriori, à l’aune de ce que Soule semble faire actuellement (en tout cas je présume vu que je n’ai pas lu le début du run en question) puisque le justicier aveugle considère que son camarade est chanceux car il a réussi à rétablir son identité secrète.

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Slott s’amuse avec plein de petits détails qui font la différence en jouant avec les situations, avec notamment le fait qu’en plein Dark Reign il y a plusieurs équipes qui prétendent être les véritables Vengeurs, certaines avec plus de légitimité que d’autres, ou encore ce moment où Hydro-Man passe par les toilettes du bar sans nom pour échapper à la police.
Même s’il n’a clairement plus le niveau d’antan, JRjr se débrouille convenablement avec ce personnage qu’il connaît par coeur, bien secondé par Janson, et dans une bien moindre mesure par Dean White, qui n’y va pas de main morte sur les effets et les teintes assez saturées.

Mark Waid embraye dans la foulée avec l’épisode suivant, en débutant avec une intro qui s’inscrit à fond dans la veine « soap opera » du titre (Peter se réveille avec une nénette dans son plumard, mais il est plutôt surpris quand il découvre de qui il s’agit). La partie graphique est l’oeuvre de Mario Alberti bien, dans le ton de l’histoire avec son trait souple et dynamique qui dégage parfois un feeling à la Leonardi pas déplaisant dans les scènes en civil.

Pour ceux que ça intéresse, voici un billet de Phil Cordier, qui revient sur l’évolution graphique de Romita Jr dans sa façon de représenter le monte-en-l’air au fil des décennies, notamment au niveau de la silhouette plus ou moins musclée selon les périodes.

philcordier.blogspot.fr/2015/12/ … ignee.html

Clairement pas le meilleur TPB, au vu des épisodes.

Le problème de The Gauntlet (traduit littéralement “Le Gant” en France ?!?), c’est que sa mise en œuvre est trop mécanique.

Après avoir oscillé entre du neuf (Mister Negative, Red truc) et de la révision à la limite du fan service (anti-Venom, Scorpion-Venom, Menace), la série se force revenir aux vilains classiques. Cependant, cette période, quoique moins intéressante sur le plan créatif, recèle de quelques pépites. Tout ce que fait Joe Kelly sur la rédemption puis la chute du Rhino, lors d’un arc assez court finalement, est très bien pensé. Pareil, les récits concernant Mysterio (Slott et Martin obligent) et surtout celui sur le Caméléon (pourtant mal desservi au dessin) sont parmi les meilleurs de cette période.

Ah bon ? :smiley:
Plus sérieusement, je ne savais pas.

J’ai quelques théories concernant l’apport de Doctor Who sur le run de Dan Slott. J’espère avoir la chance de l’interviewer pour lui poser mes questions un jour.

Je dirais quand même, puisque j’en ai l’occasion, que de tout ce qu’a écrit Mark Waid depuis le début de sa carrière, sa période sur Amazing Spider-Man est sans doute ce qu’il a fait de moins bien. A part le double-épisode sur le Shocker, magnifié par Marcos Martin, la présentation du nouveau Vautour et le dernier arc Origins of Species ne sont pas forcément des plus palpitants.

Moins bien que ses Hulk ?
(j’attends encore un peu pour ses Vengeurs)

Oui, clairement. A l’instar de ses Daredevil, Waid propose une ligne directrice forte pour Hulk. Elle permet de faire évoluer le personnage de façon logique sans pour autant manquer de secouer le statut quo (il se permet quand même de réécrire allégrement l’histoire du géant de jade dans un jeu temporel plutôt bien vu). Le plus gros problème de la série (en dehors de l’inconstance graphique), c’est que le personnage retombe vite dans ses travers (colère, jalousie) lors de la conclusion de la première série. On attrape vite un petit rhume de « toutçapourça ».
Au contraire, sur Spider-Man, il doit partager le personnage avec d’autres scénaristes et ne parvient pas vraiment à imposer sa voix (le truc typique chez Waid, c’est de pointer les défaut de ses héros, souvent « humainement égoïste », lors d’aventure où ils doivent agir au mieux en prenant en compte leur propre égo).

Et ils sont très bien ses Vengeurs. C’est rythmé, chaque personnage a le temps de briller, on a encore une fois une bonne compréhension non seulement du statut quo (avec ce mélange de jeunes et moins jeunes qui lui incombent) mais aussi de l’univers Marvel dans son sens large. Certains lecteurs pourraient lui reprocher de ne plus chercher à faire de grandes sagas ambitieuses (ou choc!) comme il a pu le faire à l’époque sur les Quatre Fantastiques ou Flash, mais Waid partage avec Morrison cette envie de faire continuellement trembler la baraque, pas seulement lorsque le calendrier des éditeurs l’impose.

Vous faites la fine bouche, mônsieur ! Surtout maintenant qu’on sort de huit ans de Bendis et de quatre ans de Hickman sur la franchise. C’est peut-être moins clinquant, la série fait peut-être moins le « buzz », mais les personnages en ressortent grandis.

ça n’a rien à voir avec du « buzz » ou du clinquant (j’adore Slott et ce n’est pas toujours du buzz et du clinquant). Le premier arc est très classique (la grosse menace - à deux balles - qui réunit des héros et qui décident alors de devenir des Vengeurs), mais il a l’avantage de n’avoir que 3 épisodes (et de faire Une Vision bien flippante) ! Le 4ème épisode me plait beaucoup plus, il sort un peu des sentiers battus pour ce qui est des persos (ils s’expriment, ils ont des sentiments, des envies …) et il est autosuffisant !
En fait, j’ai été un peu échaudé au début par un mélange de mini-épisodes et du premier épisode, j’ai eu du mal à m’y retrouver !
Ett c’est pour ça que j’ai précisé que j’attendais.

Pour Hulk, je regrette simplement qu’il ait construit un casting et une situation qu’il n’a pas vraiment développés, préférant se concentrer sur cette histoire temporelle (encore une !)

Autant je te suis sur le Thor de DeFalco, qui revient aux premières périodes du personnage avec un humain paumé aux commandes d’un pouvoir terrible, autant j’ai plus de mal avec les Fantastic Four.
Je suis peu objectif, car le premier épisode du premier comics VF que j’ai lu fut un épisode de DeFalco/Ryan, mais les morts de Reed & Doom, le leadership par Sue, la responsabilisation de Johnny qui devient père puis second leader, le saut temporel de Franklin, l’explosion du nombre « quatre » avec l’équipe Sue/Ben/Johnny/Ant-Man/Kristoff et Namor & Nathaniel qui gravitent autour, c’est quand même d’énormes coups dans la fourmilière !

Au départ ca part sur pas mal d effacement de choses amenées par Byrne (Alicia/Johnny étant le plus marquant)

:blush:

DeMatteis avait aussi envisagé cette histoire pour Batman et le Joker pendant un temps…
J’en profite pour remettre ce lien ici (déjà posté par le mallrat il me semble).

jmdematteis.com/2010/09/stor … again.html
jmdematteis.com/2014/11/unto … r-man.html

Ça donne envie de relire l’ensemble du run, tout du moins la période post Acts of Vengeance/pré Maximum Carnage avec Harry Osborn et Vermine.

tout à fait d’accord, ok Waid fait dans le classique voir trop, pour certains, mais il travaille bien ses personnages et il va faire ce que peut arrive à faire, il va les installer dans l’univers Marvel et pas au forceps, il va faire en sorte qu’il soit présent pour de bons dans le paysage. Car à mon humble avis c’est pour ça qu’on l’a appeler c’est de faire de Nova, Spidey et Miss Marvel des personnages qui vont être installer de façon permanente dans l’univers Marvel qui prendront leur propre place et non pas celle d’un autre pour être dans la vague. Et je trouve qu’il fait grave le taf.

Finis le Luke Cage avengers placé par Bendis pour continuer Alias avec Jessica, d’ailleurs dès le départ de bendis c’était finit (même Ewing ne joue plus avec). Finit les persos qu’a voulu intégrer Hickman et qui ne se sont jamais vraiment intégrés, Waid construit sur le long termes pour les personnages qui resteront bien après son départ (et pas que forcément chez les vengeurs. C’est je pense (ne l’ayant pas lu) comme lors de son run sur Flash ou il intègre Wally comme personnage et non comme remplaçant de Barry.

Pas tout à fait quand même. Waid arrive sur la série alors qu’elle a environ cinq ans, déjà, ce qui fait que Wally est bien installé. Et il prend son temps, commençant par un arc d’origines. Mais oui, sur l’idée de travailler sur la longueur, je suis d’accord : des concepts comme la Speed Force, des personnages comme Max Mercury, il travaille au long terme afin de les imposer.
C’est aussi pour cela qu’il est moins étourdissant sur Spider-Man, Waid : parce qu’il n’intervient qu’à l’occasion d’arcs ramassés. Sa prestation longue, c’est “Origins of the Species”, qui dure de mémoire six épisodes, et on sent bien qu’il y met du souffle. C’est un passage que j’adore, d’ailleurs, il mélange drame, humour et action.
Quand tu vas découvrir ses Flash, tu vas adorer, je crois.

Jim

Voilà, j’appelais de mes vœux une réédition de cette épatante série. Le début est réédité, et j’espère que ça sera le premier tome d’une série complète.

Bruce Jones dans toute sa maîtrise, Anderson en pleine forme, et comme le disait Marko, les bases de tas de choses que Claremont fera fructifier dans Uncanny X-Men. Plein de bonnes raisons d’aller voir de près.

Jim

Ouaip, c’est une très bonne nouvelle. Je garde un très bon souvenir des quelques épisodes que j’ai lus dans ce numéro de cette vieille revue Arédit/Artima :

j adore cette série…
J ai les aredits + l episode où Kazar est mort dans une autre revue (marvel fanfare #3??) + les HUlks… j ai fini recemment la prestation de Jones sur la série qui me parait un ton en dessous dés que l arc avec la mort de kazar est passé.

J’aimerais bien la lire en entier, cette série. C’est pour cela que cette réédition est bienvenue, en ce qui me concerne. En espérant qu’elle dépasse ce premier tome.

Jim

Dans nos réguliers échanges concernant nos “premières” lectures, celles qui sont portées par des élans de nostalgies, il nous arrive de reconnaître qu’il y a parmi les choses qu’on a aimées quand on les a découvertes en étant jeunes quelques productions confinant sinon à l’étron odorifère, au moins à la radouille totalement évitable.

Pour ma part, j’aurais tendance à classer la première Secret Wars (ces fameuses “Guerres Secrètes” qui ont fait les belles heures du mensuel Spidey en leur temps) dans la catégorie des merdouilles sympathiques chères au vieux cœur de fan, mais à la qualité contestable.
Cette première mini-série Secret Wars nourrit en moi des sentiments partagés. Il y a une belle intensité dans le premier épisode, réalisé par un Mike Zeck en pleine possession de ses moyens et pas encore en retard, un tel suspense et un évident sens de l’épique, si bien que plein de trucs pourris venant par la suite sont éclipsés.

La fin du récit lui-même est enlevée, avec une résolution à tiroirs en plusieurs temps, un Doctor Doom proprement impérial et une conclusion sur le modèle du dernier baroud qui force l’admiration.
Néanmoins, ces trois épisodes plein de muscles ne font pas oublier les neuf autres, emplis de bagarres sans justification, de personnages tirés d’un chapeau, de caractérisation à contre-emploi (Shooter piétine tout le travail de Claremont, allant jusqu’à inventer une intrigue amoureuse autour de Magneto…) et de ficelles narratives épaisses comme des cordes de marine.

Graphiquement, Shooter commet une erreur impardonnable pour deux raisons : il extirpe Zeck de Captain America, où ce dernier faisait des merveilles à condition qu’on le laisse un peu respirer (par le truchement de quelques fill-ins occasionnels), et le force à réaliser au pas de course une mini-série pour laquelle le scénariste (donc lui-même) est déjà en retard. Zeck n’étant pas d’une vélocité légendaire, il faut donc demander à Bob Layton (un bon faiseur au dessin raide) de dépanner le dessinateur en titre. Voilà donc Captain America privé de l’un de ses atouts forts et la mini-série événement perdant toute sa cohérence graphique (le dernier épisode est encré par un bataillon d’embellisseurs qui font tout leur possible pour limiter les dégâts). Un total lose-lose game.
Et dire que Romita Jr a failli le dessiner : son style de l’époque aurait été super !!!

Mais je suis faible. Secret Wars est un produit médiocre réalisé dans des conditions déplorables et à la finition mal dégrossie, mais je l’aime bien. Pour avoir relu les deux mini des années 1980, je finis même par apprécier davantage le second volet, qui a le mérite d’avoir un style cohérent (Al Milgrom et Steve Leioaloha tout du long), d’afficher un humour bien décalé (un peu violent parfois, Shooter ne se privant pas d’envoyer des piques à Gerber par personnage interposé) et une fin alliant une atmosphère kirbyenne à une vraie interrogation métaphysique. Mais la première mini m’avait passionné ado, et je n’oublie pas ces sensations.

Donc, résistant à plein de choses mais pas à la tentation, j’ai récemment racheté à l’ami Mallrat un exemplaire du TPB de la série, dans la version publiée en 1999 et réimprimée en 2001 (si je comprends bien les indices dans l’ours) de la collection “Marvel Finest”, sous couverture de Salvador Larroca (quand il tentait d’imiter le Pacheco anguleux de l’époque).
La collection “Marvel Finest”, qui a frappé en son temps puisqu’elle proposait un florilège de trucs marquants et semblait ponctuer le début de l’ère de la librairie, affiche une maquette réalisée par le studio Comicraft, autant dire que le substantif “sobriété” n’est pas le plus apte à qualifier la chose : c’est clinquant, tape-à-l’œil, avec du texte partout et plein de couleurs. J’ai plusieurs volumes dans cette présentation (le Captain Marvel: First Contact de Peter David et quelques recueils de X-Men…), ça agresse un peu, mais j’aime bien. Décidément, je sais faire preuve de mauvais goût quand je le veux.

Ce que j’aime bien aussi, c’est l’encadrement éditorial. Là, le sommaire propose des pages extraites de différentes séries et montrant comment les héros sont enlevés par le Beyonder afin de se rendre sur sa planète artificielle. Un petit texte en guise d’épilogue explique ensuite quelles sont les conséquences de l’événement sur les différents personnages.
Autre petit bonus pour un vieux schnock dans mon genre, l’impression restitue les trames de couleurs de l’époque, ce qui est loin d’être désagréable. Pour le coup, ça remet la mini dans le jus de sa production, et les trames, sur un joli papier blanc, arborent donc un look très pop art qui n’est pas pour déplaire.

Dernière bonne surprise : c’est la première fois que je relis (certes en diagonale) la série en VO. Et je découvre que Lug avait pratiqué sur le dernier épisode les coupes franches qui ont fait la légende de l’éditeur, taillant dans le gras de la dernière grosse baston, durant laquelle Doom fait défendre sa forteresse par des monstres issus de… d’on ne sait pas trop où. Et j’ai éprouvé un grand plaisir à voir Zeck s’éclater, notamment sur une double page représentant la charge des monstres en question.

Alors bon, Secret Wars, le premier, c’est totalement dispensable. Je ne le recommanderais qu’aux fans purs et durs, et aux amateurs historiens qui ont envie de connaître un tournant dans l’édition chez Marvel. Pas vraiment joli, pas vraiment bien écrit, plutôt torché, c’est dispensable. J’ai tenu à l’avoir dans ma bibliothèque, parce que nostalgie, intégrale, histoire, tout ça… Mais sérieux, ne faites pas comme moi.

Jim