SEND HELP (Sam Raimi)

Pour faire du cross topic avec l’Absolute Martian Manhunter , j’avais proposé à mes enfants de voir le film. Mon fils n’avait pas vu la BA mais c’est Sam Raimi, donc il vient sans se poser de question. Ma fille, elle, était plus sceptique. Elle n’avait pas fait le lien et j’ai dû sortir l’argument “t’ai-je déjà proposé de la merde?” ( les merdes, je me les réserve pour construire ma légende)

Et ce fut un régal : ça riait, ça criait, ça sursautait, ça se cachait les yeux,…!

Un film à voir en salle les gens!!

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Ce qui n’est guère étonnant de leur part

(perso j’ai des retards enthousiaste de gus qui sont, comme moi, déçu de Raimi depuis un paquet d’années. Ca m’excite autrement plus)

Ils l etaient aussi, déçus de raimi depuis un bout de temps.

Julien Dupuy commence par un « c est fou comme Raimi m avait manqué » très ému

Tu as écouté sans avoír vu le film? Vu comment ils ont l’habitude de spoiler, quel est l’intérêt ?

La plus part du temps me faire spoiler ne me fait ni chaud ni froid

Mais à vrai dire, je doute toujours de l interet que ce film pourrait suciter en moi, même apres avoir écouté leur emballement.

J aime bien l équipe pour leur bonhomie, qui rend agréable leur écoute mais ils ne sont pas très prescripteurs me concernant.

Ha ouais?!

Ok

Comme souvent, c’est une histoire de sensibilité.

J’ai forgé la mienne en lisant Mad et ils ont fait parti de la meilleure période pour moi. À défaut d’être toujours d’accord (je suis peu sensible au cinéma de Cameron par exemple, même si je lui reconnais une importance et un talent incomparable ), ils m’apportent des clés ou matière à voir certains films autrement.

Et je salue leur investissement. Il peut y avoir de l’aveuglement, de la mauvaise foi diront certains, mais qui n’en a pas quand il s’agit de quelque chose qu’on aime et qu’on decend par dessus tout? Surtout que là, je ne comprends que trop bien que ça dépasse le loisir ou la passion, donc j’aime ce parti pris qui ne cherche pas à plaire systématiquement.

Par exemple, je regarde de temps en temps le Fossoyeur de films, je ne partage pas vraiment sa sensibilité, je le trouve par moment très “clément", mais c’est un point de vue qui a le mérite d’être argumenté. Mais moi j’aime bien les avis plus tranchés qui n’essaient pas de tortiller du cul. C’est plus rigolo parce qu’il y a un peu de provoc’ et surtout de la passion . D’accord, pas d’accord, c’est encore autre chose.

Le fossoyeur, je peux ecouter lorsque je n ai rien à ecouter d autre.

Cette dynamique de l avis tranché, je la rapproche en partie d une certaine façon d incarner le masculin. Ce qui tranche, ce sont aussi des facons tres differentes de jouer au mec entre les générations.

J apprends certains trucs en ecoutant capture mag, mais c est surtout l ambiance entre couilles qui ne se prennent pas trop au sérieux sans etre trop cons pour autant que je trouve sympathique et cela peut impliquer des femmes. Et tu ne retrouveras pas cette dimension masculine là dans la génération du foussoyeur et encore moins après.

Je n ai pas une cinéphilie tres développée sinon. Et si j aime bien leur argumentation, je ne considerais jamais predator comme un grand film en soi.

J ai plus une sensibilité auteurisante. Je sais remarqué la réalisation mais je lui préfère à choisir le propos. Si y a les deux, c est top mais pas nécessaire. Ce pourquoi, spielberg ne m a jamais plus intéressé que ça mais villeneuve, si.

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C’est donc là que notre conversation prend fin.

Sourire avec doigt d’honneur.

Hehe

a8Zmc_

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Ha tu es de ceux là. En plus, tu modifies ton message sournoisement.

Sourire qui te regarde comme si tu sentais le caca.

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Et oui.

Spielberg raconte des histoires comme personnes mais il ne dit pas grand chose ou des choses pas tres intéressantes, je trouve. Ou je passe complètement à côté. Je decroche d ailleurs souvent. Real player one, j ai du le voir par petits bouts en 4 ou 5 fois, par exemple.

villeneuve n est pas tres bon réalisateur en soi mais sa réalisation a un propos en elle-même, ca m interesse déjà plus comme démarche et ca m incite à me poser et à regarder ses films.

Après, je peux aimer la réalisation pour la réalisation comme celle de Miller ou Tarantino mais Spielberg pas vraiment.

Spielberg, c’est son retour dans les années 2000 où j’ai compris que ce n’était pas qu’un faiseur de blockbusters. Il m’avait complètement perdu dans les 90’s, et je restais encore enfermé dans des “cases”.

Je comprenais l’appellation cinéma d’auteurs, mais dans des genres précis, souvent fantastiques, parce que les thématiques sont plus visibles je trouve. Plus “graphiques”.

En gros, il m’a fallu À la Poursuite f’Octobre Rouge pour comprendre ce qu’était un grand réalisateur. Un auteur capable de me faire aimer un film de sous-marin, alors que je ne m’intéressais qu’aux extra-terrestres, aux cénobites et autres tueurs masqués, c’est là où j’ai percuté que c’était le mec qui avait signé Predator (on y revient) et Piège de Cristal. C’est là que j’ai compris que rester enfermé dans des genres précis m’empêchait d’être curieux et de ressentir plein d’émotions !

J’ai revu Minotity Report il y a quelques jours, c’est quand même autre chose que n’importe quel Villeneuve.

Je n’aime pas ce réalisateur. Il y a un sens visuel indéniable, mais justement, je n’arrive pas vraiment à voir l’auteur derrière. Son Premier Contact est un film qui m’a énervé et vraiment déplu. J’ai fait un rejet total. Je l’ai trouvé extrêmement prévisible et prétentieux. De la SF pour veux qui n’aiment pas la SF. Ses autres films encore une fois ont une “allure" visuelle, mais ça ne me touche pas. Qu’est-ce qu’il raconte entre Blade Runner 2049 et les Dune? C’est le genre d’auteur qui te fait de la SF de poseur , pour veux qui n’aime pas l’exubérance, la folie. Pour lui, la démesure ne s’applique qu’à l’échelle. Je trouve ça assez pauvre. C’est de l’esbroufe .

Spielberg, c’est plus humain, ça questionne souvent la société dans laquelle on évolue, que de soit par la technologie, ou la communication. Comment réagit la cellule familiale face à des évènements imprévus, et comment chaque individu trouve sa voie. Je suis plus passionné par le Pont des Espions que par importe quel Dune, alors que ces derniers devraient plus correspondre à ma sensibilité d’amateurs d’épopées fantastiques.

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Et t’en un qui fait un cinéma populaire, l’autre non
(et perso je sais vers qu’elle approche je tends)

C’est marrant (on va dire) mais la mort de Jean-Pierre Putters m’a fait prendre conscience que si la période Granger (et dieu que j’aime ce mec) correspond à ma vingtaine avec des films que le gamin en moi attendait depuis longtemps (et c’est pas une image, Le seigneur des anneaux je l’attendais littéralement depuis la première news dans un Mad de 1995 ou 1996), m’a donné une autre façon de voir et ouvert à d’autres cinéma c’est aussi une période où je me rend compte que certains se touche en racontant de la merde (Dahan qui n’a jamais démenti la piètre opinion que je me fais de lui). Et surtout à la relecture je me rend compte de la différence d’époque et d’approche entre cette fin des années 90 et début 2000 et quand JPP était à la barre (avec là aussi des périodes distincte parce que vers mi-90 c’est assez dur).

Il y avait une approche auxquels je reste fidèle. Celle de prendre au sérieux un type de de cinéma sans jamais se prendre au sérieux.

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Je n ai jamais été attaché à un genre en particulier ni à une thématique alors je n ai pas ce vécu d avoir un qui m aurait sorti dans l après coup d un enfermement.

Le côté auteur n est pas limité à un genre. Film de sf ou polar, Villeneuve poursuit son propos.

Il tente, selon moi, de decrire des mondes où il n y a aucun acte de possible. Rien ne peut faire coupure, rien ne peut ni commencer, ni finir, ni changer. Le cinema de Villeneuve, c est du Hamlet, hamlet qui ne peut durant toute la piece poser d acte, mais du Hamlet sans le passage à l acte final et l explosion de mort. Même si ca meurt chez Villeneuve, ca ne change rien, tout continue exactement comme avant et c est à cela que sont confrontés les persos de Villeneuve, ils peuvent l accepter ou etre brisés par cela, de film en film.

En cela ses films sont anti climatiques, anti heroiques, anti épiques. Des lors, est il le bon réalisateur pour Dune ? Je ne sais pas mais son Dune en tout cas est entièrement un film de Villeneuve comme deux flics à miami ou le dernier des mohicans sont entièrement des films de Mann.

Je ne vois pas forcément une pose là dedans ni de l esbtouffe. Mais je peux tout à fait comprendre la frustration si l on vient voir un film de genre et que l on tombe sur un film de Villeneuve. Reste que l impossibilité d agir et l histoire de Paul ou de leto me semblent thématiquement assez raccords.

La réalisation de Villeneuve m interesse donc au delà de la virtuosité qu elle n a pas. Et pour notre epoque qui voit s effectuer des tentatives autoritaires et anarchiques de poser des actes en politique, je trouve pertinent d en montrer la cause : cette impossibilité auquel notre temps semble etre confronté.

Certes, c est moins entrainant que minority report mais au moins ca me fixe à mon siège alors que pour minority report, je peux trouver une scène tres bien réalisée sans jamais ressentir le besoin de voir la suivante pour comprendre le film parce qu il n y a rien à comprendre spécifiquement.

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Quand j etais gamin, ma mere etait libraire dans un rayon bd et une grandre lectrice de littérature, ma tante m initiait à la pop culture, et l on me lisait la mythologie grecque. Jamais ressenti comme une victoire de pouvoir passer d un genre à un autre, ni comme faisant preuve d une ouverture d esprit particuliere de pouvoir circuler sans encombre du populaire à l elitiste.

C etait pour moi la donnée de base et je n ai jamais ressenti non plus d impératif à choisir un camp en la matière.

Dans mes chefs d oeuvres contemporains, il y a ainsi femmes de Sollers, le journal d Anaïs Nin, une semaine de vacances d’Angot, Rois et reine de Despleschin, Fury road de Miller, Born again de l autre Miller et Mazzucheli, filles perdues de Moore et Gebbie, the Wire et zero zero zero zero, le p’tit Quinquin, etc

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Ça révéle un environnement social qui conditionne une certaine sensibilité. Ce n’ est pas du tout un jugement hein. C’est intéressant en tout cas de voir que ce que tu énumères ne peut pas être considéré comme vraiment populaire. Et ça fait écho à l’intervention de Lord sur la différence entre Spielberg et Villeneuve je trouve.

Tu ne mets pas the wire ou born again, par exemple, dans le populaire ? Ou fury road ?

Born again va etre publié dans la collection evergreen, tout de même.

Les mad max seraient du cinéma elitiste ?

Alien par exemple, cinema populaire ou non ? Moins que Predator ?