WAR OF THE SATELLITES (Roger Corman)

REALISATEUR

Roger Corman

SCENARISTES

Lawrence L. Goldman, Irvin Block et Jack Rabin

DISTRIBUTION

Dick Miller, Susan Cabot, Richard Devon, Eric Sinclair…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction
Année de production : 1958

En octobre 1957, les russes prirent les américains de vitesse en lançant Sputnik-1, le premier satellite artificiel et en donnant ainsi le véritable coup d’envoi de la conquête spatiale.
Dès 1950, le cinéma s’était emparé du sujet : le Destination Lune de George Pal et Robert Heinlein est considéré comme le premier film du genre à décrire les conditions d’un vol spatial. S’engouffrèrent ensuite dans la brèche bon nombre de séries B…et il n’est donc pas étonnant de voir Roger Corman s’intéresser au sujet avec War of the Satellites.

Après que la nouvelle du lancement de Sputnik-1 ait fait la une des actualités, Roger Corman va voir les dirigeants du studio Allied Artists avec le projet de réaliser un film de science-fiction en quelques semaines et avec le mot “Satellite” dans le titre, histoire de profiter de la publicité. Bon, même avec la rapidité légendaire de Corman, il faudra finalement 7 mois pour que le long métrage voit le jour (War of the Satellites est sorti en mai 1958), ce qui n’est pas si mal étant donné que le bonhomme a réalisé pas moins de 14 films en 1957 et 1958.

Pour le scénario, Corman s’adresse à Lawrence L. Goldman et Irvin Block, connu notamment pour le chouette Kronos de Kurt Neumann et qui avaient déjà écrit pour Corman le film d’aventures mâtiné de fantasy au titre absurdement long de The Saga of the Viking Women and Their Voyage to the Waters of the Great Sea Serpent.

Dans War of the Satellites, les efforts du savant Van Ponder et de ses équipes pour envoyer un satellite habité à travers l’espace sont mis à mal par une mystérieuse race extra-terrestre qui détruit une à une chaque fusée avant d’envoyer un message aux Nations-Unies enjoignant la race humaine de stopper l’exploration spatiale (car, c’est bien connu l’humanité est un fléau qui ne mérite pas encore d’explorer de nouveaux mondes, de découvrir de nouvelles civilisations et au mépris du danger, d’avancer vers l’inconnu).
C’est mal connaître l’opiniatreté des humains, bien décidés à envoyer une onzième (!) mission dans l’espace. Les aliens décident alors de tuer Van Doren et de le remplacer par un double afin de saboter le projet Sigma de l’interieur…

Mais puisque je vous dis que c’est la faute de ces satanés Gremlins !

Une nouvelle fois, les moyens très limités de la production ne permettent pas de coquetteries visuelles (malgré deux ou trois matte-paintings assez réussis) : la première moitié du métrage est ainsi très statique, se déroulant quasi-exclusivement dans des bureaux fermés et avec des acteurs filmés de très près afin de cacher l’exiguité des lieux. Après de longs débats sur la nécessité de continuer le projet Sigma (et dans le camp des détracteurs, il y a le délégué au fort accent slave, époque oblige), l’action est relancée lors du remplacement de Van Doren par un double extra-terrestre, ce qui donne au récit un petit côté paranoïaque plutôt bien rendu par l’interprétation de Richard Devon (qui joue Van Doren) et de son assistant (interprété par Dick Miller, l’un des acteurs fétiches de Corman, dans l’un de ses rares premiers rôles…à ce sujet, vous trouverez un petit peu plus de détails ici) qui se doute vite que quelque chose ne va pas.

Le dernier acte se passe entièrement dans l’espace, à bord du satellite que va s’efforcer de saboter le faux Van Doren tout au long d’un suspense plutôt prenant…si l’on n’est pas trop regardant au fait que les personnages courent inlassablement dans les mêmes deux ou trois couloirs qui ont bien du mal à faire illusion. Eh oui, il n’y a pas de combats au pistolet-laser dans le vide intersidéral, comme le suggère l’affiche…déjà que le décorateur n’a pas reçu assez de thunes et a du se procurer les fauteuils des astronautes à la grande enseigne du coin.

*Il y a quoi à la télé ce soir, Darling ? *

Cheap et bourré d’incohérences, War of the Satellites reste tout de même, et malgré un démarrage un chouïa longuet et des décors branlants, une bonne (toute…mais vraiment toute) petite série B de S.F, classique, assez efficace et bien jouée (on retrouve également la mini Susan Cabot, autre habituée des productions Corman).