SHINING (Stanley Kubrick)

Mon avis:

Vu pour la première fois ce dimanche et j’ai plutôt bien aimé en tant que film. Surtout il faut bien le dire pour l’interprétation de jack Nickolson qui démontre encore une fois l’envergure de son talent. Le rôle du garçonnet est aussi bien tenu et on se demande d’ailleurs pourquoi il n’a pas tenu d’autres rôles par la suite.

En ce qui concerne le film en lui-même est on assez vite happé dans ce huit-clos angoissant et on se laisse emporter très facilement dans la paranoïa. Les plans donnent un sentiment d’anxiété grandissant. La scène où le petit Danny longe les couloirs à vélo est particulièrement stressante. Dans l’ensemble le film a plutôt bien vieilli et on ne voit pas passer les presque 2h30.

En tant qu’adaptation il me semble me souvenir que King n’était pas vraiment satisfait du film et que c’est pour cela qu’il avait fait une nouvelle adaptation pour la tv. Ayant vu celle-ci, j’ai pu comparer et en effet, j’ai trouvé qu’il manquait vraiment trop de choses et de détails dans le film. Rien que la fin déjà qui est complètement différente. De plus, je trouve dommage que le pouvoir de l’enfant soit vraiment tout juste évoqué. On se demande au final à la vue du film si le père et le fils ne sont pas schizophrènes. Peut-être que le public de l’époque n’était pas prêt pour un film 100% fantastique.

Enfin reste qu’en tant que film il a du révolutionner bien des choses dans pour le genre thriller/épouvante de l’époque et qu’il reste vraiment un très bon film, même avec un œil neuf d’aujourd’hui.

bref je recommande. ^^

En fait, c’est surtout un film sur la folie.
D’une part la folie qui est liée à la perception, aux troubles de la perception, tout ça…
D’autre part, la folie du créateur, face à l’inspiration, face au monde extérieur dont il est l’un des canaux…

C’est d’ailleurs un thème récurrent chez King, les mystères de la création, que ce soit dans ses fictions (La Balle élastique, La Rédemption de Shawshank, Misery…) ou dans ses essais divers. Il est passionné / fasciné par l’acte de création (littéraire ou autre), et je crois que c’est surtout ça qui a intéressé Kubrick.

Jim

Oui on ressent justement bien ce parti pris. C’est pour ça qu’en tant que film il est vraiment très bon. On ressent bien la mise en abîme de l’auteur et l’évolution de sa folie. Mais en tant qu’adaptation ça reste tout de même un poil léger comparé à l’œuvre d’origine.

ça m’avait fait le même effet sur le film “Carrie”. m’enfin là j’avais trouvé que ça avait bien mal vieilli et que le film était en déça du roman.

edit: j’avais beaucoup aimé la nouvelle de la ballade de la balle élastique, du grand king tout en finesse.

C’est discutable :
en choisissant d’illustrer la folie de l’écrivain, Kubrick adapte King non pas dans la structure du roman, mais dans le thème, dans les interrogations profondes. Ça devient une adaptation de l’esprit, pas de la lettre. C’est peut-être, du coup, beaucoup plus fidèle que plein de téléfilms ou de films qui collent à l’intrigue mais qui n’en tire aucune substantifique moelle.
A contrario, et pour revenir sur les pouvoirs de l’enfant, le fameux “shining” qui revient dans différents textes, je trouve qu’il a eu assez raison de se contenter d’évoquer le sujet par un personnage secondaire qui apparaît, lui aussi, comme illuminé (et assez anecdotique, en plus). Ce faisant, il évite l’écueil de rentrer dans les détails. Et on sait que ce “shining” apparaît dans d’autres œuvres (j’ai récemment vu le téléfilm, assez bon d’ailleurs, Stephen King’s Desperation, avec Ron Perlman). Traité du sujet “fidélement” aurait sans doute obligé à rentrer dans les rouages de l’univers de King. Aurait-ce été aussi frappant et fructueux que le film qu’on connaît dans sa forme actuelle ?

Carrie, j’ai jamais pu le finir : il me tombe des mains, je me suis littéralement endormi dessus, vraiment. Ça fait quinze ou vingt ans, et j’ai jamais réessayé depuis.

Le King que je préfère, c’est celui des nouvelles, parce qu’il y est plus sec, plus elliptique.
Et j’aime ses romans “tranche de vie”, où le fantastique est absent ou presque : Misery, Dolores Claiborne, Rose Madder, ce genre de choses. Y a toujours des trouvailles de style, des péripéties bienvenues, ce genre de choses.
En revanche, j’ai plus de mal avec ses longues fresques à rallonge. Le Fléau, c’est pas mal qu’on on nous le raconte, mais c’est quand même une purge à lire.

Jim

j’avais été relativement déçu par l’adaptation (même si en temps que film c’est pas mal).
surtout par le changement opéré sur la fin…

@jim: on n’aime pas forcément le même King alors. j’ai toujours été plus fan du côté fantastique et horrifique du monsieur. Mon livre de chevet restant “It”. Mais, j’avoue avoir beaucoup d’affection pour le côté très psychologique et torturé de ces héros. de toute façon, c’est aussi ce qui fait la force de cet auteur, le mélange des genres.
Sinon pour ma part, le roman que je n’ai jamais pu finir c’est “Simetierre” et pourtant je m’y suis repris à plusieurs fois.

@Hika: as-tu vu le téléfilm adapté du roman? car tu te retrouveras certainement plus dans celui-ci. En plus, pour un téléfilm j’avais trouvé ça vraiment bien joué.

Celle de Kubrick ?

Moi, j’adore, mais surtout, parce que j’adore la caméra de Kubrick, ses ambiances, ses silences, sa lenteur…

Jim

Et c’est pour ça que je trouve dommage qu’on le réduise souvent à ses récits d’horreur.

Jim

Moi, j’aime tout King…de ses histoires courtes à ses longues sagas, de ses récits d’horreur à ses histoires plus psychologiques. J’ai tellement relu ses bouquins que certains de mes exemplaires sont vraiment défraîchis…mais j’aime ça…ça me plaît quand on peut voir qu’un livre a vécu…

Shining, The Mist, Simetierre, Stand by me, les Evadés, La ligne verte, Carrie, Christine, Cujo, Un élève doué, Ca…il y beaucoup de ses adaptations dans ma collection DVD…

C’est vrai que je ne connais pas bien le réalisateur. De lui je n’ai du voir et encore ça remonte à loin que “Full metal” et “docteur folamour”. Et maintenant “Shining”.

Ah ben je ne le réduis pas à ça, bien au contraire, même si je préfère cette patte là de l’auteur. (j’aime beaucoup les romans d’horreur il faut dire). Après j’ai aussi beaucoup aimé son conte de fantasy “Les yeux du dragon” ou encore “Dreamcatcher”.

edit: ah c’est vrai “stand by me”, un de mes films préférés. Il faudrait d’ailleurs vraiment que je lise le roman.

Lou Reed disait que quand il rencontrait un gars qui lui sortait fièrement un vinyle du Velvet Underground tout nickel, il l’engueulait : parce que pour lui, quand on est fan, on écoute le disque tout le temps, donc la pochette est râpée et le disque rayé.

Jim

Essaie 2001 l’Odysée de l’espace.
Et Barry Lyndon.

Chacun est exigeant, à cause de son image mais aussi de son propos, mais c’est des sacrées claques.

Toi, non, sans doute pas, mais une bonne partie de la critique, si.

Jim

STAND BY ME n’est pas vraiment un roman , Opa, plutôt une longue nouvelle (je sais plus vraiment le terme, “novella” peut-être) de moins de 200 pages publiée dans le recueil Différentes saisons…un fabuleux bouquin puisqu’on y trouve aussi UN ELEVE DOUE et RITA HAYWORTH ET LA REDEMPTION DE SHAWSHANK (ou Les Evadés, le titre français du film).

Que du bon, effectivement.
Purée, faut que je regarde si j’ai, tout ça… Avec les titres des recueils de nouvelles, je finis par m’y perdre un peu…

Et ouais, “novella”, c’est le terme.

Jim

Belle anecdote, Jim…et c’est tout à fait vrai.

Je ne ressens même pas l’envie de racheter de nouvelles éditions. J’aime reprendre mes vieux romans, les relire…même si de temps en temps les reliures commencent à fatiguer…j’adore ça…

effectivement ses nouvelles étaient très bonnes, et pour moi une de ses meilleures oeuvres reste “marche ou crève”.

C’est aussi pour ça que j’aime bien acheter des bouquins chez les bouquinistes : parce qu’ils ont vécu, qu’ils ont une odeur, des cornes, des traces de doigt…

Tiens, une autre anecdote rigolote : il y a un bouquin que j’adore, Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes (renseignez-vous, c’est pour moi l’un des plus magnifiques bouquins de SF qui soient…). Je l’aime tellement que, quand j’étais sur Paris, j’avais pour habitude d’acheter tous les exemplaires à bas prix que je trouvais, pour les offrir à mes potes, parce que je voulais qu’ils lisent ça.
Et un jour, je vois un exemplaire, paf, je le prends. En rentrant chez moi, alors que je retirais le prix (parce que c’est un cadeau, quand même, hein…), je feuillette le bouquin. et je m’aperçois qu’il y a des annotations sur les premières pages.
Je commence à lire ces annotations, pour voir. Il faut savoir que le bouquin est construit comme un journal intime, et l’auteur, pour des raisons que je vous laisse découvrir quand vous lirez le bouquin, fait énormément de fautes d’orthographe. Le lecteur qui avait ce bouquin a mis une ou deux pages à comprendre le principe, et par réflexe a « corrigé » les fautes en marge (ou alors c’était un prof qui prenait des notes pour une étude de texte, peut-être, aussi…). J’ai trouvé ça à la fois très drôle et assez émouvant.
J’ai regardé mon exemplaire, récemment : c’est pas celui-là. Sans doute que j’ai offert celui avec les corrections, zutalor.
Mais je garde l’anecdote à l’esprit, tellement c’est cool.

Jim

Excellent ! J’ai juste vu l’une des adaptations (celle de 1968, Charly)…il va vraiment falloir que je me l’achète un jour celui-là…

J’ai vu une adaptation française, en téléfilm, qui date de quelques années, et elle est pas mal…

Jim

Mince, moi qui étais persuadé que c’était une comédie romantique!