RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Pas tout à fait quand même. Waid arrive sur la série alors qu’elle a environ cinq ans, déjà, ce qui fait que Wally est bien installé. Et il prend son temps, commençant par un arc d’origines. Mais oui, sur l’idée de travailler sur la longueur, je suis d’accord : des concepts comme la Speed Force, des personnages comme Max Mercury, il travaille au long terme afin de les imposer.
C’est aussi pour cela qu’il est moins étourdissant sur Spider-Man, Waid : parce qu’il n’intervient qu’à l’occasion d’arcs ramassés. Sa prestation longue, c’est “Origins of the Species”, qui dure de mémoire six épisodes, et on sent bien qu’il y met du souffle. C’est un passage que j’adore, d’ailleurs, il mélange drame, humour et action.
Quand tu vas découvrir ses Flash, tu vas adorer, je crois.

Jim

Voilà, j’appelais de mes vœux une réédition de cette épatante série. Le début est réédité, et j’espère que ça sera le premier tome d’une série complète.

Bruce Jones dans toute sa maîtrise, Anderson en pleine forme, et comme le disait Marko, les bases de tas de choses que Claremont fera fructifier dans Uncanny X-Men. Plein de bonnes raisons d’aller voir de près.

Jim

Ouaip, c’est une très bonne nouvelle. Je garde un très bon souvenir des quelques épisodes que j’ai lus dans ce numéro de cette vieille revue Arédit/Artima :

j adore cette série…
J ai les aredits + l episode où Kazar est mort dans une autre revue (marvel fanfare #3??) + les HUlks… j ai fini recemment la prestation de Jones sur la série qui me parait un ton en dessous dés que l arc avec la mort de kazar est passé.

J’aimerais bien la lire en entier, cette série. C’est pour cela que cette réédition est bienvenue, en ce qui me concerne. En espérant qu’elle dépasse ce premier tome.

Jim

Dans nos réguliers échanges concernant nos “premières” lectures, celles qui sont portées par des élans de nostalgies, il nous arrive de reconnaître qu’il y a parmi les choses qu’on a aimées quand on les a découvertes en étant jeunes quelques productions confinant sinon à l’étron odorifère, au moins à la radouille totalement évitable.

Pour ma part, j’aurais tendance à classer la première Secret Wars (ces fameuses “Guerres Secrètes” qui ont fait les belles heures du mensuel Spidey en leur temps) dans la catégorie des merdouilles sympathiques chères au vieux cœur de fan, mais à la qualité contestable.
Cette première mini-série Secret Wars nourrit en moi des sentiments partagés. Il y a une belle intensité dans le premier épisode, réalisé par un Mike Zeck en pleine possession de ses moyens et pas encore en retard, un tel suspense et un évident sens de l’épique, si bien que plein de trucs pourris venant par la suite sont éclipsés.

La fin du récit lui-même est enlevée, avec une résolution à tiroirs en plusieurs temps, un Doctor Doom proprement impérial et une conclusion sur le modèle du dernier baroud qui force l’admiration.
Néanmoins, ces trois épisodes plein de muscles ne font pas oublier les neuf autres, emplis de bagarres sans justification, de personnages tirés d’un chapeau, de caractérisation à contre-emploi (Shooter piétine tout le travail de Claremont, allant jusqu’à inventer une intrigue amoureuse autour de Magneto…) et de ficelles narratives épaisses comme des cordes de marine.

Graphiquement, Shooter commet une erreur impardonnable pour deux raisons : il extirpe Zeck de Captain America, où ce dernier faisait des merveilles à condition qu’on le laisse un peu respirer (par le truchement de quelques fill-ins occasionnels), et le force à réaliser au pas de course une mini-série pour laquelle le scénariste (donc lui-même) est déjà en retard. Zeck n’étant pas d’une vélocité légendaire, il faut donc demander à Bob Layton (un bon faiseur au dessin raide) de dépanner le dessinateur en titre. Voilà donc Captain America privé de l’un de ses atouts forts et la mini-série événement perdant toute sa cohérence graphique (le dernier épisode est encré par un bataillon d’embellisseurs qui font tout leur possible pour limiter les dégâts). Un total lose-lose game.
Et dire que Romita Jr a failli le dessiner : son style de l’époque aurait été super !!!

Mais je suis faible. Secret Wars est un produit médiocre réalisé dans des conditions déplorables et à la finition mal dégrossie, mais je l’aime bien. Pour avoir relu les deux mini des années 1980, je finis même par apprécier davantage le second volet, qui a le mérite d’avoir un style cohérent (Al Milgrom et Steve Leioaloha tout du long), d’afficher un humour bien décalé (un peu violent parfois, Shooter ne se privant pas d’envoyer des piques à Gerber par personnage interposé) et une fin alliant une atmosphère kirbyenne à une vraie interrogation métaphysique. Mais la première mini m’avait passionné ado, et je n’oublie pas ces sensations.

Donc, résistant à plein de choses mais pas à la tentation, j’ai récemment racheté à l’ami Mallrat un exemplaire du TPB de la série, dans la version publiée en 1999 et réimprimée en 2001 (si je comprends bien les indices dans l’ours) de la collection “Marvel Finest”, sous couverture de Salvador Larroca (quand il tentait d’imiter le Pacheco anguleux de l’époque).
La collection “Marvel Finest”, qui a frappé en son temps puisqu’elle proposait un florilège de trucs marquants et semblait ponctuer le début de l’ère de la librairie, affiche une maquette réalisée par le studio Comicraft, autant dire que le substantif “sobriété” n’est pas le plus apte à qualifier la chose : c’est clinquant, tape-à-l’œil, avec du texte partout et plein de couleurs. J’ai plusieurs volumes dans cette présentation (le Captain Marvel: First Contact de Peter David et quelques recueils de X-Men…), ça agresse un peu, mais j’aime bien. Décidément, je sais faire preuve de mauvais goût quand je le veux.

Ce que j’aime bien aussi, c’est l’encadrement éditorial. Là, le sommaire propose des pages extraites de différentes séries et montrant comment les héros sont enlevés par le Beyonder afin de se rendre sur sa planète artificielle. Un petit texte en guise d’épilogue explique ensuite quelles sont les conséquences de l’événement sur les différents personnages.
Autre petit bonus pour un vieux schnock dans mon genre, l’impression restitue les trames de couleurs de l’époque, ce qui est loin d’être désagréable. Pour le coup, ça remet la mini dans le jus de sa production, et les trames, sur un joli papier blanc, arborent donc un look très pop art qui n’est pas pour déplaire.

Dernière bonne surprise : c’est la première fois que je relis (certes en diagonale) la série en VO. Et je découvre que Lug avait pratiqué sur le dernier épisode les coupes franches qui ont fait la légende de l’éditeur, taillant dans le gras de la dernière grosse baston, durant laquelle Doom fait défendre sa forteresse par des monstres issus de… d’on ne sait pas trop où. Et j’ai éprouvé un grand plaisir à voir Zeck s’éclater, notamment sur une double page représentant la charge des monstres en question.

Alors bon, Secret Wars, le premier, c’est totalement dispensable. Je ne le recommanderais qu’aux fans purs et durs, et aux amateurs historiens qui ont envie de connaître un tournant dans l’édition chez Marvel. Pas vraiment joli, pas vraiment bien écrit, plutôt torché, c’est dispensable. J’ai tenu à l’avoir dans ma bibliothèque, parce que nostalgie, intégrale, histoire, tout ça… Mais sérieux, ne faites pas comme moi.

Jim

Finalement le Secret Wars que je préfère c’est celui d’Englehart, publié dans l’excellent Fantastic Four #319.

En effet, pour ma part je n’avais pas fait le lien entre le lien le Beyonder et Oméga l’inconnu avant que Sean Howe ne l’évoque dans son bouquin, et c’est plutôt bien vu.

Tu soulages un peu ma mauvaise conscience, car effectivement j’avais voulu lire ça, par intérêt “historique” au minimum, et je ne suis jamais arrivé à rentrer dedans.

Surtout que dans les scenes avec monstres coupées par Lug il y a du Arthur Adams débutant (une case avec thing de mémoire)

Sans être aveugle aux défauts évoqués par Jim, l’effet “madeleine de Proust” marche encore bien sur moi, concernant ces premières “Secret Wars” ; gamin, lecteur de Spidey, le titre était un véritable émerveillement pour moi, en termes d’ampleur bien épique. J’ai relu la série avant de lire la nouvelle déclinaison du concept signée Jonathan Hickman.
J’y ai pris beaucoup de plaisir, malgré les faiblesses graphiques et scénaristiques ; ce qui m’emballe le plus (et que l’on retrouve d’ailleurs aussi dans la reprise d’Hickman), c’est la part du lion que se taille Fatalis en termes d’élément moteur de l’intrigue. Rarement le perso aura eu aussi fière allure : l’épisode “duel avec le Beyonder” continue à m’impressionner de ce point de vue-là.

Mais en même temps, c’est aussi une redite (et déjà, à l’époque, je me le disais) : il avait déjà fait avec le Surfer ! (et il n’avait pas piqué un bout de pouvoir à Tornade aussi ?)

il avait tenté avec Thor de memoire.
et fait quelque part la même chose avec Killgrave.

Attention, c’est pas le même « il ». Le premier, c’est Doom. Le second, c’est Shooter.

Mais ouais, Secret Wars sent également le réchauffé. C’est une version surboostée de la saga de Korvac, avec morts des héros, retour tarabiscoté, réécriture de l’espace-temps, souhaits réalisés, tout ça…
Et déjà que la saga de Korvac, c’est un peu du caca…
L’être surpuissant, quasi divin, c’est un peu une obsession chez Shooter. On retrouve ça aussi dans ses Solar chez Valiant. C’est également l’Homme Molécule dans ses Avengers : le titan quasi-divin aux talons d’argile, qui se fait avoir par un petit truc (c’est Sauron et l’anneau, que je vois comme grosse influence).
Shooter comme scénariste, personnellement, j’aime pas trop. Même si je suis toujours curieux (j’ai suivi ses Legion of Super-Heroes d’il y a quelques années, ainsi que ses reprises de Magnus, Solar, Samson…). C’est en général poussif, et les péripéties sont spectaculaires mais un brin capillotractées et au détriment des personnages.

Jim

Non je parle de Doom qui essaie de prendre le pouvoir de thor dans un Lee/Buscema puis se sert de killgrave dans Emperor Doom (j ai d ailleurs oublié comment il se debrouille dans le crossover Champions/Supervilains team up)…

Bref il a l habitude d avbsorber ou d utiliser le pouvoir d autrui pour arriver a ses fins.

Si Fatalis avait déjà piqué leur pouvoir à un paquet de monde (dont le Surfer, etc…), c’était souvent par ruse ; ce qui me botte bien dans “Secret Wars”, c’est que Shooter montre que c’est par sa force de volonté qu’il relève le gant et terrasse le Beyonder.
Nonobstant les défauts évoqués plus haut, “Secret Wars” est peut-être l’une des trois ou quatre histoires les plus importants mettant en scène le perso…

Après, sur les faiblesses de Jim Shooter en tant que scénariste, il y aurait de quoi dire, ouais. Je n’ai lu la “Korvac Saga” (que j’aime bien aussi) que des années après les “Guerres Secrètes”, et en effet les points communs sautent aux yeux, à la limite de la redite pure et simple.

Ah d’accord. J’avions point comprendu.
Parce que dans ma tête, je pensais à Shooter qui fait une histoire avec Thor contrôlé par Moondragon (là encore, une histoire d’omnipotence) dans Avengers, et je pensais aussi à ses épisodes de Daredevil avec Killgrave (il me semble bien que c’est Shooter : je crois que ses Daredevil sont ce que je préfère de lui…).

Sacré Victor.

Jim

Killgravec avec Shooter c est quand il manipule Heather Glenn…

Il fait un peu pareil avec killgrave où c est plus la force de sa volonté.

Oui, tout à fait ; il résiste à son pouvoir en le fixant droit dans les yeux, sans son masque, et Kilgrave se dégonfle.

C’est le souvenir que j’en ai, mais j’avoue que je n’ai pas relu ces épisodes depuis bien longtemps.
Le truc qui m’avait frappé dans la période Shooter (mais je me demande si Wolfman n’avait pas initié le truc), c’est qu’il écrivait Daredevil comme Batman. Par exemple, quand le héros quittait le bureau du district attorney Tower, il le faisait silencieusement, et Tower sortait des trucs genre “je déteste quand il fait ça”, comme Gordon.

Pareil, pas relu ce graphic novel depuis une éternité.

Jim

Il y a un Annual de Marvel Team Up, écrit par Miller et illustré par Trimpe (oui, le premier à illustrer une histoire de Miller, ce n’est pas Sienkiewicz, c’est Herb Trimpe), où le Kingpin résiste au pouvoir de Killgrave.

Jim