RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

C’était Kaminsky depuis le début, je crois, pourtant.

Jim

ça voudrait dire que … c’était pas trop mal jusqu’à ce que ça commence ???:astonished:

Len Kaminsky a écrit les 8 premiers numéros avant d’être remplacé par Greg Wright.

Oula
alors c est pas mal au début (bien que Morbius soit un peu moins compatissant qu avant)… et Wright fait du kaminsky
Je me souviens que ca vire vite ultra gore (la copine de morbius est ressucitée en vampire ou zombie et bien sur s avere mechante) puis Wagner s en va et là ca devient plus possible graphiquement parlant…
Faudra que je relise, j ai as du y revenir depuis la milieu des 90

Je dois en avoir un ou deux, et je me souviens qu’effectivement, la partie graphique s’effondre assez vite.
Mais je crois que c’est le cas de la plupart des séries de la collection. Ghost Rider conserve quelques temps Blevins, qui fait des planches musclées dans son style batmanien (moi, j’adore), mais après lui, je crois que même cette série s’effrite, visuellement.
Pareil, c’est des trucs qui sortaient dans la période où j’avais pas de ronds, donc je piochais dans les bacs à soldes, et j’ai eu du mal à compléter. Et il y a peu de TPB de cette période. Donc j’ai une vision parcellaire de ces séries.

Jim

Il y a quelque temps, j’ai complété deux trois trucs grâce à l’ami Fred le Mallrat. Et parmi ces trucs, il y a la mini série Punisher / Captain America: Blood & Glory.

Voilà qui est fait, mais je n’avais pas encore pris le temps de le lire. Et c’est très sympa, quoique un peu bourrin.
Il s’agit d’une mini-série en trois épisodes, publiées dans le format “prestige”, lui-même inauguré par le Dark Knight de Frank Miller, à savoir quarante-huit pages de BD, sans pub, avec une couverture plus épaisse et un dos carré. J’adore ce format. J’ai acheté plein de mini-série publiée sous cette apparence, à la fois pour le plaisir de la lecture et pour celui de l’objet.

PunisherCapAmerica-Cover2

Grosso modo, le héros patriote et le justicier expéditif enquêtent chacun de son côté sur un trafic d’armes. L’opération est complexe, et consiste à financer un dictateur sud-américain (“médizuélien”, plus précisément), en lui fournissant des armes comportant des malfaçons, ce qui permet de s’assurer qu’il ne l’emportera jamais réellement, tout en empochant des ronds et en faisant une marge substantielle, ainsi qu’en préparant l’éventuel renversement du despote ce qui permettra de soutenir la candidature de certains hommes politiques qui se dressent en pourfendeurs de la corruption. En bros, le beurre, l’argent du beurre, et le fessier de la crémière.

C’est écrit par Dan G. Chichester, dont on se souvient notamment pour sa reprise de Daredevil, fort controversée, après la période Nocenti. C’est donc musclé, un brin tarabiscoté, parfois dialogué à la truelle, mais le scénariste a le bon goût de nous rappeler que les deux héros, pour différents qu’ils soient, sont avant tout des soldats, construits par la guerre. Deux opposés qui, bien entendu, se ressemblent. Cela conduit à des voix off intéressantes, et surtout à une imagerie qui cogne : voir Frank Castle brandir le bouclier de Cap, c’est quelque chose.

PunisherCapAmerica-Cover3

Graphiquement, c’est dessiné par Klaus Janson. C’est donc hyper-musclé et carrément bancal, mais l’ensemble a tout de même beaucoup de charme. Janson sort des cases assez puissantes, notamment dans les portraits.
Les deux premiers tomes sont très chouettes. Le troisième sent carrément la précipitation, et le dessin se fait moins détaillés, les matières dont l’illustrateur abuse d’ordinaire ne parvenant plus à masquer les maladresses du dessin. Dommage : la dernière scène est magnifique, s’il avait eu plus de temps, ça aurait bien donné. Ça se sent, cette précipitation, au fait que la couverture double reprend une double page intérieure, au lieu d’utiliser une illustration inédite.
Signalons que la précipitation ne se voit pas qu’au dessin. Trois numéros, trois coloristes, ça sent un peu le rappel des troupes en urgences. De même, le premier numéro est lettré par James Novak, qui livre plein de bulles déséquilibrées avec des césures maladroites. Les deux autres sont lettrés par l’excellent John Workman (le lettreur de Simonson, mais aussi des Batman de King et Finch), et c’est d’un autre niveau. Ses onomatopées sont notamment formidables.

L’ensemble s’inscrit dans le récit de complot politique dont la période raffolait (et qui fonctionne encore très bien aujourd’hui), où le gouvernement ne peut que se compromettre dans de sales affaires. C’est un peu daté et ça développe un manichéisme d’un autre genre, mais c’est plutôt bien troussé et les relations entre les deux héros sont bien travaillées.

Jim

PS : un aperçu est disponible ici :
http://bestcomics.org/marvel-comics/the-punisher-comics/38-the-punisher-captain-america-blood-and-glory-1-3-series.html

Je conserve une grande nostalgie de la série Thunderbolts dans sa version Kurt Busiek / Fabian Nicieza, avec une préférence peut-être pour ce dernier, qui est parvenu à pousser les curseurs encore plus loin : plus de vilains, plus de continuité, plus de sagas à rallonge, plus de coups de théâtre…

Thunderbolts-TPB1

Quand Marvel a décidé d’annuler leur version pour celle d’Arcudi (très intéressante au demeurant), j’en ai été fort marri. Et quand l’éditeur a opté pour un retour de l’ancienne formule, sous le titre New Thunderbolts, j’était tout content. La traduction de quelques entrées relatives à cette série dans une encyclopédie sur laquelle je travaille m’a donné envie de me replonger dans la saga, et après la lecture des quelque vingt-huit épisodes, j’en ressors avec un grand plaisir.

Thunderbolts-OneStepForward

Reprenons pour les retardataires. Les Thunderbolts à l’origine constituent un groupe de super-vilains qui se font passer pour des héros à une époque où les Fantastic Four et les Avengers sont absents. C’est aussi une époque où Internet n’a pas encore pris sa place dans les mentalités et les habitudes de consommation, de sorte que Kurt Busiek et Mark Bagley parviennent à conserver le secret quant à l’identité des protagonistes, révélée en dernière page du premier épisode.
La série propose des coups de théâtre, des changements de camp, des trahisons, des méchants qui deviennent gentils, des gentils qui deviennent méchants, des identités secrètes dans les identités secrètes (bien avant que Bendis ne fasse le mariole avec Ronin), beaucoup d’explosions, une exploitation de la continuité très finaude (et pas inaccessible, comme le laissent entendre les pourfendeurs de ladite continuité), bref, c’est un peu “la série où tout peut arriver”, pour reprendre l’expression qu’appréciait la critique au lancement des Nouveaux X-Men.

Thunderbolts-RightOfPower

Quand Nicieza, épaulé par l’excellent Tom Grummett (un dessinateur réaliste avec un touche de cartoony, que j’apprécie beaucoup et qui correspond à mes critères de dessin solide, compétent et joli à regarder) relancent l’affaire, Abner Jenkins, alias Mach IV alias le Beetle (l’ennemi de Spider-Man), décide de reformer les Thunderbolts. L’une de ses premières recrues est Donald Gill, alias Blizzard (l’ennemi d’Iron Man). Petit à petit, il pose ses pions : le financement du groupe effectué par un gros vilain (dont je tairai l’identité ici, afin de ne pas gâcher la surprise aux curieux), le retour (bref) d’un héros qui n’a pas sa place ici, l’arrivée d’un nouveau membre venu secourir les “héros” et éviter l’incident diplomatique, et dont la présence provoquera l’ire d’un souverain bien connu des lecteurs de Marvel, mais aussi les plans du Purple Man, lui-même agressé par une nouvelle version du Swordsman qui est manipulé par un personnage marquant de la série faisant ici son grand retour.

Lentement mais sûrement, Nicieza met en place un vaste plan qui constituera le fil rouge de ses vingt-huit épisodes. Chaque TPB peut se lire comme une aventure, mais il y a un fil directeur qui fait de l’ensemble une énorme saga, divisée en deux parties. La première se conclut avec le dix-neuvième chapitre, estampillé “Thunderbolts n°100”, et qui scelle le destin d’un des personnages, tout en redistribuant les autres sur l’échiquier.
La seconde partie, toujours aussi sympathique et dotée d’une dimension plus cosmique, voit le plan de Nicieza prendre de l’ampleur : on voit enfin ce que le Sinister Squadron trafique, on comprend un peu plus le plan du Grand Master, et l’énorme conflit annoncé se profile. Cependant, Nicieza doit faire avec les injonctions éditoriales, notamment avec deux épisodes opposant ses personnages aux New Avengers de Bendis, et l’inévitable tambouille de Civil War, dont il parvient à tirer un évident festin, en jouant sur le passé des personnages, leur psychologie et le vrai but de Zemo. C’est excellemment troussé, même si on sent que Nicieza en avait encore sous la pédale, et que l’énorme conflit aurait pu se développer à plus long terme si Marvel n’avait pas décidé de changer la formule de la série, en faisant d’elle un pâle décalque du Suicide Squad d’Ostrander.

Son écriture est plutôt astucieuse. Il ne recourt que très rarement à la voix off de personnage (privilégiant un narrateur omniscient), il ouvre chaque épisode quelques secondes, minutes ou heures après la fin du précédent, ce qui dynamise le récit et permet de passer sous silence des jonctions narratives qui seront rattrapées dans le fil du récit. Cela lui permet également de rester assez flou sur des détails qu’il affinera au fur et à mesure. L’effet secondaire, c’est que parfois, on a l’impression qu’il apporte des informations au dernier moment, mais ça n’a rien de bien contraignant à la lecture.

Je ne sais pas si ce volet de la série a été traduit. C’est pourtant une belle pièce, une lecture dynamique et inventive, une belle expression du genre super-héros. Et encore plus agréable à la deuxième lecture.

Jim

À part les épisodes liés à Civil War, cette période est restée inédite en V.F.

J’avais adoré la première série, suivie en VF.
Je n’avais pas tenté la VO des New Thunderbolts, un peu refroidi par le style graphique auquel je n’adhère pas, sans grande raison objective. Tu piques ma curiosité, merci !

J’ai un peu de mal sur la première partie du run de Nicieza qui est pour moi un peu trop longue et redondante, par contre j’apprécie énormément son retour au 100 avec un cast bien plus varié et très très sympa.

Bah de rien.
Je trouve Grummett (que j’aime depuis ses Adventures of Superman et ses Superboy) assez dans la lignée de Bagley : un style limpide, des personnages facilement identifiables, un talent évident pour les bastons…
Là, il est encré par Gary Erskine, qui lui offre un trait plus fin, plus mince, et donc quelque chose de plus sec que durant sa période DC. C’est Doug Hazlewood qui l’encrait sur ce genre de séries, et c’était plus gras, plus riche.
Mais vraiment, si tu as aimé la première série, tu peux foncer.

Jim

J’aime beaucoup la partie avec le nouveau Scourge, pour ma part. C’est la fin, avec la Counter-Earth et tout ça, que j’ai trouvé moins enthousiasmante. Faudrait que je relise.

jIm

En fait, j’ai vraiment du mal à apprécier Grummett, alors que Bagley me plaisait beaucoup ; je ne saurais l’expliquer, une question de goût. Je ne peux tout simplement pas piffer sa façon de dessiner, même si cela concerne des détails.

Bizarre.
Moi, je trouve ça plutôt joli.
Je trouve ses travaux des années 1990 plus intéressants dans le sens où ils me semblent plus réalistes. Par la suite, je trouve qu’il développe des visages généralement plus juvéniles à ses personnages, même quand ils sont vieux, alors que, dans Adventures of Superman par exemple, quand il dessine un gamin, un homme d’âge moyen ou un vieux, ce sont un gamin, un homme d’âge moyen et un vieux.
C’est le seul petit défaut que je lui trouverai (et ses Thunderbolts tombent sous le coup de cette critique, hein…). Sinon, j’apprécie beaucoup sa narration, l’expressivité de ses mains (c’est un de mes critères, ça, les mains), ses plans en plongée pour les décors, et dans les derniers épisodes de cette saga, il gère super bien les effets post-kirbyens des pouvoirs, et tout ça.

Jim

j’aime bien le début, mais ne relisant le tout il y a un bon moment je me suis rendu compte qu’en gros Nicieza n’avait que 3 types d’histoires à raconter et tournait vite en rond.

Je suis pas un grand fan de Grummett, mais chez moi ca veut dire dessinateur solide. C’est pas le plus brillant ou le plus flamboyant, mais c’est grave solide à tous les niveau, un petit coté rétro maintenant, c’est du bon quoi. Jamais déçu par du Grummett.

Grummet, le gars qui a rendu la série X-Men Forever lisible !

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c est dans ma pile de lecture…

X-Men Forever ? Non mais là tu te fais du mal fredo

Non New Thunderbolts…
t es fou?