Tiens, c’est la première fois, je crois, depuis que je fréquente ce forum de perdition, que je reviens d’une séance en salle concernant un film pour lequel, apparemment, le Doc n’a pas ouvert de sujet.
J’ai vu la bande annonce de The Duke en allant voir Doctor Strange, et je me suis dit que j’allais surveiller. Parce que bon, Jim Broadbent qui braque un tableau, affole l’Angleterre des années 1960 et s’attire la réprobation d’Helen Mirren, bref, une histoire de vieux voyous irréductibles, ça ne pouvait que me plaire. La bande-annonce me laissait entrevoir une comédie, mais le film est plus que ça. Disons que c’est davantage un drame social teinté d’humour.
On suit donc un vieux chômeur, qui passe de petit boulot en petit boulot et qui ne manque jamais de marquer sa réprobation face à l’establishment (ceci expliquant sans doute cela), qui se retrouve à cacher chez lui un tableau qui a coûté 140 000 livres de l’époque à la Couronne. Le vieillard, inventeur, bricoleur et activiste politique, et entouré de son épouse femme de ménage et de ses deux fils qui survivent par quelques magouilles.
Le portrait de cette petite famille est touchant, évitant sciemment les clichés (quitte à les annoncer d’emblée afin de mieux les tordre). De même, il y a toute une galerie de personnages secondaires qui évoluent au fil du récit, personne n’étant taillé d’un bloc (à part peut-être les flics, fiers parangons d’une stupidité galopante et faire-valoir comiques de premier ordre).

Je ne connais pas du tout le réalisateur, Roger Michell, ni ses deux co-scénaristes. Mais j’ai particulièrement apprécié ses jeux sur le format de l’image, sur le grain des fausses images d’archives, sur tout cet ensemble de références qui permettent des clins d’œil avec l’auditoire. Le film est assez court (1h35, je crois), mais il n’est ni précipité ni superficiel, tous les personnages ont droit à leur développement, on n’oublie personne. La tonalité est aussi sérieusement à gauche, le fim présentant des gens sans le sou qui sont positifs, des activistes et des militants qui ne sont ni dangereux ni hystériques, et une charge envers le pouvoir sous ses différentes formes, qui ne fait pas oublier la peinture de caractères.
Le casting est très chouette (on croise des têtes connues des amateurs de séries, comme Anna Maxwell Martin, dont je me souviens à cause de The Bletchley Circle), très vivant, écrit avec subtilité et joué avec entrain.
Une excellente surprise.
Jim