STAR TREK : DEEP SPACE NINE (Saisons 1-7)

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Epreuves et Tribulations (1996)
Saison 5, épisode 6
Réalisateur : Jonathan West
Scénaristes : Ronald D. Moore et René Echevarria
Distribution : Avery Brooks, Rene Auberjonois, Michael Dorn, Terry Farrell, Colm Meaney, Alexander Siddig…

L’année 1996 a marqué le 30ème anniversaire de Star Trek…une célébration qui a eu lieu aussi bien sur le grand que sur le petit écran (et même sur papier puisque Marvel a récupéré les droits à cette période pour livrer quelques uns des comic-books les plus intéressants de la franchise, comme la série Star Trek : Early Voyages).
Au cinéma, Jonathan “Riker” Frakes a signé l’un des meilleurs longs métrages de la saga avec Star Trek : Premier Contact. Et pour la branche télévisuelle, les équipes créatives de Star Trek : Deep Space Nine et de Star Trek : Voyager ont eu la bonne idée d’imaginer des épisodes qui ont permis aux personnages de chaque série d’interagir avec les héros de la série classique.

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L’autre point commun entre les épisodes de DS9 et de Voyager (je reviens sur celui-ci dans le prochain billet) est qu’ils impliquent deux personnages qui sont assez vieux pour avoir vécu l’époque des aventures de Kirk et Cie. Pour DS9, il s’agit de Jadzia Dax…ou plutôt Dax, un symbiote de la Planète Trill qui ne peut survivre qu’'en évoluant en totale harmonie avec un hôte. En plus de 200 ans, Dax a connu 7 hôtes/hôtesses avant de vivre en symbiose avec Jadzia, qui est ensuite devenue l’officier scientifique de la station spatiale Deep Space Nine commandée par le capitaine Benjamin Sisko, vieil ami de Curzon, l’ancien hôte de Dax.

Dans Epreuves et Tribulations, Darvin, un espion klingon dont le physique a été modifié pour ressembler à un humain, profite de la présence d’une orbe du temps bajorane sur le Defiant pour remonter le temps jusqu’au jour où, environ 80 ans plus tôt, le capitaine Kirk a fait capoter une de ses missions sur la station K-7. Ce jour-là, l’équipage de l’Enterprise a du faire face aux klingons, mais aussi à une prolifération de tribules, des petites boules de poils inoffensives qui se reproduisent à une vitesse phénoménale. Darvin veut tuer Kirk avec un tribule piégé…Sisko et ses officiers n’ont donc pas beaucoup de temps pour retrouver Darvin et la bombe, et cela sans altérer le cours des événements…

Les deux épisodes “Spécial Anniversaire” de 1996 ont chacun une tonalité différente. Celui de Voyager est plus intense…et celui de DS9 est plus léger, ce qui était naturellement le cas de l’épisode de la série classique choisi pour cette aventure très spéciale, Tribulations (S2 E15). Les différents départements de la production de DS9 se sont visiblement beaucoup amusé à recréer l’Enterprise des sixties ainsi que les différents matériels et costumes (et difficile de ne pas crier “Saluuuut, nounou !” à la vision de Terry Farrell dans l’ancien uniforme féminin de Starfleet…).
Le souci du détail est délicieux et les trucages à la Forrest Gump qui permettent d’incruster les acteurs de 1996 dans le métrage de 1966 sont souvent bluffants (il y juste quelques plans furtifs où l’effet est un peu plus visible, mais rien de bien gênant).

Il y a bien entendu du “fan-service” dans cet épisode, mais du “fan-service” bien fait. Sisko et cie ont une mission, mais la majorité de l’équipe se délecte aussi de découvrir cette période. L’humour provient du décalage des situations, de la chouette dynamique comique entre le Dr Bashir et le chef O’Brien et des réactions du groupe face au look des klingons de l’époque (qui ressemblaient à des humains basanés). Worf préfère ne pas s’attarder là-dessus d’un grognement honteux…mais c’est aussi parce qu’il n’y avait pas encore d’explication dans le “canon” Star trek pour ces différences physiques (pour cela, il a fallu attendre un épisode de Star Trek : Enterprise en 2005).
Les interactions avec l’équipage du premier Enterprise sont également savoureuses, avec un Sisko qui conclut idéalement son voyage temporel.

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De retour au XXIVème siècle, Sisko détaille toute l’aventure à deux enquêteurs temporels, les agents Dulmer et Luclsy (oui, ce sont bien des anagrammes de Mulder et Scully)…tout en omettant un petit détail. Enfin petit, pas tant que ça. Car en 2373, il n’y a plus de Tribules, la race ayant été exterminée par les klingons. Mais le chef de la sécurité Odo s’est pris d’affection pour son tribule et l’a ramené avec lui…permettant la réintroduction de l’espèce car la station Deep Space Nine ne tarde pas à être envahie par ces boules de poils !

J’ai toujours bien aimé ce concept, sans doute parce qu’il me rappelle un peu la TVA (Time Variance Authority) de Marvel.
Dans le versant le plus fun du show, cet épisode est à mon sens un des plus réussis aux côtés de “Little Green Men” (les Ferengis paumés sur Terre lors de la guerre froide).

C’est Armin Shimerman sur la photo?

Oui.

Vu qu’on en parlait sur le sujet consacré à la série The Mandalorian et vu qu’on a décrétait que les cinémas étaient un puissant repère à COVID, j’ai un peu de temps pour venir vous faire chier avec ces histoires qui durent vingt plombes sur le petit écran.

Et donc…Star Trek : Deep Space Nine, la quatrième série de l’univers Star Trek après la série classique, la série animée et Star Trek : The Next Generation dont elle est d’ailleurs le spin-off.

En effet le pilote de la série, Emissary, pose le lien entre TNG et DS9 qui se déroulent toutes les deux dans le même univers et dans la même temporalité. C’est par le biais de Jean-Luc Picard (Patrick Stewart), le capitaine de l’U.S.S. Enterprise que nous découvrons le premier, et plus important, personnage de la nouvelle série, le commandant Benjamin Sisko (Avery Brooks).

Une découverte qui se fait en deux temps. Dans le prologue de l’épisode nous découvrons que Sisko était lieutenant-commandant sur le Saratoga, un des vaisseaux qui fut détruit lors de la bataille de Wolf 359, la tragique bataille entre Starfleet et le collectif Borg mené par un Jean-Luc Picard assimilé et ayant pris le nom de Locutus (ces événements sont au centre du double épisode The Best of Both Worlds qui ferment et ouvrent respectivement les saisons 3 et 4 de Star Trek : The Next Generation).

Le vaisseau de Sisko fut détruit durant cette bataille mais surtout il y perdit sa femme. Trois ans plus tard, Sisko ne s’est pas remis de sa mort et a du mal à contenir sa colère face à un Picard pourtant redevenu normal. Ce dernier lui confie une mission, celle de gérer la station Deep Space Nine le temps que le gouvernement Bajorien nouvellement créé se mette en place. Une mission de routine et temporaire, d’autant plus que Sisko veut quitter Starfleet, qui prendra pourtant une direction bien différente (et une ampleur bien plus grande) à la suite des événements qui vont se dérouler dans le premier épisode de la série.

Car Deep Space Nine n’est pas une station comme les autres. Située en orbite autour de la planète Bajor, elle fut, pendant des décennies, une station minière et un camp de travail forcé connu sous le nom de Terok Nor et dirigé par l’empire Cardassien. Quand commence la série Star Trek : Deep Space Nine, le peuple Bajorien, après des dizaines d’années de lutte, a pu chasser les Cardassiens de sa planète.

Le peuple est enfin libre…et les emmerdes commencent. La planète est ravagée, des régions entières ont vu leur terre devenir stérile, la famine est là, la technologie manque etc. Mieux encore, ce qui lié tout le peuple (la lutte contre l’occupant) a disparu et les factions se divisent de plus en plus faisant craindre le risque d’une guerre civile. Seule la foi des Bajoriens sert encore de ciment au peuple, mais même au sein de la religion des prophètes il y a des membres prêt à tout pour assoir leur domination (étonnant non ?). Il n’est donc guère étonnant que dans ce contexte, le gouvernement provisoire ai demandé de l’aide à la Fédération des Planètes Unies qui, de leur coté, aimeraient bien intégré Bajor.

Le commande Sisko débarque donc sur Terok Nor, nouvellement rebaptisé Deep Space Nine afin d’aider Bajor. Avec lui l’accompagne le lieutenant Jadzia Dax (Terry Farrell) l’officier scientifique, le chef Miles O’Brien (Colm Meaney) nouvellement promu et qui quitte l’Enterprise pour devenir l’ingénieur en chef de la station (personnage secondaire de TNG, O’Brien devient donc un des principaux de DS9) et le jeune et fringuant médecin Julian Bashir (Alexander Siddig). Enfin Jake Sisko (Cirroc Lofton), le fils de Benjamin, débarque également sur une station pas franchement conçu pour les enfants ou les familles (Keiko O’Brien, la femme de Miles, elle aussi transfuge de l’Enterprise, s’en rendra également vite compte).

Sous l’occupation Cardassienne, la station était également un lieu de passage et de commerce et certaines figures marquante de cette époque ont décidées de rester sur la station. Il s’agit de Quark (Armin Shimerman), patron d’un bar situé au centre de la station et magouilleur patenté, et son meilleur ennemi Odo (René Auberjonois), l’ancien chef de la sécurité de la station. Un poste dont il s’est acquitté avec une telle honnêteté et un tel sens de la justice que le gouvernement de Bajor ne l’a jamais considéré comme un ennemi et lui demande de continuer à occuper cette fonction.

Enfin il y a le major Kira Nerys (Nana Visitor), ex-soldat Bajorienne qui participa activement à la libération de sa planète. La guerre finie, elle se rend compte qu’il est plus facile de lutter contre un ennemi commun que de reconstruire une planète ravagée. Estimant qu’ils n’ont pas chassés l’occupant pour se retrouver avec un nouveau, elle voie d’un très mauvais œil l’arrivée de la Fédération, elle devient pourtant le premier officier de Benjamin Sisko en charge notamment de faire le lien entre le gouvernement de Bajor et la Fédération.

Tout ce beau monde se retrouve donc sur la station Deep Space Nine, en orbite autour de la planète Bajor. Une station totalement saccagée par les Cardassiens avant leur départ et qui, en plus, recèle de nombreux pièges laissés par l’occupant. Une station sur laquelle il reste tout à réparer ou reconstruire. Une station très importante pour Bajor.

Et pourtant personne ne se doute encore qu’elle va devenir dans quelques heures la place centrale de ce quadrant de la galaxie.

(TIN, TIN, TINNNNNNN la suite au prochain épisode)

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Deep Space Nine est donc une station spatiale en orbite autour de la planète Bajor et va servir de point de relais entre la Fédération et le gouvernement Bajorien dans le cadre de la reconstruction de la planète. C’est ce qui est prévu au départ mais tout va changer dès le premier épisode.

Deux mot : Vortex (wormhole en anglais) et émissaire (ça tombe bien c’est le titre du 1er épisode). Opaka, la leader religieux (le Kai) de Bajor, est en effet persuadée que Sisko est envoyé par les dieux pour découvrir le Temple Céleste. Afin de le convaincre, elle lui montre leur relique la plus précieuse : l’orbe. Un artefact qui donne des visions à celui qui l’ouvre. En l’étudiant, Jadzia Dax découvre un lien entre ce dernier et un mystérieux phénomène situé non loin de la station. En s’y rendant Sisko et Dax découvre qu’il s’agit d’un vortex au sein duquel vive les fameux prophètes. En réalité une race extraterrestre très singulière puisqu’ils n’ont aucune réelle présence physique mais surtout aucune existence linéaire. Passé, présent et futur existent sur le même plan pour eux.

Enfin et surtout, Sisko découvre que ce vortex relie en quelques heures leur quadrant (l’Alpha) avec le quadrant Gamma pourtant situé à l’autre bout de la galaxie. Dès lors et après quelques péripéties, Deep Space Nine passe de simple station spatiale à base incontournable et comptoir essentielle pour toute la galaxie. Dorénavant nul besoin de partir à l’aventure, c’est l’aventure qui viendra à vous. C’est sur ce dernier point que Star Trek : Deep Space Nine représente un changement radical avec les séries précédentes. Alors que ces dernières proposaient les aventures de vaisseaux spatiaux parcourant la galaxie là où personne n’est jamais allé, DS9 va, elle, se reposer sur une unité de lieu immuable. Ça n’a l’air de rien comme cela mais ce qui est au départ un choix pouvant être assimilé à une démarcation cosmétique va se révéler être déterminant dans les spécificités même de la série, faisant d’elle l’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) space-opera télévisuel de l’époque.

La création de Star Trek : Deep Space Nine remonte à 1991 quand le nouveau président de Paramount Pictures, Brandon Tartikoff (auparavant le directeur des programmes de NBC chez qui il lança Seinfeld, Cheers, Golden Girls, Cosby Show, Law&Order, Miami Vice etc. bref c’était pas le dernier des cons) demande à Rick Berman de réfléchir à une nouvelle série pour capitaliser sur le succès de Star Trek : The Next Generation alors à l’antenne depuis cinq ans.

Après deux saisons de balbutiements, les aventures de l’Enterprise D sont en effet à leurs apogées tant sur plan critique que public et un nouveau film de la série classique (Star Trek VI - The Undiscovered Country) va sortir pour les 25 ans de la saga. Bref il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Berman est de l’aventure depuis le début de The Next Generation et il est officiellement à la tête de la production de la saga depuis la mort de Gene Roddenberry en 1991 (officieusement il l’est depuis 1988 quand Roddenberry fut trop malade pour continuer à travailler) et c’est véritablement sous son égide que The Next Generation prend son envol. Dès le départ Berman refuse de faire une nouvelle série se déroulant dans un vaisseau parcourant la galaxie pour cause de redite et, avec Michael Piller, il envisage de faire une série se situant sur une planète colonisée, prenant comme référence la série L’homme à la carabine (1958) dans laquelle un homme et son fils vivent dans un ranch entouré de différent archétype de l’époque (le barman, le docteur, le shériff etc.).

Piller est probablement le scénariste le plus important de Star Trek : The Next Generation. Arrivé en 1988 vers la fin de la seconde saison, il écrira plusieurs épisodes de la troisième mais son influence se ressentira d’une autre manière. En effet durant ses deux premières années de production, la série connue une valse de scénariste et énormément de problème et de conflit entre eux si bien que l’écriture prenait du retard et que les scénarios était constamment remaniés. Piller va remettre de l’ordre dans tout cela en créant un pole d’écriture solide avec une équipe stable (c’est ainsi lui qui engagea Ronald D.Moore) et en commençant à sortir des schémas classiques tel « l’alien/la situation de la semaine » pour développer plus en profondeur les personnages. Très clairement si Star Trek : The Next Generation passe de deux saisons très moyennes (voire très médiocre en ce qui concerne la première) à cinq saisons de très grande qualité, c’est grâce à Piller.

Les deux compères sont donc naturellement aux commandes de la nouvelle série qui sera, par la force des choses, la première série Star Trek non créée ou supervisée par Gene Roddenberry (qui décède le 24 octobre 1991). Ça ne sera pas la seule première de la série comme nous le verrons. A ce stade, évacuons le passage obligé quand on vient à parler de Deep Space Nine : sa ressemblance avec Babylon 5. Les deux séries ayant beaucoup de points en commun (même type de lieu et des personnages ou intrigues similaires), on peut légitimement se demander si l’une n’a pas plagiée l’autre. Si je ne connais pas la vérité sur ce sujet (et je ne pense pas que grande monde l’ai), voici mon sentiment avec les éléments dont on dispose. Si la production de Star Trek : Deep Space Nine remonte à 1991, le projet Babylon, lui, existe dans le cerveau de son créateur Joe Michael Straczynski depuis le milieu des années 80. Je ne m’attarderais pas sur le processus (on va dire que je vous garde ça de coté quand je repartirais revoir Sheridan, Ivanova, G’Kar, Londo et les autres) mais toujours est-il qu’en 1989, Straczynki fit le tour des studios avec une bible de la série, le scénario du pilote, des descriptions de personnages, des développements d’arcs scénaristiques et des visuels. Paramount fit parti de ces studios mais déclina le projet. En 1992 toutefois, Paramount officialisa le lancement de Deep Space Nine deux mois après que Warner annonça la production de Babylon 5. Straczynski a toujours estimé que Berman et Piller n’ont jamais plagiés son projet, il émet par contre l’hypothèse que des éléments de celui-ci leur ont été donné par les cadres de Paramount sans jamais que ceux-ci ne leur révèle la provenance réelle. Au final et avec le recul, ces similarités évidentes sont guère importante tant les deux séries vont avoir des approches différentes.

Revenons au début des années 1990. DS9 passe donc d’une série se déroulant sur une colonie à une série se déroulant sur une station spatiale, ce qui en terme de budget, permet aussi de faire des économies. Outre l’unité de lieu fixe, l’autre grande nouveauté de DS9 sera de proposer un casting plus diversifié que The Next Generation. Là où cette dernière racontait l’histoire de personnages tous membres de Starfleet, DS9, elle, va introduire quatre personnages qui n’ont, à la base, aucun lien avec cette organisation. Il s’agit d’Odo, Quark, Kira et Jake (même si ce dernier est le fils de Sisko, il montre assez vite qu’il ne sera pas une copie de la tête à claque Wesley Crusher, le gamin de TNG). Cette variété sera une pièce maîtresse dans la démarcation de DS9 avec les séries précédentes.

En effet malgré toutes ses qualités, il est assez évidente que TNG est une version nouvelle génération de la série classique avec toujours un équipage de militaires face à des Vulcains, des Romuliens et des Klingons. DS9 quand à elle va se reposer sur un ensemble de race, presque, nouvelles : les Ferengis, les Bajoriens et les Cardassiens. Presque, parce que ces trois espèces apparaissent tout d’abord dans TNG. Les Ferengis apparaissent ainsi dans la 1ère saison de la série et se voulait devenir, pour Roddenberry et Berman, ses nouveaux grands antagonistes. Peine perdue, les Ferengis, dans leurs quelques apparitions, seront surtout des personnages ridicules et comiques. Pour DS9, Piller envisageait dès le départ qu’un Ferengi tienne le bar de la station et soit l’antagoniste du chef de la sécurité. Ça sera donc Quark et c’est avec lui qu’on va véritablement découvrir une race autrement plus passionnante que l’on imaginait et qui se pose comme la critique de la société humaine du 20ème siècle.

Les Cardassiens et les Bajoriens quant à deux apparurent dans Star Trek : The Next Generation en 1991 et ils semblent très vraisemblable que Piller et Berman envisagèrent d’en faire très rapidement les protagonistes majeurs de Deep Space Nine. Ainsi dès la saison 5 de TNG apparut, pour un rôle semi-régulier, le personnage de Ro Laren (Michelle Forbes) une Bajorienne membre de Starfleet, avec qui nous découvrons sa culture et la haine vis à vis des Cardassiens. Les plans initiaux de Piller était alors de faire de Ro Laren une des membres qui quitterait l’Enterprise pour rejoindre DS9 au même titre que O’Brien dont on découvre le rôle durant la guerre entre Cardassia et la Fédération durant la quatrième saison. Ro Laren devait devenir le second de Sisko et servir de lien entre Starfleet et Bajor. Toutefois Forbes ne voulu pas s’engager dans un rôle régulier dans une série et déclina la proposition, Piller et Berman décidèrent alors de créer un nouveau personnage, celui de Kyra Nerys qui sera interprété par Nana Visitor, dont c’est le premier rôle régulier. On a pu la voir auparavant dans des épisodes de différentes séries tels que Les Routes du Paradis, Remington Steele, K2000, McGyver, Arabesque, The Colbys (le spin-off de Dynastie, annulée au bout de deux saisons) ou Dr Doogie. Ancienne danseuse (elle débuta à Broadway) elle mettra à profit son expérience pour ce rôle très physique. Kira Nerys est de plus le premier personnage féminin à être first officer dans une série Star Trek (rappelons que c’était initialement le choix de Roddenberry à l’époque de la production du pilote de la série classique, idée rejetée par la chaîne faisant alors de Spock le second de Kirk). Notons que malgré son refus, Michelle Forbes ne fut pas mise à l’écart et son personnage connu une conclusion à la fin de The Next Generation en rejoignant le Maquis une organisation de résistants (ou de terroristes c’est selon) qui sera développée dans Star Trek : Deep Space Nine et surtout dans Star Trek : Voyager (plusieurs membre du Maquis faisant parti de l’équipage du vaisseau). Preuve du travail de Berman pour renforcer l’univers partagé de ces séries.

Mais sur le casting, la grande première de Star Trek : Deep Space Nine (et qu’on peut aussi étendre à l’ensemble de la production télévisuelle américaine de l’époque) c’est bien sur le commandant Sisko interprété par Avery Brooks. Pour la première fois depuis 1973 (avec la fin de Mod Squad), un acteur noir est à la tête d’une série dramatique au casting multi-ethnique et culturel. Bien sur, dans l’univers Star Trek, le racisme au sein de l’humanité n’existe plus et le personnage de Sisko n’a pas été pensé pour être directement interprêté par un acteur noir. Le symbole est tout de même très important. Si Brooks fut choisi parmi plus de 300 candidats, c’est probablement (à l’instar de Patrick Stewart) pour sa carrière au théatre et pour son parcours assez atypique. Musicien et chanteur (baryton) avant d’être acteur, Brooks est également enseignant et directeur artistique quand débute le tournage de la série. Autant dire qu’il sait gérer un groupe d’individu disparate.

Le reste du casting est un équilibre de jeunes acteurs et actrices (Siddig et Farrell) et d’acteurs plus expérimentés (Meaney, Auberjonois et Shimerman). Par la suite DS9 se distinguera par un casting important de personnages secondaires souvent interprétés par des visages connus, tels Louise Fletcher, la célèbre infirmière Ratched de Vol au dessus d’un nid de coucou, Andrew J Robinson (le tueur Scorpio de Dirty Harry), Wallace Shaw ou bien encore Jeffrey Combs

On arrive en 1993 et la série est prête à être lancée. Le générique et la musique sont une nouvelle fois confiée à Dennis McCarthy (déjà en charge de la musique sur The Next Generation et qui continuera l’aventure avec Voyager et Enterprise), les décors sont prêt et la maquette de la station, conçu par Herman Zimmerman, Rick Sternbach et construite par Tony Meininger est prête à l’emploi. Comme rampe de lancement, The Next Generation laisse sa place durant un mois en se concluant provisoirement sur un double épisode, Chains of Command (assez grandiose au passage avec une prestation incroyable de Stewart), qui annonce la fin de l’occupation Cardassienne sur Bajor.

Le premier épisode de DS9 est diffusé en syndication le 3 janviers 1993 et c’est parti pour sept années durant lesquelles les préceptes et le dogme positif de Star Trek vont être rudement mise à mal.

Rétrospectives exhaustives des séries Star Trek :

Très intéressant, tout ça…merci pour cet historique !
Comme je l’ai déjà dit ailleurs, et même si j’adore cet univers, il n’y a que la série classique Star Trek que j’ai regardée entièrement. Ce sont mes lectures qui m’ont familiarisé avec certaines des séries (pour TNG, ce sont surtout les films) et pour DS9, j’ai lu des romans et des comics avant de voir une poignée d’épisodes. Mon premier contact avec la série s’est donc fait par l’intermédiaire de la novélisation du premier épisode, L’Emissaire, et par le premier roman original signé Peter David. Deux chouettes lectures qui m’ont permis d’avoir un premier aperçu de l’univers de la station, des personnages et de leurs relations…

You’re welcome. Ca me parait toujours important de replacer une série dans son contexte surtout quand on touche à des époques où la critique française était quasi-inexistante (et que, aujourd’hui, elle oublie assez largement). Bon après j’avais pas prévue de faire autant mais c’est fou tout ce qu’on récupère ou qu’on relie en se documentant un peu.

Si j’étais taquin je crois que je dirais que mon premier contact avec Star Trek ce fut par Babylon 5 ^^. Je développerais surement mais il y a énormément de lien entre les deux séries et pas forcément dans ce qui retourne de la création des deux séries mais aussi dans les aller et retour de plusieurs acteurs et le fait que Straczynki a une adoration pour la série classique (il y a dans la saison 3 de Babylon 5, un épisode avec Majel Barrett la veuve de Roddenberry, elle incarne la veuve de l’Empereur Centauris et tout ses dialogues joue sur deux niveaux de lectures quand elle parle de son époux) dont il proposa un projet de relance dans les années 80 et dans les années 2000 (après One More Day d’ailleurs, le fait est qu’il fut alors convaincu qu’un reboot pouvait être accepter…et qu’est ce qu’on découvre quelques années plus tard)

Après, je crois l’avoir écrit sur le sujet du film, ce fut avec Star Trek : First Contact que j’ai vraiment découvert la saga mais je m’y suis vraiment plongé quand j’ai eu l’occasion d’acheter à pas cher les magnifiques coffrets dvd de The Next Generation et DS9.

L’année 1993 est une date très importante dans l’histoire de la série télévisée américaine.

Symboliquement, elle représente le passage à une nouvelle décennie créative. Entamée avec le chef d’œuvre Hill Street Blues (1981), les années 80 furent rétrospectivement qualifiées d’ère de la quality television, caractérisée par des séries tentant de sortir des carcans formels et narratifs avec plus ou moins de succès. Une époque où l’on tenta de mélanger les genres, de casser le 4ème mur, de faire des séries contemplatives, d’écrire des histoires sur plusieurs épisodes et de faire évoluer des personnages. C’était une période d’expérimentation folle dont le summum est atteint en 1990 quand deux grands talents, Mark Frost et David Lynch, créérent Twin Peaks.

C’est une période d’essai plus ou moins heureux dont beaucoup sont oubliés ou minorés (la passionnante Bienvenue en Alaska) mais dont les fruits se récolteront dans la décennie suivante quand, par ces expériences acquises, déboulèrent la même année la série policière qui repoussa tous les tabous en terme de langage et de nudités sur une grande chaîne et qui termina de briser le mythe du flic héroïque (NYPD Blue), la série policière au style documentaire (Homicide, Life in the Street) et la série fantastique la plus parano de l’histoire (X-Files). Bien que lancé un peu plus tard, en 1994, on rajoutera également la série médicale qui renouvela totalement le genre (Urgences).

Ces quatre séries ont en commun d’êtres des grands (voire des très grands) succès d’une grande longévité (même si Homicide n’avait pas une forte audience, les récompenses étaient au rendez-vous), d’être visuellement novatrices et très belles, d’être des séries chorales (sauf bien sur pour X-Files) et enfin d’avoir des intrigues courant sur plusieurs épisodes ou saisons. Clairement elles fructifièrent les acquis de leurs prédécesseurs et elle-même seront les terreaux de la prochaine évolution, celle des séries du câble.

Et Star Trek : Deep Space Nine dans tout cela me demanderez-vous ?

Ce qui est intéressant (voire passionnant pour des tarés comme moi qui s’intéresse à l’histoire des séries amerloques) c’est de voir que DS9 est d’abord lié à certaines prérogatives de la franchise mais va peu à peu s’en affranchir sous l’influence de ses créateurs et du mouvement de fond dans la fiction télé de cette décennie. Ainsi les deux premières saisons de la série sont une période dans laquelle DS9 va se chercher mais ne va pas forcément y aller avec le dos de la cuillère pour ce qui est de vouloir marquer rapidement sa différence avec The Next Generation. La série y va parfois avec des gros sabots et l’exemple le plus frappants (c’est le cas de le dire) se trouve dans dans l’épisode Q-Less (1.07) qui voit revenir Mr Mxyztplk Q (John De Lancie), la facétieuse entité omnipotente et omnisciente se confrontant régulièrement à Picard et cela dès le premier épisode de TNG. Alors que les duels entre Q et le capitaine de l’Enterprise sont de l’ordre de la joute verbale, Sisko n’ira quand à lui pas par quatre chemins et conclura la rencontre en frappant directement l’alien.

" - Q : You hit me! Picard never hit me."

" - Sisko : I’m not Picard."

On a connu plus fin.

Ce genre de comparaison (que ce soit face à des situations déjà vue dans TNG, des Klingons qui viennent faire un coucou ou bien d’autres guest tel Lwaxana Troi) veulent appuyer la singularité de la série par rapport à son aînée mais on découvrira bien vite que celle-ci se construira d’une manière bien plus élégante et profonde lorsque les scénaristes décidèrent très rapidement de briser quelques tabous longtemps imposés par le grand démiurge.

Tel les fameuses directives que la Fédération impose à ses membres, Gene Roddenberry avait en effet érigé quelques règles pour Star Trek : Une approche positive du récit avec une volonté de revenir au statut quo à la fin de l’épisode et l’interdiction de conflits entre deux personnages principaux. TNG avait parfois ébréché cette table de loi, DS9 va totalement la détruire. Avec son ouverture sur une bataille sanglante puis un pilote se situant sur une station totalement ravagée, le show pose une ambiance sombre et crépusculaire qui, avec son lot de conflit et de guerre totale parcourant toutes les saisons, ne partira vraiment jamais.

Coté relation, si Sisko et Kira forme un binôme efficace, les débuts sont toutefois difficiles. Kira ne voulait pas de la présence de la Fédération et va parfois passer outre les ordres de son supérieur si elle estime que l’intérêt de son peuple le justifie. Même si, peu à peu, une amitié forte se construira entre O’Brien et Bashir, le col bleu irlandais aura beaucoup de mal à supporter le jeune et fringuant docteur. Mais s’il y en a deux qui ne passeront jamais leurs vacances ensemble c’est bien sur Odo et Quark. L’un est le chef de la sécurité tandis que l’autre sous son image de digne patron de bar est un escroc en tout genre. L’un est un être affable et toujours prompte à discuter, l’autre est solitaire et taciturne. L’un ne cherche qu’a se faire de l’argent, l’autre rêve de le coffrer.

Il ne faut cependant pas croire que dans DS9, tout le monde rêve de se tirer dans les pattes tandis que la galaxie est à feu et à sang. C’est pas Game of Thrones non plus hein. Déjà parce qu’il y a, dès le début, des amitiés très forte entre certains membres de la station. Benjamin Sisko aime son fils au delà de tout et ce dernier sera prêt à tout pour lui, Odo et Kira ont un profond respect entre eux, Kira et Jadzia deviennent très rapidement des amies proches, après avoir tenté vainement de la séduire Bashir sera un ami fidèle de Jadzia Dax et, enfin, cette dernière a un passé commun avec le commandant Sisko. Dax est en effet un Trill, une espèce extra-terrestre d’une très longue longévité du au fait qu’elle forme une symbiose avec des hôtes. Jadzia est de fait la 7ème hôte de Dax, la jeune savante succède à Curzon qui était le mentor du jeune officier Benjamin Sisko. Sur Deep Space Nine, Jadzia Dax est donc maintenant sous les ordres d’un Sisko qui l’appelle affectueusement old men.

Enfin si Star Trek : Deep Space Nine est une série sombre, elle n’en trahit pas pour autant l’approche optimiste et solaire de la franchise. Car elle est avant toute chose une série sur la construction et la reconstruction que ce soit à l’échelle d’un individu (Sisko qui doit faire le deuil de sa femme, Kira qui doit apprendre à ne plus vivre avec la violence et les armes, Bashir qui doit vivre avec le fait qu’il fut modifié génétiquement durant son enfance), d’une planète (la reconstruction de Bajor après la guerre); sur un temps long (toujours Bajor) ou sur un seul épisode (ainsi une histoire nous montrera comment O’Brien doit ré-apprendre à vivre après avoir passé 20 ans en prison).

Contrairement à The Next Generation, le spectateur ne découvre pas un équipage déjà établi et au travail depuis quelques temps mais un équipage qui se forme durant le pilote au sein d’une station à reconstruire. Cette différence est fondamentale en cela qu’elle implique le besoin d’apprendre à connaître l’autre pour mieux avancé, surtout en territoire inconnu. Du fait de vivre sur une station dont on assiste à la reconstruction durant les premiers épisodes le statu quo prompte à TNG et ici rapidement balayé. Tout est à refaire et chaque épisode apporte son lot de changement et de modification. Ainsi, constatant l’errance des enfants laissés à eux-mêmes sur la station, Keiko O’Brien (Rosalind Chao) fondera une école qui deviendra un endroit connu de la station au même titre que le bar de Quark ou la boutique de vêtement de Garak.

De manière générale, la vie de la station évolue au fil des épisodes et nous sommes rapidement conquis par l’endroit. Pour renforcer cet aspect les scénaristes vont augmenter significativement le nombre de personnages secondaires. A ce titre la série est sans conteste celle de la franchise proposant la plus vaste galerie de personnages qu’ils soient principaux ou secondaires. Piller et Berman ne s’en cache pas, leur envie sur ce point était de faire de Star Trek : Deep Space Nine la Hill Street Blues de la science-fiction. Citons Morn, l’habitué du bar (référence explicite à Cheers), Leela (Chase Masterton) l’une des serveuses, Rom (Max Grodénchik) et son fils Nog (Aron Eisenberg) respectivement frère et neveux de Quark, Keiko O’Brien, la capitaine de vaisseaux Kassidy Yates (Peeny Johnson) avec qui Sisko nouera une relation amoureuse, Martok le général Klingon (J.G. Hertzler), Michael Eddington (Kenneth Marshall), officier de la sécurité envoyé par Starfleet pour seconder et surveiller Odo, le Grand Nagus Zek (Wallace Shawn) dirigeant des Ferengis, Vic Fontaine (James Darren), un hologramme crooner et confident pour beaucoup de membre de la station et enfin Brunt le Ferengi ennemi juré de Quark campé par un Jeffrey Combs tellement parfait que la production lui confiera un autre rôle important, celui de Weyoun, le représentant d’une race très importante dans la série.

Beaucoup d’entre eux auront des arcs scénaristiques développés. Nog est tout d’abord un Ferengi typique mais au contact de Jake Sisko, il évoluera peu à peu. Son amitié avec le fils du commandant est un modèle de tolérance et de compréhension entre les races, plus tard il deviendra le premier Ferengi à intégrer Starfleet et connaîtra les horreurs de la guerre notamment dans les épisodes The Siege of AR-558 (7.08) dans lequel il est grièvement blessé au combat et dans It’s Only a Paper Moon (7.10) où il sera confronté à une grave dépression suite à la perte de sa jambe. Trois autres personnages deviendront essentiels à la série : le tailleur Elim Garak (Andrew Robinson) qui se trouve être en fait un ancien espion Cardassien au passé très trouble et qui usera de ses talents pour aider Starfleet et son peuple, Winn Adami (Louise Fletcher) leader religieux Bajoran à la soif de pouvoir immense et, enfin, le terrible Gul Dukat (Marc Alaimo) antagoniste principal de la série et ennemi juré de Sisko et de Kira.

Toutes cette faune de personnages à laquelle s’ajoute la multitude de races croisées fait qu’on croit à DS9 en tant que station spatiale grouillant de vie avec ses gens de passages, ses résidents permanents…et ses aventures bien sur. Encore ancré dans les années 80, DS9 joue, à ses début la même partition que sa grande sœur en proposant des épisodes aux intrigues bouclées à la fin de ceux-ci. Formellement, on reste donc en territoire connu. Toutefois cela ne veux pas dire qu’il n’y a rien d’intéressant et d’innovant à ce stade. Déjà parce que les histoires sont toutes très bien écrite. C’est une forme de narration efficace et maintenir une qualité constante n’est pas à la portée du premier venu. Rappelons que l’on est à une époque où le pole d’écriture des séries Star Trek est composé de cador et que chaque script est peaufiné au maximum. La liste des très bons épisodes la série sur les trois première saisons serait longue. Mais on va s’empêcher de se faire plaisir.

Progress (1.15) => Kira se voit obliger d’exproprier Mullibok car ses terres vont être détruites pour servir d’énergie à l’ensemble de la population Bajorienne. Or ce dernier préfère mourir que de quitter la terre qu’il a cultivé pendant des années. Un épisode qui voit Kira tirailler entre ses obligation envers son peuple et son passé de combattante qu’elle retrouve chez Mullibok.

Duet (1.19) => Un Cardassien débarquait sur DS9 est reconnue comme étant un ancien criminel de guerre. L’enquête de Kira révélera une réalité mettant à mal sa conviction que tous les Cardassiens sont des êtres horribles.

In the Hands of the Prophets (1.20) => Le final de la première saison qui voit les cours de Keiko O’Brien être perturbé par religieux Bajoriens radicaux mené par Winn Adami. Cette dernière estime que Keiko blasphème les prophète car son cours les décrits comme des entités extra-terrestre et non comme des dieux. Un épisode pas du tout crédible vous en conviendrez

Necessary Evil (2.08) => Dans lequel nous découvrons un fragment du passé de Kira, Dukat, Quark et Odo à l’occasion de la toute première enquête de ce dernier sur Terok Nor.

Sanctuary (2.10) => Bajor voit arrivé un flux massif de réfugiés venant du Quadrant Gamma et fuyant la guerre et l’oppression d’un ennemi terrible. Ils sont persuadé que Bajor est la terre promise décrite dans leur prophétie. Problème, Bajor n’a pas les ressources suffisantes pour accueillir une telle population.

Whispers (2.14) => Un** **épisode qui inaugure une tradition dans la série, celui des épisodes centrés sur O’Brien avec des concepts de SF toujours passionnant dont l’officier est le protagoniste et surtout la victime tant ces épisodes vont très loin. Invasion of body snatcher inversé, l’épisode nous montre un O’Brien revenant de mission et persuadé que toute l’équipe de commandement et sa femme ont été remplacés par des aliens, il fera alors tout pour empêcher que l’invasion s’amplifie quitte à détruire la station. On découvrira au final que la seule personne remplacée est O’Brien lui-même et que nous suivions alors un alien qui était le seul à ignorer sa véritable nature.

Paradise (2.15) => Sisko et O’Brien découvre une colonie humaine dans le secteur Gamma. Un épisode particulièrement pertubant de par l’histoire de ces colons et leurs réactions face à la vérité de leurs origines.

Blood Oath (2.19) => Un épisode qui voit revenir trois Klingons vu dans différent épisodes de Star Trek et toujours interprété par les mêmes acteurs. Liés par un pacte de sang pour venger la mort de leurs fils, les voilà sur DS9 pour chercher leur quatrième compagnon : Dax. En effet le Trill quand il était alors Curzon avait lui aussi fait se pacte. Toute la question est de savoir s’ils vont aujourd’hui accepter Jadzia. Un formidable hommage à la série classique et le début d’une longue histoire entre Jadzia et les Klingons.

The Maquis part I & II (2.20 & 2.21) : Mouvement de résistance humain contre l’oppression Cardassienne dans la zone démilitarisée entre Cardassia et la Fédération, Le Maquis gêne les deux gouvernements et Sisko à l’ordre d’essayer des les arrêter. Un double épisode particulièrement fort dans le parallèle qu’il pose avec l’actualité politique de l’époque (que ce soit concernant le conflit des Balkans ou conflit israélo-palestinien) et qui pose, ici, beaucoup plus intelligemment sa différence avec The Next Generation. DS9 questionne les grands principes de la Fédération, non pas dans un cadre théorique ou au sein de la Fédération mais véritablement sur le terrain et un du genre boueux. Un épisode dans lequel Sisko prononce l’un des phrases les plus emblématiques de la série.

«Do you know what the trouble is ? The trouble is Earth. On Earth there is no poverty, no crime, no war. You look out the window of Starfleet Headquarters and you see paradise. It’s easy to be a saint in paradise, but the Maquis do not live in paradise. Out there in the demilitarized zone all the problems haven’t been solved yet. Out there, there are no saints, just people-angry, scared, determined people who are going to do whatever it takes to survive, whether it meets with Federation approval or not. »

Crossover (2.23) : Une autre tradition qui est lancée ici. Celui des épisodes se déroulant dans le Monde-Miroir. Ce monde inversé qu’on a découvert dans l’épisode Mirror, Mirror de la série classique. Crossover nous montre ce même univers 70 ans après la venue de Kirk. Un monde terrible où une alliance entre Bajor devenu un empire tyrannique et les Klingons à fait des humains des esclaves. Premier d’une longue lignée d’épisode dans lequel Nana Visitor s’en donne à cœur joie dans une version sex&sadism de Kira

The House en Quark (3.03) => En tuant accidentellement un Klingon saoul, Quark n’imagine pas qu’il deviendra le chef d’un ancien clan. Un Ferengi chez les Klingons, voilà qui ne manquera pas de détonner

Equilibrium (3.04) => Dans lequel Jadzia découvre qu’elle n’est pas le 7ème hôte de Dax mais le 8ème. On lui a caché l’existence de Joran, un hôte qui s’est révélé instable et à commis des crimes.

Second Skin (3.05) => qui joue sur la perception de la réalité puisqu’il nous révèle que Kira est en fait une espionne Cardasienne.

Family Business (3.23) => Quark et Rom retourne sur leur planète auprès de leur mère qui s’avère être une criminelle puisqu’elle ose faire des affaires et porter des vêtements. Deux choses interdites pour les femmes Ferengis. Un des épisodes les plus drôles et les plus intéressant sur les Ferengis.

Facets (3.25) => Autre exploration, celle des anciens hôtes de Dax qui vont chacun prendre corps dans un membre de l’équipage et cela à l’occasion d’un rituel Trill. L’occasion pour les acteurs de sortir de leurs personnages et de nous offrir de belles compositions notamment un Odo hôte de Curzon qui se lâche totalement en retrouvant son vieil ami Sisko.

Enfin la composition majoritaire d’épisode bouclés n’empêche pas, que chaque épisode prend en compte les précédents et qu’on assiste également à une grande évolution de personnages définies à la base comme étant des chercheurs que ce soit d’un but, d’une vérité ou d’un passé. Trois personnages sont directement concernés : Sisko de par son rôle à la fois de veuf, de père, de commandant mais aussi d’émissaire des prophètes, un statut qu’il acquière à la fin du pilote de la série et lui donne un rôle très particulier pour les habitants de Bajor. Kira Neyris qui doit apprendre à devoir faire des choix difficiles dans l’intérêt de la survie de son peuple et qui découvre peu à peu que le monde n’est pas uniquement composé de méchant Cardassiens et de gentils Barjoriens. Odo, enfin, le chef de la sécurité de la station en quête de ses origines. Présenté comme étant l’alien observant l’humanité (au même titre que Spock puis de Data), Odo est un métamorphe qui peut prendre la forme de ce qu’il désire. Mais plus que cela, il est le seul représentant de sa race et n’a aucun souvenir de son passé et d’où il peut venir. Ce n’est pas exagéré de dire que dans sa quête pour découvrir ses origines, Odo deviendra le personnage le plus important de la galaxie et de la série.

Car au bout de deux saisons il est temps de passer à la vitesse supérieur. Michael Piller, Rick Berman et Ira Steven Behr (nouveau showrunner à partir de la troisième saison) en sont bien conscient et cela malgré certains blocages. Rappelons qu’a l’instar de son aînée, Star Trek : Deep Space Nine est directement produit pour la syndication, c’est à dire pour le vaste réseau de chaînes locales et de «petites» chaînes en dehors des quatre grands network de l’époque (ABC, CBS, NBC et la Fox). La syndication est le regroupement de toutes ces chaînes afin d’acheter en commun les séries produites et diffusé initialement par les network à la condition d’avoir un nombre conséquent d’épisode (généralement au moins une centaine). Au même titre que l’achat des séries par les chaînes étrangères, il s’agit d’un second marché très important et pris en compte dans la production et le financement d’une série. Mais il arrive également que la syndication produise ou coproduise directement pour son réseau. Superboy, Roseanne, Hercules, Xena, Alerte à Malibu en sont quelques exemples. De par sa nature, la syndication ne finance pas pour des séries de 13 épisodes par saisons, elle a besoin d’une quantité d’épisodes suffisantes pour alimenter les chaînes. Une autre contrainte (qu’on retrouva aussi pendant longtemps pour les chaînes étrangères) est sa réticences à financer des séries feuilletonesques difficile à moduler sur une grille de programmes.

Mais comme on l’a vu, tout change dans les années 90 et on voit bien que le public est de plus en plus friand de séries où l’on suit une intrigue, que les scénaristes sont suffisamment ingénieux pour capter le spectateur qui prendrait une série en cours de route et que, en ce qui concerne la science-fiction, le cas Babylon 5 (space opera, contemporain de DS9, à la particularité est d’être, grosso modo, un feuilleton) prouve que les amateurs de ce genre sont prêt à suivre. Enfin nous sommes en 1994 et après sept années de bon et loyaux services Star Trek : The Next Generation tire sa révérence sur le petit écran et si les aventures de l’Enterprise continue sur grand écran (le film Star Trek : Generation sort en novembre 1994) et que la nouvelle série Star Trek : Voyager commence le 16 janvier 1995, Deep Space Nine reste pour l’heure l’unique série de la franchise à la télévision.

Elle a donc les coudées franches, Engage !