Et d’ailleurs, elles y parlent énormément (et fort logiquement) du Black Hole de Charles Burns.
J’étais en train de me dire que j’allais le relire et je pense que ta chronique va enfoncer le clou!
2026.03.04 - (2:48) Nevermore, (31:24) Abel Ferrara, « Scene: A Memoir », (1:26:27) The Cure, (1:43:38) Charles Burns, « Black Hole », (2:27:19) Hey Colossus, (2:35:45) Raphaël Bob-Waksberg, Kate Purdy, « Undone », (2:59:58) Deathprod
Merci !!! ^^
Ah, c’est marrant, parce que moi dans ma chronique, je n’insiste précisément pas trop sur cette dimension de “Black Hole”. La portée métaphorique, évidemment que oui, mais le rattachement au genre et à ses tropes, je veuc dire… car je trouve que le travail de Burns “excède” en quelque sorte le genre body horror, si je puis dire. Trop le rabattre sur cette filiation diminue un peu la portée de “Black Hole”, il me semble.
Mais ça m’intéresse grandement de voir ce qu’elles ont à dire sur la BD de Burns, bien sûr !
Cool, une chronique sur le « Diables Blancs » de James Robert Baker.
Je devrais le finir ce soir. Plus le livre avance, plus je kiffe! Je vais entamer la 6eme cassette!
En effet ! Je poste ça tout de suite… ^^
EPISODE 19 : Le diable solitaire aux magnolias
Retour de « Tumatxa! » après une pause impromptue la semaine dernière… formule classique mais sacré programme ce soir ! Si je puis me permettre.
Cinéma (une sorte de rétrospective), littérature (un inédit de choix en exclusivité mondiale), BD (avec un jeune auteur à suivre de très près), le tout en musique : tel est le mirifique menu du jour.
Pour le cinéma : nous avons évoqué brièvement cette saison le travail de Paul Thomas Anderson, à la faveur d’une évocation de son dernier long « Une bataille après l’autre », mais il était temps que nous évoquions plus longuement son corpus. C’est ce que nous faisons aujourd’hui, en passant en revue les 9 longs-métrages précédents du maître contemporain du cinéma américain, et en faisant un focus particulier sur deux des sommets de sa filmo, en l’occurrence « Magnolia » (1999) et « There Will Be Blood » (2007). L’occasion nous est ainsi donnée de mettre en exergue les changements de braquet stylistiques dans la filmo de PTA, et notamment l’incontestable épure qui se manifeste à partir de la moitié des années 2000, doublée d’une approche de l’écriture scénaristique profondément originale. Sacré corpus, il faut bien le dire !!
Pour la littérature, gros coup éditorial pour Monsieur Toussaint Louverture, l’éditeur girondin publiant « Diables Blancs » de James Robert Baker en exclusivité mondiale ! En effet, le roman de feu l’écrivain californien est édité pour la première fois dans cette VF ; il était jusque-là inédit même dans la langue de Shakespeare. C’est aussi le premier livre de Baker à être publié sous nos latitudes ; étrange, compte-tenu de l’écho qu’a connu son oeuvre outre-atlantique, que ce soit sur le plan de sa production cinématographique (le semi-classique underground « Blonde Death ») ou littéraire (« Tim and Pete », son quatrième roman, qui fit scandale et mettra un terme à sa carrière, jusqu’à son suicide tragique en 1997). Les échos « à la Bret Easton Ellis » (même si il nous faudra relativiser ce point) auraient pourtant parlé à bien des lecteurs avides de « transgressive fiction » (là aussi à relativiser, en tout cas pour ce « White Devils »). Sacré roman en tout cas, thématiquement très riche : Tom Dunbar est l’auteur à succès d’un livre de « true crime », mais se débat avec les difficultés financières et les troubles de sa compagne Beth ; et si le père de Beth, l’écrivain à succès Bud Sturges venait à mourir, ne serait-ce pas la solution à tous leurs problèmes ? L’engrenage infernal se met en place… Excellent initiative, encore une fois, que de faire découvrir le travail de James Robert Baker, en espérant que ses autres romans suivent…
Pour la BD, fabuleuse découverte que celle des travaux de Josh Pettinger, bédéaste anglais désormais basé aux Etats-Unis, d’où le bougre tricote les excellents et hilarantes petits récits constituant la matière de « Goiter » et « Tedward », les deux albums qui nous occupent aujourd’hui, parus chez Ici Même. Pettinger, dans une veine qui pourra intéresser les inconditionnels du travail d’un Daniel Clowes, s’inscrit dans une veine comique indéniable mais empreinte d’une noirceur abyssale, reflet de la biographie de son auteur (de son propre aveu, il EST chacun de ses personnages). Le malaise est palpable, mais qu’est-ce que c’est drôle, pour autant… et quel excellent storyteller. A suivre, donc !
Le tout est mis en musique comme à l’accoutumée : Darkthrone fête ses 40 ans, et nous avec eux, et pour la peine on écoute « Wreak », extrait de « Plaguewielder » (2001) ; Carpenter Brut vient de sortir « Leather Temple », dont on écoute l’introductif et surpuissant « Major Threat » ; Emma Ruth Rundle sort les démos de son album « Some Heavy Ocean », et on profite de l’occasion pour en écouter le conclusif « Living With The Black Dog » ; enfin, les toulousains de Slift sont en tournée en ce moment et pour le coup on écoute le formidable « The Story That Has Never Been Told », issu de leur dernier album en date « Ilion »…!!!
“Labyrinth contagious
The world means nothing now
Immer, always blasphemous
Scepter raised in fuckin’ fury”
2026.03.18 - (2:01) Darkthrone, (32:41) Paul Thomas Anderson, (1:00:18) « Magnolia », (1:18:45) « There Will Be Blood », (1:38:30) Carpenter Brut, (1:50:03) James Robert Baker, « Diables Blancs », (2:31:45) Emma Ruth Rundle, (2:39:58) Josh Pettinger, (2:47:27) « Goiter », (3:00:39) « Tedward », (3:05:39) Slift
Rigolo, j’ai acheté Ted Ward il y a quelques semaines…
Allez savoir pourquoi cette news toute fraîche m’a faite penser à cette émission : NEUROSIS se reforme et annonce la sortie de son nouvel album An Undying Love For A Burning World - RADIO METAL
Sûrement que la présence répétée de aaron Turner et celle de neurosis dans la playlist de l’émission y est pour quelque chose !
Oui, dans la lignée des groupes dont on pensait qu’ils avaient potentiellement fini, mais en fait non, Dead Can Dance vient de poster le premier morceau d’une série devant s’étaler pendant toute l’année: Our Day Will Come | Dead Can Dance
Aussi, marrant que tu évoques dans le dernier épisode un nouvel album espéré par Darkthrone. Bon, ben, voilà: DARKTHRONE - PRE-HISTORIC METAL
Et, en attendant que Photonik poste le nouvel épisode, voilà le chapitrage en guise de teaser. Quelle réactivité, mes aïeux
2026.03.25 - (2:14) Neurosis, (41:20) Véréna Paravel, Lucien Castaing-Taylor, (48:42) « Leviathan », (1:00:09) « Somniloquies », (1:08:23) « Caniba », (1:18:30) « De Humani Corporis Fabrica », (1:30:37) Final Gasp, (1:37:34) Martin Harnicek, « Albin », (2:09:32) Aes Dana, (2:22:38) Brian Azzarello, Eduardo Risso, « La Ballade des Frères Blood », (2:42:20) Cryptic Shift
Yeaaaah !! Merci beaucoup ! Et on parle évidemment de ce retour suprise de Neurosis…
EPISODE 20 : La Ballade d’Albin le Cannibale
Avant-dernière émission de « Tumatxa! » avant la pause pascale ; encore et toujours du lourd au programme !! Que voulez-vous, on ne sait pas faire autrement…
Cinéma (avec des films qui sortent de l’ordinaire et pas qu’un peu), littérature (première édition française d’un fleuron de la littérature dissidente tchèque), BD (du western cette semaine), le tout en musique (avec une énorme surprise qui fait plaisir en ouverture de l’émission) : tel est la teneur de l’émission de la semaine !
Pour le cinéma : on sort un peu des sentiers battus en évoquant le beau coffret, paru chez Potemkine il y a quelques mois, compilant les travaux du tandem de cinéastes/anthropologues Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor, qui oeuvrent ensemble depuis une quinzaine d’années à un corpus étonnant, à mi-chemin entre cinéma ethnographique et recherches formelles audacieuses. Quatre films donc, exceptionnellement, au menu ce soir : « Leviathan », incroyable évocation de l’activité d’un chalutier en haute-mer et des pêcheurs qui le peuplent, perclus d’images plus sidérantes les unes que les autres ; « Somniloquies », cartographie de l’inconscient de Dion McGregor, le plus fameux des « parleurs de sommeil » ; « Caniba », compte-rendu glaçant des échanges de Paravel et Castaing-Taylor avec Issei Sagawa, le tristement célèbre cannibale japonais, et avec son frère Jun ; « De Humani Corporis Fabrica », enfin, dernière oeuvre en date du duo, consistant en une double exploration, celle des entrailles des hôpitaux de Paris et celle des entrailles du corps humain (âmes sensibles s’abstenir). Quel corpus étonnant, au final, que celui de Paravel et Castaing-Taylor, à peu près sans équivalent dans toute l’histoire du cinéma.
Pour la littérature, nous revenons sur le cas de l’auteur dissident tchèque Martin Harnicek, déjà auteur dans la collection Pb82 aux Monts Métallifères (en 2024) de l’estomaquant « Viande ». Cette fois, c’est son « Albin » qui est exhumé ; comme le dit le traducteur Benoît Meunier en préface, c’est un peu comme si l’univers concentrationnaire et totalitaire d’Albin aurait pu dégénérer en celui dépeint dans « Viande ». Avec une approche tout de même nettement plus satirique, voire franchement drôle. « Michel Foucault à la sauce"Brazil » de Terry Gilliam", tente également Benoît Meunier ; pas mal vu, sur le plan thématique. Sous ses dehors de dystopie extrême (quoique moins jusqu’au-boutiste que « Viande »), « Albin » est contre toute attente une plaisante expérience de lecture… mais aussi un cri d’effroi saisissant à l’endroit des totalitarismes passés et à venir.
Pour la BD, une fois n’est pas coutume, on cause western, avec « La Ballade des Frères Blood », paru à l’automne dernier chez Delcourt (et traduit par Laurent Queyssi, que j’ai honteusement oublié de saluer durant ma chronique, comme il se devrait), et signé par le duo à l’oeuvre sur « 100 Bullets », Brian Azzarello et Eduardo Risso. Si Azzarello est un auteur inégal, il est souvent brillant sur des récits qui se déploient dans ses genres de prédilection, en l’occurrence le polar et le western. Ici, il fait mouche, avec un récit initiatique où trois enfants à la recherche de leur mère se heurtent à la dure réalité du monde (et plus encore celle du Far-West), suffisamment sophistiqué dans sa structure narrative pour éviter l’écueil du déjà-vu, dans un genre pourtant balisé. Rajoutons que si nous ne sommes pas forcément les plus grands fans au monde du dessin de Risso, le bougre se surpasse ici, notamment via l’étonnante mise en couleurs de cet album.
Et le tout est bien sûr monté en neige avec la meilleure musique possible : surprise ! Neurosis est de retour (avec le renfort d’Aaron Turner, ex-Isis), avec « An Undying Love For A Burning World », dont est issu l’excellent « Blind » ; Final Gasp sort un excellent deuxième album un peu post-punk musclé sur les bords, « New Day Symptoms », dont le premier single est « The Apparition », qu’on écoute pour la peine ; Aes Dana alias Vincent Villuis ressort en version remasterisée « Perimeters », dont on écoute l’excellent morceau éponyme, entre ambient et électro ; enfin, on revient sur le cas des excellents anglais de Cryptic Shift, avec leur gargantuesque dernier album, « Overspace And Supertime », dont on écoute l’épique morceau titre…!!!
”Adrift on sightless plains
Arid ground tearing soles
Devour all, our own
Starved eyes, see nothing”
Tu parles de toi à la première personne du pluriel maintenant ? ^^
J’en profite pour ajouter mon billet sur cette excellente BD
Ha ha !! C’est le “nous” ducal, comme dirait le Dude dans “The Big Lebowski”… ^^
EPISODE 21 : Le retour de Goliath qui envoie de l’aide
Dernière émission pour « Tumatxa! » avant la pause pascale ! Programme classique… mais costaud ! Mais n’est-ce pas un peu le cas chaque semaine ? La réponse est un oui retentissant. Et peut-être encore plus ce soir, avec des poids lourds au menu, dont les habitués de l’émission connaissent bien le travail.
Cinéma, BD, littérature, le tout en musique : telle est la fête à laquelle vous êtes tous conviés.
Pour le cinéma : mais quelle joie de retrouver en grande forme l’immense Sam Raimi avec le roboratif « Send Help » (en salles, encore, à l’heure où nous parlons)… Ce n’est pas que nous haïssions viscéralement ses deux derniers films, plus sages que sa production habituelle, mais nous avions tout de même hâte de le voir renouer avec la cagne qui l’habitait du temps du fabuleux « Drag Me To Hell », sans même parler de ses perles des années 80/90. « Send Help » a peut-être un peu vite été présenté comme le retour de Raimi à son genre de prédilection, la comédie horrifique ; en fait, c’est assez peu un film d’horreur, malgré quelques saillies gore ; c’est par contre une fabuleuse comédie, portée par deux acteurs en feu, et propulsée par le timing et le sens du détail hallucinants de Raimi. Le pitch ? Un patron et sa salariée se retrouvent piégés sur une île déserte ; c’est un cave pour ce qui concerne la survie en milieu hostile, elle est très douée : la dynamique du duo va évoluer drastiquement à partir de là, avec force gerbes de sang et de vomi, car on se refait pas… Ce retour en grâce nous comble de joie !!
Pour la BD : on fête cette année le quarantenaire d’un monument de la BD US, en l’occurrence l’incontournable et séminal « The Dark Knight Returns » de Frank Miller !! L’auteur américain était ici aidé de son acolyte habituel Klaus Janson à l’encrage, et de sa compagne d’alors Lynn Varley pour la sublime mise en couleurs. A l’instar d’un « Maus » ou d’un « Watchmen », voici l’un des jalons majeurs ayant contribué au changement de braquet de la BD américaine au mitan des années 80. Après les chefs-d’œuvre « Daredevil » et « Ronin », un tout jeune Miller (pas encore 30 ans au compteur) imagine la dernière croisade d’un Batman vieillissant, plus enragé que jamais, dans une Gotham City plongé dans la décadence urbaine qui a tant fasciné l’auteur pendant toute sa carrière. Il est passionnant d’observer à vue d’œil au fil des quatre chapitres l’évolution graphique de Miller, et tout aussi passionnant de creuser le sous-texte de ce götterdämmerung du Caped Crusader de DC Comics. Chef-d’œuvre TOTAL.
Pour la littérature : on se penche aujourd’hui sur une petite curiosité signé par un auteur classique, Jack London, que l’on n’attendait pas forcément sur le créneau du récit d’anticipation ; c’est pourtant ce qu’il fait avec les trois textes au menu de « Goliath et autres nouvelles d’anticipation ». Dans le premier des trois, « Goliath », London décrit la prise de pouvoir d’une sorte de super-criminel/despote éclairé, et la mise en place d’une authentique utopie. Dans le deuxième, « L’invasion sans précédent », l’auteur envisage le futur clash entre la Chine et l’occident au fil du vingtième siècle, et son dénouement catastrophique. Enfin, dans « Le curieux fragment », London imagine cette fois une terrible dystopie où la lecture est interdite aux classes populaires. A travers ces exercices de style atypiques au regard de son corpus plus classique (« L’appel de la forêt », « Croc-Blanc »), London exprime aussi ouvertement ses penchants politiques, constante de son œuvre.
Le tout est savamment mixé à de la bonne zique, comme à l’habitude : on fête un autre anniversaire, le cinquantenaire du « Rising » de Rainbow, et on écoute du coup le conclusif « A Light In The Black » ; These New Puritans est un groupe unique et passionnant, et le prouvait sur l’aventureux « Field Of Reeds », dont est issu « Nothing Else » ; les portugais de Gaerea sont de retour avec les très controversé « Loss », dont est extrait le surpuissant « Hellbound » ; enfin, avant d’écouter le prochain Sunn O))), écoutons donc un extrait de « Spheres Collapser », dernier album solo de Stephen O’Malley, et ça s’appelle « Les Sphères (effondrez-les) Phase I »… !!!
“Breathed the air before
Heard the thunder roar
Never knew it was for me
Always looking down
Lost but never found”
Si tu veux voir une très grande performance de Dylan O’Brien, faut que tu mates Saturday Night
2026.04.01 - (2:19) Rainbow, (35:41) Sam Raimi, « Send Help », (1:21:06) These New Puritans, (1:34:19) Frank Miller, « The Dark Knight Returns », (2:26:10) Gaerea, (2:37:34) Jack London, (2:47:18) « Goliath », (2:52:28) « L’Invasion Sans Précédent », (2:57:08) « Le Curieux Fragment », (3:01:08) Stephen O’Malley








