RÈGLEMENT DE COMPTES À O.K. CORRAL (John Sturges)

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REALISATEUR

John Sturges

SCENARISTE

Leon Uris

DISTRIBUTION

Burt Lancaster, Kirk Douglas, Rhonda Fleming, Jo Van Fleet, John Ireland, Earl Holliman, Dennis Hopper, DeForest Kelley, Lee Van Cleef, Jack Elam…

INFOS

Long métrage américain
Genre : western
Titre original : Gunfight at the O.K. Corral
Année de production : 1957

Gunfight at O.K.Corral
Boot Hill, Boot Hill, so cold, so still
There they lay side by side
The killers that died
In the gunfight at O.K. Corral

Le règlement de comptes à O.K. Corral, qui a opposé dans un camp les frères Earp et John « Doc Holliday » et dans l’autre les frères Clanton, les frères McLaury et Billy Claiborne, est l’une des fusillades les plus célèbres de l’histoire de l’Ouest. Et pourtant celle-ci n’a en fait duré qu’à peine 30 secondes, dans un espace relativement restreint. Pas vraiment la vision qu’en ont donné la plupart des longs métrages qui ont traité du sujet (et cela n’aurait pas été très spectaculaire à l’écran). Mais comme le dit un célèbre western de John Ford, quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende …ou dans ce cas précis, on tourne la légende (il faut dire que la plupart des compte-rendus du règlement de comptes ont été écrits sur la base de témoignages contradictoires).

Au cinéma, le gunfight est donc devenu une sorte de symbole de l’éternel affrontement entre l’ordre et le chaos. Un petit western de série B, Law and order, s’en est librement inspiré en 1932, avant le plus célèbre La Poursuite Infernale de John Ford en 1946, avec Henry Fonda en Wyatt Earp et Victor Mature en Doc Holliday. Le réalisateur John Sturges (Les Sept Mercenaires) est revenu à deux reprises sur cette histoire, pour Règlement de comptes à O.K. Corral en 1957 et pour le moins connu Sept secondes en enfer dix ans plus tard.

Je n’ai toujours pas vu Sept secondes en enfer, mais d’après la description, ce long métrage serait plus fidèle à la réalité que celui qui a pour têtes d’affiche Burt Lancaster et Kirk Douglas. L’excellente interprétation des deux acteurs anime ces figures mythiques du western dont l’amitié improbable est au coeur de chaque version que j’ai pu voir, avec des variations selon les visions des différentes équipes créatives. Dans Règlement de comptes à O.K. Corral, j’avoue une préférence pour Kirk Douglas, magnétique en Doc Holliday, un homme antipathique, autodestructeur, qui évolue tout au long du développement de sa relation avec Wyatt Earp, sans perdre toutefois de son ambiguïté (voir sa relation trouble, qui frôle le sadomasochisme, avec sa compagne jouée par Jo Van Fleet).

Mais Burt Lancaster est aussi impérial en Wyatt Earp, représentant de la loi inflexible mais pas sans défauts car sa vision de la loi peut agacer ceux qui l’entourent. Son histoire d’amour avec une joueuse de poker est par contre plus classique, moins intéressante, car « laissée de côté » avant le départ de Earp et Holliday à Tombstone où se déroulera les événements historiques (cette romance, pas vraiment indispensable, a en fait été ajoutée par le producteur pour éviter que l’amitié entre les deux hommes puisse être comparée à une relation homosexuelle).

Le scénario est efficacement construit, en plusieurs actes soulignés par la ballade chantée par Frankie Laine. S’il n’y a pas beaucoup de gros morceaux d’action, le film, visuellement splendide, est porté par son superbe casting (dont le jeune Dennis Hopper; DeForest Kelley, le futur Dr McCoy de Star Trek dans le rôle de Morgan Earp ou encore ces sacrées trognes du genre qu’étaient Lee Van Cleef et Jack Elam), au centre de dynamiques et d’interactions très bien écrites; et par une implacable progression dramatique jusqu’au morceau de bravoure final, qui dure plus de cinq minutes, admirablement chorégraphié et monté.

Comme souvent dans les doublages d’époque, les noms américains jugés trop « difficiles » à prononcer étaient changés. Ainsi Wyatt Earp est devenu Edward Thorpe et ses frères Morgan et Virgil, Paul et Vincent. Leur ennemi Ike Clanton est appelé Alex Clanton et le shérif Wilson voit son prénom Cotton changé en George. Ce qui était déjà le cas dans La Poursuite Infernale de John Ford où Wyatt Earp était prénommé William dans la version française.