1941-2021 : BON ANNIVERSAIRE WONDER WOMAN !

Oui, mais rien ne dure jamais !

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… sans doute parce que…

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… ou bien parce que :

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Quoi qu’il en soit, ça risque de mal finir :

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Jim

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Wonder Woman par Darick Robertson :

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Donna Troy :

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Wonder Woman par Steven Butler :

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Donna Troy :

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Et deux couples célèbres sur la piste de danse :

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Jim

Planche originale de Tom Derenick et Dan Green, extraite de JLA #123, avec Donna Troy en vedette :

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Jim

Wonder Woman par Lee Moder :

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Wonder Woman et Stargirl :

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Wonder Woman par Jim Silke :

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Jim

Planche originale de Greg Tocchini pour Ion #10 (encrage de Jay Leisten), avec Donna troy en vedette :

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Planche originale de Greg Tocchini pour Ion #11 (encrage de Jay Leisten), avec Donna troy en vedette :

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Jim

Donna Troy par Nick Cardy :

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Jim

Tom Fowler :

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Les Wonder Women alternatives, chapitre 9 : Moon Girl

Si Wonder Woman n’est pas la première super-héroïne (historiquement, quelques prétendantes l’ont précédé), elle a imposé une formule, faite de super-pouvoirs, d’un costume coloré, d’une mission spécifique et d’une origine exotique. Autant de traits qui, ensemble ou séparément, définissent les copies, plus ou moins conscientes, de la belle Amazone. Parmi elles, une héroïne tient une place toute particulière : Moon Girl.

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Petit retour en arrière. Maxwell Charles « Max » Gaines, responsable éditorial chez l’éditeur All-American Publications qu’il a contribué à fonder, quitte cette entreprise quand celle-ci fusionne avec National Periodical Publications (l’ancêtre de DC) afin de former la locomotive de l’édition que l’on connaît. Cela se passe en 1944. Max Gaines conserve cependant les droits de Pictures Stories from the Bible, un comic book qui devient la pierre fondatrice d’une nouvelle maison d’édition, Educational Comics, soit EC. Jusqu’en 1947, Max Gaines s’investit dans les différentes créations de cette nouvelle société, explorant différents genres, dont l’humour.

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C’est notamment cette année-là que paraît le premier numéro de The Happy Houlihans (daté de l’automne 1947), une série de comédie présentant les déboires d’une famille américaine, sous le trait énergie et assez élégant de Don Cameron. Entre deux mésaventures du clan Houlihan, le sommaire propose également une histoire à tonalité nettement plus fantastique, « Moon Girl and the Prince ».

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Le récit de huit pages, qui tranche avec la tonalité du reste du fascicule, propose l’histoire suivante : tous les sept cents ans, un homme et une femme parfaits apparaissent à la surface du globe. Et, en 1947, le phénomène se reproduit. La narration présente d’abord la jeune héroïne, dont la mère, reine d’une société composée de femmes, lui raconte (et au lecteur par la même occasion) les dessous de la légende. S’ensuivent diverses épreuves sportives où Moon Girl s’avère supérieure au Prince Mengu. Ce dernier quitte le palais royal, laissant la jeune femme à sa triste constatation : elle ne peut pas vivre sans son prince, et aucun autre homme ne saura la satisfaire. Elle obtient l’autorisation de sa souveraine de mère de partir explorer le globe. C’est en Amérique qu’elle retrouve son promis. Devant prouver son identité, elle ne loupe pas cette occasion supplémentaire de lui montrer qu’elle est, comme d’habitude, supérieure à lui. Ayant retrouvé son prince, Moon Girl se consacre désormais à faire du monde un endroit meilleur.

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Le personnage de Moon Girl (qui adopte à la fin de ce premier récit l’identité de Clare Lune) est né des cogitations ayant germé dans l’esprit de Max Gaines, des scénaristes Gardner Fox et Bill Woolfolk et du dessinateur Sheldon Moldoff. L’origine exotique, les pouvoirs physiques, la supériorité dans les épreuves, le statut de princesse, la vie dans une société matriarcale, tout rappelle Wonder Woman. Rien de bien étonnant si l’on se souvient que Max Gaines a participé aux nombreuses réunions ayant présidé à la création de Wonder Woman (rappelons que la série All-Star Comics, où Wonder Woman a vu le jour, était à l’origine publié par l’éditeur All American Publications). Plus intéressant encore, ce premier récit est souvent attribué à Bill Woolfolk, scénariste de bande dessinée que nous avons déjà évoqué ici, puisqu’il est l’époux de Dorothy Roubicek, elle-même scénariste et responsable éditoriale chez DC, et rivale malheureuse de Robert Kanigher.

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Le même automne qui a vu la publication de The Happy Houlihans #1, EC Comics publie le premier numéro de Moon Girl and the Prince, ainsi que la première livraison de Blackstone - The Magician Detective Fights Crime!, sorte de déclinaison de Mandrake, le héros de strip. La production de EC Comics s’est rarement intéressé au genre super-héros, à l’exception notable de la farouche guerrière, du magicien justicier et de deux personnages humoristiques, Comics McCormick et Freddy Firefly. En 1947, Gaines et sa rédaction arrivent déjà un peu trop tard, puisque les héros costumés commencent à connaître un déclin évident, peu à peu remplacé par d’autres genres (le teen humor, les crime comics…). C’est justement en 1947 que Young Romance #1 paraît, éclipsant un peu plus les justiciers en tenues moulantes en imposant les romance comics.

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EC Comics utilise une promotion croisée afin de soutenir ses nouvelles sorties. Une aventure des Houlihan se retrouve dans le sommaire du premier numéro de Blackstone, et l’histoire introductive de Clare Lune est réimprimée au début de celui de Moon Girl and the Prince #1. Les autres histoires de ce numéro permettent de retrouver le couple de surhommes face aux Envahisseuses de Vénus ou face à Satana, reine des criminels. Moon Girl tire la couverture à elle : la première aventure inédite est surtitrée « Moon Girl and the Prince », la deuxième « Prince Mengu and Moon Girl », et la troisième, où l’héroïne agit en solo, tout bonnement « Moon Girl ». Les récits sont là aussi écrits par Bill Woolfolk et illustrés par Sheldon Moldoff, sous une couverture de Johnny Craig.

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1947, c’est également l’année du décès de Max Gaines, lors d’un tragique accident de bateau sur Lake Placid. Il meurt le 20 août, à l’âge de 52 ans, alors que Moon Girl and the Prince #1 n’est pas encore sorti. La maison d’édition est alors confiée à son héritier, William « Bill » Gaines, dont on sait aujourd’hui ce qu’il va en faire, en développant les titres de guerre ou horrifiques à l’aide d’auteurs comme Al Feldstein, mais également MAD avec Harvey Kurtzman. Pour l’heure, il apprend le métier, étudie les tendances, réfléchit à ce qu’il souhaite faire, et Moon Girl est représentative de cette période transitoire.

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À compter du deuxième numéro, Moon Girl and the Prince devient tout simplement Moon Girl. Pas besoin de prince pour avoir un titre à son nom, l’héroïne se suffit à elle-même. Les histoires sont du même tonneau que celles du premier numéro, des aventures héroïques où Clare Lune ne partage pas toujours la vedette avec son chéri.

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L’équipe éditoriale s’étoffe : Gardner Fox signe « The Battle of the Congo », mais c’est Dorothy Woolfolk qui rédige le scénario de « Future Man ». On peut imaginer qu’elle met dans les histoires de Moon Girl des idées et une énergie qu’elle aurait peut-être réservées à Wonder Woman : car, rappelons-le, 1947 est également l’année du décès de William Moulton Marston, et correspond à des manœuvres éditoriales en coulisse durant lesquelles le personnage de l’Amazone a été récupéré par la rédaction au détriment des deux compagnes du créateur ainsi que de ses assistantes.

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Johnny Craig, qui signe là aussi la couverture, illustre également une autre aventure de l’héroïne, sur scénario de Gardner Fox. Et la formule demeurera peu ou prou la même jusqu’à Moon Girl #6, daté de mars 1949. Sur la couverture de ce numéro, dessinée par Sheldon Moldoff, la justicière retient un pan d’immeuble menaçant de s’effondrer, et s’impose ainsi comme une égale de Wonder Woman et de Superman. Dans les pages intérieures, elle se livre à des exploits spectaculaires, allant jusqu’à soulever une maison afin de la déplacer.

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La série continue, mais change de titre à l’occasion de la septième livraison : Moon Girl Fights Crime connaîtra deux numéros, publiés durant l’été 1949. La présence du mot « crime » sur la couverture semble insuffisante pour attirer le public, en dépit des couvertures attrayantes, la dernière étant signée Sheldon Moldoff.

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C’est en toute discrétion que Moon Girl concluera sa carrière dans les trois derniers numéros, cette fois-ci titrés A Moon… A Girl… Romance. Testant une technique qu’il pratiquera bien souvent, Bill Gaines change le titre mais pas la numérotation, cela évite les frais liés à la création d’une nouvelle parution. Moon Girl figure dans un des récits de ce premier numéro, mais pas dans les deux suivants, exclusivement consacrés à des histoires d’amour. La maquette annonce déjà les grandes tendances que Gaines mettra en place dans son catalogue. Et une fois de plus, après son douzième numéro, la série change encore une fois de nom. Daté de mai 1950, Weird Fantasy #13 s’imposera comme l’une des références chez EC Comics (passé de « Educational Comics » à « Entertaining Comics »).

Ainsi disparaît modestement une héroïne qui a tenté de prendre la place de Wonder Woman quand celle-ci, à l’image des femmes américaines, retournait à ses fourneaux après avoir soutenu l’effort de guerre. Un peu en avance sur son temps, Clare Lune a aussi eu le malheur de paraître chez un éditeur en pleine transformation, qui ne disposait pas de la visibilité de son concurrent DC.

Ne la quittons pas sans deux hommages, de Christophe Malgrain et Steven Butler :

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Superman, Wonder Woman, and Batman posters by Drew Struzan, 1977

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Illustration promotionnelle de Rich Buckler, encrée par Dick Giordano, pour les disques de Peter Pan Records (qu’on a évoqués plusieurs fois en parlant des aventures audio de Wonder Woman).

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Buckler évoque cette collaboration au long cours :

It was around 1979-1980 that I did a lot of pencil art for Dick Giordano when he ran his commercial art business out of his Stamford, Connecticut art studio. On weekends I would drive out to visit him. I lived in the North Bronx at the time so it wasn’t a long trip.

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Peinture de Rich Buckler :

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Ah merci !

J’en profite pour montrer l’image maquettée :

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Scott Morse :

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Wonder Woman par Angel Medina :

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Wonder Woman par Ramon Bachs :

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Wonder Woman par Eduardo Pansica

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Phil Hester :

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Michel Fiffe :

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