ARTICLES COMICS / POLITIQUE

Et si l’on est le conjoint blanc de quelqu’un qui subit le racisme mais en souffre trop pour en parler lui–même, on est admis dans ces réunions ?
Parce qu’on est touché aussi, quand même.

Tori.

Je penses aussi.

Je disais, quelque part, etre passé sans heurt du monde super héroïque et ses milliers d histoires à remettre dans l ordre à la politique et ses milliers de courants dont il s agissait de retracer l origine, les hybridations etc.

Clin d’œil.

Ça dépend qui :smirk:

2 « J'aime »

C’est vrai que la couperose, ça se voit (rien qu’à sa trogne, si l’on peut dire).

Tori.

J’aimerais avoir cette facilité.

Jim

Ben ouais…
Moi je suis un homme blanc hetero mais mélange franco italo algérien, ma femme subit le racisme ma mère aussi moi également de plusieurs côtés… Je fais quoi ? :dizzy_face:
En plus je cumule je suis de la gauche de la gauche…

Toi, tu t’inscris à plusieurs groupes et tu te démerdes pour gérer ton planning.

1 « J'aime »

Je sais pas si c’est une question sérieuse ou non mais à supposer que les personnes qui organisent ces réunions le font quand même sur le principe d’être « concerné par le racisme » et ouverts au dialogue tu dois pouvoir discuter de ton cas avec eux et intégrer la discussion.
Sinon, il y a aussi des dizaines d’autres groupes ouverts à tout le monde. Je sais pas, si on veut discuter, y a pas qu’une option.

Tiens, je tombe sur cela.

Il est beaucoup trop tard par rapport à l’heure à laquelle je voulais me coucher, mais je n’ai pu décrocher devant tous vos messages, dont certains que j’ai malheureusement survolés (plus de 200 d’ingurgités !). Merci pour ces échanges qui ne vont pas inciter mon cerveau à prendre du repos une fois couché !

Umberto Eco parle assez justement de ce paradoxe dans son essai Reconnaitre le fascisme :

« Les disciples doivent se sentir humiliés par la richesse ostentatoire et la force de l’ennemi. Quand j’étais enfant, on m’apprenait que les Anglais étaient « le peuple aux cinq repas ›› : ils mangeaient plus souvent que le pauvre mais sobre Italien. Les juifs sont riches et ils s’entraident grâce à un réseau secret d’assistance mutuelle. Cependant, les disciples doivent être convaincus de pouvoir vaincre leurs ennemis. Ainsi, par un continuel déplacement de registre rhétorique, les ennemis sont à la fois trop forts et trop faibles. Les fascismes sont condamnés à perdre leurs guerres, parce qu’ils sont dans l’incapacité constitutionnelle d’évaluer objectivement la force de l’ennemi. »

C’est en partie ce qui a mené Hitler a sous-évaluer les forces soviétiques : comme les Slaves sont inférieurs et sauvages par rapport aux Aryens, la victoire devait inévitablement revenir aux forces nazies (je simplifie un peu, mais vous saisissez l’idée je pense).

La pratique n’est pas nouvelle : Malcolm X se défrisait les cheveux dans sa jeunesse, avant de condamner cette pratique dans ses discours militants.

Et toujours utilisée au Québec comme semble en témoigner cette chanson (qui a déjà dix ans) :

Je ne comprends toujours pas comment autant de critiques et de spectateurs ont vraiment pu penser que ce film était une ode au fascisme. Je l’ai lors de sa première diffusion sur TF1 quand j’avais 13 ans je pense (de mémoire j’étais en cinquième), et j’ai d’emblée compris qu’on se moquait plus qu’autre chose des idéologies et de la propagande (sans associer bien sûr directement ces mots sur mes pensées) avec la scène volontairement grossière du cours de dissection ou les flashs infos ouvertement outranciers et extravagants.

Sans penser a un ode au fascisme, quand je l’ai vu la première fois j’ai détesté le film, qui pour moi était une ode à la guerre. Ce n’est que lorsque des amis on voulut le revoir en me disant que c’était génial et mon expliqué qu’il fallait le prendre au 15ème degrés que c’était une parodie de propagande.

1 « J'aime »

J ai toujours vu dans ce film à la fois une parodie de la propagande fasciste et une démonstration, celle de la parfaite compatibilité entre l esthétique fasciste et l esthétique américaine des series à la melrose place.

Compatibilité ne veut pas dire que c est la même chose, mais cela a un effet très subversif.

Il y a un film, la question humaine que j adore (cela fait longtemps que je ne l ai vu, par contre) alors que dans le même temps je déteste et critique profondément le message qui j y ais lu, à savoir mettre sur le même plan le management moderne et le nazisme (et oui, il y a des liens plus ou moins historique que l on peut établir, mais qui ne justifient pas pareil comparaison, relevant pour moi d une forme de négationnisme)

La question humaine loupe ce que starship trooper réussit justement grace au detour par la parodie et en se tenant à un fascisme générique (et non historique, et pas le nazisme donc) : la démonstration de compatibilité sans l affirmation que ce soit la même chose.

Subtil eco.

On retrouve d ailleurs dans cette figure dedoublée de l ennemi du fasciste, l identité brisée, l identité qui n est pas identique à elle-même. L affirmation d une identité une des fascites se dement dans leur vision de leur ennemi.

Le sujet reçoit de l Autre (ici l ennemi) son propre message sous forme inversé, disait Lacan.

Ça tient en plusieurs choses. Déjà c’est l’adaptation d’un roman qui, pour le coup, n’est clairement pas ironique dans sa mise en valeur de l’armée voire de son rôle actif et déterminant dans un système politique. Il y a aussi le fait qu’on est à une époque où les stigmates de la 1ère guerre du Golfe sont encore très prégnants.

Il y a également le fait que Paulo sort de Showgirls (en terme de films conspués et réhabilités depuis, Starship Troopers c’est de la gnognote à coté) et que la critique américaine (et française aussi, on se gargarise que les films de Paulo furent mieux accueilli en France, enfin bon faut lire la presse de l’époque) se paye régulièrement Verhoeven.

la parfaite compatibilité entre l esthétique fasciste et l esthétique américaine des series à la melrose place.

Totalement

Enfin je pense qu’il y avait dans ces critiques l’expression d’une colère vis à vis d’une manipulation assez jouissive qu’établit le film. A savoir qu’il est construit pour qu’instinctivement on prenne parti pour l’humanité tant bien même, avec un poil de recul, on se rende compte qu’on se réjouit que des fachos tiennent un siège et butent de l’alien. Du coup ça fait jamais plaisir de voir à quel point on peut facilement accepter des choses contestable sous couvert d’une bonne intention.

Et Paulo sait appuyer là où ca fait mail, il sait montrer et mettre en valeur les contradictions. Dans le commentaires audio du film, il explique qu’ils avaient reçu une tonne de critique concernant le personnage de Carmen Ibanez et de ses choix de carrière mettant de coté alors son histoire avec Johnny Ricco alors qu’il n’y a foncièrement rien d’anormal dans des choix que tout à chacun pourrait faire (mais c’est une femme, l’héroïne et donc ça ne passait pas)

(et de mémoire je crois qu’il explique qu’ils ont bien plus eu de critique vis à vis de ce personnage que d’une scène comme celle de la douche commune)

Moi ce qui me désole c est surtout que là on sent la fracture à gauche… et que la gauche n est pas prête de reprendre les commandes … On peut rire de la droite mais leurs fractures sont légèrs, ils les surmonteront…
A gauche on avait déjà des lignes compliqués entre anarchiste/communiste/trotskyste mais là…

D ou j ai pas du tout de discuter de ces sujets.
J ai lu et c est interessant mais ca me semble completement fou

Ça, lorsque l on commence par diaboliser l universalisme comme racisme pour arriver à s imposer grâce à une prime à la radicalité, qu on reactive la censure et le mot «race», c est sur que cela va fracturer pour longtemps la gauche.

Je suis assez d’accord avec toi. Mais peut-être pas pour les mêmes raisons. Disons que j’avancerais d’autres explications que celles des ruptures de lignes idéologiques (qui restent présentes et qui se couplent aux ruptures avec le mouvement écologique, qui ravive certaines choses).

Pour ma part, je pense que la situation actuelle de la gauche est en grande partie imputable à la désindustrialisation du territoire français. Hexagonal, même, soyons précis. Processus qui a pris des décennies à se faire, mais qu’on est en train de payer aujourd’hui. Grosso modo, l’emploi industriel, même et surtout peu qualifié, a peu ou prou disparu. Pour tracer à grandes lignes, s’il n’y a plus d’ouvriers, il n’y a plus de mouvement ouvrier. Ce qui entraîne un affaiblissement des syndicats (moins nombreux, moins sonores…). Ce qui prive la gauche dans son ensemble et sous ses différentes formes d’un point d’entrée dans le débat, à savoir la protection des plus faibles et la défense des bas salaires.
La faiblesse des syndicats favorise aussi la création de statuts plus précaires (à l’image de celui de l’auto-entrepreneur, qui flatte l’ego en mettant en avant l’individuel sur le collectif, ce qui finit par générer une couche de la population fragilisée mais morcelée et difficilement syndicable). Et la gauche manque de prise.

Or, si l’on sait qu’il a de tout temps existé des syndicats marqués à droite (voir plus loin), le mouvement ouvrier et les syndicats étaient parvenus à véhiculer l’idée d’une action commune, collective, articulée autour du statut social, autour de l’identité d’ouvrier, si je puis dire. En gros, c’était la masse, la foule d’ouvriers qui comptaient, pas leur couleur de peau, leur langue, leur religion ou leur origine géographique.
La génération de mes grands-parents (donc déjà en activité professionnelle avant guerre, et très mobilisés sur le plan social dans les années 1950 et 1960, sachant que cette génération a pris sa retraite dans les années 1970 ou début 1980, à la louche) a connu ce monde ouvrier cosmopolite, qui tirait sa force précisément de l’union de volontés venues d’un peu partout. Une sorte d’ébauche d’une certaine convergence des luttes.
Au fil des décennies, la mécanisation d’abord puis les délocalisations ont considérablement affaibli ce monde ouvrier, et privé une grande partie de la gauche d’une prise solide sur laquelle s’appuyer. La gauche étant encore et toujours dans un rapport productiviste (l’argumentaire sur la réduction du temps de travail s’articule sur l’idée que les Français produisent déjà beaucoup, mieux et plus vite que les pays voisins…) au monde et n’ayant pas su négocier le tournant écologique / écologiste, elle a manqué d’arguments, et elle est donc partie en chercher ailleurs.

Mais justement, la dialectique droite / gauche s’articule autour de l’idée marxiste qu’il y a d’un côté les richesses et de l’autre la force de production. La mécanisation et maintenant la numérisation ne change rien au fait qu’il y a toujours (voire de plus en plus) d’un côté ceux qui possèdent l’argent (et ceux qui sont autorisés à s’en servir pour le compte des premiers) et ceux qui vendent / louent / prêtent (cochez la case qui vous convient) leur capacité de production. Certes, on n’est plus seulement au stade du prolétaire qui n’a pour seule force et seule richesse que ses bras. La capacité de production, désormais, c’est aussi savoir écrire un texte, composer une image, programmer une imprimante 3D… L’évolution des technologies élargit sans doute le spectre, et si elle change quelque chose, c’est bien au regard de la division des tâches, de la taylorisation : là où le début du XXe siècle coupait l’ouvrier de sa compétence globale (il devient incapable de fabriquer son ampoule ou sa chaussure et se contente d’un seul geste : c’est la définition extrême de l’aliénation du travail), le début du XXIe siècle invente l’exécutant multi-tâche, le prestataire à tout faire, sous le prétexte que la technologie facilite son travail et que c’est mieux d’avoir un seul interlocuteur (que l’on peut payer comme un seul intervenant, alors qu’il fait le travail de plusieurs).
En plus du tournant écologique, la gauche a loupé le tournant technologique, et se retrouve dans l’incapacité de formuler un discours où l’ouvrier prestataire moderne pourrait se reconnaître.

La crise du COVID est l’occasion d’un discours encore flou autour de la réindustrialisation. Une petite musique amplifiée par le constat que la balance commerciale reste déficitaire. Encore une preuve que la politique néo-libérale consistant à distribuer des cadeaux fiscaux aux riches dans la perspective fumeuse d’un « ruissellement » économique illusoire ne fonctionne pas. Mais bref. Donc, si l’on réindustrialise (ce qui prendra de looooooongues années : il est toujours plus facile et rapide de démonter que de remonter…), il est fort à parier que, passé un premier temps durant lequel les populations les moins formées se satisferont d’un emploi, quel que soit le salaire, des structures syndicales se mettent en place et se renforcent, recréant un sentiment d’appartenance à un milieu social en fonction de son rôle dans l’entreprise, pas de sa couleur, de son pays d’origine ou de sa religion.

Une réindustrialisation pourrait d’ailleurs avoir quelques effets bénéfiques (l’inquiétude étant environnementale, mais la France est un pays somme toute assez alerté par la question), à savoir sortir certaines populations peu diplômées du chômage, leurs permettre de consommer et donc soutenir la production locale ou nationale (ça pourrait même avoir des effets inattendus sur la répartition de la population dans l’ensemble du territoire, sur l’urbanisation, voire sur les banlieues)… et peut-être, à terme, aussi, rassurer une partie de la population attirée par les discours faciles pointant du doigt l’étranger comme source de tous les maux. En d’autres termes, si les « Français » ont tous un boulot, ils verront peut-être d’un œil plus clément les « étrangers », ce qui priveraient les discours d’extrême-droite de quelques leviers.

Je sens bien que c’est une vision optimiste, certains diraient naïve, d’autant que je ne suis même pas sûr que les discours actuels sur la réindustrialisation soient suivis de quelque initiative que ce soit (quoique, la balance commerciale, c’est un sacré argument). Mais admettons que ça s’enclenche, ça pourrait changer la donne. Et redonner à la gauche un peu d’assise.

Tu sais, les choses qui semblent complètement folles, hein…
Il me semble que c’est toi qui formulais récemment l’idée selon laquelle les gens regardent telle ou telle série (ou lisent tel ou tel comic) non pas pour le plaisir seul, non pas pour la critique et le décortiquage, mais pour en parler au sein d’un groupe, ce qui leur permet de s’inscrire dans un clan, de nourrir un sentiment d’appartenance.
L’idée me paraît complètement folle. Loin d’être inepte ou fausse, hein. Mais folle. Sans doute parce que je trouve ce constat désespérant.

Jim

Ce qui n’est pas très bon. Il faut un certains pourcentage de chômage.

Ce qui serait dommage, au vue de ce qu’on fait certains pays (les US) ça semble très bien fonctionner pour eux.

C est intéressant, je n ai pas fini de lire.

Juste cela, la distinction droite gauche précède d un siecle le marxisme, et ne saurait donc s y réduire.

Roussel, le candidat coco, a « tué le game » en donnant à sa politique d augmentation des salaires le nom de rousselement.

T’inquiète, le plein emploi, on y arrive rarement, et de toute façon, ça ne veut pas dire cent pour cent des actifs au boulot, y a toujours de la marge. Et il suffit de changer un peu les critères définissant le chômeur pour conserver un peu de statistique.

Là encore, je suis peut-être un peu désabusé, mais je ne crois pas à l’énergie des politiques, à leur volonté de faire les choses dans le bon sens.

Jim