SATANIK (Piero Vivarelli)

REALISATEUR

Piero Vivarelli

SCENARISTE

Eduardo Manzanos Brochero, d’après la bande dessinée de Magnus et Max Bunker

DISTRIBUTION

Magda Konopka, Julio Peña, Umberto Raho…

INFOS

Long métrage italien/espagnol
Genre : thriller
Année de production : 1968

Créée en 1964 par Max Bunker et Magnus (Kriminal), Satanik est l’une des premières héroïnes de “fumetti neri”, ces bandes dessinées dont les personnages principaux sont des génies criminels qui affectionnent pour la plupart la lettre K et dont Diabolik est le plus illustre représentant .
L’alias de Satanik est le docteur Margie Bannister, une savante défigurée et aigrie qui découvre une formule permettant la régénération cellulaire. Celle-ci lui rend jeunesse et beauté. Elle devient alors Satanik, criminelle ivre de vengeance envers le monde entier qui l’a rejété dans son ancienne vie.
Satanik est plus connue en France sous le nom de Demoniak, Satanik ayant servi pour traduire les aventures en roman-photos d’un autre personnage italien, Killing.

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Les premières minutes du film sont visiblement assez fidèles aux origines du pendant fumetti de Satanik (d’après ce que j’ai trouvé sur le net puisque je ne l’ai pas lu…je n’ai d’ailleurs rien lu du duo Bunker & Magnus). Le Dr Margie Bannister, victime d’un erythème facial carabiné, se rend chez son collègue venu tout droit d’Angleterre pour l’aider dans ses recherches. Celui ci a perfectionné sa formule de régénération et l’a utilisé avec succès sur des animaux. Le comportement violent de certains fait que le bonhomme rechigne à passer à l’étape suivante : administrer le sérum aux humains. Mais Margie n’a pas l’intention d’attendre. D’un, parce qu’elle est déjà cinglée, et de deux, parce que ça doit vraiment gratter ce maquillage épais. Elle tue le savant, boit le sérum et devient la splendide Satanik (enfin, c’est ce qu’on nous dit, ce nom ne sera jamais utilisé dans le film).
Elle crie alors sa haine de l’humanité et se lance dans de nombreuses entreprises criminelles…non, je déconne…

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Par une sombre nuit d’orage…

La Margie/Satanik du film préfère chercher l’argent et la vie faciles. Elle séduit d’abord un diamantaire magouilleur et érotomane avant se s’infiltrer sous un faux nom dans une famille mafieuse. L’instabilité de la formule et son caractère pas facile font qu’elle sème régulièrement des cadavres sur son passage, ce qui attire l’attention d’un inspecteur de Scotland Yard.

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Avant…

Ce qui aurait pu être une enthousiasmante version pop de Dr Jekyll & Mister Hyde déçoit de bout en bout. Catégorisé comme thriller, Satanik ne possède que très peu de caractéristiques de ce genre. Le réalisateur jongle avec des figures horrifiques (qui tournent très vite au comique involontaire), une enquête policière aussi palpitante qu’un épisode de Derrick (jusqu’à une discussion surréaliste autour d’une assiette de truites), un côté exotique qui ne dépasse pas le cadre restreint de la carte postale, et un érotisme qui manque tout de même régulièrement de sensualité malgré les efforts de son interprète principale qu’il filme sous toutes les coutures (ah, ça ne manque pas de plans sur ses petites culottes).

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Après…efficace, ma BB Crème !

La plantureuse Madga Konopka, mannequin et actrice polonaise, incarne le rôle-titre, d’abord sous le ridicule maquillage à la truelle de Margie Bannister, avant d’entamer un véritable défilé de mode puisqu’elle change de coiffure et de tenue à chaque scène (et souvent au mépris de la continuité) quand elle ne passe pas son temps à moitié nue. L’affiche la présente revêtue d’un costume noir, sorte de version fémine de Diabolik. Trompeur, vu qu’elle ne le portera qu’une fois, pour mieux l’enlever lors de son second strip-tease.


Déshabillez-moi…déshabillez-moi…

La mise en scène est catastrophique. Piero Vivarelli (La possédée du vice) loupe tous les moments de tension, enchaîne les faux raccords, comble les trous de son long métrage avec des instants musicaux interminables et conclue le naufrage avec une scène de bagnole ridicule et une fin sans queue ni tête. Bref, une belle plantade.

Navet mou du genou, soporifique et flirtant régulièrement avec le vulgaire, Satanik n’est qu’une adaptation de fumetti bas de gamme, malgré le potentiel du personnage sabordé par les tâcherons qui officient au scénario et derrière la caméra.

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Ciel, ma carrière !

Aaaaaah, que c’est bon quand on verse dans le bisseux, comme ça. Ce spécimen m’a l’air assez gratiné dans le genre, à t’en croire. Peut-être trop pour chercher frénétiquement à voir le film, même. Mais rien que pour la plastique fantasmatique de Magda Konopka…