LES DÉMONS DE L'ESPRIT (Peter Sykes)

REALISATEUR

Peter Sykes

SCENARISTES

Christopher Wicking et Frank Godwin

DISTRIBUTION

Robert Hardy, Shane Briant, Gillian Hills, Patrick Magee…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : Demons of the Mind
Année de production : 1972

Le Baron Zorn séquestre ses enfants Elizabeth et Emil en les droguant et en les enfermant dans leurs chambres de la demeure familiale. L’homme a peur d’une malédiction qui planerait sur sa progéniture. À l’origine, le projet devait évoquer la lycanthropie sous l’angle d’une maladie qui détruirait cette famille petit à petit. Mais depuis le semi-échec de La Nuit du Loup-Garou, la Hammer n’avait plus produit de films sur cette figure de l’horreur et de toute façon, les recettes habituelles du célèbre studio avaient de plus en plus de mal à séduire les foules dans les seventies (les années fastes de la Hammer étaient derrière elle, même si le studio sortait encore de temps en temps de bonnes choses comme Capitaine Kronos, tueur de vampires).

Les Démons de l’Esprit fait pourtant appel à des visuels bien connus : une forêt, un château isolé, des diligences lancées dans des courses folles, un prêtre fou, des villageois déchaînés et réclamant justice…mais comme le titre l’indique, la menace ne se trouve pas dans les attaques d’une créature surnaturelle, plutôt dans les esprits torturés des membres d’une famille qui ne se sont jamais remis du suicide de la mère survenu quand les enfants étaient encore très jeunes…

Le Baron Zorn est depuis persuadé que sa femme a transmis sa folie à son fils et sa fille, qui sont de plus déchirés par leur attraction incestueuse. Elizabeth et Emil tentent régulièrement de s’échapper pour être rapidement repris et saignés afin d’extirper le « mauvais sang ». Pour essayer de régler la situation, Zorn fait appel à un médecin renié par ses pairs (et inspiré par les méthodes de Franz-Anton Mesmer)…alors qu’il est lui-même à la source du mal qui s’est emparé de sa maison et de sa famille…

L’aspect psychanalytique est intéressant et le réalisateur Peter Sykes (engagé par Michael Carreras, le patron de la Hammer, sur la base de son thriller Venom) a su en tirer des scènes à l’atmosphère troublante, notamment lors de l’entame du métrage et de la représentation des souvenirs torturés du baron. Mais l’ensemble ne tient pas : l’histoire est mal construite, le déroulement souvent assez confus jusqu’à un final plus prenant, hystérique, violent et ambigu.

L’interprétation est aussi inégale. En Baron Zorn, Robert Hardy surjoue et a bien du mal à incarner la complexité de son personnage. Gillian Hills et Shane Briant s’en sortent mieux en fratrie maudite. La première venait d’apparaître dans Orange Mécanique et a remplacé au pied levé Marianne Faithfull, jugée peu fiable par la compagnie d’assurances à cause de ses problèmes de drogue. Quant au fiévreux Shane Briant, il a entamé là une collaboration avec la Hammer qui s’est poursuivie avec Straight on till Morning, Capitaine Kronos : Tueur de Vampires et Frankenstein et le Monstre de l’Enfer.

Un Hammer mineur, donc…mais qui, malgré tous ses défauts, est un cran au-dessus de l’autre long métrage réalisé par Peter Sykes pour le légendaire studio, le très mauvais Une fille…pour le Diable.

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