RETOUR VERS LE PASSÉ II : Comics & Petit écran

N°1 : MAIS QUI A PEUR DE DIANA PRINCE ?

En 1966, le succès de la série télévisée Batman avec Adam West et Burt Ward a bien entendu poussé le producteur William Dozier à développer plusieurs projets autour de personnages de bande dessinée. Il rencontrera nettement moins de succès qu’avec les exploits du Duo Dynamique puisqu’une seule série sera finalement produite : Le Frelon Vert (je sais, il s’agit là de l’adaptation d’un personnage né à la radio, mais le Green Hornet est vite devenu un héros de comics).
Le Frelon Vert n’a duré qu’une seule saison et est surtout connu pour avoir révélé internationalement un certain Bruce Lee. Le Frelon Vert et Kato ont même rencontré Batman et Robin à l’occasion d’une aventure croisée entre les deux feuilletons.

Parmi les projets avortés, il y a eu une drôle de tentative d’adapter un autre comic-book de l’éditeur DC Comics, Wonder Woman. Lorgnant dès le début vers la comédie, le projet a d’abord été confié à deux collaborateurs de Mad Magazine, Stan Hart et Larry Siegel. Peu emballé par le résultat, Dozier fait alors appel à l’un des scénaristes principaux de Batman, Stanley Ralph Ross. Pour vendre le concept aux exécutifs de ABC, Dozier décide de tourner une portion du pilote (environ 5 mn) sous le titre de travail “Who’s afraid of Diana Prince ?”.
Ce test n’a finalement pas débouché sur une commande de la chaîne ABC…ce qui n’est guère étonnant.

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Diana Prince (interprétée par Ellie Wood Walker) est une jeune femme maladroite, sorte de version ultra-exagérée de Clark Kent, qui vit avec sa mère près d’une base militaire. Sa mère connaît l’identité secrète de Diana, mais ça ne l’empêche pas de passer son temps à critiquer sa fille parce qu’elle n’a toujours pas de petit ami. Lorsqu’elle apprend que Steve (Trevor?) est en danger, Diana revêt son costume de Wonder Woman, mais au lieu de partir tout de suite à sa rescousse, elle prend d’abord le temps de s’admirer dans le miroir (ben oui, pourquoi se presser ?). Ce qu’elle voit est un reflet super-sexy d’elle-même (Linda Harrison, la Nova de La Planète des Singes).
On pourrait alors penser que Wonder Woman n’est qu’une création de l’esprit de Diana, mais le court-métrage se termine par Wonder Woman qui se précipite vers la fenêtre pour prendre son envol, souligné par un effet joliment ridicule.


Mais que je suis super canon…

Dans cette version (et sous réserve que les éléments de ce prototype allaient être effectivement conservés par la suite), Wonder Woman a donc l’un des pouvoirs les plus inutiles qui soient : la super-vanité !!!

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Ah, je ris de me voir si belle dans ce miroir…

Retrouvez ci-dessous “Who’s afraid of Diana Prince ?”, en V.O. :

Il faudra attendre la décennie suivante pour découvrir sur le petit écran une déclinaison plus fidèle de la bande dessinée de la belle Amazone (après un pilote avorté avec une Wonder Woman blonde). Et pour la petite histoire, c’est Stanley Ralph Ross, le scénariste du petit court métrage ci-dessous, qui se chargea de développer la série qui rendit Lynda Carter célèbre !

ça ressemble un peu au costard de l’age d’or !
C’est vrai que la scène du miroir, c’est quelque chose ! Mais bon, l’envol, c’est pas mal non plus ! :mrgreen:

Un autre super-pouvoir de Wonder Woman : devant son miroir, seulement une partie de ses gestes sont reflétés correctement (quand elle se tourne vers l’arrière, son reflet le fait du mauvais côté) !

Tori.

N°2 : IT’S A KIND OF MAGIC…

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Créé en 1934 par Lee Falk et le dessinateur Phil Davis dans les pages d’un strip de presse publié par le King Features Syndicate, Mandrake est un magicien en cape et chapeau haut-de-forme qui combat les forces du mal aux côtés de ses acolytes et amis, le valet africain Lothar et la princesse Narda (pour ne citer que les plus connus). Celui que certains considèrent comme l’un des premiers super-héros du genre a influencé les nombreux magiciens du 9ème art qui ont suivi : on trouve ainsi parmi les premiers clones de Mandrake John Zatara de DC Comics, le père de Zatanna, membre de la Justice League et la Ligue de Justice des Ténèbres.

Contrairement à Flash Gordon et Le Fantôme du Bengale, les autres stars des comic-strips de l’époque qui deviendront à la télévision ses collègues au sein des Défenseurs de la Terre, Mandrake n’a jamais été le héros d’un grand film de studio. Comme quasiment tous les héros de strips des presse des années 30, il a eu droit à son propre serial (en 1939) et comme tous les héros de la littérature populaire, il eut le redoutable honneur d’être “piraté” pour une série Z turque. Mais pas de superproduction, malgré plusieurs projets en développement et l’intérêt de Federico Fellini, grand fan du personnage (le Maestro finira d’ailleurs par habiller Marcello Mastroianni en Mandrake dans son Intervista).

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En ce qui concerne le petit écran, les adaptations se comptent sur les doigts d’une main. Il y eut d’abord un pilote de série avortée en 1954. La chaîne NBC eut la bonne idée d’engager dans le rôle-titre un véritable presdigit…prestigi…prestidigitateur : Coe Norton, au physique proche du héros papier (de tous les acteurs qui ont incarné Mandrake à ce jour, il reste le plus ressemblant). Coe Norton eut une longue carrière sur scène en Amérique et a multiplié les apparitions à la télévision tout en menant en parallèle une courte carrière d’acteur.

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À ses côtés, on retrouve l’excellent Woody Strode dans le rôle de Lothar. Ancien athlète, Woody Strode fut ensuite nommé aux Golden Globe pour le Spartacus de Stanley Kubrick. Il fit notamment une apparition dans Les 10 commandements et tourna dans de nombreux westerns, comme Le Sergent Noir, L’Homme qui tua Liberty Valance et Il était une fois dans l’Ouest.
La Princesse Narda complète le trio vedette. Le rôle a été confié à Lisa Howard, dont la carrière d’actrice fut courte puisqu’elle l’abandonna en 1960 pour devenir journaliste.

Les informations sur cette série avortée divergent selon les sources. Pour certaines, seul le pilote a été tourné. Pour d’autres, neuf épisodes avaient été mis en boîte sur une période de 4 mois avant que la production ne soit stoppée pour se concentrer sur le pilote (des problèmes d’écriture ont aussi été évoqués).
Il n’est pas mauvais ce pilote d’ailleurs, qui voit Mandrake et Lothar affronter des agents ennemis qui ont kidnappé Narda pour obliger le magicien à travailler pour eux. Pas le plus expressif des comédiens, Coe Norton est plus vrai que nature sur scène et son regard perçant fait merveille lors de la scène où Mandrake est obligé d’utiliser ses capacités hypnotiques.
L’épisode manque de folie (et aussi visiblement de moyens) et la copie qui circule sur le net est très poussiéreuse (les anglophones peuvent la retrouver ici), mais malgré quelques problèmes de rythme (ce qui aurait pu être peaufiné avant une éventuelle diffusion à l’antenne), cette brève aventure matinée d’espionnage ne manque pas d’intérêt.

La série ne fut finalement pas commandée par NBC, après une recherche infructueuse de sponsors. Un litige concernant les droits aurait également mis fin au projet.

Pour revoir Mandrake sur leur petit écran, les téléspectateurs américains ont du attendre 1979 et un téléfilm passé inaperçu et aujourd’hui quasi introuvable (en tout cas, je ne l’ai pas encore trouvé). L’inconnu Anthony Herrera (voir photos ci-dessous) y incarnait le magicien sous la direction d’un certain Harry Falk (aucun lien de parenté avec Lee Falk).

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Plus mémorable, la suite de la carrière télévisuelle de Mandrake passa par la case animation.
En 1986, Marvel et la Toei ont produit un dessin animé intitulé Les Défenseurs de la Terre, dans lequel les héros des strips de presse de la King Features Syndicate (Flash Gordon, Le Fantôme du Bengale, Mandrake et Lothar) ont formé une alliance pour empêcher Ming l’Impitoyable de conquérir la Terre. Développée par des auteurs renommés de la Maison des Idées, Gerry Conway, Ross Andru et John Romita Sr, la série compte 65 épisodes et fut diffusée pour la première fois en France en 1989 sur La Cinq.
Et pour la petite histoire, les paroles du générique U.S. ont été écrites par Stan The Man Lee !

Master of magic spells and illusion, Enemies crumble in fear and confusion, Mandrake !

Un peu dans le même genre, le dessin animé Le Magicien m’apparaît aussi comme un cousin proche de Mandrake.

https://www.youtube.com/watch?v=VzlcLobYzRE

Merci pour ce billet. :slight_smile:
Dommage que les personnages comme Mandrake, Shadow, Flash Gordon et Phantom soient abandonnés en ce moment. Ils feraient de bons films ou séries TV.

Ben quand tu vois l’une des dernières adaptation :

http://www.popcorn-magazine.com/wp-content/uploads/2014/12/980899-flashgordon_home.jpg

Tu te dis que c’est pas plus mal que les personnages ne soit pas trop adapté en fait

Ou alors via des adaptations officieuse et alors vla le zizi tout dur face à la qualité :

[spoiler]http://images1.fanpop.com/images/photos/2300000/farscape-farscape-2310953-1280-1024.jpg

Non mais regardez moi ce tombeur.[/spoiler]

Suffit d’avoir une adaptation par des gens motivés par le produit de base, et pas simplement motivés à garder un cadre voulu par la production et qui essayent de fourrer le produit de base dedans en l’écorchant partout.
Tu peux aussi citer le récent Phantom dans la veine de ce Flash Gordon.

N°3 : BIENVENUE À JURASSIC PARK !

Le dessinateur William Stout débuta sa carrière dans les comics en assistant Russ Manning sur le strip de presse de Tarzan et en travaillant pour Harvey Kurtzman et Will Elder sur Little Annie Fanny. Il étendit ensuite son activité à l’illustration de pochettes de disques et d’affiches de film avant de devenir chef décorateur et storyboarder pour le cinéma. On trouve son nom au générique de films comme Les Aventuriers de l’Arche Perdue, les Conan, Rambo ou plus récemment Le Labyrinthe de Pan et The Mist.

William Stout est également connu pour sa passion des dinosaures et ses nombreuses illustrations dans le domaine paléontologique. Donc, quand le responsable de l’animation Will Meugniot (Ghostbusters, Jem et les Hologrammes, G.I. Joe…) le contacta au début des années 90 pour savoir s’il était interéssé par la possibilité de développer une série animée basé sur le Jurassic Park de Steven Spielberg, celui-ci ne se fit pas prier.

Comme tout film à grand spectacle, Jurassic Park fut décliné sur de nombreux supports, dont les jeux vidéos, les comics et du merchandising à gogo. L’idée de transposer cet univers en série d’animation, à une époque où les dessins animés de qualité ne manquaient pas à la télévision (c’était le temps des Tiny Toons, Animaniacs, Batman, Superman et autres Gargoyles) s’imposait donc d’elle-même.
Universal voulait pour ce projet une approche « mature » (entendez pas « juste » un dessin animé pour enfants, plutôt un spectacle adapté à toutes les tranches d’âges), avec une stylique rappelant celle d’un « roman graphique ».

William Stout réalisa donc une série de concept-arts pour déterminer l’allure des personnages et l’ambiance générale du dessin animé et réalisa même un teaser pour vendre le potentiel d’un projet qui aurait combiné animation traditionnelle et les derniers progrès en matière d’animation par ordinateur.

Il ne manquait plus à l’équipe de production qu’une chose : l’approbation de Steven Spielberg. Mais le réalisateur/producteur, qui, selon les dires de Stout, en avait un peu marre à l’époque du merchandising Jurassic Park, n’accorda aucune importance à cette présentation et ne prit pas la peine de regarder la bande-annonce
concoctée par Stout.

Et le projet fut ainsi abandonné…

Restent les très beaux dessins de William Stout, qui viennent de réapparaître sur la toile suite à l’immense succès de Jurassic World :

C’est vrai que c’est joli ! Étonnant que la franchise n’ait pas encore été développée/exploitée en comic book …

Oh, des comics Jurassic Park, il y en a eu quelques-uns : Topps a d’abord eu les droits et a sorti dans les 90s trois mini-séries (écrites par Steve Englehart), une série qui s’est arrêté au bout de 9 numéros fautes de vente et l’adaptation des 2 premiers films.

Dans les années 2000, Jurassic Park est passé chez IDW qui a sorti 3 mini-séries, dont une par Byrne.

Ce matos est presque entièrement inédit en V.F., je crois. Je me rappelle juste avoir lu l’adaptation du premier film (par Walt Simonson et Gil Kane !) et c’est tout…

Mais c’est vrai que ça fait tout de même assez peu comparé à d’autres franchises ciné largement développées en comics. Etonnant que IDW n’ait pas encore profité du succès de Jurassic World…ou alors c’est qu’ils n’ont plus les droits…

Bon, t’es simplement un tout petit peu plus précis que moi ! :mrgreen:

N°4 : L’OMBRE QUI MARCHE !

Après Mandrake le Magicien (voir la seconde entrée de cette rubrique), intéressons-nous à l’autre création majeure de Lee Falk, Le Fantôme du Bengale. Le justicier vêtu d’une combinaison violette opère depuis la jungle du Bengala, où il est appelé L’Ombre qui Marche. Il est également connu sous l’appellation “L’Homme qui ne peut pas mourir”, ce qui entretient sa légende depuis des générations (alors que le titre de Fantôme et les responsabilités qui vont avec passent de père en fils depuis le 16ème Siècle).

Au cinéma, le comic-strip a été adapté à deux reprises. En 1943, comme la grande majorité des strips de presse de l’époque, The Phantom a pris la forme d’un serial, ces feuilletons ciné le plus souvent composés de 12 à 15 épisodes qui étaient projetés en avant-scéance dans les cinémas américains. Tom Tyler, prolifique cow-boy du grand écran, y interprétait le rôle-titre après avoir personnifié le super-héros Captain Marvel (Shazam !) dans un autre serial deux ans auparavant. The Phantom serait l’un des meilleurs serials du genre, mais pour ma part, je ne l’ai pas vu, contrairement à The Adventures of Captain Marvel.

Après les piratages turcs d’usage, il aura fallu attendre 1996 pour que l’Ombre qui Marche soit la star de son premier (et pour l’instant seul) long métrage, Le Fantôme du Bengale de Simon Wincer avec Billy Zane (après que Bruce Campbell fut un temps envisagé…et même si j’aime bien Zane, j’aurai adoré voir Campbell en justicier masqué), un film d’aventures bondissant dont la sortie se solda par un échec au box-office.

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Comme Mandrake, Le Fantôme a surtout connu ses exploits télévisuels les plus renommés dans le domaine de l’animation. Avec Flash Gordon et Lothar, le Fantôme et Mandrake ont formé une alliance afin de contrer les plans de conquête de Ming l’Impitoyable. Créée par des piliers des éditions Marvel, Gerry Conway, Ross Andru et John Romita Sr, le dessin animé Les Défenseurs de la Terre compte 65 épisodes et a été diffusé en France à la fin des années 80 sur la défunte Cinq.

En 1994 fut diffusée la série d’animation franco-américaine Phantom 2040, qui, comme son titre l’indique, a mis en scène les aventures du 24ème Fantôme dans un environnement futuriste. Deux saisons ont été produites, pour un total de 35 épisodes.

Au rayon série télévisée, le personnage n’a pas vraiment été bien loti. En 2008, les scénaristes Daniel et Charles Knauf (notamment connus pour leur travail sur le comic-book Iron Man) ont développé une mini-série en 4 épisodes à la réputation peu flatteuse, centrée sur une version moderne du héros, avec un costume repensé pour l’occasion.

Et pour compléter ce tour d’horizon des adaptations du Phantom, il y a eu aussi un projet de série télé avortée en 1961.

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Quand on pense comics à la télévision dans les années 50/60, ces deux séries mythiques que sont Les Aventures de Superman avec George Reeves et Batman avec Adam West et Burt Ward viennent tout de suite à l’esprit. Pour surfer sur ces deux succès, de nombreux producteurs développèrent des projets autour de personnages de bandes dessinées : Wonder Woman, Dick Tracy, The Phantom, Mandrake, The Shadow, Archie, Superboy. Des pilotes ou autres tests furent tournés…et aucune série ne fut commandée.

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La vision de ce pilote à tout petit budget suffit à comprendre pourquoi cette (très) potentielle série produite par Adrian Weiss (principalement connu pour le croquignolet nanar La Fiancée de la Jungle écrit par Ed Wood) fut rapidement reléguée aux oubliettes. L’histoire est insipide et ne tient pas compte de la mythologie du du strip de presse. Accompagné de son fidèle loup Devil, le Fantôme est chargé d’infiltrer une colonie pénitentière nichée dans la jungle et d’enquêter sur des rumeurs de tortures perpétrées par la tyrannique directrice.

Le rôle du Fantôme a été confié à Roger Creed, cascadeur expériménté et acteur exécrable. Même son loup joue mieux que lui et on doit d’ailleurs la meilleure scène de ces 20 minutes à ce brave animal.
Les méchants sont interprétés par de vieilles gloires hollywoodiennes, ici en mode “je prends mon chèque et je me tire” : Paulette Goddard (Les Temps Modernes, Le Dictateur) est la directrice de prison corrompue et Lon Chaney Jr, le Loup-Garou de la Universal, campe son répugnant homme de main.
On retrouve aussi le gigantesque Richard Kiel (Jaws dans la saga James Bond) dans l’une de ses premières apparitions à l’écran qui met bien en valeur son imposante stature…bon, il est mauvais comme un cochon comme souvent, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demandait.

Avec un tel matériel à disposition, les auteurs livrent un résultat d’une grande platitude et qui manque singulèrement d’action et de dépaysement…loin du divertissement offert par les différentes déclinaisons de la bande dessinée depuis les années 30 !

Lord of the jungle, the hero who stalks!
The beasts call him brother, the ghost who walks!
Phantom!

Et principalement pour leur série La Caravane de l’Étrange diffusée sur HBO entre 2003 et 2005.

C’est quand même un nanar le film, c’est vraiment dommage que ce genre de perso ne puisse pas être réalisé avec sérieux !

Question de point de vue…pour moi, c’est plutôt un bon film… :wink:

C’est sûr qu’à côté de Shark of bengale …

J’ai un très bon souvenir de ce film (Pour en savoir +)

Ah, tu me fais bien plaisir, Doc ! :smiley:

Je suis un fan inconditionnel du Phantom, pour énormément de raisons (son poids historique, le costume, la localisation exotique, la légende autour de lui, ses spécificités locales, mais surtout cette géniale notion d’héritage que j’adore), mais je crois l’avoir déjà exprimé ici.

Si je n’ai pas vu le serial des années 40, j’ai englouti le film de 1996, les séries animées et le pilote de la série de SyFy qui n’a jamais vue le jour. Voici mes recommandations, du pire au meilleur :

  • la mini-série The Phantom des Knauf sur le Phantom est frustrante. Si elle bénéficie de beaucoup de très bons arguments (le personnage principal est bien creusé, son statut de parkoureur justifie la facilité de son entraînement, l’organisation du Phantom est bonne, le clin d’oeil au costume “passe”, l’histoire d’amour n’est pas trop lourde, et la mythologie générale est utilisée), mais elle souffre de deux points noirs : si les liens avec le Phantom sont bons, je ne peux pas en dire autant de l’intrigue générale, du rythme et de la réalisation, qui en font une mini-série assez faible objectivement ; et un costume qui, s’il essaye de se moderniser en voulant garder des bases anciennes, est un vrai échec, moche et risible.

Une bonne tentative, qui ravit le fan, mais qui est objectivement un échec.
Dommage, malgré ça, j’aurais bien pris quelques épisodes d’une saison sur le personnage.

  • la série Defenders of the Earth m’a bien plu. Même si l’animation n’est pas géniale, ces “Avengers” de King Features Syndicate se réunissent sur une base très sombre (invasion, mort de la femme de Flash Gordon quand même). La série a beaucoup d’imagination, joue avec les codes, et donne assez d’importance aux héros qu’à leurs descendants, ce qui fait jouer sur la notion d’héritage qui me plaît.

http://vignette2.wikia.nocookie.net/flashgordon/images/d/db/Defendersofthearth-dvd1.jpg/revision/latest?cb=20070902202207

Après, ce n’est pas non plus extraordinaire, ça a des facilités, le Phantom avec des pouvoirs est inutile, le frère maléfique du Phantom n’a pas de sens, et les gamins sont… comme des personnages de gamins des années 80 et 90 dans les séries un peu faciles, donc assez lourds. Mais ça a le charme de la nostalgie, et il y a suffisamment d’idées pour que ça passe bien ; et ces personnages sont suffisamment peu vus, ils ont encore le charme du quasi inconnu.

  • le film Phantom de 1996 est un très bon film de dimanche après-midi d’hiver et pluvieux, avec un bon chocolat chaud et un canapé moelleux. Sorti entre le choc des Batman de Burton et la future avalanche de films de super-héros des années 2000, ce long-métrage a sincèrement le cul entre deux chaises, perdu entre l’envie de faire un film sérieux et respectueux du personnage (en dehors du “fantôme” du père :wink: il n’y a QUE du respect de la mythologie, c’est impressionnant et un vrai plaisir absolu de fan) et un amour “gag à l’ancienne”, qui penche plus du côté de la série Batman d’Adam West.

L’affiche le montre bien : SLAM EVIL, c’est ce genre de truc qui arrive d’un coup et tranche avec un traitement respectueux et sérieux. On peut rajouter quelques acteurs en roue libre, une intrigue principale un peu faiblarde (qui se concentre trop sur le fantastique, là où l’adaptation de la superbe histoire de la ceinture (très connue et marquante) aurait dû avoir plus de place), des effets spéciaux pas à la hauteur (malgré une vraie implication), des bagarres un peu molles, et le fait que le costume n’ait pas été assez amélioré pour faire moins kitsch.
Dommage, parce que Billy Zane est excellent, totalement dans le ton, autant en Kit Walker (parfait clone/ancêtre de Bruce Wayne) qu’en Phantom (à lui seul, il rend presque son costume crédible !). Patrick McGoohan gère bien son rôle, Catherine Zeta-Jones est dans le surjeu nécessaire, les décors sont superbes…
Oui, c’est une occasion manquée, car le film ne savait pas quelle voie prendre, et aussi parce que l’époque n’était pas tendre avec ce type de longs-métrages. L’excellent Rocketeer et le tout aussi frustrant Shadow n’ont pas fonctionné non plus.
D’ailleurs, c’est curieux de voir que les années 90 ont montré des tentatives d’adapter les héros ancêtres des grandes stars et plutôt implantés dans le passé (années 30/40 pour les trois), et qu’il n’y a plus rien du tout depuis. Dommage, encore une fois.

  • la série Phantom 2040 est la plus belle réussite des oeuvres issues du Phantom. Si elle ne respecte pas fidèlement le Phantom, car elle le transpose dans le futur, elle respecte son esprit, et c’est là le plus important.
    Série que j’ai découverte enfant, “en direct”, et qui a sûrement aidé à mon attachement postérieur au personnage, Phantom 2040 impressionne avant tout pour ses thèmes : écologie, destruction de l’âme humaine, manipulations économiques et politiques, robotisation des humains par les cyborgs, morts, sacrifices… c’est très noir, très dur, et c’est traité avec intelligence. C’est fort, c’est bon.

L’animation elle-même est bonne, le character design est fort, les personnages sont bien écrits et animés. La mythologie s’intègre parfaitement dans un contexte SF très ambitieux, avec un générique devenu légendaire pour moi, et des thèmes encore une fois très forts et habilement traités.
Oui, une vraie réussite, avec toujours cette idée de jouer avec le mythe. Le Phantom, protecteur de la jungle naturelle, est maintenant protecteur de la jungle urbaine, car la Nature a presque disparu - sauf dans sa cachette, véritable réserve qu’il souhaite préserver des ambitions d’une femme-veuve ravagée par la perte de son mari contre le précédent Phantom. Beaucoup de subplots, beaucoup de bonnes choses. Ah, j’ai envie de revoir maintenant ! :slight_smile:

Merci pour ce billet, Doc !

Ça m’étonne de ne pas voir débouler BenWawe, lui qui est un grand fan du Fantôme.

Voici ce qu’il me répondit lorsque je lui demandai par quel bout prendre le personnage sur le sujet de la mini-série The Phantom de Dynamite :

[quote=“BenWawe”]Le Phantom n’a pas le traitement et le respect qu’il mérite. Moonstone publiait peu de choses (très petit catalogue, comics jolis mais chers), mais le faisait avec respect (trop, d’ailleurs : les intrigues étaient un peu trop convenues et “sages”). Moonstone a même tenté une “modernisation”, soft mais sympathique ; et ils ont aussi tenté la série Phantom Generations, un titre de BD ou de prose illustrée sur des histoires sur les précédents Phantom (ce qu’on a peu vu !).

J’aimerais bien qu’un éditeur sérieux et appliqué s’empare du personnage.

Concernant ta question pour savoir par “quoi” commencer, c’est difficile ! Le Phantom a été balancé entre de multiples éditeurs, qui ont toujours repris l’histoire originale pour une vague intrigue “moderne”, avant d’abandonner les droits.
En VF, je te conseille The Phantom - L’ombre qui marche, édité jadis par Dante (malédiction du Phantom ! mal édité en VO, mal édité en VF), que tu trouveras à très bas prix : amazon.fr/Phantom-Lombre-qui … ds=phantom . Cela traduit les premiers épisodes de la première série Moonstone, la plus faible. Les épisodes ne sont pas tous bons, mais les deux tiers d’entre eux sont agréables et définissent bien le personnage. C’est une bonne première expérience.
En VO, Moonstone édite peu de TPB et c’est cher. Je te le déconseille, c’est vraiment trop cher. Je te conseille les deux TPB de The Last Phantom, chez Dynamite : ça a l’avantage de “moderniser” de façon “pas trop bête” le personnage dans le premier story-arc, et le second a l’intelligence de rappeler les origines avec de l’épique ; et c’est pas trop moche. Par contre, ça finit sur un cliffhanger et toutes les intrigues non résolues ! Enfin, la mini-série de PAD et Velluto chez Hermes vient de commencer, et même si elle est trop classique, elle pose bien les bases. Pis c’est du Peter David, c’est au moins bien dialoguer.

Enfin, si tu souhaites voir le Phantom sur ton écran, tu peux :

N’hésite pas à poser plus de questions, je suis un gros fan et j’ai peu d’occasion d’en parler ! :slight_smile:[/quote]

Flûte !