UN JOUR SANS FIN (Harold Ramis)

REALISATEUR

Harold Ramis

SCENARISTES

Harold Ramis et Danny Rubin

DISTRIBUTION

Bill Murray, Andie MacDowell, Chris Elliott, Stephen Tobolowsky…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie fantastique romantique
Titre original : Groundhog Day
Année de production : 1993

They say we’re young and we don’t know
Won’t find out till we grow
Well I don’t know why that’s true
'Cause you got me baby, I got you
Babe, I got you babe, I got you, babe

Le 2 février, ce n’est pas que le jour où la plupart des gens mangent des crêpes, c’est aussi le jour de la marmotte aux Etats-Unis. Selon la tradition, si une marmotte sort de son terrier et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver sera bientôt fini. Mais si elle voit son ombre par temps clair, elle aura peur et rentrera dans son trou, signe que l’hiver durera encore six semaines. Depuis quelques années, Phil Connors, présentateur météo pour une chaîne de Pittsburgh, se rend à Punxsutawney, petite ville de Pennsylvanie, pour couvrir les festivités du jour de la marmotte. Mais Phil en a marre de ces reportages pourris dans un « bled de bouseux » et il a hâte d’en finir pour quitter ce trou paumé. Sauf que cette année, il va devoir s’incruster bien plus longtemps que prévu…très, très longtemps…

L’idée d’Un Jour sans Fin est venue au scénariste Danny Rubin en 1990 après avoir fini la lecture de Lestat le Vampire de Anne Rice. Il s’est alors mis à réfléchir sur l’immortalité et la façon dont un homme pourrait évoluer au fil du temps. Il décide d’appliquer cette réflexion au concept de la boucle temporelle…revivre inlassablement le même jour permet par exemple d’éviter un budget trop important requis pour la représentation d’événements historiques et futurs liés aux histoires d’immortels et de se concentrer ainsi sur les personnages et leurs parcours dans un cycle dont la répétition ne peut être brisée que par les actions de l’un d’entre eux, en apprenant des choses sur les autres et sur lui-même.

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La production d’Un Jour sans Fin n’a pas été simple, le regretté Harold Ramis, le scénariste Danny Rubin, Bill Murray et le studio ont multiplié les disputes sur le ton que devait prendre l’histoire. Chacun avait sa vision et les réécritures ont continué pendant des semaines. Des tensions qui n’ont pas empêché Un Jour sans Fin de devenir l’une des meilleures comédies des années 90. Notamment grâce à la distribution qui est juste excellente. Si d’autres acteurs avaient été envisagés (comme Michael Keaton), Bill Murray est génial dans le rôle principal, un type cynique et souvent méprisable (des traits de caractères qui reviennent souvent chez les personnages qu’il a interprétés), mais pas assez pour être totalement détestable (ce qui s’apparente aussi à son comportement pendant le tournage).

Dans le rôle de Rita, nouvelle productrice de Phil, Andie MacDowell apporte un côté chaleureux qui tempère la misanthropie du héros. Stephen Tobolowsky est impayable en agent d’assurances insupportable qui revient à intervalles réguliers et le casting secondaire ne manque pas de tronches bien employées (comme Chris Elliott en caméraman et Brian Doyle-Murray, le grand frère de Bill, en maire). À noter que Un Jour sans Fin marque aussi la première apparition sur grand écran de Michael Shannon (Take Shelter, Man of Steel…).

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Pour construire l’arc narratif de Phil, Harold Ramis et Danny Rubin se sont inspirés du modèle de Kübler-Ross sur le deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. Evolution source de nombreux gags irrésistibles à chaque étape…mais pas que car des moments un peu plus sombres et des passages émouvants ponctuent aussi l’aventure hors du temps de cet homme imbuvable qui aura justement tout le temps du monde pour trouver la rédemption et apprécier ce qui l’entoure. Et pour cela, il n’y a pas eu besoin de donner une explication à cette boucle temporelle…

They say our love won’t pay the rent
Before it’s earned our money’s always spent
I guess that’s so, we don’t have a lot
But at least I’m sure of all the things we got
Babe, I got you babe, I got you, babe

1 J'aime

Et totalement ignoré lors de sa sortie en France. Le film doit beaucoup de son succès ici à la télé et la VHS.

Pour moi c’est clairement un chef d’oeuvre digne des plus grands films de Capra. La méticulosité de sa construction, sa façon de pose peu à peu le carcan temporel pour ensuite s’en libérer en multipliant les formes et les variations c’est du génie qui est à mettre au crédit, je pense, des réécritures et des visions multiples (c’est déjà par une telle confrontation qu’a pu aboutir le Ghostbuster tel que le connait)

Keaton aurait été bon je pense, Tom Hanks était envisagé mais c’était trop prévisible, quand à Chevy Chase (envisagé pour reproduire le succès du grandiose Bonjour les Vacances, comédie hautement sous-estimé d’Harold Ramis) je me dis qu’on a heureusement loupé le pire vu comment il parait en vrille à l’époque.

Un film que j’aime beaucoup et que je revois toujours avec autant de plaisir.
L’équipe d’acteurs est excellente… Je ne peux pas entendre la chanson qui le réveille sans penser au film.

ginevra