Ils ont aussi le droit de réfléchir. Mais il faut peut être qu’ils investissent.
Sans jugement, on pouvait aussi envisager un éventuel trouble chez lui via ses travaux (Red Room ?).
Mais ça n’explique pas tout.
Je comprend mieux
Oui, c est une obligation urgente même.
Participer à la curée au nom d une information objective et brute, ne peut pas etre une option.
Nuancer, faire la part des choses, parfois simplement prendre le temps sont plus que jamais nécessaire.
Le « on vous croit » a sa pertinence militante mais il n est pas duplicable dans le journalisme.
@Ben-Wawe, j ai entendu une ancienne du ps Juliette Méadel faire référence à un double regime de la preuve dans les cas de harcèlement au travail : l employeur devznt aussi fournir, autant qu il le peut, des preuves qu il n a pas harcelé son salarié et le salarié devant fournir des preuves de son harcèlement.
Elle disait que dans les cas d affaires sexuelles, ce double regime pourrait servir de source d inspiration pour une modification de la loi qui n inverserrait pas la charge de la preuve mais la repartirait.
Tu vois de quoi elle veut parler ? Tu as des reflexions sur le sujet ?
Je ne suis pas spécialiste du droit du travail, je réponds aux questions générales des clients mais je ne gère pas les dossiers. Je vais regarder.
PAs qu’une façon d’en parler, car quand elle tombe tu peux tout perdre et très vite, ce qui fut le cas de Piskor et d’autres, si demain la vindict se monte face à toi, t’as intérêt à avoir un plan de vie B, car le A est foutu, je crois que c’est ça le pire pour moi.
Les gens avec qui tu bossent ovulant éviter toutes mauvaises presses ou autres ne te demandent rien et c’est fini pour toi tu es enterré. Tu bosseras plus jamais dans ce milieu, tchao au revoir (surtotu aux US, en france c’est encore différent).
En France tu peux encore avoir un César, des fois.
Ou l appui du president… tout depend si t as de la thunes…
oui ou travailler quand ça prend des proportions trop grande (cas Vivès).
En l’occurrence, il declare ne plus avoir aucun contrat et avoir été convoqué par la brigade des mœurs.
Il y a le débat plus haut aussi, si tu ne l as pas lu.
Il me semble que votre position, 5 min pour l un, 5 min pour le mort, est une position bien trop légère qui ne temoigne pas d une reflexion assez conséquente sur ces questions, pour autant que je puisse en juger.
L article sur les « allégations », qui dresse un portrait totalement à charge, ne m apparait pas du tout etre une bonne façon de procéder ni une bonne façon de traiter ces affaires.
Lorsque je dis que le public ne doit pas etre mis à la place du juge, je parle notamment de cela.
Au terme de l article précèdent, on ne peut que choisir entre coupable ou pas coupable.
Ce n est pas la bonne manière de faire.
Ce n est pas cela donner des informations pour que le lecteur puisse se faire sa propre opinion. L opinion n a pas à porter sur la culpabilité ou non d un homme ou d une femme.
Des femmes sont mortes du qu’en-dira-t-on par le passé, de l humiliation publique, de la honte. Encore aujourd’hui, certainement. Là, un homme en est mort. Ce n est pas un progrès.
Je ne sais pas si vous avez des cartes de presse ou non, mais je sais que vous vous posez des questions ethiques comme des journalistes et je sais que vous n etes pas des salauds à la recherche de clic. Alors logiquement, vous vous demandez comment après metoo ne pas participer à l omerta. Il s agit aussi de se demander comment ne pas participer à la curée médiatique.
Ce sont des questions dont je ne minimise pas la difficulté. Ce n est pas facile, je le sais, mais je crois que pour l instant vous apportez à ces questions de très mauvaises réponses.
Je t’arrête tout de suite. L’article n’est pas à charge, nous avons relayé les temoignages comme nous l’avons fait pour Berganza, Ellis ou Stewart. A aucun moment nous n’écrivons que Piskor est ou n’est pas coupable, et nous avons meme attendu et recherché tout element de reponse de sa part, jusqu’à examiner ce que d’autres confrères comme Heidi MacDonald et Rich Johnston ont pu avoir comme contact. Le present montre que Piskor n’a eu aucune intention de répondre publiquement. Mais relayer la parole des supposees victimes n’est en rien un verdict et si on taisait ces témoignages alors on continuerait de perpétrer ce qui était la norme jusqu’à présent.
Je rajoute qu’entre les premières allégations et notre article il s’est passé près de quatre jours - une éternité sur le temps internet ; entretemps, il y avait eu les deux témoignages supplémentaires, le mic-mac des réseaux sociaux, de la chaîne fermée et mise en ligne, et la galerie qui avait déjà annoncé suspendre l’exposition. On ne s’est en rien précipité pour participer à une « curée », l’article établit ce qu’il s’est passé sur quatre jours.
Quant à choisir coupable ou pas coupable à la fin de l’article, mais à quel moment est-on devenu aussi binaire ? On peut juste avoir les faits en tête, et se garder de décider quoi que ce soit. A titre personnel je n’avais aucun choix de fait, on attendait une réponse de Piskor en premier lieu en fait.
Ta reponse confirme que votre reflexion n est pas satisfaisante, à mon sens.
En quoi un « témoignage » est il une information ? Un témoignage ne peut-il pas etre faux de A à Z ? Est ce alors encore un temoignage ?
Or publier tel quelle une allegation, in extenso en plus, c est placer le lecteur en juge : doit il croire ou non le témoignage et déclarer ainsi coupable celui contre qui il est porté ?
Le temoignage est à ce titre le niveau zero du journalisme.
A la limite, c est bien ce que je vous reproche : vous placez le lecteur dans la position de le faire, précisément, parce qu en soit un temoignage n est pas une information.
Dire qu un tel ou un tel s est rendu coupable de quelque chose, ça c est une info. Mais pour l affirmer, il faut bien que soit la justice ait tranché, soit qu une enquête journalistique ait été menée.
En l absence des deux, se cacher derrière un " on n a pas dit qu il etait coupable" me parait etre une position très peu éthique, digne de ponce pilate, et j euphemise.
Il me parait malhonnête également de nier l effet cumulatif de l article. Un temoignage, l autre, et un tel a dit en plus. Tout cela placé au même niveau.
Et inscrire d emblée votre article dans un continuum d affaires en citant ellis et je ne sais plus quel autre nom, est une contextualisation qui dit déjà ce qu il faut penser de ce qui va suivre : un de plus.
Une contextualisation qui fatalement met des affaires différentes, de gravités différentes dans un même sac. C est une sociologie de comptoire qui nuit au journalisme, selon moi.
Pour moi donc : tout ce qu il ne faut pas faire dans ce genre d affaire.
En l absence d enquête ou de jugement, la seule info est éventuellement : x est pris dans un shitstorm, pas d y participer.
Et vous n etes pas les seuls à procéder ainsi sur internet ou dans la presse la plus établie.
Je pense sincèrement que cela est une impasse qui brutalise chacun et le lien social et nuit de plus à tous les concernés. D ou une reflexion necessaire des journalistes, des internauts, des citoyens, de tout le monde.
A notre tres petit niveau, ce que nous faisons là.
Tu es dans une démarche accusatrice particulièrement malvenue et tu as visiblement décidé que tu avais raison en partant du principe qu’on aurait pas assez réfléchi « à ton sens », sans avoir aucune idée des discussions que j’ai eu avec Corentin avant de publier, ou de quoi publier.
En l’occurrence c’est pas « un » témoignage, c’est un suivi de deux autres, sur une même thématique, avec des femmes toutes dans le milieu BD, la contextualisation n’est pas là pour accuser mais pour donner des éléments de contexte et expliquer pourquoi nous choisissons de traiter l’information. Il ne s’agit pas de dire que c’est pareil (là tu es encore dans le procès d’intention), mais de dire qu’on le traite dans le cadre d’affaires que nous avons déjà traitées, que ça ne tombe pas des nues, qu’on s’est pas dit « ha tiens tombons sur Ed Piskor ».
Et non, nous ne plaçons pas le lecteur dans une position d’avoir à être juge, mais nous l’informons de faits. Si tu te sens obligé de prendre une décision aussi binaire, revois ta façon de penser. Et il est très curieux de dire qu’il aurait fallu écrire « x est pris dans shitstorm » alors que c’est littéralement le titre de notre article « Ed Piskor est pointé du doigt pour ses comportements envers des femmes ». Je ne me cache de rien, sinon du procès d’intention malhonnête que tu fais.
J’ai l’habitude, hein, c’est toujours très facile de tomber sur le média : si on se tait, on est complices ; si on relate, on est pris dans le « tribunal d’internet ». Nous informons : nous ne disons à aucun moment de boycotter, harceler ou de prendre une quelconque action.
Donc puisque tu es dans l’accusation, je vais te demander maintenant d’argumenter sur les éléments de l’article qui te permettent de dire qu’il est « à charge », parce que j’en ai un peu marre de ce genre de facilités.
… avec votre approche.
Ce qui est humain et légitime, même si ça passerait mieux avec moins d’apports personnels dans certains billets, ou de projections dès le début d’un évènement (j’ai souvenir que votre couverture de l’affaire Warren Ellis vous voyait comparer l’ampleur à venir à celle de l’affaire Weinstein, et non).
Maintenant, l’idée n’est pas de critiquer pour critiquer mais de répondre à l’appel de Rob Liefeld de faire mieux tous ensemble.
En cela, l’interrogation sur le point de plusieurs témoignages se pose ; car ils sont des témoignages volontaires, ce qui est super, mais pas enregistrés par les autorités, qui « cuisinent » aussi les témoins pour vérifier que ça tient la route. Là, on a le retour perso de personnes dans des conditions choisies par elles.
Ce qui est très bien, et il faut que ça existe et continue, mais on peut aussi raisonner pour savoir si ça suffit pour y réagir, et comment y réagir sans démarche judiciaire autour.
Alors pour Ellis il y avait quand même un effet séisme vu le nombre de femmes qui témoignaient et la stature de l’auteur dans le milieu. A mon souvenir oui c’était l’ampleur du choc pour le monde des comics, mais sans dire que Ellis était un Weinstein dans les actes.
Sur notre approche, je ne dis pas qu’elle est parfaite (et c’est avec toi que je me suis pris la tête l’autre jour sur Facebook ? Désolé pour cet échange désagréable, j’estime toujours que c’est les libertés qu’on peut se permettre dans notre exercice, mais je conçois que ça ne te plaise pas), je récuse juste l’accusation sur le fait que notre article est à charge ou aurait pour but de participer à une curée. Quand on attend quatre jours, qu’on va recherche toutes les déclarations possibles et qu’on rappelle notre démarche, c’est pas comme si on s’était contenté de c/c des captures instagram.
Je comprends.
J’avoue que ça m’a gêné à l’époque car j’avais le sentiment que vous « appeliez » une suite à la Weinstein, ou que vous considériez cela comme une forme d’évidence.
Alors que l’affaire s’est tuée dans l’œuf avec le mot de repentir de Warren Ellis et sa disparition.
Vous ne pouviez pas le savoir, mais cette projection m’a gênée.
Oui, et c’est très appréciable que tu en discutes, merci.
Perso, je ne vous blâme pas sur cet article, mais je raisonne et réfléchis à haute voix (à clavier perché ?) sur la façon de traiter des témoignages sans suite judiciaire.
Étant juriste de formation et de profession, j’y suis sensible. Surtout après l’impact de l’emballement numérique et médiatique sur Piskor.
Oui, c’était moi. Merci pour ton retour ici. J’ai souhaité rester calme et courtois même si des réponses ont piqué
j’entends la liberté d’opinion et de ton, mais pour m’expliquer plus, je suis lassé de l’extrême politisation de la société et des sujets (tout devient politique, tout mène à parler politique). Voir une vanne sur Macron dans un billet d’information sur le Zorro de Dujardin, ça m’a paru déplacé et ça a été la lassitude de trop.
C’est pas uniquement vous, mais là c’était vous et tellement éloigné du sujet.
Le siuci est pas sue tout soit politique… car c est une realité mais plus que ca devienne politique politicienne…
Querelles de clochers et pas justement debats sur l avenir
Et justement pour Ellis on a ensuite traité tout ce qui a été possible (sur la réponse du collectif, sur sa démarche, jusqu’à son éventuel retour aux affaires), simplement pour documenter et justement ne pas se contenter du seul effet choc des accusations (et je crois qu’à ce titre, on a été vraiment les seuls à le faire).
J’ai pas de réponse sur la façon qui serait parfaite de traiter. En tant que média, ne rien écrire, c’est participer à l’omerta. Sauter à pieds joints, c’est aussi risquer de faire du mal. On préfère attendre à chaque fois qu’il y ait suffisamment d’éléments pour poser le sujet ; et si on est pas dans l’accusation, je suis tout ouvert à la discussion sur une éventuelle autre méthode qu’il y aurait. Personnellement j’ose croire que les personnes qui sont allées hurler en meute sur Piskor sur les réseaux sont justement celles qui ont simplement vu les captures d’écran et s’en sont contentées.
Bon bah désolé pour la pique en tout cas, perso je la trouvais marrante cette vanne. C’était juste ça : une vanne ^^ mais un peu gratos certes (mais c’était juste sur le prénom du vilain).
Oui.
Mais en y repensant, à tout publier et évoquer, avec donc essentiellement le « côté » des victimes, ça pouvait donner l’impression d’une approche à charge.
Mais je dis ça sans savoir comment faire idéalement, hein. Je ne trouve pas que vous faites mal, c’est déjà beaucoup dans ce propos.
Je comprends. Mais ça ne m’a pas fait rire, ça m’a soulé et ça m’a cassé le plaisir de lire l’information. C’est quand même dommage.