RÉTRO-FUTUR ! DEMAIN S'EST DÉJÀ PRODUIT (Raphaël Colson)

Rétro-futur ! Demain s’est déjà produit, « la bibliothèque des miroirs », volume 13
*Auteur : Raphaël Colson
ISBN 978-2-36183-070-0 | broché, 17 x 21 cm, 420 pages, paru le 24 février 2012 | prix 25.00 €

Un passé qui aurait pu être et un futur qui n’a pas eu lieu : le terme « rétro-futurisme » recouvre un courant esthétique apparu au début des années 1980, au fort accent post-moderne et aux ramifications fictionnelles portant les noms de steampunk, dieselpunk et atompunk.
Dernière esthétique produite par l’imaginaire futuriste américain, aux côtés du cyberpunk, le rétro-futurisme s’est imposé comme l’une des grandes tendances culturelles des années 2000, révélant notamment une nostalgie pour un passé où l’Amérique créait le futur. Les représentants de ce courant se plaisent à revitaliser les vieux rêves futuristes de l’imaginaire populaire américain (pulps, serials, etc.). Une fascinante ré-imagination, fertile et exubérante.

Prolongeant le travail réalisé dans Steampunk !, Rétro-Futur ! vous invite à poursuivre le voyage en des terres uchroniques mises en images par le cinéma, la bande dessinée, l’animation, les jeux vidéo et les jeux de rôle. Par le biais des motifs de la ville verticale, de la super-science, de la guerre et du politique, partez explorer un monde passé et à venir élaboré à l’aide des rêves futuristes du XXe siècle.
Avec la collaboration d’Etienne Barillier, Stefanie Diekmann, Sara Doke, Morgan Guery, Sébastien Hayez, Henry Jenkins, Patrick Marcel et P.J.G. Mergey. Entretiens avec David Alvarez, Cédric Ferrand, Serge Lehman, François Schuiten et Sam Van Olffen. Portfolios de Vincent Ackermann, Bastien B et Sam Van Olffen.*

Liens :
Le site de l’éditeur : www.moutons-electriques.fr
Le blog de l’éditeur : blog.moutons-electriques.fr

Je suis en train de lire le copieux pavé de Raphaël Colson consacré au Rétro-Futur, chez les Moutons électriques. Il s’intéresse à l’esthétique (et au contenu politique) de ces courants de l’imaginaire qui mélangent la vision d’un futur et l’environnement d’un passé.
C’est assez intéressant, j’aime notamment beaucoup sa vision d’une science-fiction prospective dont la prégnance influence carrément sur la société.
Il passe en revue le steampunk, qui fait un gros carton depuis quelques années dans l’Hexagone, mais aussi le dieselpunk et d’autres courants. La BD a sa place, une place énorme dans le sommaire, puisque sont passées en revue des œuvres comme les Cités Obscures, la Brigade Chimérique, Starman, Hellboy, le Grand Jeu, l’Histoire secrète, les séries de Dean Motter et des centaines d’autres choses.
Vraiment, très intéressant, malgré quelques coquilles (surtout dans les premières pages, étonnamment). Et la couverture est magnifique.

Jim

Je suis en train de lire le copieux pavé de Raphaël Colson consacré au Rétro-Futur, chez les Moutons électriques. Il s’intéresse à l’esthétique (et au contenu politique) de ces courants de l’imaginaire qui mélangent la vision d’un futur et l’environnement d’un passé.
C’est assez intéressant, j’aime notamment beaucoup sa vision d’une science-fiction prospective dont la prégnance influence carrément sur la société.
Il passe en revue le steampunk, qui fait un gros carton depuis quelques années dans l’Hexagone, mais aussi le dieselpunk et d’autres courants. La BD a sa place, une place énorme dans le sommaire, puisque sont passées en revue des œuvres comme les Cités Obscures, la Brigade Chimérique, Starman, Hellboy, le Grand Jeu, l’Histoire secrète, les séries de Dean Motter et des centaines d’autres choses.
Vraiment, très intéressant, malgré quelques coquilles (surtout dans les premières pages, étonnamment). Et la couverture est magnifique.

Jim

Il m’a fait de l’œil vendredi en librairie…je vais me laisser tenter (ou me le faire offrir pour mon annif tiens ! )

C’est toujours de bonnes occasions, les anniversaires…

Jim

J’ai repris la lecture de ce bouquin, qui est sur ma pile mais que j’avais laissé un peu de côté à cause des comics en retard.

Là, je viens de parcourir un long passage consacré aux BD de Dean Motter, un bédéaste qui est fortement intéressé par le thème de la ville. De Motter, je ne connais qu’une partie de ses Mister X (ceux par les Frères Hernandez, qui ont été traduits, et ceux par Paul Rivoche), et son adaptation du Prisonnier. Mais je ne connais Terminal City et Electropolis que de nom. Du coup, je vais quand même chercher un peu, parce que ce qu’en dit Colson est vraiment intéressant.

Jim

Le sujet idéal pour rappeler l’exposition collective **Futur Antérieur ** à la Galerie du Jour / Agnès B.
du 24 mars au 26 mai 2012
44, rue Quincampoix
75004 Paris

Je suis en train de finir le bouquin. Il est pas mal du tout, même s’il souffre d’une relecture catastrophique qui a laissé passer un grand nombre de coquilles. Fort dommage.
Outre la présence de quelques entretiens, parfois courts (comme celui de Serge Lehman que j’ai lu hier soir) mais toujours intéressants, il développe une argumentation intéressante sur les rapports entre l’imaginaire et la réalité, et comme le premier influence voire déforme la seconde. À un point que ça en est inquiétant, puisque Colson avance l’idée que la science-fiction ne nous avertit pas des dérives à venir, mais nous prépare aux dérives à venir en les rentrant parmi les représentations, de sortes qu’on finisse par les accepter comme naturelles (il tient ce raisonnement pour les rapports entre le cyberpunk et les dérives libérales, c’est très intéressant, mais ça fait peur).
La première moitié du bouquin est passionnante, malgré les coquilles. Et assez ambitieuse. Il y dresse un portrait des différentes formes de rétro-futurs, partant du steampunk qui est bien connu désormais, et déclinant les différentes périodes couvertes pour évoquer le dieselpunk ou l’atompunk.
C’est également l’occasion d’un retour sur les esthétiques passées, sur les utopies politiques et esthétiques, et sur la manière dont les décennies passées ont appréhendées la notion de futur. C’est l’occasion de parler d’architecture, d’évoquer les styles Art Déco ou Googie (et là, tonnerre, que j’aurais aimé avoir encore plus d’images pour illustrer) ou le travail de l’architecte Hughes Ferris. Le thème de la ville a une place importante dans l’approche que les Moutons électriques ont de la fiction et de l’imaginaire, et leur réflexion sur le milieu urbain est au centre de leur recherche, et de leur catalogue. Il n’est donc pas étonnant que ce soit aussi au cœur de ce bouquin, qui passe en revue de nombreuses œuvres où la ville est essentielle.
La deuxième moitié est moins voltigeuse, elle me semble s’intéresser à des choses qui ont été évoquées mille fois, dans mille bouquins, que ce soit la relecture des vieux héros (héros de pulps chez les Américains, héros de feuilleton populaire chez nous), le thème de la guerre, voire celui du robot. Ça reste quand même très intéressant, quoique parfois un peu répétitif par rapport à la première moitié.
Voilà donc un bouquin qui aurait gagné à être relu, et peut-être amaigri de quelques redites, mais c’est un super passage en revue de plein de choses qui ont eu leur importance.
Le bonus, pour moi, c’est que ça m’a donné envie de redécouvrir des trucs à côté desquels je suis parfois un peu passé, que ce soit les BD de Dean Motter, les albums de Daniel Torres, voire L’Adolphus Claar de Chaland (ah et puis, décidément, faut que je complète mes Capricorne d’Andréas)… Ça, c’est toujours bon signe, quand un auteur sait parler d’autres auteurs au point qu’il donne envie de les relire.

Jim

s’il souffre.

Outre la présence de quelques entretiens, parfois courts (comme celui de Serge Lehman que j’ai lu hier soir) mais toujours intéressants, il développe une argumentation intéressante sur les rapports entre l’imaginaire et la réalité, et comme le premier influence voire déforme la seconde. À un point que ça en est inquiétant, puisque Colson avance l’idée que la science-fiction ne nous avertit pas des dérives à venir, mais nous prépare aux dérives à venir en les rentrant parmi les représentations, de sortes qu’on finisse par les accepter comme naturelles (il tient ce raisonnement pour les rapports entre le cyberpunk et les dérives libérales, c’est très intéressant, mais ça fait peur).

Il a pas forcément tort. mais bien sûr que c’est flippant. la présence d’un thème dans la SF permet de le déconsidérer : le réchauffement climatique est traité en SF dès les années 60-70, et pendant longtemps, du coup, certains de ses détracteurs le balayaient sur le ton du « vous êtes en pleine science-fiction, mon cher ».

Tout est une question de la personne qui reçoit le message de la SF. pour certains, c’est un avertisseur. Pour d’autres, un moyen de se conforter dans des certitudes.

Le sujet idéal pour rappeler l’exposition collective **Futur Antérieur ** à la Galerie du Jour / Agnès B.
du 24 mars au 26 mai 2012
44, rue Quincampoix
75004 Paris

Exposition évoquée dans l’émission Mauvais Genres du 5 mai dernier.
Vers la fin, mais je conseille d’écouter l’ensemble de l’émission, qui tourne autour du bouquin de Christian Chelebourg, Ecofictions : Mythologie de la fin du monde, et qui contient une superbe passe d’armes entre l’auteur et les chroniqueurs.

Jim

l’émission Mauvais Genres du 5 mai dernier. …] tourne autour du bouquin de Christian Chelebourg, Ecofictions : Mythologie de la fin du monde, et qui contient une superbe passe d’armes entre l’auteur et les chroniqueurs.
Jim

Pour ma part j’ai trouvé cette émission plutôt confuse, les intervenants ayant chacun leur définition de ce dont ils voulaient parler : les « écofictions ».
Le summum étant d’évoquer en deuxième partie trois films qui, si j’ai bien compris, n’entraient pas dans la définition proposée par Christian Chelebourg, l’invité. :open_mouth:

Outre la présence de quelques entretiens, parfois courts (comme celui de Serge Lehman que j’ai lu hier soir) mais toujours intéressants, il développe une argumentation intéressante sur les rapports entre l’imaginaire et la réalité, et comme le premier influence voire déforme la seconde. À un point que ça en est inquiétant, puisque Colson avance l’idée que la science-fiction ne nous avertit pas des dérives à venir, mais nous prépare aux dérives à venir en les rentrant parmi les représentations, de sortes qu’on finisse par les accepter comme naturelles (il tient ce raisonnement pour les rapports entre le cyberpunk et les dérives libérales, c’est très intéressant, mais ça fait peur).

Il a pas forcément tort. mais bien sûr que c’est flippant. la présence d’un thème dans la SF permet de le déconsidérer : le réchauffement climatique est traité en SF dès les années 60-70, et pendant longtemps, du coup, certains de ses détracteurs le balayaient sur le ton du « vous êtes en pleine science-fiction, mon cher ».

Tout est une question de la personne qui reçoit le message de la SF. pour certains, c’est un avertisseur. Pour d’autres, un moyen de se conforter dans des certitudes.

J’écoutais une interview récente de Druillet. Alors bon, Druillet, avec ses gros mots et ses sauts du coq à l’âne, il me fatigue. Mais il m’a intéressé quand il disait que les politiques devraient lire de la SF. Du coup, on se rend compte que tout dépend de la perception, bien entendu, perception qui peut s’accompagner d’une instrumentalisation de la part des détracteurs.
Ce que Colson suggère, c’est que des images frappent l’inconscient collectif de telle manière qu’elles finissent par s’y incruster, et par être considérées comme « normales », dans le sens « inévitables » et « familières ».
Par exemple, dans son intervention chez Mauvais Genres, Chelebourg évoque La Planète des Singes, et dans la conversation, lui et les commentateurs parlent de la figure de la Statue de la Liberté qui se multiplie dans d’autres films, jusqu’au Jour d’après ou à Cloverfield (en passant par Ghostbusters 2, aussi…). Et du coup, ces images sont tellement enracinées que (toujours en poussant le raisonnement de Colson) leur potentiel d’avertisseur est atténué.
Il en parle notamment quand il évoque le monde ultra-libéral, présenté comme monstrueux dans les toiles de fond d’un Alien ou d’un Blade Runner, et bien entendu de toute la littérature cyber-punk, mais considéré comme normal aujourd’hui.
Alors moi, la raison pour laquelle j’aurais du mal à le suivre, c’est que j’ai du mal à imaginer une telle capacité à la SF de modeler ainsi ce que Chelebourg appelle le « bloc de pensée contemporaine », mais ma foi, effectivement, c’est pas impossible.

Jim

C’est exaspérant ce manque de professionnalisme des éditeurs.
Quand on respecte son métier et ses clients (et pas “consommateurs”), la moindre des choses est de veiller à une relecture du bouquin !
Donc, voilà un ouvrage intéressant, de facture soignée, criblé de fautes !

Paraît que la lecture redevient un marqueur social.
C’est parce que les riches ont des goûts de chiottes qu’on se permet de sortir des ouvrages dans cet état ? :imp:

Jean-Marc, c’est quoi la différence entre ce bouquin et celui de la même collection qui s’appelle Steampunk ?
J’ai cherché sur le site des Moutons et j’avoue ne pas trop voir comment l’un ne marche pas sur l’autre !

Jean-Marc, c’est quoi la différence entre ce bouquin et celui de la même collection qui s’appelle Steampunk ?
J’ai cherché sur le site des Moutons et j’avoue ne pas trop voir comment l’un ne marche pas sur l’autre !

Je ne suis pas Jean-Marc, mais si tu veux je peux donner mon avis sur la question.

Le **Steampunk ** c’est : et si le futur était arrivée plus tôt ?
Dans un premier temps ça se déroule à l’époque Victorienne et on peut y trouver l’équivalent de l’ordinateur que l’on appelle alors « machine de Babbage ».
On peut trouver aussi des robots qui sont l’extension de l’automate joueur d’échecs de von Kempelen ou les automates de **Jacques de Vaucanson **.

Le Rétro-futurisme c’est : écrivons des histoires dans un monde comme il était vu il y a des années.
Par exemple regarder les illustrations, ou les textes de « comment voyait-on l’An 2000 en 1910 » et extrapoler quelque chose à partir de ça.
C’est en fait imaginer notre présent, ou notre futur (proche ou pas) avec la vision qu’en avaient les gens qui vivaient avant nous.

Donc je ne sais pas comment s’articulent ces deux livres mais le *steampunk *et le rétro-futurisme ce n’est pas la même chose : d’un côté on imagine un passé qui n’a pas existé à partir de notre présent (plus ou moins) et de l’autre un futur à partir de comment on l’imaginait dans le passé. :wink:

Ah merci, ça m’éclaire, oui !
Comme quoi, même sans avoir lu les bouquins, tu es en effet capable de me répondre !
Je pense qu’ils ne sont donc pas écrits de la même façon, enfin, du moins, ils n’ont pas les mêmes références !

Hop, je laisse les deux sur ma liste.

Hop, je laisse les deux sur ma liste.

Après ça dépend aussi de comment chaque auteur interprète les genres en question.
Voire comment il les définit ou même, s’il les définit ? :slight_smile: