Enfin, p’tain !
Je me demande si HBO n’a pas reçu un « cadeau empoisonné » avec cette série. Le boss de HBO a déjà déclaré que Whedon ne fera pas partie de la promo de la série (son nom n’est même pas dans la bande-annonce) mais c’est impossible qu’il ne soit pas mentionné dans les interviews et les critiques.
Pour ceux qui n’ont pas suivi, suite aux accusations de Ray Fisher/Cyborg sur le comportement abusif de Joss Whedon sur le tournage de Justice League, Charisma Carpenter (Cordelia dans Buffy et Angel) a détaillé le harcèlement moral dont elle a fait l’objet pendant ses derniers temps sur la série, avant de recevoir le soutien des autres actrices (Amber Benson a parlé des plateaux de Buffy comme d’un « environnement toxique »). Je savais que l’éviction de Carpenter ne s’était pas faite en douceur, mais je ne connaissais pas certains détails. Bon, Joss Whedon n’est pas la seule personnalité de l’industrie à s’être comporté comme un parfait salaud, mais compte tenu des thèmes développés dans ses séries, ça reste vraiment…décevant, faute d’un terme plus fort…
Tu veux dire Whedon ?
Nope, Charisma Carpenter. Ecartée de la série Angel parce qu’elle est tombée enceinte. Grossesse incorporée au scénario mais si elle a été écartée de la série (à part un épisode de la saison 5), c’est bien à cause de ce qui s’est passé…
Pardon j’étais passé sur John Carpenter, et non Charisma, du coup je comprenais pas.
Je pensais pas qu’elle s’était fait virer, juste qu’elle voulait plus de temps, tu as des liens sur le sujet et Whedon ?


Oui, décevant, le mot est faible.
Pour un mec qui se prétend féministe et progressiste, les retours sur son comportement sur les plateaux s’accumulent. Et le portrait qui se dessine n’est pas flatteur.
Je ne suis pas loin de penser de lui que c’est un génie, à son niveau.
Au rayon des génie plus identifiables, on pourrait parler de Kubrick qui martyrisait ses acteurs pour les réduire à l’état de pulpe.
Bref, quand tu te comportes comme une merde, faut pas pleurer quand ça te revient en boomerang dans la gueule.
Et c’est triste de découvrir qu’un auteur que tu respectes, qui a participé à construire ton imaginaire, est en réalité un sociopathe. Mais c’est encore plus triste d’en avoir été victime.
Et ça continue…un tweet d’un ancien scénariste de Firefly :
« Casually cruel » is a perfect way of describing Joss. He thought being mean was funny. Making female writers cry during a notes session was especially hysterical. He actually liked to boast about the time he made one writer cry twice in one meeting.
Je n’aurais pas espéré mieux le dire, merci.

Les actrices de The Nevers parlent de leur collaboration avec Joss Whedon :
Ann Skelly :
« I loved working with Joss. I found him to be a lovely boss and director, he was very open. I felt he cared a lot for the actors and the crew. It was definitely one of my favorite on-set experiences for sure. Everyone would show up to work happy to be there, ready to go. That is a very contagious feeling. It was a very positive energy. »
Laura Donnelly :
« From my personal experience, it was the best screen, film or TV, experience that I’ve had on any set. From my point of view, he always felt very supportive and protective of the artistic integrity and what we as actors needed in order to be able to do our job. One of the great things was the way that trickled down. I’ve never worked on a show that has a cast and a crew that all seem to be so at the top of their game and who are all so lovely and I say that without a single exception. They have just been such a joy to work with and I’m so thrilled that the vast majority we’ll be back with later this year doing the rest of the series because it’s been one of the best experiences of my career. »
Concernant son départ :
Laura Donnelly :
« I was certainly gutted. I was going to miss him a lot — he was our captain. But at the same time, he left for personal reasons and you can’t argue with that. People have to look after themselves, they gotta look after their families, they gotta look after their mental well-being. These are all the conversations that we’re having at the moment and it’s really important that that happens. I wouldn’t want it to be any other way for him. »
Ann Skelly :
« I found out the same way and I was really sad. I’ll miss him going back to work, but I am very trusting in who we have leading the show now, Philippa Goslett. I’ve had a couple of Zoom meetings at this point and she’s really made me feel very comforted that the show is in her hands and HBO trusts her immensely. I think she’ll continue on [in] that really positive atmosphere. She does have creative control, so it’s going to be her spin on things. Though the tone has been set and the world has been created, I think it will make a lovely impact for a woman to continue that on. »
Le contraste est assez flagrant.
C’est comme s’il avait des « phases »…
Ou alors, depuis son départ de Justice League, il se fait suivre/soigner.
Tori.
On parle aussi d’un cast qui a été mis en lumière par Whedon.
Après, peut-être qu’il fait tout simplement gaffe.
Il avait quand même Fisher sur le dos quand il a signé The Nevers.
Il a peut-être senti passer le vent du boulet.
J’ai hâte
Comment ?
Au sortir du premier épisode, c’est la question que je me pose.
Comment ? Comment peut-on à la fois communiquer autant d’amour au travers de personnages de fiction, dépeindre aussi finement des figures féminines, concevoir et produire un volet d’un telle beauté tant dans l’écriture que la réalisation et être l’homme que Ray Fisher ou Charisma Carpenter dénoncent ?
The Nevers est largement à la hauteur de mes attentes. Très largement même.
C’est sans doute ce que Whedon a fait de mieux à ce jour, tous médiums confondus. Parce que l’inspiration est indéniable, le rythme du show d’une grande justesse, la direction d’acteurs brillante… Chapeau aussi aux compositeurs.
J’avais lu que Joss Whedon ne serait pas associé à la promo du show.
On devine pourquoi. D’un autre côté, qui ignore qu’il en est le concepteur ?
Il est crédité en tant que créateur, scénariste, réalisateur et co-producteur. A priori parce que, contractuellement, il n’était pas possible pour HBO Max de faire autrement.
Quels que soient les torts de Whedon, il en répondra sûrement. Et c’est une bonne chose.
Tout comme il est bien que tout le mérite de ce premier épisode lui revienne. C’est sa patte, sa musique, sa poésie visuelle et sa galerie de personnages dont il gagnerait à partager l’humanité.
C’est vraiment un dilemme (je vous passe les repas de famille entre l’artiste, son oeuvre et sa vie -" ca se croise", « l’oeuvre est liée à sa vie (et inversement) » ou encore " c’est un tout".
Personnellement, je vais détacher tout cela. Je vais jouer mon rôle de téléspectateur averti et laisser les choses suivent leur cours.
Ca me rappelle beaucoup trop l’affaire (bien réelle, elle) de « Noir Désir ».
Quelle période inquisitoire pas facile.
Comme tu le vois, j’ai pu profiter du spectacle, tout en étant bien conscient de la situation.
Et je l’ai pleinement apprécié, en dépit d’un inévitable a priori à l’égard de Whedon.
Mais le résultat s’impose tellement de lui-même que je ne mélange pas le show et l’homme dans ce qu’il a de moins reluisant.
Un truc m’interpelle, tout de même.
Qu’entends-tu par « bien relle, elle » ?
En dehors du fait que la mort de Marie Trintignant rend les choses définitives et irréversibles, en quoi le harcèlement physique et/ou moral poussé à un degré extrême ne serait pas « réel » ?
Le cas Whedon n’est pas aussi dramatique que celui d’un Kevin Spacey qui, pour le coup, est soupçonné d’abus sexuels sur mineurs. Comme il n’a pas encore été condamné - et que la présomption d’innocence prévaut - on pourrait dire que les crimes dont on l’accuse ne sont pas avérés. Ils n’en sont pas moins réels pour les victimes.
Quand tu vois la liste de personnalités publiques, de comédiens/comédiennes surtout, de scénaristes - et j’en passe - qui dressent de Whedon le portrait que l’on sait, je ne doute pas de la réalité de leur douleur. Il y a trop de témoignages convergents de professionnels pour que l’on puisse douter que Whedon a un comportement pour le moins « toxique ».
On peut détruire des vies sans tuer.
Et pourtant, je le dis sans détour, j’ai aimé le premier épisode de The Nevers.
Avant on appelait ça exigeant, excentrique