TUMATXA : L'ÉMISSION !

Oui, mais moins convaincante sur scène, ceci dit. C’était un peu le seul point faible du concert…

Benson et Moorhead, s’ils sont des metteurs en scène inventifs et malins (pour pallier à leurs budgets faméliques), ne sont quand même pas aussi impressionnants qu’Hadzihalilovic sur le plan strictement formel, je le précise.

Et je dirais même, et ce même si j’avais beaucoup apprécié « Spring » en son temps (vraiment un film attachant et original), que c’est surtout « Resolution » et « The Endless » qui me parle, dans leur filmo.
J’ai été d’ailleurs agréablement surpris par la courte mais dithyrambique chronique consacrée à « The Endless » dans le Mad Movies du mois ; ils insistent aussi beaucoup sur cette connexion lovecraftienne : pour être franc, ce n’est même pas le point qui m’intéresse le plus chez eux. Je suis surtout impressionné par la qualité et l’ambition thématique de leur écriture. Après, c’est certain, un peu de lovecrafterie par là-dessus ne fait jamais de mal…

C’est surtout leur premier album, « End Position » en 2016, qui retranscrivait un peu de leur sauvagerie live en studio ; leurs essais suivants (dont l’Ep « Rat Jacket », d’où est extrait le morceau qu’on a écouté) sont plus portés sur les mélodies et les arrangements chiadés. Mais en live, bordel, c’est toujours aussi frappadingue.

Ha !! Pas mal du tout, cette formule. J’aurais tendance à être d’accord.
Je suis en pleine écoute du formidable premier album de Yeruselem, le side-project de Vindsval (le maître à penser de Blut Aus Nord), et je dirais que ça a tendance à être raccord avec cette formule…

Je me répète (vu que je te l’avais déjà dit il y a quelque temps sur Facebook) mais ton émission est devenu un de mes immanquables, Photonik.

Ton érudition et ton enthousiasme font que même sur des sujets qui m’intéressent moins tu arrives à rendre cela passionnant et ça c’est un talent qui n’est pas donné à tout le monde.

Je pense qu’on est tous dans ton cas et on ne le répète pas assez (même s’il faudrait éviter que Photonik prenne la grosse tête :grin:). Et ce que je trouve très fort, c’est qu’il reste très intéressant même quand la chronique évoque une oeuvre qui ne m’intéresse pas plus que ça.

En tout cas, avec cette dernière émission, j’ai furieusement envie de m’intéresser aux travaux de Justin Benson et Aaron Moorhead. Musicalement, je n’ai pas eu de coup de coeur même si j’ai bien aimé le morceau de Bliss Signal.

@Photonik : j’y repensais récemment car elle sort un nouveau roman courant août, as-tu eu le temps de lire le « Complications » de Nina Allan?

Vous allez me faire rougir, les gars !!! :blush:
Merci infiniment, ça fait chaud au cœur…

C’est le prochain sur ma liste, j’aborderai son cas avant la fin de la saison, c’est une certitude. Avant ça, j’ai deux livres sur le feu à évoquer, dont l’un qui fait pas mal parler de lui en ce moment, l’une des grosses sorties actuelles ; c’est un essai, signé par un romancier américain fort célèbre (initiales : BEE :thinking:)…

Je dois le récupérer cet après-midi chez ma libraire, entre autres choses… :wink:

C’est pour la semaine prochaine, ça !!

Dois-je le lire avant ou pas? … :thinking: (j’ai soigneusement évité toutes les chroniques/critiques/polémiques à propos de ce livre jusque là).
Pas sûr d’avoir fini le « Sexus » d’Henry Miller entre 2…

Ah oui, chouette ça, non ? Je ne connais que de (flatteuse) réputation…

Pour le « White » de Bret Easton Ellis, étant donné qu’il s’agit d’un essai (certes un peu particulier), je ne pense pas que le lire avant ou après une chronique comme la mienne y changera quoi que ce soit pour toi en termes de réception.

Je n’en suis qu’au tiers mais je trouve ça vraiment brillamment écrit et certains passages sont réellement magnifiques (rarement lus à ce niveau).
J’avais eu une mauvaise expérience en tant que « jeune » lecteur avec Henry Miller. J’avais calé sur son diptyque « Tropique du Cancer »/« Tropique du Capricorne ». J’ai toujours pensé que je l’avais lu trop tôt (je parle de l’âge et du vécu du lecteur) et ce début de lecture me le confirme.

D’ailleurs dans les autres choses, il y a « Les aventures d’Arthur Gordon Pym » d’Edgar Allan Poe. J’ai du lire toutes ses nouvelles traduites quand j’étais ado mais jamais ce roman là.
En peu de temps, j’ai vu apparaître cette référence en relisant « Les montagnes hallucinées » (la nouvelle traduction + le manga de Gou Tanabe) et j’ai appris parallèlement que Shohei Ooka en avait repris la structure pour écrire son excellent roman « Les Feux ».

Ajout : @Photonik Je ne sais pas si tu as vu mais Mike Patton vient d’annoncer la sortie prochaine d’un album en collaboration avec Jean-Claude Vannier. :astonished:

En fait, ça fait un petit moment que cette collaboration avait été annoncée ; on connaît aujourd’hui le titre de l’album (« Corpse Flower »), sa date de sortie (13 septembre prochain) et le « casting » (assez alléchant, avec Bernard Paganotti qui a tenu la basse dans Magma et divers collaborateurs de Beck, entre autres.
Un attelage étonnant : j’avoue cependant que le titre que tu as posté ne m’impressionne pas des masses, à la première écoute. Mais je dois dire aussi que ça fait un petit moment que les sorties de Patton m’excitent moins qu’à la grande époque…

Le morceau n’est pas foufou mais assez intéressant pour me donner envie d’écouter la suite. C’est vrai que depuis quelques années, les projets de Patton ne me font plus sauter au plafond. Mais j’espère toujours… :grin:

EPISODE 22 : L’Enfer Blanc des Soupirs

Retour au rythme de croisière, pour la dernière ligne droite de la saison !!!
Le programme cette semaine :

  • Pour le cinéma, on se penche sur une sortie relativement récente, avec le remake très intéressant (contre toute attente…) du mythique « Suspiria » de Dario Argento, signé par son compatriote Luca Guadagnino.

  • Pour la littérature, on évoque une grosse sortie en plein dans l’actualité la plus brûlante, avec « White », dernier-né de la bibliographie de Bret Easton Ellis, son premier travail en-dehors du champ de la fiction (un essai, donc).

  • Pour la BD, on revient sur le run exceptionnel de l’américain Brian Azzarello consacré au titre « Hellblazer », et c’est judicieusement nommé "Brian Azzarello présente Hellblazer ; on va surtout se pencher sur le deuxième et dernier tome de cette collection.

Et pour la musique, ce sera :
« Eternal », extrait du premier album de Yeruselem, side-project de Vindsval, par ailleurs maître d’oeuvre de Blut Aus Nord, « Suspirium Finale », extrait de la BO du « Suspiria » version 2018 par Thom Yorke (Radiohead), « Starving Deserter », morceau issu du « No One Deserves Happiness » des américains de The Body, et on conclue en beauté avec le déchirant « Could Deepen », extrait de « Amends », l’album testament du groupe synth-pop Them Are Us Too…!!!

« A million ghosts, I hid them
I hope you don’t despise me
I begged you to let me in
Now I know, now I know… »

EPISODE 22

J’ai écouté ta présentation de Yeruselem (j’ai arrêté juste avant le début du morceau) et j’ai été étonné d’apprendre, tout comme toi, que Pitchshifter avait sonné comme du Godflesh à leur début. J’ai souvenir d’avoir écouté quelques trucs à la fin des années 90 et j’avais trouvé ça plutôt peu inspiré et pas intéressant. J’y jetterai une oreille à l’occasion. Sinon, je suis totalement fan de l’album « MoRT » de Blut Aus Nord dont tu parles. Bien glauque à souhait! :grin:
Pour confirmer, à l’origine, le groupe est normand. Ils viennent de Mondeville à la limite de Caen.
Impatient d’écouter ce morceau, tu l’as bien vendu.

Effectivement, je me souvenais moi aussi d’un album appelé « www.pitchshifter.com » (sorti en 98, après vérification) dont le premier single était plutôt sympa (le morceau s’appelait « Genius » ; le clip passait sur M6 tard la nuit, à l’époque… Nostalgie, snif) mais l’album très moyen sur la durée, et le style assez tristement opportuniste.
Mais il semble en effet qu’à ses débuts, Pitchshifter (avec un line-up sensiblement différent) était un groupe de métal indus sans concession, n’ayant rien à envier à Godflesh. C’est le taulier du blog Opium Hum qui en parle avec des envolées lyriques comme d’un groupe de tueurs absolus, en précisant bien qu’il ne faut surtout pas se fier à la musique que le groupe proposait à la fin des années 90 pour mesurer le choc provoqué par ses premiers albums…
Du coup j’y ai jeté une oreille rapide (mais faut que je creuse plus la question) et en effet ça interpelle :

Le côté très spécial de l’album « MoRT » de Blut Aus Nord, je me souviens que Vindsval l’évoquait en interview à l’époque, provient en partie de son jeu de guitare très particulier sur ce disque. Pas de médiator pour « attaquer » les cordes, mais le tout joué aux doigts, ce qui confère un côté nauséeux et marécageux à l’ensemble. Très fort.

Ah tiens alors là j’ai hâte d’écouter ton avis là dessus. J’ai été plutôt emballé par ce remake (et suis un grand fan du Argento) mais autour de moi ça a été un rejet généralisé, je n’ai pas toujours bien compris pourquoi…

Oui, je me souviens très bien que tu en avais dit un mot ici, sur le thread consacré au film.
Je suis comme toi, fan acharné du « Suspiria » d’Argento et pourtant absolument pas en rejet de cette relecture, qui a l’intelligence de ne pas chercher à se mesurer à son indépassable modèle, et à proposer un discours et une forme qui lui sont propres.
Des défauts, y’en a (essentiellement scénaristiques pour moi), mais le film demeure une proposition de cinéma très excitante selon moi.

J’ai adoré le morceau de Yeruselem! C’est pile dans ce que j’aime.
Pareil pour le morceau de Thom Yorke dans un style très différent. Il faut avouer que je suis déjà très client du bonhomme et de ses divers groupes et projets. Curieusement, je ne m’étais pas encore penché sur sa BO de « Suspiria ». Peut-être parce que je pensais qu’elle était seulement instrumentale… En tout cas, très beau morceau!

Moi aussi. C’est quand même un acteur majeur de la scène pop-rock des 25 dernières années, sans l’ombre d’un doute. Et franchement, il s’en sort comme un chef pour ce premier essai dans le domaine de la musique de film : le morceau est effectivement très beau…
Ah, je pensais bien que le morceau de Yeruselem te taperait dans l’oreille… :grinning: