THE TWILIGHT ZONE / LA QUATRIÈME DIMENSION (Saisons 1-2)

Le 4 décembre chez nous

Apparemment ils ne communiquent pas encore sur le bouquin présent dans le coffret mais croyez moi. Les deux auteurs c’est pas manchots (plutôt du genre ancien médecin pour l’un et ancien présentateur d’une émission avec Dionnet pour l’autre)

Docteur Strange et Wonder man ?

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Pas de saison 3 pour The Twilight Zone.

Tiens, je suis tombé sur les épisodes 5 et 6 de la première saison, et j’ai trouvé ça plutôt pas mal. Peut-être un poil long, mais avec des atmosphères pas inintéressantes.


Le premier que j’ai vu, « Le Prodige », suit un directeur de campagne qui vient de faire perdre son candidat, et qui tente de se refaire une virginité en orchestrant la campagne… d’un gamin d’onze ans dont les vidéos font un carton. Et bien entendu, son candidat triomphe, et là, c’est le drame.


J’y vois pour ma part une grosse charge anti-Trump et une défense et illustration de la démocratie et de ses contre-pouvoirs, le tout dans une ambiance de satire assez réussie à mon goût.

L’épisode suivant, « Six degrés de liberté », raconte un voyage habité vers Mars, lancé au moment du déclenchement d’une guerre nucléaire mondiale. L’équipage décide de poursuivre la mission. L’atmosphère est paranoïaque, lorgnant de plus en plus vers une atmosphère à la Philip K. Dick, avec les doutes des personnages sur la réalité qui les entoure. Et une chute bien sympa.

Dans les deux épisodes, outre la qualité du rythme, il y a une caractérisation réussie, des acteurs qui semblent impliqués, un jeu sur les attentes (où va arriver la chute ?), bref, ça tient pas mal. Je vais essayer d’en regarder d’autres, histoire de me faire une idée plus large.

Jim

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J’ai regardé hier les deux épisodes diffusés, et ça reste très sympathique.

Le premier, « Pas tous les hommes », raconte comment, dans une petite ville côtière tranquille, une pluie de météorites influence le comportement des habitants, qui deviennent bagarreurs, agressifs et violents. J’ai bien dit les habitants : pas les habitantes.

Fatalement, le récit se teinte d’une tonalité féministe évidente, d’autant que la fin démontre que l’apparition des cailloux de l’espace n’est qu’un prétexte pour réveiller les mauvais instincts de la population masculine, démontrant que ces tendances sont en germe. Et que ce qu’il manque, c’est la volonté de les dominer. De manière marquante, le personnage qui y parvient, même s’il a été en contact avec les pierres, est un jeune homosexuel : plus qu’une charge contre les hommes, c’est en creux une critique du machisme hétérosexuel et, bien entendu, des normes sociales (la description d’un milieu professionnel axé sur les protocoles mais pas sur l’humain est assez glaçante.

L’épisode a une très chouette montée de suspense, de grands moments de tension (la séquence du gâteau d’anniversaire) et des acteurs (dont Taissa Farmiga, jeune sœur de Vera) très convaincants, qui savent passer de la comédie de mœurs du début à l’ambiance parano horrifique de la suite. Il manque sans doute une chute marquante (malgré la pirouette de dialogue final, insuffisante à mon goût), mais l’épisode est prenant.


Et il n’est pas sans évoquer le légendaire « Monstres de Maple Street », qui fonctionnait sur un principe voisin : l’explosion des liens sociaux sous l’effet d’une intervention extérieure réveillant les peurs et les haines.

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Le deuxième épisode, « Origines », est lui aussi chargé de connotations politiques. Une riche bourgeoise accepte d’aider sa bonne sud-américaine, mais bien entendu l’affaire dérape. La famille est convoquée par le gouvernement, de force, dans une ambiance fascisante, les images véhiculant un imaginaire totalitaire et bureaucratique évident. Sauf que si l’État traque les étrangers, ce ne sont pas ceux qui franchissent la frontière du Mexique. Il s’agit d’un autre type d’étrangers, et ne sont pas toujours étrangers ceux qu’on croit.


Le récit, en basculant de genre en genre (pamphlet politique, récit de prison puis d’évasion, concept de SF en vogue…), balance des idées très fringiennes, tout en dressant le portrait d’une Amérique paranoïaque refusant d’accepter l’immigration et de se souvenir de la manière dont elle a été fondée. Percutant. La fin est peu prévisible (et brutale : la réaction du mari me semble un peu étonnante, ou pas assez étayée), mais ça reste costaud.

Un détail est intéressant : si les personnages utilisent des smartphones, si les agents gouvernementaux ont des tenues modernes, la mode des civils (surtout féminine, puisque l’on voit beaucoup de femmes dans le récit) renvoie aux années 1950, créant une collision entre les époques, un sentiment d’étrangeté qui renforce le caractère atemporel des dérives décrites dans le récit.

C’est peut-être aussi une référence à l’époque de création de la série, celle de Rod Serling. Car, d’une certaine manière, « Origines » est un peu une suite de l’épisode « Image Miroir », avec Vera Miles, qui voyait un personnage confronté à son double venu d’ailleurs. Un phénomène qui semble donc avoir eu des conséquences politiques fâcheuses en Amérique.

Jim

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Mais j’aime bien les pitchs, la mise en scène, les acteurs. Plein de trucs qui me plaisent bien, sur les quatre épisodes que j’ai vus. Mais il manque le côté percutant des chutes de la série fondatrice.

Jim

J aimerais bien argumenter avec esprit et méchanceté mais en fait, les episodes ne m ont laissé aucun souvenir.

Je peux le comprendre : je n’en ai vu que quatre, et à chaque fois je cherche toujours le sujet du quatrième si je fais une liste. Donc c’est moins marquant, efficace et percutant que les classiques. Mais ça me rend suffisamment curieux d’en voir d’autres.
Mais ils commettent l’erreur de croire qu’ils peuvent mieux faire en faisant plus long. Dans la série classique, la saison la plus faible est celle dont les épisodes sont les plus longs. C’est pas anodin.

Jim

Tiens, en parlant de longueur, me revient une longue traque par un policier dans les derniers.