THE RETURN OF SWAMP THING (Jim Wynorski)

the-return-of-swamp-thing-movie-poster-1989-1020195482

REALISATEUR

Jim Wynorski

SCENARISTES

Neil Cuthbert et Grant Morris, d’après le personnage créé par Len Wein et Bernie Wrightson

DISTRIBUTION

Heather Locklear, Louis Jourdan, Dick Durock, Sarah Douglas…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/fantastique
Année de production : 1989

En 1989, le Batman de Tim Burton bat des records au box-office, déclenche un véritable phénomène à travers le monde connu sous le nom de Batmania et fait de son réalisateur et de son acteur principal des stars. Crédités en tant que producteurs exécutifs, Michael E. Uslan et Benjamin Melniker ne feront qu’entamer leur longue participation à la carrière cinématographique et télévisuelle de l’un des héros emblématiques de l’univers DC. En effet, on les trouve au générique de tous les dessins animés, films d’animation et films live qui ont suivis, jusqu’au prochain Batman v Superman de Zack Snyder.

Mais les deux compères se trainent aussi quelques casseroles, comme le Catwoman de Pitof, le Spirit de Frank Miller…et les différentes déclinaisons des aventures de Swamp Thing, longtemps connu en France sous le nom de La Créature des Marais.

En 1982, Uslan et Melniker débutent donc leur collaboration avec la mise en chantier d’un film consacré à la créature dont le prototype fut créé par Len Wein et Berni Wrightson dans les pages de l’anthologie House of Secrets en 1971 avant que ceux-ci n’affinent le concept dans la série Swamp Thing fin 1972.
Le Dr Alec Holland, savant travaillant sur les capacités bio-restauratrices, poursuit ses recherches en compagnie de sa femme dans un labo isolé dans un marais de Louisiane. Le couple est alors victime d’une explosion fomentée par une entreprise peu scrupuleuse. Le corps d’Holland dérive dans le marais où ses recherches se sont déversées. Ce cocktail peu ragoûtant va alors le ressusciter et le transformer en monstre…
C’est cette version qui sera utilisée pour les films et pas celle d’ Alan Moore qui révélera que Swamp Thing est en fait une créature végétale se prenant pour Holland.

Swamp Thing est la première production dotée d’un budget confortable (dans le contexte de l’époque) confiée à Wes Craven, réalisateur connu jusque-là pour des films d’horreur comme La Dernière Maison sur la Gauche et La Colline a des yeux. Avec Swamp Thing, Wes Craven voulait démontrer aux gros studios qu’il pouvait gérer des éléments tels que l’action, les cascades et le travail avec des acteurs plus connus (ici Ray Wise, Louis Jourdan et Adrienne Barbeau). Honnêtement, je n’ai vu le film qu’une fois il y a pas mal de temps maintenant et je n’en garde pas un grand souvenir. Je me rafraîchirai la mémoire dès que j’en aurais l’occasion…je me rappelle surtout d’un maquillage peu convaincant pour Swampy, comme le montre la photo ci-dessous.

Swamp Thing, exploité en France sous le titre La Créature du Marais, ne sera pas un succès. Mais Uslan et Melniker ne laisseront pas tomber le personnage. À la fin des années 80, parallèlement au Batman de Tim Burton, le duo travaillera donc sur une suite pourvue de moyens nettement moins importants. Le choix du metteur en scène témoigne du manque d’ambitions de l’entreprise, puisqu’il s’agit de Jim Wynorski, réal formé chez Roger Corman et qui emballera par la suite une bonne centaine de bisseries et de zèderies sous son nom ou sous divers pseudonymes et dans tous les genres, de l’action à l’horreur en passant par le soft-porn lesbien.

Dans The Return of Swamp Thing, on assiste au retour de Anton Arcane, mort à la fin du premier film et ramené à la vie sans vraiment s’encombrer d’explications. Le savant fou continue ses expérimentations afin de conquérir l’immortalité…recherches qui ne sont pas sans conséquences sur ses différents cobayes qui se retrouvent transformés en monstres. Arcane veut alors utiliser l’ADN particulier de sa belle-fille Abby pour réussir ses funestes entreprises. C’est compter sans Swamp Thing, qui s’est épris de la jolie blonde…

Deux acteurs du film de Wes Craven reprennent ici leurs rôles : le cascadeur Dick Durock est Swamp Thing et le regretté Louis Jourdan, le french-lover d’Hollywood, est à nouveau sa némésis Anton Arcane (et ce sera l’une de ses toutes dernières apparitions à l’écran…et pas vraiment inspirée en plus). Abby Arcane est interprétée par la mimi Heather Locklear, aussi jolie qu’insupportable, connue surtout à cette époque pour les séries Dynastie et Hooker. On retrouve également au générique Sarah Douglas, alias Ursa dans les Superman de Richard Donner. Tout ce beau monde joue avec un certain détachement, comme s’ils étaient conscients du ridicule des dialogues et des situations. L’ensemble a d’ailleurs un feeling très parodique, comme si une orientation comique était voulue dès le départ (voir les affiches d’époque).

The Return of Swamp Thing oscille en effet constamment entre plusieurs genres, sans savoir sur quel pied danser, ce qui est dommage quand on connait le matériel à disposition, comme le mythique run d’Alan Moore. Et pourtant, une scène en particulier rend hommage au passage du barbu de Northampton sur le comic-book, mais ce qui est très beau sur la page devient assez trivial à l’écran. Une touche grand public est également ajoutée par l’intermédiaire de deux gamins dont les multiples scènes ne servent absolument à rien.

Et pourtant, aussi mauvais qu’il soit et malgré les nombreuses chutes de rythme, le film n’est pas désagréable à regarder, dans le genre bis généreux et mal fichu. Alors que le budget est moins important que pour l’opus datant de 1982, les maquillages sont plus réussis : Swamp Thing est plus conforme à sa version papier et les monstres qu’il affronte lors de combats de catchs aussi incongrus qu’homériques bénéficient de designs soignés (dommage que certains, comme un Homme Elephant qui aurait eu sa place sur L’Ile du Dr Moreau, ne fassent que passer).

Ce sympathique nanar est l’un des rares films de son réalisateur (plus habitué aux Direct-to-vidéo) à avoir connu une (courte) exploitation en salles en France. Mais visiblement peu au fait des origines comics du héros et du lien avec le Wes Craven de 1982, le distributeur lui a donné le titre de La Créature du Lagon : Le Retour, qui a été changé en Le Retour de la Créature du Lagon lors de la sortie en VHS (on trouve aussi trace d’un Créature du Marais 2, mais c’est plus rare).

Grands fans du gentil monstre, Michael Uslan et Benjamin Melniker n’ont pas lâché l’affaire. Swamp Thing est ensuite revenu sur le petit écran au début des années 90 le temps d’une série télévisée de 3 saisons restée inédite en France et d’un dessin animé à l’improbable générique annulé après 5 épisodes.

Je suis bien d’accord sur la question des maquillages : celui de cette suite est bien plus abouti. Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure la version plus détaillée et “feuillue” d’un Steve Bissette (par rapport à celle de Bernie Whrightson ou celle de Tom Yeates) a pu jouer dans ce rendu.

Sinon, autant celui-ci ne vaut objectivement pas tripette (même si j’en garde perso le souvenir d’un délire assez fun et sympa, finalement), autant je trouve qu’on est généralement trop dur avec le premier signé Wes Craven. C’est pas un chef-d’oeuvre, mais ça reste un actioner certes daté mais pas si mal emballé (Craven n’a jamais été un manchot, si l’on excepte ses deux premiers films “à l’arrache”), qui a de plus le charme du concept signé Wein et Whrightson, avec cet espèce de feeling tragico-romantique.
Faut dire que moi aussi ça fait une paye que je l’ai pas vu…

Sympa, le générique du dessin animé !!! :open_mouth:

Curieux de voir les scènes d’action de ce nanar oO

Finalement la meilleure partie du film, c’est son générique d’ouverture.

Ah c’est marrant, je m’en rappelais pas du tout… Sympa !!