RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Argumentation de poids.
Merci pour l’éclaircissement pointu.
Le scénariste en question, c’était Robert Bernstein, non ? (Qui signait « R. Berns », sans doute pour des raisons de « non-concurrence » avec DC, mais là, je spécule sans doute…).
J’avais oublié qu’il avait fait du Superman. Je me souvenais vaguement qu’il avait bossé avec Ramona Fradon sur le retour d’Aquaman, qu’il avait créé Congorilla, qu’il avait écrit un Green Arrow pour Kirby, mais Superman, ça m’avait échappé…

Du coup, avec tes explications, ça rend encore plus frappant le fait que Shooter l’écrive comme Superman, avec des anecdotes et des séquences (le coup du diamant…) directement en provenance de Superman. Ça plus l’écriture de Daredevil en clone de Batman, et je me dis que Shooter reluquait fortement vers un univers où il avait fait ses premières armes (et qui représentait peut-être une forme de premier amour, du genre qu’on n’oublie pas…)

Jim

J’ai lu hier soir le TPB reprenant la récente mini-série de Man Thing, par Steve Gerber et Kevin Nowlan. Déjà annoncée dans les années 1990, soit du vivant de Gerber, elle avait été remise en chantier ces dernières années, mais je ne sais pas si Gerber a vécu assez longtemps pour la voir…
Bref.

C’est assez savoureux. Gerber revient sur le thème de l’inconscient créateur (à tous les sens du terme), de la puissance de l’imagination, et du mystère de la création (littéraire mais pas seulement). Il reprend un personnage qu’il avait animé le temps d’un épisode de la séries des années 1970, un écrivain frustré qui n’arrive pas à contrôler ce que son esprit génère, ce qui pose problème à une certaine créature des marais empathique.
Le dessin de Nowlan et ses couleurs donnent à ce récit une allure de cauchemar sirupeux qui contraste vivement avec ce qui est véhiculé, à savoir le mal-être des créateurs, la difficulté de vivre, de s’insérer, de créer, la douleur de l’accouchement littéraire. On reprochera au TPB d’avoir un format comics pas homothétique aux planches de Nowlan (le projet devait être publié en “graphic novel”, soit dans un format album), ce qui génère deux marges en haut et en bas, et pousse le dessin vers la reliure. Détail que tout cela, ceci dit.

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Le sommaire du recueil a l’intelligence d’offrir le vieil épisode où l’écrivain fait son apparition, ce qui permet de comparer l’écriture et les thématiques à quelques trente ou quarante ans d’écart. Le vieil épisode (dessiné par John Buscema et encré par Klaus Janson) est plus bavard, et se concentre sur la création littéraire et la manipulation des mots, offrant même un passage en prose où Gerber joue des allitérations et des rythmes. En comparaison, la mini-série de Nowlan est nettement moins bavarde, plus elliptique, et, le personnage ayant évolué, le récit s’éloigne de la création littéraire pure : on y évoque d’autres formes de créations, notamment télévisuelle (jeux et dessins animés), ce qui permet à Gerber de parler des figures de l’imaginaire actuelles, en passant par des modèles Star Trek ou Rambo. Cela permet à l’auteur d’établir un commentaire à plusieurs niveaux, que ce soit au niveau des formes elles-mêmes (personnages, thématiques) ou au niveau du public visé (l’écrivain écrit pour les enfants, et pourtant, les figures proposées sont des divertissements pour adultes). Tout cela sert à mettre en lumière toutes les tensions et les contradictions des métiers des divertissements. On sent d’ailleurs un transfert autobiographique de Gerber sur son personnage d’écrivain, et il est d’autant plus intéressant, alors, de comparer la manière dont il se projette sur son personnage à plusieurs décennies d’écart. Et si le ton de l’épisode de Buscema est plus angoissant mais se termine sur une note d’espoir, la mini-série de Nowlan est nettement plus mélancolique voire désespérée, la fin tragique contrastant avec la palette sucrée des planches.
Pour compléter le sommaire, le recueil accueille aussi un récit en noir & blanc de Gerry Conway et Gray Morrow, qui permet de se plonger à nouveau dans l’imaginaire débridé de la série.
Recommandé.

Jim

Les fascicules mensuels proposaient également ces deux histoires.

Recommandé tout comme Jim.

Au mieux Gerber n’aura vu que quelques pages de Nowlan puisque c’est la mort du scénariste qui a poussé Nowlan à finir son travail.

Pour la parodie de Marvel effectuée par Starlin, les clowns sont des Lenteans (anagramme de Stan Lee), un peintre Jan Hatroomi (John Romita) et les ficelles sont tirées par des aliens (Len Wein et Marv Wolfman). Quant au clown dissident il ressemble à Roy Thomas.

John Romita était le directeur artistique et il retouchait fréquemment les couvertures et les planches pour maintenir le style maison. Wein et Wolfman étaient deux amis de longue date qui se sont toujours soutenus, editors chez Marvel et donc très influents. Roy Thomas est devenu Editor in Chief à la suite de Stan Lee mais a fini par quitter le poste pour se consacrer à ses projets favoris (donc Conan). Il a été remplacé par Wein (qui le sera pas Wolfman).

Si quelqu’un veut écrire un Moutons sur Gerber, je veux bien le co-écrire (même si je doute de l’attrait commercial du projet). Je peux aussi en écrire un sur Alan Moore ou Neil Gaiman.

RRRRRRRRRRRRAaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh

Putain

Je résistais pourtant. Je faisais mon petit budget sans ça, j’arrivais à pas y penser je me disais que je tablerais sur une édition française et tout.

Merci mec

Bravo

Erreur fatale que de te lire et vlam. Tout mes merveilleux souvenirs de lecture sont remonté à la surface

(pourquoi je suis allé zieuter le prix moi ???)

(le clic fatal)

(bon ben il y a des bd qui attendront un mois ou deux)

Merci mec http://img3.xooimage.com/files/e/3/b/ca-27d3bb.gif

L’éditeur Marvel vient de sortir un volumineux TPB qui compile la totalité de la prestation du scénariste anglais Warren Ellis (Transmetropolitan, Nextwave, The ocean) sur la série Doom 2099, qui voit le dictateur Victor Von Doom refaire surface mystérieusement dans un futur dominé par la technologie après avoir disparu pendant des décennies. Après avoir repris possession de son pays, la Latvérie, il se tourne vers les Etats-Unis d’Amérique, autrefois le foyer de ses plus grands ennemis, dont il ne reste plus qu’une nation déchirée par les troubles et le chaos.

Lien:
Le site de l’éditeur : www.marvel.com

De la très bonne came ça. J’avais beaucoup aimé l’idée à l’époque et au final je n’ai vraiment lu l’intégralité qu’il y a peu et c’est blindé de bonnes idées. Surtout la montée au pouvoir. La chute est de moins bonne facture.

Avec Spidey 2099, c’était l’autre bonne surprise du label. Une putain d’ambiance plutôt rare chez Marvel. Typiquement le genre de titre qui manque actuellement à l’éditeur.

J’en ai un très bon souvenir aussi. Après, il faut voir comment ça a vieilli.

Naaaaaaaaaaannnnnnnnnnnnn c’était de Warren Ellis ??? :open_mouth:

Sérieusement j’avais jamais fait attention à ça. Je l’avais lu, et adorer, lors de sa parution en France et je l’ai jamais relu depuis il me semble et je n’avais jamais pris le temps de voir qui était au commande de cette excellente série.

Totu n’est pas de Warren Ellis. Il est arrivée au 25 et à fait de Doom le leader du monde donnant ainsi enfin le souhait qu’il avait et changeant aussi pour de rvai l’univers 2099 comme jamais. Il manageait un peu l’univers puis il est partit.

Oui je viens de voir, je me suis embrouillé en effet. Bon ben en fait je les ai jamais lu ces épisodes, faudra que je les découvre un de ces quatre quand je me referais le début de la série

J’ai pas tout lu de ce qu’Ellis a fait sur ce titre, mais si c’est évidemment plutôt de la bonne came, on n’est quand même pas ici au niveau de ce qu’il a fait vite après avec Transmet et The Authority, il me semble…

Il ne faut surtout pas négliger les premiers épisodes du titre non plus, avec un John Francis Moore très inspiré, un concept très porteur, et ce malgré les dessins de Broderick que je n’aimais pas des masses.

C’est sur que ça sent les premiers travaux d’Ellis. Mais je trouve qu’il y a déjà quelques chevaux de batailles du scénariste comme l’anarchie, la politisation des héros (ou vilain pour le coup). Ce n’est pas aussi aboutit et il y a quelques passages moyens, mais il y a déjà un truc on reconnaît tout de suite que c’est du Warren Ellis.

Oui, en cela tu as tout à fait raison : abouties ou pas en termes d’exécution, les marottes et idées habituelles d’Ellis sont bel et bien présentes.

Tiens, en fouinant sur Amazon pour chercher des infos sur les TPB Hulk, je découvre ce volume, intitulé « From the Marvel UK Vaults »…

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J’en sais pas beaucoup plus, mais je vais quand même essayer de me renseigner, histoire de revenir en parler à l’occasion…

Jim

On en parlait l’année dernière, la réédition de la dernière grande période de Bill Mantlo sur la série Hulk a connu un troisième gros tome, qui conclut son run mémorable par sa longueur et par ses apports.

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Mantlo fait partie, comme Len Wein (ou d’une certaine manière Gerry Conway) de ces auteurs qui font avancer la série mais qui rangent les jouets avant de partir. On pourrait reprendre une expression qui avait, je crois, été popularisée par Jean-Paul Jennequin en son temps, et qui définissait le travail de ces auteurs comme une « évolution en trompe-l’œil ». Tout gigote, mais rien ne bouge. « Il faut que tout change pour que rien ne change », comme il est dit dans le Guépard de Lampeduza. C’est un peu vrai de Mantlo : quand il quitte la série (reprise par John Byrne pour quelques courts numéros pas réellement convaincants), Hulk est redevenu une bête idiote, un crétin musclé au babil enfantin et parano, un peu comme dans les premières années de sa remuante carrière.
Cependant, Mantlo a apporté plein d’idées, de concepts et de personnages. Kate Waynesboro a pris une importance énorme auprès de Banner. Mantlo s’amuse avec les pouvoirs, d’autres personnages écopant de la malédiction de Banner ou de ses problèmes et travers. Enfin, ce dernier est parvenu à contrôler son monstre intérieur, mais alors que son contrôle s’effrite et qu’il se retourne contre ses anciens alliés, il est éjecté dans une dimension lointaine sous le prétexte de protéger la Terre des ravages qu’il pourrait commettre (si ça ne rappelle pas par anticipation Planète Hulk, hein…).
C’est là qu’on retrouve le Titan de Jade, coincé dans une dimension dont l’aspect évoque fortement les mondes mystiques qu’explorait le Doctor Strange de Ditko. Dans ce carrefour dimensionnel (avec la métaphore de la croisée des chemins chères au Warlock de Starlin), Hulk rencontre différentes créatures qui sont autant de métaphores de ses états mentaux. Cette longue saga située « ailleurs » est en fait le tremplin sur lequel Peter David prendra appui pour sa reprise de la série (et notamment le formidable épisode #377, numéro dont je recommande la lecture à tout le monde). Dans ces épisodes, Mantlo explore les troubles psychologiques de Banner, mais également son passé et les liens conflictuels avec son père. Les flash-back du premier film, celui d’Ang Lee, viennent de là. Moment donc important que cette période, qui méritait une réédition de longue date.
question dessin, Sal Buscema signe ses derniers épisodes de la série, toujours servi par l’encrage rond et torturé de Gerry Talaoc (formidable dessinateur philippin qui avait déjà réalisé des épisodes d’Unknown Soldier pour DC, qui écrase un peu les dessinateurs qu’il encre, mais qui assure à la série une sacrée patte…). Après le depart de Sal, c’est Mike Mignola (encore débutant) et Bret Blevins qui assure l’intérim, et c’est de haute volée, graphiquement.
Personnellement, j’avais leurs épisodes, mais pas ceux de Sal Buscema. Je me suis donc replongé avec gourmandise dans cette période, afin de saisir tous les détails, et c’est vraiment un boulot de grande qualité, qui mérite qu’on la redécouvre.
N"hésitez pas.

Jim

Gerry Talaoc, c’est pas celui qui a dessiné les derniers épisodes de la Division Alpha dans Strange à l’époque (retour de Langowski “masculinisé”, combat contre l’omnipotent Sorcier…) ? Parce que je n’avais pas gardé un soubenir impérissable de cette période…

Il n’a pas dessiné, il a encré les épisodes de Mignola et de ses immédiats successeurs (Sal Buscema en a fait assurément un, et ensuite… Dave Ross ???). Ensuite, je crois qu’il a quitté le poste d’encreur. La série a été dessinée par d’autres personnes (Dave Ross est resté, je crois, ensuite euh… June Brigman ? Mary Wilshire ?… je sais plus. Whilce Portacio en a fait un ou deux, Jim Lee aussi…).

Jim

OK, je dois confondre.

Après une brève recherche, il semblerait que l’artiste dont je cherchais le nom est John Calimee. Donc rien à voir.