COMPAÑEROS (Sergio Corbucci)

REALISATEUR

Sergio Corbucci

SCENARISTES

Dino Maiuri, Massimo de Rita, Fritz Ebert et Sergio Corbucci

DISTRIBUTION

Franco Nero, Tomas Milian, Jack Palance, Fernando Rey…

INFOS

Long métrage italien/espagnol/ouest-allemand
Genre : western
Titre original : Vamos a matar, compañeros
Année de production : 1970

Sous-genre du western spaghetti, le « Zapata western » se distingue généralement par ses thèmes politiques et son duo de héros décliné sur la combinaison du révolutionnaire/bandit mexicain et de l’étranger venant d’au-delà de la frontière des Etats-Unis et qui est souvent attiré par l’appât du gain. D’après les spécialistes, El Chuncho de Damiano Damiani (1966) serait le premier « Zapata Western ». On range aussi dans cette catégorie les excellents westerns de Sergio Sollima, ainsi que Trois pour un massacre de Giulio Petroni (1969) avec Tomas Milian et Orson Welles. Et deux ans avant Sergio Leone, l’'autre Sergio" a fait son Il était une fois la Révolution avec le jubilatoire Compañeros.

Dans ce qui reste la meilleure décennie de sa carrière, Sergio Corbucci enchaînaît les westerns (Compañeros était son dixième depuis Massacre au Grande Canyon en 1964), alternant les oeuvres sombres (Le Grand Silence, son chef d’oeuvre) et des films au traitement plus léger. Avec ses co-scénaristes, il a teinté ici son histoire d’une certaine ironie et d’un cynisme qui n’amoindrissent toutefois pas la portée de son propos.

Le récit se déroule en pleine révolution mexicaine. Le pouvoir en place est menacé par deux groupes : celui de l’intellectuel Xantos (très bon Fernando Rey), un pacifiste qui veut tout redistribuer au peuple, et celui du général Mongo, un tyran qui n’en a rien à faire des idéaux prolétaires et qui ne cherche qu’à s’enrichir. Les destins de deux personnages vont alors se retrouver liés. Il y a d’abord Vasco, dit « le Basque », un cireur de bottes à grande gueule qui se retrouve bombardé lieutenant de Mongo malgré lui. Dans le rôle de ce gentil vaurien, Tomas Milian (Colorado) est encore une fois excellent en truculente caricature de Che Guevara qui va finir par se découvrir une conscience.

Face à lui, Franco Nero (dirigé précédemment par Corbucci dans Django et El Mercenario) est le Suédois…ou « Le Pingouin » comme le Basque aime l’appeler (car il est toujours tiré à quatre épingles). Un marchand d’armes venu vendre ses fusils au plus offrant et qui change de camp comme de chemise tant que cela sert ses intérêts. La dynamique entre les deux têtes d’affiche est savoureuse et donne lieu à de nombreuses scènes réjouissantes où les répliques fusent.

V1

Et je n’oublie pas le troisième larron, Jack Palance (qui faisait alors de nombreux aller-retours entre les U.S.A. et l’Europe…il était lui aussi dans El Mercenario), qui campe un cartoonesque méchant accroc à la marijuana qui partage une drôle de relation avec son rapace. Une galerie de personnages hauts en couleur pour une divertissante odyssée picaresque joliment filmée (la photographie est très belle), une aventure bourrée de rebondissements à la bonne humeur communicative…tout en ménageant aussi quelques touches un peu plus pessimistes. Des changements de ton qui fonctionnent pour un western réussi (un des meilleurs de son réalisateur), rythmé par les thèmes musicaux du prolifique maestro Ennio Morricone.

Levantando el aire los sombreros
Vamos a matar, vamos a matar, companeros
Pintaremos de rojo sol y cielo
Vamos a matar, vamos a matar, companeros