TUMATXA : L'ÉMISSION !

Retour de l’émission demain, les amis !!
En vrac, on va causer vampires débraillés mais photogéniques, conspirations en tous genres, élites malfaisantes, le tout dans un grand bain de rock plombé/gothique, de BO horrifique et aussi d’électro, pour conclure…
Bref, on sera en terrain connu.
Stay tuned !!!

Zut !
Euh… ce sera pour demain en fait.

Et bien comme ça j’en profite pour ajouter mon petit commentaire sur cette première salve d’émission : la partie musique m’a bien claquée, notamment Coil dont j’ai pu me procurer “the apes of Naples”, je commence à appréhender ce très beau mais très étrange album. La partie rock 90’ est toujours sympa, et même si certain tics de production de l’époque (hein Therapy ? !!) ont mal vieilli je trouve que le consensus mélody/gros son n’a jamais été aussi bien porté qu’à cette époque.
Je rebondi aussi sur Mandy que j’ai pas eu la chance de voir au cinéma (mais qui l’a eu, à part ceux qui étaient au dernier festival de Cannes) si le premier tier du film a bien failli me perdre j’ai été sidéré par les idées plastiques du reste, ça fourmille de trouvailles et d’expérimentations “over the top”. D’ailleurs le plan final est une composition qui m’a littéralement coupé le souffle, encore une fois dommage de n’avoir pas vu ça en salle.
D’ailleurs il semblerai que la France est un des seuls pays à ne pas avoir acheté le film pour une exploitation salle…

Vivement la suite !

Entièrement d’accord avec ce constat, à 100 % ; d’ailleurs, j’ai l’impression qu’il y a en ce moment une sorte de retour en grâce des années 90 pour ce qui est de la scène rock, tant au niveau de l’esthétique globale que de l’approche un peu plus dans le détail. Des éléments de production, une façon de ne plus se séparer en “chapelles stylistiques” et de privilégier le mélange, une scène “underground” globalement en ébullition dans le meilleur sens du terme, etc…
Perso, ça me ravit car ayant été ado dans les années 90 j’y reste très attaché, à cette décennie.

Ravi que l’étrange (c’est le mot) mais sublime musique de Coil t’ait parlé !! On reviendra sur ce groupe un peu tout au long de la saison, et assez rapidement même dans un premier temps : on se penchera sur des travaux un peu plus difficiles encore du groupe ; il y a eu dans les années 90 (tiens, encore !) toute une vague d’expérimentations de la part du groupe qui ont donné lieu à des disques tantôt très hermétiques, tantôt absolument magnifiques…

Bien d’accord avec toi sur le plan final de “Mandy”, stupéfiant de beauté et thématiquement passionnant par ce qu’il sous-entend (il semblerait que le perso incarné par Cage ait comme pénétré l’univers de sa compagne Mandy, car le plan final semble issu des illustrations auxquelles elle s’adonne au début du film, enrichi par ses lectures… Une piste d’interprétation du film assez porteuse quand on y réfléchit).
Incompréhensible que ce film plastiquement ahurissant ne bénéficie pas d’une sortie salles, mais c’est l’énième signe que quelque chose ne va décidément pas dans la distribution française.

La prochaine émission est en ligne cet après-midi aux alentours de 15 h !!!

EPISODE 5 : Aux frontières du Projet Illuminatus !!

Retour de l’émission pour un sommaire classique de chez classique, mais généreux en diable…
Le programme cette semaine :

  • Pour le cinéma, on profite du lancement de la collection DVD/Blu-Ray “Make My Day” chapeautée par Jean-Baptiste Thoret pour parler de l’excellent “Near Dark” (naguère intitulé en VF “Aux frontières de l’aube”) de la non moins excellente Kathryn Bigelow.

  • Pour la littérature, on évoque un roman rare pour les lecteurs VF mais jouissifs au possible (en tout cas pour votre serviteur) avec le totalement fou “L’œil dans la pyramide”, premier (et unique en VF) volet de la trilogie “Illuminatus !”, signée par Robert Anton Wilson et Robert Shea.

  • Pour la BD, on revient sur le cas Jonathan Hickman (déjà croisé cette saison) en évoquant deux sorties récentes en VF, soit l’excellent “The Dying And The Dead” (chez Glénat) et surtout le copieux premier volume de “The Manhattan Projects” (chez Urban), probablement son chef-d’oeuvre.

Et pour la musique, ce sera :
“Sabbath Bloody Sabbath”, mythique composition de Black Sabbath reprise ici avec les efforts conjoints des Melvins et d’Al Cisneros (Om, Sleep, Shrinebuilder), pas les moins méritants des héritiers spirituels du Sab’, “Sequenza Ritmica E Tema”, extrait signé Fabio Frizzi, très Goblin-esque dans l’âme, de la BO de “L’Au-delà” de Lucio Fulci, “Spirit Invocation”, morceau goth-rock nineties issu de la discographie des teutons de Garden Of Delight, et on termine avec le monstrueux “Slam”, issu de “Life To Come”, dernier album en date des britanniques de Redshift…!

“Here in my Mirror - Cthulhu’s ancient fear
Here in my Mirror - Invocations
The soul within was dark with passion and sailed with sin
Here in my Mirror - Reflections of ourselves…”

Episode 5

Et pour compléter la chronique de “Near Dark”, je prends les devants en postant le lien vers le billet consacré au film dans l’indispensable ciné-club du Doc !!
https://forum.sanctuary.fr/t/aux-frontieres-de-laube-kathryn-bigelow/181083/3

Chouette programme, je vais télécharger l’émission ce soir.
Sinon, ta chronique de Manhattan Projets tombe bien, je suis en plein dedans (il était dans ma pile depuis quelques mois).

Pour commencer, j’ai trouvé ta chronique très réussie (tu as l’air d’en douter lors de ton émission). En tout cas, tu as capté au moins un auditeur. Après il faut avouer que tu as sorti quelques mots clés magiques pour moi dont W.S. Burroughs est le principal.
Surtout que j’attendais ta chronique avec scepticisme. En effet, par curiosité j’étais allé voir la fiche du livre (sans chercher à creuser plus que ça) et que ce soit la couverture ou les termes “illuminatis” et “conspirations”, tout me donnait envie d’éviter ce livre.
Heureusement, on comprend vite que tu es réfractaire aux thèses les plus farfelues qui se répandent sur les réseaux. Du coup, je suis très étonné (et très curieux par la même occasion) d’apprendre que la plupart de ces thèses proviennent de ce livre. Je trouve ça génial et effrayant à la fois.
Tu m’as aussi titillé avec ce procédé stylistique consistant à changer de point de vue dans une même phrase et chapitre. J’avais déjà été impressionné par cette figure de style dans l’impressionnant “Confiteor” du catalan Jaume Cabre et effectivement, comme tu le dis, on s’y habitue au fil des pages.

Dernier point un peu hors sujet par rapport à ta chronique, j’aimerais bien que tu parles d’Ezra Pound dans une de tes futures émissions, comme tu l’as évoqué. C’est un auteur auquel je ne comprends rien (en tout cas, pour le peu que j’en ai lu : Les cantos pisans surtout). Bref, ton avis sur la question m’intéresse.

Sinon j’ai écouté les 2 premiers morceaux et ils sont très bons, surtout celui de Fabio Frizzi. J’ai été moins surpris par celui des Melvins/Al Cisneros.

Oui, j’avais un doute !! Comme j’essaie d’être le plus complet possible en évoquant une oeuvre et que celle-là est particulièrement dense et barrée, je pensais que la chronique ressemblerait au roman : foutraque et partant dans tous les sens… Bon, tant mieux si elle est plus claire que je ne l’escomptais !!
Par rapport à l’astuce du “changement de focalisation” (passage de la narration de la première personne à la troisième) c’est déstabilisant au début, mais il y a un vrai travail des auteurs pour “accompagner” le lecteur là-dessus ; ils cherchent à le perdre mais pas trop, en résumé… Et le résultat est abouti, en l’occurrence, et sert à merveille les objectifs du livre.

Concernant Ezra Pound, j’ai prévu d’en parler, effectivement, mais pas tout de suite. Je suis en pleine lecture des “Cantos”, et c’est un sacré morceau (900 pages pour la totale). Je crois qu’il est normal que tu sois resté un peu interloqué face aux “Cantos Pisans”, car s’ils ont été édités à part du reste, il est je crois assez difficile de rentrer dedans en se contentant de ce morceau-là…
Pour rester sur le cas de ce poète extrêmement controversé (sur le plan politique), il m’intéresse doublement car je travaille en ce moment à un morceau pour mon groupe Sweven qui fait référence à son travail, et notamment à un poème en particulier intitulé “There Died A Myriad”, qui évoque la première guerre mondiale…

Ouais, c’est super chouette le boulot de Fabio Frizzi. Un jour je repasserai le thème principal de sa BO pour “L’emmurée vivante” de Fulci, celui que Tarantino a utilisé pour son “Kill Bill”.
Concernant le Melvins/Cisneros, c’est vrai qu’à l’exclusion du tempo et de l’accordage, il est rigoureusement identique à la version du Sab’ et donc peu surprenant, en effet… Mais bien jouissif quand même !!!

Dans “Confiteor”, ce procédé est utilisé de la même façon. Le narrateur est atteint d’Alzheimer et veut écrire ses mémoires avant d’avoir complètement perdu l’esprit et ses souvenirs. Les changements de focalisation simulent ses débuts de perte de repère (à l’intérieur d’une phrase, on peut passer du présent à un passé daté de plusieurs décennies). Un superbe roman et une lecture vraiment stimulante bien que l’histoire du roman en elle-même soit plutôt “classique”.
Pour Pound, j’ai effectivement une édition bilingue avec seulement les Cantos pisans.

Ajout: le second volume de la trilogie a bien été traduit en français (mais pas le 3eme).

abysses17-1999

Merci ! :wink:
Quand tu parlais de “vampires débraillés mais photogéniques”, je cherchais automatiquement un truc qui vient de sortir (et j’ai donc séché), mais j’ai oublié (honte sur moi) que tu consacrais aussi des chroniques à des films moins récents. Et comme celui-là est un de mes films de vampires préférés, c’était encore une fois très intéressant à écouter…
Très chouette sommaire, donc (même si j’avoue que tu ne m’as pas encore décidé à me remettre à lire du Hickman ^^)…et une excellente sélection musicale, avec de très bons morceaux et un Instant B.O. qui fait plaisir.

Ouais, c’est super chouette le boulot de Fabio Frizzi. Un jour je repasserai le thème principal de sa BO pour “L’emmurée vivante” de Fulci, celui que Tarantino a utilisé pour son “Kill Bill”.

Et en attendant…:wink:

Dans Kill Bill, j’adore aussi la reprise du thème principal du western Le Grand Duel signé Luis Bacalov. Je suis fan absolu !

Alors ça… Je n’en ai pas trouvé trace mais j’aurais dû farfouiller un peu plus, je vois. Merci du tuyau en tout cas !! Je vais traquer ça.

Merci beaucoup !!!
Concernant la BO de “Kill Bill”, il faut au moins reconnaître à Tarantino (outre les films eux-mêmes : je suis très fan de ce diptyque perso ; ce n’est pas le cas de tous les “gros” fans de cinoche de genre, je crois) le grand mérite d’avoir exhumé et même légitimé aux yeux du grand public tout un patrimoine bis, regardé jusqu’à peu encore de bien haut par toute une partie de la critique.
Son travail de défrichage est tout aussi important sur le strict plan de la musique : il y a ce morceau fabuleux de Bacalov en effet, celui de Frizzi, mais aussi des tas d’autres trucs (je pense à la BO de “Twisted Nerve”, dont les pubards se sont malheureusement inspirés par la suite…).

Pour Hickman, au risque de la lourdeur :wink:, je te conseillerais quand même de tenter quelques épisodes de “The Manhattan Projects”, ça change tellement de ses ambiances habituelles que ça pourrait bien te surprendre.

Pareil, j’aime beaucoup. Mais après, ça s’est gâté. J’ai détesté Boulevard de la Mort et j’ai été déçu par Inglorious Basterds et Django Unchained (malgré de bonnes choses, les deux film sont très inégaux).
Je n’ai pas encore vu Les Huit Salopards

“Boulevard de la Mort” m’a intéressé car je le trouve bourré de bonnes idées, mais le film reste tout de même mineur dans sa filmo…
Même déception en ce qui me concerne pour les deux suivants (je déteste même cordialement “Inglorious Basterds”, son pire film à mon sens) ; par contre je te conseillerai de tenter “Les Huit Salopards” qui selon moi redresse quand même assez spectaculairement la barre, suffisamment pour me faire attendre avec impatience son prochain film, ce qui n’était plus le cas ces dernières années.

Ouais, même si ses derniers films m’ont déçu, son cinéma m’intéresse toujours donc je regarderai Les 8 salopards dès que j’en aurai l’occasion…

Et puis on peut être reconnaissant à Tarantino de réhabiliter le western, LE genre sinistré du cinéma des 40 dernières années (malgré sa maigre et toute relative résurgence ces dernières années). En l’occurrence, avec son ambiance aux frontières de l’horreur et son climat paranoïaque à la “The Thing” (référence assumée), “Les 8 Salopards” est un joli fleuron moderne du genre.

Je ne crois pas que Tarantino réhabilite le western (et dans le cas des 8, si réhabilitation il y a je crois que ça concernerait plus le film d’horreur s’il y avait besoin)

A mon sens le film (et Django Unchained) s’inscrit dans un renouveau plus global du western moderne (moderne dans sa réal ou l’époque de son histoire) qu’on peut voir depuis 10 ou 15 ans. Pour ma part c’est un genre qui a connu une véritable résurrection (et j’ai envie de dire que c’est pas si étonnant que cela voire même que c’est pas si surprenant que le genre super-héroïque explosa en même temps au ciné) dans les années 2000.

Quand en gros le genre se limitait à deux grandes oeuvres dans les années 90 (Impitoyable et Mort ou Vif) on a aujourd’hui un belle liste d’oeuvre depuis ces 15 dernières années allant du bon à l’excellent

edit : et on parle de film mais on le constate dans les autres médias avec des séries comme Deadwood, Firefly, Justified ou Banshee et le jeu-vidéo avec une petite suite qui apparemment fait parler un peu d’elle

(satané O’Driscoll !)

Ce serait exagéré en effet de dire que Tarantino sauve le western à lui tout seul (pas plus que le film d’horreur, qui connaît un regain d’intérêt depuis quatre ou cinq ans de son côté) ; il n’est pas le seul à s’y recoller…
Mais perso j’ai du mal à voir la petite résurgence en question (disons depuis 15 ans, donc) comme un vrai renouveau ou une embellie du genre. Je n’ai pas dû voir assez de ces westerns…
Je ne vois pas vraiment la différence avec les années 90, en fait, où des westerns se faisaient quand même, même très marginalement (en plus des titres que tu cites, me reviennent en mémoire les bons “Tombstone” et “Wyatt Earp”, et un peu plus tard, mais certainement dans les années 2000, l’excellent “Open Range”).

J’ai écris mon message rapidement hier et je pense qu’a la réflexion il mérite d’être nuancé et qu’il faudrait plus étudier le sujet. Malheureusement le temps me manque

Déjà on est d’accord qu’en terme quantitatif, il n’y a rien de comparable avec la production jusqu’aux années 60 et le crépuscule qu’on représentés Il était une fois dans l’Ouest et La Horde Sauvage (rajoutons peut-être, car je ne l’ai pas encore vu, Macadam Cow-boy).

Pour ma part les années 70 et 80 c’est le désert, c’est balayé par le Nouvel Hollywood (qui lui même sera balayé à cause d’un western ^^). En terme qualitatif, quantitatif et critique (le genre est méprisé). Il y a un basculement vers la figure du policier.

(et Carpenter qui perpétue le mythe via l’horreur et le fantastique mais il est bien seul)

Avec les années 90 et l’arrivée d’une nouvelle génération d’acteur et de réalisateur on sent poindre une résurrection timide. On a cités quelques exemples mais on oublie le plus majeur : Danse avec les loups. Je vois surtout qu’il y a un renouveau critique et le genre n’est plus méprisé.

A partir des années 2000, ce que je constate c’est qu’il y a plus de film produit (mais on est d’accord pas dans le même volume qu’il y a 40 ans mais plus qu’il y a 10/15 ans) mais surtout que la figure du cow-boy se modernise et traverse les époques, les genres, les nationalités et les médias.

Et pour moi il est là le vrai renouveau. C’est les Coen qui font No Country for the Old Men et le remake de True Grit, c’est HBO qui propose Deadwood (avec, pour une de ses premières fois chez eux, un grand réal qui se charge du pilote) tandis que la Fox lance Firefly, c’est la figure de Spike Spiegel dans le grandiose Cowboy Bebop, c’est (avec des pincettes car pas tout lu) Scalped de Jason Aaron, c’est Westworld (pour ce que j’en ai vu et bien que ce soit une série de SF le cadre choisi n’est pas anodin), c’est Kounen et son Blueberry, c’est Comancheria dont on discutait il y a peu.

et c’est, pour l’exemple le plus récent, Red Dead Redemption 2 suite à succès d’un, déjà, énorme gros succès vidéoludique.

Il y a vraiment beaucoup de chose pour quelqu’un qui aime ce genre aujourd’hui. C’est sur c’est moins qu’avant et je dépasse le cadre cinématographique mais cette élargissement me semble pertinent. Ça démontre la vivacité du genre et sa capacité d’adaptation dans lequel s’inscrit les deux films de Tarantino

(comme pour le super-héros ^^)

Hier je cherchais les références d’un documentaire consacré justement à la résurrection du western au début des années 2000. Docu que je n’ai pas vu mais qui devrait être intéressant à regarder dans le cadre de cette conversation. Si quelqu’un s’en rappelle ça serait cool.