RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Ah ok.
Donc je résume pour voir si j’ai bien compris : on a un Ellis lettré, un Ellis pas lettré et un Ostrander pas lettré.
J’ai bon ?
Purée, ça me tente de plus en plus, ton affaire.
Tout ça, plus Satana. Bon 75 boules, c’est pas mal, mais le sommaire est à la fois copieux et savoureux, visiblement.

Jim

c est ca
puis on a les ellis en guide couleurs

Miam.
Merci pour les infos.

Jim

J’ai récemment déniché le Fantastic Four Visionaries : John Byrne tome 0, qui reprend les différentes expériences de l’auteur sur le quatuor, avant sa fameuse reprise du titre (elle-même compilée dans les tomes 1 à 8 de ladite collection).

D’une certaine manière, j’ai été un peu déçu. Non que le matériel soit mauvais, bien au contraire, mais je m’attendais à un sommaire plus cohérent. Par exemple, je m’attendais à avoir les épisodes 209 à 214 de la série, qui marquent la conclusion de la grande saga du Sphinx, le combat contre Galactus, et le retour des héros (frappés d’un vieillissement accéléré). Épisodes proprement sensationnels, qui permettent à Marv Wolfman d’aligner une seconde épopée étourdissante après celle du Doctor Doom. Mais en fait, il n’y sont pas.
En échange, on a droit au dernier diptyque de Wolfman, une sympathique histoire avec Blastaar et un “humain du futur” ressemblant à un fantasme de Teilhard de Chardin (le scénariste quitte la série sur un récit moins ambitieux), deux épisodes écrits par Mantlo, et un autre diptyque (#220-221) dans lequel Byrne livre son premier scénario sur la série. Bref, un moment un peu mou pour le “plus grand comic du monde”.

Bon, le sommaire s’ouvre tout de même sur deux épisodes de Marvel Team-Up où Spidey croise la Torche Humaine (dans une magnifique saga écrite par Claremont où le Tisseur rencontre aussi Miss Marvel, le Super Skrull et même Tigra par flash-back interposé : j’adore ces épisodes), et surtout, surtout, l’épatant Marvel Two-in-One #50, dans lequel Byrne s’essaie à écrire là aussi, et livre une magnifique histoire où Ben Grimm s’allie à… Ben Grimm. Un épisode qui, je crois, reste encore inédit en France, malgré son évidente qualité.

Bref, un petit peu mitigé sur ce tome, qui a cependant le mérite de mettre en valeur des prestations qu’on oublie parfois dans la carrière de Byrne.

Jim

Catologue Hachette pour mai et Juin 2019

Je sais plis si j avais mis janvier à avril

J’ai opéré une petite rafle chez Pulps, cette semaine. Et j’ai trouvé le TPB compilant les quinze épisodes de la série Marvel Knights écrite par Chuck Dixon, dont je garde un excellent souvenir : dessin classique, action solide, même si l’ensemble est peut-être trop “normal” pour la ligne Marvel Knight de l’époque. Mais j’ai regretté l’arrêt (en VF), j’en aurais bien repris une louche. Dixon sur du Marvel, j’aurais aimé en voir plus.

Et c’est très sympa.

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J’ai reparcouru la série en diagonale, mais j’y trouve beaucoup de qualités. Dixon a l’intelligence de mêler des tas de personnages qui ont du mal à cohabiter (symboliquement, il conclut la série sur la séparation de Matt et Natacha, le noyau dur du groupe, et un peu les seuls qui, historiquement, ont des raisons de grenouiller au même endroit), de varier le casting (le Punisher, Doc Strange ou Moon Knight font des apparitions en tant qu’invités, grosso modo) et d’introduire des menaces variées (Ulik le Troll, Nightmare, des LMD hors de contrôle).

Bien entendu, cette approche a son propre revers de la médaille : le groupe n’est pas unifié (il y a des blagues sur la difficulté à trouver un nom d’équipe) ce qui peut contribuer à diluer son intérêt et son identité, les menaces sont parfois disproportionnées, et si cela contribue aux surprises, c’est un contraste évident avec la dimension “street” des protagonistes. De plus, la série est une sorte de “vitrine” de l’ensemble du label, assemblant les personnages animés par Quesada et sa bande, ce qui permet de renforcer le petit bac à sable qu’il avait ménagé dans l’univers Marvel, mais le procédé se voit un peu trop. Cependant, le scénariste parvient à bien tenir ses personnages, à créer des tandems sympas (Black Widow et Dagger composent un tandem surprenant) et à construire un chouette suspense.

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Graphiquement, Barreto assure l’ensemble des épisodes, avec le talent qu’on lui connaît. En revanche, Marvel fait des choix bizarres en termes d’encrage : les premiers épisodes sont embellis par Klaus Janson, et l’association des deux styles, pas naturelle du tout, crée pourtant quelque chose de très vivant, dynamique, nerveux. C’est contre-intuitif, mais très chouette. A contrario, les suivants, retravaillés par Nelson, sont peut-être plus fidèles au trait de Barreto, mais perdent complètement son dynamisme, l’encreur ayant tendance à redessiner et à noyer le trait sous des textures trop envahissantes. C’est le point faible de la série, qui aurait gagné à avoir une identité visuelle plus affirmée (et moi qui viens d’acheter de nombreux épisodes de The Shadow Strikes, je regrette que Barreto n’ait pas encré la série tout seul).

Mais bref, c’est très agréable, une chouette série d’aventure comme Dixon sait en faire, musclée sans outrance, avec des personnages qu’on prend plaisir à suivre.

Jim

Ouais, c’était vraiment une très bonne anthologie.

Je parlais en particulier de la série de Dixon.
Mais c’est vrai que la série VF était l’une de mes préférées à l’époque, malgré la qualité douteuse du lettrage.

Jim

J’ai récemment trouvé le recueil Black Widow - Web of Intrigue, dans sa version cartonnée avec jaquette, à un prix plus qu’attractif.

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Le volume contient les quatre épisodes que Ralph Macchio et George Pérez (aidés de Luke McDonnell) ont consacrés à la Veuve Noire dans Marvel Fanfare, un récit que j’ai déjà en VF et dans un petit TPB édité il y a une petite quinzaine d’années.

Mais j’ai craqué à nouveau car il contient également deux récits un peu plus rares :
D’abord l’épisode réalisé par Ralph Macchio et Paul Gulacy, en noir & blanc, initialement paru dans Bizarre Adventures #25, sans doute le plus impressionnant numéro de la série, puisqu’il contient également un récit de SF par Claremont et Golden et une aventure des Daughters of the Dragon par Claremont et Rogers, trois histoires aussi formidables l’une que l’autre.

En plus, Gulacy s’offre le luxe de singer Steranko, l’une de ses évidentes influences, et l’allusion graphique est parfaite. De plus, si l’on en croit un commentateur sur le ouaibe, Gulacy se serait inspiré de Victoria Principal, la séduisante “Pamela” de Dallas, ce qui ne gâte rien. Bon, il lui rajoute les coquetteries qu’il ne peut s’empêcher de plaquer sur les visages de ses héroïnes, ce qui fait sa marque.

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Ensuite, il y a aussi le “graphic novelBlack Widow - The Coldest War, écrit par Gerry Conway et illustré par le trop rare George Freeman (ceux qui ont eu la mini-série consacrée au Valet de Cœur en Récit Complet Marvel gardent assurément un souvenir ému de son travail).

Ce roman graphique se situe quelques années plus tard dans l’histoire éditoriale de l’héroïne : elle porte le costume et la coupe de cheveux hideux que Frank Miller lui a inventés dans Daredevil (je reproche peu de choses à Miller, mais ça en fait partie), et l’ambiance du moment la plonge dans une atmosphère un peu plus real-politik et un peu moins jamesbondesque que ce à quoi les espions made in Marvel nous avait habitués.

Cela donne au recueil une tonalité étrange : autant le récit de Gulacy peut se marier à celui de Pérez, témoignant de la vivacité d’années 1980 naissante, autant le roman graphique marque une évolution et semble appartenir à un autre univers. L’intérêt du bouquin est donc de proposer un portrait composite d’un personnage en pleine évolution alors.

C’est sans doute un très bon éclairage sur la version actuelle, puisque s’y trouve synthétisé le déchirement entre l’univers super-héroïque et le monde des espions.

Jim

bien aimé ce tp que j ai eu pas cher aussi (j ai aussi la vf du perez et le Bizarre adventure en VO)

Je n’ai pas beaucoup d’Arédit (parce que je n’ai jamais vraiment été fan des publications de cet éditeur pour plein de raisons déjà évoquées dans d’autres sujets), mais j’ai le Marvel Fanfare avec la mini de Macchio et Perez. Pas lu depuis très longtemps, mais j’en garde un bon souvenir…

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ça, j’ai pas. Faut que je fouine.

Eh beh tu nous régales ces derniers temps

En fait, je me régale moi-même avec quelques lectures personnelles, et je me dis que c’est le moment de faire profiter.
(Bientôt, des notules sur Cloak & Dagger).
:wink:

Jim

Oh chouette.

Sur Black Widow ça donne très envie, va falloir que j’aille me plonger là-dedans, j’avoue que ce sont des titres que je ne connais pas : je crains d’avoir comme un gros trou dans ma connaissance du personnage entre la période Amazing Adventures sur les dessins (sexy en diable pour l’époque) de Buscema et les versions les plus récentes (à partir du tournant des années 2000, disons). Bon, si le MCU se décide à nous sortir un film Black Widow d’ici deux ou trois ans, ça motivera peut-être Panini à se fendre d’une intégrale…

ca risque d etre un peu court pour une intégrale… le gros vient d apres les années 2000…
j ai pas un grand souvenir des amzing adventures que j ai lu dans l Inattendu…

Pour la cape et l epee, il y a eu un beau bouquin chez hachette avec la mini des 80’s…

J’ai ce qui semble être le troisième TPB des séries historiques, et j’ai commandé les deux premiers, donc j’attends de les avoir afin de les faire dans l’ordre.

À vue de nez, ce TPB semble combler tes lacunes. Je n’ai pas tout en tête, et je soupçonne qu’il puisse exister des récits courts dans des anthologies telles que Marvel Comics Presents, mais au-delà de ça, il me semble également que le gros de l’évolution du personnage se situe dans d’autres séries que la sienne (dans Champions, dans Daredevil…).

Je sais aussi qu’elle est apparue dans au moins deux “graphic novels” de Marvel, d’abord Daredevil / Black Widow: Abattoir, de Jim Starlin et Joe Chiodo…

… puis Punisher / Black Widow: Spinning Doomsday’s Web, par D.G. Chichester et Larry Stroman.

Punisher-Black-Widow-Spinning-Doomsdays-Web-3

Je n’ai lu aucun des deux.

Jim

J ai lu le Punisher qui est dans le epic Collection Punisher “Capital Punishment”… pas le plus laid de stroman mais bon… et un scenar banal.
A priori elle a apparait dans 2 histoires de MCP et a un arc dans Journey Into Mystery (apres Lost Gods quand il ya aussi Shang Chi).

Mais a part du Marvel Team Up et les avengers… Jim a fait le tour.

Les amazing adventures sont reedites dans Sting of widow

Faut que je le prenne, ce recueil : je ne suis pas sûr d’avoir tout lu en VF, et le peu que j’en connais est magnifique.

Jim

J’avais gardé un souvenir diffus mais assez négatif de la mini-série Doctor Strange parue dans le cadre de la collection “Marvel Knights”, et parue en français dans la série Marvel Knights qui s’affichait comme un vaste fourre-tout avec quelques réussites (Daredevil, Inhumans) et quelques essais moins fructueux.

La mini a été compilée il y a deux ans dans un recueil reprenant son sous-titre, “The Flight of Bones”, qui comprend non seulement les quatre épisodes de ce récit écrit par Dan Jolley, mais également quelques pépites de la même période. Parmi lesquelles je signale un récit de Jim Starlin, publié dans un numéro de Shadow & Light (une série limitée ne contenant que des récits en noir et blanc) et dont je ne résiste pas à la tentation de partager ici de larges extraits : une histoire à la fois très simple et très efficace, traitée avec une générosité graphique évidente, sous la forme d’un magnifique hommage à Ditko.

Les amateurs trouveront dans le recueil un autre récit en noir et blanc par Michael Golden, une petite histoire de Michael T. Gilbert dans la droite lignée de Ditko (et sortie d’un numéro de Marvel Double Shot), ainsi que l’intégrale d’un one-shot dont je n’avais pas connaissance, The Mystic Hands of Doctor Strange, qui comprend plusieurs prestations en noir et blanc, par des gens comme Frazer Irving, Frank Brunner ou Ted McKeever.

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Bref, un sommaire éclectique, assez épatant par sa variété de tonalité (la plupart tapent juste, tout en offrant un portrait en creux du Sorcier Suprême, à la fois complexe et cohérent) et par sa richesse visuelle. Le tout est complété de quelques bonus, illustrations, couvertures et articles divers.

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Mais la mini-série, que j’ai relue pour l’occasion, a été une bonne surprise. Non pas qu’elle soit géniale. Déjà, graphiquement, elle constitue une déception : montée autour de la figure du dessinateur de Starman, Tony Harris, elle voit ce dernier quitter le navire après deux épisodes (très beaux mais en deçà de ses grands moments sur la série déjà citée), avant d’être remplacé par Paul Chadwick, très chouette dessinateur (et créateur) de Concrete, mais qui semble ici assez mal à l’aise. Surtout sur le premier épisode qu’il réalise (donc le troisième).
La résolution de l’intrigue est également un brin rapide. La maladie dégénérative dont semble victime Strange est rapidement évacuée derrière l’explication facile d’une rémission inattendue (reposant sans doute sur le thème de la confiance retrouvée, fil rouge du récit), et l’identité du méchant est assez plate aussi, puisqu’il s’agit d’un des gros ennemis du bon docteur, là où l’on pouvait espérer la confrontation avec une figure sinon nouvelle, du moins inhabituelle. Et que Chadwick lui confère un traitement assez ditkoïen ne rend pas la chose moins banale.
L’ensemble donne un récit sympathique, pas trop mal rythmé, mais un peu déjà vu mille fois, quoi. Rajoutons à cela le fait que l’ambiance donne l’impression qu’on est encore dans une période proche de la fin des années 1970, où Strange se lamente de la disparition de son mentor parti sans lui avoir donné l’ensemble des leçons, et on obtient une histoire qui semble rater le coche de la modernisation, malgré ses promesses de départ (Strange en détective occulte qui utilise un équivalent marvelien de la Force pour intimer ses ordres, c’est pas si mal).

J’en avais gardé un souvenir calamiteux. Sans être renversante, cette mini-série, pourtant pleine de défaut, parvient à emporter le lecteur, malgré pas mal de pistes inexplorées.

Trop de ceci, trop peu de cela, ça donne au final une mini-série pas très relevée. Un plat pas mauvais, mais un peu fade. Heureusement, la sauce d’un sommaire riche fait de ce TPB une lecture bien plus qu’agréable. Bref, un recueil qui, selon les goûts de chacun, devrait pouvoir étaler quelques charmes, d’autant que, visuellement, c’est assez joli.

Jim