TUMATXA : L'ÉMISSION !

Je viens de finir d’écouter l’émission et tout m’a fait envie!

Il y a seulement « Them Are Us Too » vers lesquels je n’ai pas envie de creuser plus que ça bien que le morceau diffusé soit très joli.
Le morceau de « The Body » est excellent. Par contre, c’est quoi ce délire de sous-mixage de la voix… C’est toujours comme ça ? Si c’est le cas, j’espère que le chanteur joue aussi d’un instrument. :sweat_smile:
Pour « White », je l’ai déjà et j’ai été content de t’entendre dire qu’on y retrouvait le côté humoristique de Bret Easton Ellis (c’est ce qui m’inquietait le plus vis à vis de cet essai).
Puis pour John Constantine, je suis très client des versions d’Alan Moore et de Garth Ennis. Du coup, ce run d’Azzarello me tente bien.

:smile:
Si en parlant de « voix » tu veux dire par là l’espèce de hurlement suraigu de goret du chanteur Chip King, oui, c’est toujours bien enterré dans le mix comme ça… Bon, il est aussi le guitariste du groupe, donc ça va.
Pour les voix féminines, sur ce morceau-là elles sont également bien en retrait, mais sur d’autres morceaux elles sont bien en avant au contraire.

Je parlais effectivement du goret ! :grin:
Je trouve que les chœurs et les voix féminines sont très bien intégrés au morceau. Ça modifie bien l’ambiance du morceau sur le final.

Pour Suspiria je rejoins globalement ton avis, les points positifs étant supérieurs aux quelques réserves. Je crois que le gros des critiques du film venaient des choix proprement « auteur » du réalisateur, et c’est vrai que Guadagnino n’arrive pas en défenseur du genre. Si certains de ces choix sont parfois discutables et frisent la caricature de la coquetterie auteurisante (comme cette multiplication des thématiques, tu l’as bien souligné), il me semble que cette approche est ce qui rend le film plutôt inattendu et « frais ».

Je l’ai vu il y a quelques temps déjà et le film me trotte encore en tête, c’est bon signe !
Ceci-dit je n’ai toujours pas bien saisi pourquoi avoir donné le rôle du vieux monsieur à Tilda Swinton. Quand on est pas au courant avant le film ça donne une impression un peu bizarre, même si le maquillage est très bien fait on se rend compte que quelque chose cloche… J’ai compris qu’au générique d’ou venait cette étrangeté.

Je pense que ça a un lien avec cette thématique de la division / scission, illustrée par ailleurs par la situation du Berlin de l’époque (du temps du Mur, quoi), ainsi probablement que la thématique « féministe » qui innerve tout le film. C’est le seul rôle masculin important du film (les deux flics qu’on aperçoit à un moment sont, volontairement, des pantins quant à eux), et Guadagnino s’est peut-être dit que ça faisait sens qu’une femme prenne le rôle en charge…

Oui, moi aussi plusieurs jours après, le film me « hante » un peu. C’est effectivement le signe qu’il remue, qu’il y a bien quelque chose…

EPISODE 23 : Le Serpent bâtard des profondeurs !!

Et un autre épisode dans la boîte, les amis !! Sommaire classique…
Le programme cette semaine :

  • Au rayon cinoche, on se penche à nouveau sur l’œuvre d’un des auteurs fétiches de l’émission, à savoir le japonais Shinya Tsukamoto, qui refait l’actualité avec son dernier film « Killing », mais on va quant à nous revenir sur deux long-métrages plus anciens dans sa filmographie, avec « A Snake Of June » (2002) et « Kotoko » (2011).

  • Pour la littérature, on aborde pour la première fois avec « Ceux des profondeurs » le travail de l’excellent Fritz Leiber, connu pour son grand cycle de « sword and sorcery » « Le Cycle des épées », mais également pour son travail dans le domaine de l’horreur, et son rapport à la vie et l’œuvre de H.P. Lovecraft, que l’on ne présente plus…

  • Concernant la BD, on évoque l’hilarant « Jimmy’s Bastards » (scénarisé par Garth Ennis et dessiné par Russ Braun), qui nous narre les aventures de Jimmy Regent, agent secret qui présente plus d’un point commun avec un certain 007.

Et pour la musique, ce sera :
« Mountains Are Forever », extrait de « Love And Decay », dernier album en date de Spotlights, « Only One », beau morceau interprété par Kennedy Ashlyn, désormais aux commandes du projet SRSQ, « Easy Greasy », petite bombe stoner/doom signée par les cadors du genre Goatsnake, et on termine avec le beau et lancinant « Rooks Across The Gate », interprété par l’excellent Mark Lanegan pour le compte de Earth…!!!

« Laughing and fallin’, don’t apologize
Feel it in the morning with sandpaper eyes
Drinkin’ my whisky, she drinks her wine
And if my baby is willin’ I roar to oblivion
With her by my side… »

EPISODE 23

Je suis intrigué. Même si je trouve que 2h32 pour un film d’horreur, c’est beaucoup trop long. Pour moi, ce n’est pas un genre qui supporte une telle durée. Mais je pense que je lui donnerais sa chance quand il passera à la TV (je n’ai bien sûr rien contre les remakes, il y en a de très bons dans le genre)…

Pour la littérature, on évoque une grosse sortie en plein dans l’actualité la plus brûlante, avec “White”, dernier-né de la bibliographie de Bret Easton Ellis, son premier travail en-dehors du champ de la fiction (un essai, donc).

Je ne connais pas du tout l’oeuvre de Bret Easton Ellis, j’ai du juste voir un ou deux films adaptés de ses oeuvres, mais j’ai bien aimé la réflexion sur le cinéma, sur le plaisir de la découverte de certains films et genres dans les années 80. C’était une autre façon de voir les films à l’époque, il y avait plus de surprises avant l’ère de l’internet (j’en discutais avec mon neveu de 20 ans récemment, également grand consommateur de cinoche et de séries) et ayant aussi « construit » ma propre cinéphilie (le plus souvent bis) tout seul (et regardant des films qui n’était pas toujours adapté à mon âge), je m’y reconnais aussi…

Encore une émission dont le contenu m’intéresse fortement. En musique, je connais déjà les morceaux de Earth et Spotlights (d’accord avec toi, excellent album et nom de groupe bien pourri :grinning_face_with_smiling_eyes:).

Concernant la partie ciné, je n’ai vu que le « Tetsuo » de Shinya Tsukamoto (je ne connaissais pas son nom d’ailleurs). J’ai découvert le film sur grand écran à l’ « Atalante » à Bayonne dans une soirée qui s’appelait « Ze craignos Monsters crazy Night ». J’y étais avec Matthieu D. et j’ai vu pas mal de films qui m’avaient impressionnés à l’époque (surtout "Tetsuo"et « Dellamorte Dellamore »).
Du coup, je suis curieux de voir ses autres films.

Excellent film !

Je ne peux que te conseiller de voir ses autres films. « Tetsuo », c’est un peu son « Eraserhead » (ou son « Evil Dead ») à lui: il n’est depuis jamais allé aussi loin dans la radicalité esthétique mais, en s’appuyant justement sur ce premier pas, tout en radoucissant quelque peu son approche (de mise en scène, hein… au niveau du propos, il est toujours aussi taré, je pense), il a construit une filmographie fascinante et, à mon avis, supérieure à son premier opus. En fait, même dans la série des « Tetsuo » (3 au compteur, pour l’instant), je préfère le 2 qui me semble plus riche thématiquement. Mais c’est moins un gros pain dans la gueule, par contre…

En fait, j’ai bien envie de m’auto-citer: je parlais, il y a quelques semaines, de la réplique d’un copain, « le black metal, ça mène à tout, à condition d’en sortir ». Et ben, il en va de même pour le cinéma industrialo-cyberpunk hystérique nippon. C’est un très bon point de départ, mais c’est mieux si on passe à autre chose après. Un autre cinéaste ayant eu un parcours similaire serait Sogo Ishii, d’ailleurs.

Après, dans ses autres films, c’est assez subjectif mais, perso, je suis très attaché à « Vital », « Tokyo Fist » et « A Snake Of June » (très curieux d’écouter le nouvel épisode de l’ami Peio, du coup…). Mais Tsukamoto fait partie, pour moi, de ces réal qui n’ont jamais fait un mauvais film (contrairement à son pote Takashi Miike… je sais, c’est discutable). Même à son niveau le plus bas, « Gemini » (adaptation d’Edogawa Ranpo, d’ailleurs), le film reste intéressant.

Ah, et oui, « Dellamorte Dellamore », c’est formidable aussi…

C’est vrai, et le « Suspiria » version 2018 le montre. Cette durée excessive entraîne le film vers deux écueils majeurs : la tension est diluée, forcément (et du coup, je cherchais des exemples de films d’horreur longs mais aboutis, et rien ne me vient en tête ; à la rigueur je penserais à « The House That Jack Built » de Lars Von Trier, mais l’horreur n’est qu’un aspect du film, elle ne le résume pas). Et d’autre, Guadagnino a dû se dire que cette durée l’autorisait à traiter un vaste éventail de thématiques : mais comme elles ne sont pas toutes traitées (ou maladroitement), ça se retourne contre le film…
Cette question de la durée appliquée au film d’horreur est intéressante, j’aimerais bien trouver d’autres exemples où ça marche, mais je dois avouer que je sèche.

Oui, c’est presque touchant. Je suis grosso modo de la même génération que toi, et je me reconnais également là-dedans. Et comme beaucoup (dont Bret Easton Ellis lui-même, donc), le cinéma bis et surtout horrifique a constitué ma porte d’entrée vers le cinéma tout court…

Oh le veinard !!! J’aurais adoré le découvrir sur grand écran… Bien joué, l’équipe de l’Atalante !

Parallèle très pertinent : c’est tout à fait ça. Et dans le cas de Lynch, même si je préfère d’autres films ultérieurs dans sa filmo (comme « Mulholland Drive », qui est un film qui m’a longtemps obsédé, et c’est d’ailleurs toujours le cas en fait), force est de reconnaître que son coup d’essai/coup de maître demeure en effet son geste le plus radical. J’ai eu la chance de le voir sur grand écran (à… l’Atalante de Bayonne, justement ; une bien chouette salle, décidément) et ça a été une expérience très forte.

Concernant la filmo de Tsukamoto, outre « Tetsuo » évidemment, je reste un inconditionnel de « Bullet Ballet » et surtout « Tokyo Fist », ce film incroyable auxquels des films bien plus côtés comme « Requiem For A Dream » ou « Fight Club » doivent beaucoup…

Je serais tenté de dire « Requiem pour un massacre » d’Elem Klimov mais, au final, c’est autant (sinon plus) un drame historique qu’un film d’horreur.

Tiens, c’est rigolo ça : je ne sais pas si tu as écouté l’émission, mais j’y parle justement du film d’Elem Klimov, en essayant de trouver un équivalent au terrible pouvoir immersif du « Fires On The Plain » de Tsukamoto, film de guerre hallucinant…
On peut tout à fait voir « Requiem Pour Un Massacre » comme un film d’horreur, à bien des égards, mais comme tu le dis il excède quand même ce cadre par sa dimension de drame historique, en effet.

D’ailleurs, je viens de vérifier car le pitch m’y faisait penser (surtout le cannibalisme en fait) et « Fires on the plain » est bien l’adaptation d’un roman que j’adore (« Les Feux » de Shohei Ooka). Il me semble que j’en ai parlé il y a peu de temps sur le forum (certainement même dans ce topic).
Du coup, ça serait une bonne porte d’entrée pour Tsukamoto.

Ajout: j’ai retrouvé la référence…

Tout ceci est diablement vertigineux… :sweat_smile:

Ha, à ce compte-là, tu peux peut-être écouter l’émission du 04 janvier 2017 (ça remonte un peu) où j’aborde la question du film de Tsukamoto… Ainsi que son « Tetsuo III » d’ailleurs.

Merci! Ça facilitera mes recherches. :wink:

ajout : émission téléchargée, je vais m’écouter ça!
Sinon, je viens de voir que « Les Feux » de Shoheil Ooka a été réédité (Editions Autrement) en février dernier pour ceux que ça intéresse. J’avais bien galéré pour en récupérer un exemplaire à prix correct il y a quelques années…

ajout 2: Vraiment marrante cette reprise de « Love you to death » (une de mes chansons préférées toute catégorie) par Pallbearer. Le morceau est repris quasiment à la note près mais en remplaçant les synthés par des guitares. Curieux mais intéressant même si je préfère laaaargement l’original.

Marrant, ton commentaire m’a donné envie de réécouter cette reprise ; comme toi j’aime l’originale au-delà du raisonnable (je suis un gros gros fan de Type O, et je n’ai jamais trop compris le relatif dédain dont ils ont fait l’objet en-dehors de la sphère des « spécialistes ») : les arrangements, sans claviers donc, sont assez astucieux en effet, mais c’est vraiment la voix qui pêche… Le chanteur de Pallbearer, sans être un killer, est compétent, mais on est loin de ce que dégage la voix incomparable de Peter Steele, pas de doutes.

C’est parce que les gens ne voient que le négatif… ~___^

Tori.