TOMBSTONE (George P. Cosmatos)

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REALISATEUR

George P. Cosmatos

SCENARISTE

Kevin Jarre

DISTRIBUTION

Kurt Russell, Val Kilmer, Sam Elliott, Bill Paxton, Michael Biehn, Powers Boothe, Dana Delany, Stephen Lang, Michael Rooker, Billy Zane, Terry O’Quinn, Charlton Heston, Billy Bob Thornton…

INFOS

Long métrage américain
Gene : western
Année de production : 1993

Au début des années 90, Kevin Jarre, le scénariste de Glory de Edward Zwick, s’associe avec Kevin Costner pour développer un long métrage sur la vie de Wyatt Earp, en portant un nouveau regard sur des événements historiques comme le fameux règlement de compte à O.K. Corral et la chevauchée vengeresse qui a suivi. Tombstone devait être la première réalisation de Kevin Jarre mais les problèmes se sont enchaînés. Tout d’abord, les deux Kevin ne se sont pas entendus sur la direction à prendre. Costner voulait se concentrer sur Wyatt Earp tandis que Jarre préférait faire un film choral. La star de Danse avec les Loups a donc préféré partir et se lancer dans son propre long métrage concurrent sur le sujet, Wyatt Earp de Lawrence Kasdan.

Il se dit que Costner a usé de son influence pour que les grands studios refusent de distribuer Tombstone. Au final, Kevin Jarre a signé un contrat avec Andrew Vajna (l’un des producteurs de Terminator et de Rambo) pour un budget de 25 millions de dollars (contre les 63 millions de Wyatt Earp) et la distribution a été assurée par Hollywood Pictures, une des filiales de Disney. Le tournage a débuté en mai 1993…et au bout d’un mois, Kevin Jarre s’est fait viré, notamment parce qu’il avait déjà pris du retard et parce qu’il refusait de remanier son script jugé trop long (il reste tout de même quelques traces de son travail, comme les scènes avec Charlton Heston).

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Choisir pour incarner Wyatt Earp, Kurt Russell a alors pris plus d’importance sur le projet et sur les conseils de Sylvester Stallone, Andrew Vajna a placé George P. Cosmatos (Rambo II, Cobra…) à la mise en scène. Après le décès de ce dernier, Kurt Russell a révélé dans des interviews que Cosmatos était essentiellement un « ghost director » et que c’était lui qui prenait les décisions les plus importantes sur les plans à tourner. Même s’il n’était qu’un « yes man » (si l’on en croit Kurt Russell bien entendu), la réalisation de George P. Cosmatos reste solide, avec un peu trop d’emphase dans les moments dramatiques (sans que cela me gêne vraiment) mais aussi du souffle dans les scènes d’action et les gunfights nerveux.

Les premières versions du scénario de Tombstone ont été comparées à un « Parrain des westerns ». Tous les protagonistes secondaires avaient un rôle détaillé, avec des sous-intrigues pour chacun…ce qui n’est pas du tout le cas dans le montage final après les multiples réécritures. L’accent est mis sur l’amitié de Wyatt et de Doc Holliday, la relation fraternelle entre les Earp et l’histoire entre Wyatt et Josephine Marcus. Pour les antagonistes, ce sont Powers Boothe (Curly Bill Brocius) et Michael Biehn (Johnny Ringo) qui se dégagent…les nombreux autres personnages vont et viennent sans que l’on retienne vraiment leurs noms et certains acteurs (comme Michael Rooker et Terry O’Quinn) sont sous-employés.

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Il y a des ellipses dans le récit, un montage parfois un peu trop chaotique (mais dans le cas du règlement de compte à O.K. Corral, cela permet de se rapprocher un peu plus du côté anti-spectaculaire de la véritable fusillade)…des défauts mais aussi pas mal de qualités qui font que je préfère Tombstone au Wyatt Earp de Kasdan et Costner : un meilleur rythme, une direction artistique soignée (avec une bonne reconstitution des éléments d’époque), une musique musclée…

La distribution est excellente : Kurt Russell et Val Kilmer (en Doc Holliday) sont charismatiques, Sam Elliott et Bill Paxton sont très bons en frangins Earp, Dana Delany est craquante, Powers Boothe et Michael Biehn ont de savoureuses répliques en méchants que l’on adore détester. Et en plus de Charlton Heston, un autre monstre sacré est également au générique…mais on entend juste sa voix en V.O. puisque Robert Mitchum est le narrateur (il avait signé pour un rôle avant de devoir renoncer pour cause de blessure).

1 « J'aime »

Quelle distribution, quand même.

Jim

Ouais. Ça donne envie de le revoir.

Question rythme, je trouve souvent les films faits par Costner un peu mous.

On dit contemplatif.

Clin d’œil

C’est la version polie de chiant ?

Tout à fait.