ABYSS (James Cameron)

Science-fiction
Long métrage américain
Ecrit et réalisé par James Cameron
Avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn, Leo Burmester, Todd Graff…
Titre original : The Abyss
Année de production : 1989

Le troisième et le quatrième long métrage réalisés par James Cameron parlent tous les deux de rencontres avec des créatures extraterrestres…mais la comparaison s’arrête là car les xénomorphes de Aliens le Retour sont par nature très différents des INT de Abyss. H.G. Wells fut le premier auteur à introduire la notion d’« alien des mers » dans sa nouvelle Dans l’Abîme publiée en 1897. James Cameron a quant à lui eu l’idée de Abyss à l’âge de 17 ans, après avoir assisté à une conférence scientifique sur la plongée sous-marine donnée par le premier homme à avoir respiré du liquide à travers ses poumons (ce qui a été repris dans le film) dans des expériences menées à l’Université de Duke en Caroline du Nord. Une anecdote qui confirme que l’étude des grands fonds a toujours été l’une des passions dévorantes du réalisateur…

Cameron a alors écrit une histoire courte, base qui deviendra le scénario de Abyss une dizaine d’années plus tard. Dans cette première version, les héros étaient des scientifiques, élément que l’auteur a modifié car il pensait que ce n’était pas assez vendeur. Les personnages principaux sont donc devenus des ouvriers, des employés d’une plateforme de forage obligés de coopérer avec l’armée pour retrouver un sous-marin nucléaire. Tout ceci se déroule sur fond de tensions entre les U.S.A. et l’Union Soviétique, la Guerre Froide étant encore d’actualité pendant la production…

James Cameron entretient dans un premier temps l’ambigüité sur les actes des habitants des profondeurs dans la première scène qui aboutit à l’accident qui coute la vie aux membres de l’équipage du sous-marin. La présence des « Intelligences Non Terrestres » restera tout de même suggérée pendant une bonne partie du métrage, poignée de scènes marquées par de jolies idées visuelles aux éclairages bleutés. Cameron s’intéresse d’abord aux différents protagonistes, à leurs relations tout au long d’interactions bien écrites et interprétées par une impeccable distribution.

Ed Harris est parfait en prolo et leader d’une équipe soudée, Mary Elizabeth Mastrantonio est excellente en femme forte qui n’a pas perdu sa capacité d’émerveillement et Michael Biehn, l’un des acteurs fétiches de Cameron (il était dans Terminator et Aliens), est inquiétant en militaire paranoïaque victime du syndrome nerveux des hautes pressions. Les autres acteurs sont certes moins connus mais ils complètent brillamment cette petite bande grâce à leurs fonctions dans le récit, le gars cool, le grand balèze sur qui on peut compter ou encore le petit nerveux adepte de la théorie du complot.

James Cameron n’a pas ménagé ses acteurs (le tournage fut très, très compliqué) dans ce suspense sous-marin prenant jusqu’au bout. Le déroulement de l’histoire alterne avec justesse les moments intimistes et les gros morceaux de tension et d’action, sans oublier un véritable sense of wonder lors des révélations successives des INT. Face à une menace venant en fait de l’intérieur, les monstres n’étant pas ceux que l’on croit, Cameron met l’accent sur la confiance, sur l’amour…un message positif véhiculé par le grand final…

J’ai revu le montage ciné et je trouve tout de même que le dernier acte d’Abyss fonctionne un peu mieux dans la version longue, qui s’étend plus sur le rôle joué par les aliens des mers (sans en révéler plus sur leur origine, ce qui a été réservé à la novélisation écrite par Orson Scott Card d’après ce que j’ai compris). La confrontation entre le héros et les INT est un peu plus expéditive dans le montage d’origine, sans nuire toutefois à l’efficacité de cette grande aventure dans les profondeurs…

4 « J'aime »

« Cameron est capable d’allumer la forge des enfers pour créer un minuscule papillon en diamant ». Magnifique phrase pour Abyss dans lequel les exploits techniques incroyable servent tous à une scène magnifique de réanimation.

Les versions longues des films de Cameron je trouve que c’est l’exemple parfait qu’il faut parfois sacrifier de chouettes scènes pour que le film en soit meilleur en terme de rythme. Typiquement la scène des sentinelles dans Alien ou, ici, la rencontre final avec les être du fonds des océans.

1 « J'aime »

Très joli !
Et oui, même si j’ai du la voir une bonne dizaine de fois, je retiens toujours mon souffle lors de la scène de réanimation…

Cameron n’est pas mon réalisateur préféré. Ses films ne sont pas dans mon top 10, mais je lui reconnais des qualités hors normes qui en font l’un des réalisateurs les plus importants encore en activité. Et ils ne sont plus très nombreux

Avec Aliens, Abyss est mon préféré de sa filmographie, et c’est à la deuxième vision, en version longue, que j’en ai eu conscience.

Je ne sais pas si le film parfait existe (à mes yeux, il n’y en a qu’un, et c’est Les Dents de la Mer donc ça c’est dit), mais Abyss, c’est la représentation parfaite du film qui fonctionne à tous les niveaux et qui représente ce que doit être le Cinéma à mes yeux.

Et je ne suis pas le plus grand fan du réalisateur.

J’aimerais tellement le (re)voir en salle !

1 « J'aime »

Un aperçu du comic-book Dark Horse par Randy Stradley et Michael Kaluta :


Dessins préparatoires par Moebius :




2 « J'aime »

Dans les films dont je me souviens parfaitement de la séance, du lieu, et de tout le reste, il y a Terminator 2 et Abyss.
Ce film est juste incroyable.

On retient tellement son souffle pendant la séquence de la noyade qu’on ne remarque même pas que le caméraman nettoie l’écran en direct quand Ed Harris et Elisabeth Mastrantonio sont pris au piège et que l’eau monte.
Quand un pote m’a raconté ça alors que j’avais vu le film un paquet de fois, j’y croyais pas et l’ayant revu récemment, j’ai encore raté le passage alors qu’il y a littéralement une main qui pop pour nettoyer l’écran :grinning_face_with_smiling_eyes:

Jamais remarqué ça…et je l’ai vu pas mal de fois…^^

1 « J'aime »

Je ne sais même plus si je l’ai déjà vu…

Je l’ai vu 4 fois, jamais vu ^^!

Bah ouais…c’est dingue, quand on est pris par l’histoire, le jeu des acteurs, c’est apparemment le genre de choses qui ne se distingue pas ou à peine et pourtant c’est bien là…^^

Moebius