UNE FILLE...POUR LE DIABLE (Peter Sykes)


(Le Doc) #1

REALISATEUR

Peter Sykes

SCENARISTES

Christopher Wicking, John Peacock et Gerald Vaughan-Hughes, d’après le roman de Dennis Wheatley

DISTRIBUTION

Richard Widmark, Christopher Lee, Nastassja Kinski, Honor Blackman, Denholm Elliot…

INFOS

Long métrage britannique/allemand
Genre : horreur
Titre original : To the devil…a daughter
Année de production : 1976

Sorti en 1976, Une fille…pour le Diable fut à l’époque le dernier long métrage horrifique produit par la légendaire Hammer Film Production. Après ce qui reste l’un des plus mauvais films du studio, il y a eu le remake d’Une femme disparaît de Alfred Hitchcock en 1979, puis la Hammer en crise a abandonné sa production cinématographique pour tenter un retour sur le petit écran dans les années 80 avec les anthologies Hammer House of Horror et Hammer House of Mystery and Suspense, connues en France sous les titres La Maison de tous les cauchemars et Histoires singulières.

Pour sa dernière incursion dans le domaine de l’horreur, la Hammer a tenté alors de surfer sur la vague des films de possessions démoniaques déclenchée par le succès de L’Exorciste de William Friedkin, avec cette histoire de jeune fille élevée par une secte démoniaque dirigée par un prêtre excommunié pour devenir le réceptacle du Diable. Les écrits du romancier Dennis Wheatley avaient déjà fait l’objet de deux adaptations : Le Peuple des Abîmes et Les Vierges de Satan, datant tous les deux de 1968. Mais pour To the Devil…a daughter, le travail de transposition à l’écran fut plus compliqué, menant à une production troublée.

Plusieurs réalisateurs ont été approchés avant l’arrivée sur le projet de Peter Sykes, metteur en scène méconnu qui avait déjà signé un Hammer mineur à ce qu’on dit (car je ne l’ai pas encore vu), Les Démons de l’Esprit en 1972. Peter Sykes n’apprécie guère le scénario, qui avait déjà fortement déplu à Dennis Wheatley et le fait réécrire plusieurs fois pendant le tournage. Une situation qui n’a pas amélioré les relations de la production avec l’acteur principal, Richard Widmark (Le Carrefour de la Mort, Les Forbans de la Nuit…), qui joue un écrivain spécialisé dans les sciences occultes.
Richard Widmark n’est pas la seule légende hollywoodienne à avoir cédé à l’appel du cinéma d’exploitation dans les années 70 (Henry Fonda, Glenn Ford ou encore Kirk Douglas sont aussi passés par là), mais les constantes réécritures et autres problèmes l’ont rendu irascible, menaçant régulièrement de tout laisser tomber et de rentrer chez lui en Amérique. Il est même allé jusqu’à frapper la jeune Nastassja Kinski pour obtenir plus rapidement la réaction souhaitée lors d’une scène difficile.

La distribution d’Une fille…pour le Diable est de qualité. Christopher Lee confère sa présence autoritaire et inquiétante au père Michael Rayner; la jolie Nastassja Kinski, fille de l’allemand fou Klaus Kinski, est la promise du démon Astaroth; et on retrouve dans des seconds rôles Honor Blackman (Pussy Galore dans le Bond Goldfinger) et Denholm Elliott (Marcus Brody dans la saga Indiana Jones). Un casting solide qui ne sauve pas une histoire bancale, qui alterne les scènes troublantes et bizarres avec d’autres franchement ridicules.

Une fille…pour le Diable n’hésite pas à verser dans le racoleur, avec notamment un rituel qui se transforme en orgie et dans lequel le personnage de Christopher Lee tombe la soutane (et qui a été en fait assuré par la doublure cascade de l’acteur…ce ne sont donc pas les fesses de Dracula que l’on voit à l’écran). Le pire est atteint lors d’un final aussi Z que fauché où Nastassja Kinski copule avec un muppet démoniaque dans une gênante scène onirique avant d’apparaître complètement nue le temps d’un plan totalement gratuit. J’ajoute qu’elle n’était alors âgée que de 14 ans…

Oui, qu’elles étaient loin les grandes heures de la Hammer


(とり) #2

Les années 70, c’était vraiment une autre époque…
Les mineurs pouvaient y apparaître ayant des rapports sexuels sans problème, et la nudité était bien plus présente (dans le genre, Les Valseuses est un exemple parfait pour l’illustrer : il était apparemment classé “tous publics” à sa sortie, alors qu’on y voit de la nudité, des rapports sexuels (et pas juste des petites suggestions : les scènes sont longues), y compris avec au moins un personnage mineur).

La nudité y était nettement plus présente qu’aujourd’hui (après, il est possible que la mode de l’épilation intégrale ait joué un rôle également : quand on voyait une femme nue, on ne voyait pas son sexe, mais sa toison pubienne, la plupart du temps…).

Tori.