DES SOCIÉTÉS SECRÈTES AU PARANORMAL (Nolane, Sadoul…)

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[quote=“Amazon”]Présentation de l’éditeur
Née dans les années 1960, la célèbre collection “L’Aventure mystérieuse” a fasciné plusieurs générations de lecteurs en traitant des civilisations disparues et d’énigmes historiques.
Quatre écrivains, spécialistes de l’ésotérisme et des sociétés secrètes, reviennent sur les grands livres et les auteurs qui ont marqué cette collection devenue mythique : Gérard de Sède, Jacques Bergier, T. Lobsang Rampa, Guy Tarade, Robert Charroux, Charles Berlitz, Ferdinand Ossendowsky, Jean Sendy, Camille Flammarion, Robert Tocquet, Belline, et bien d’autres. Avec érudition et compétence, Geneviève Béduneau, Arnaud de l’Estoile, Bernard Fontaine et Richard D. Nolane abordent des sujets qui interrogent et passionnent :
l’occultisme, les Templiers, la para-psychologie, les civilisations englouties, les OVNI, les prophéties, le triangle d’or, etc. Avec Des sociétés secrètes au paranormal : les grandes énigmes, pénétrez les arcanes des origines de l’homme, de ses capacités et de son histoire.

Poche: 605 pages
Editeur : J’ai lu (29 février 2012)
Collection : J’ai lu
Langue : Français
ISBN-10: 2290033421
ISBN-13: 978-2290033425[/quote]

Commencé le bouquin.
Intro sympa, mais courte, de Sadoul, qui remet la collection dans son contexte historique (vous savez que j’aime bien ça, moi, les contextes historiques). Ensuite, la première grande partie est consacrée au thème des “Anciens Astronautes” (ou du “Premier Astronaute”, selon les exégètes). Et j’adore.
Le ton est intéressant : les sujet sont traités sérieusement, et donc les incohérences et les arguments fantaisistes sont traités comme tels. Du coup, les auteurs, fantaisistes, sont montrés du doigt. Ce qui crée un texte à deux tonalités, sérieuses et ironiques, à la fois dupe et pas dupe de la dimension canular de la collection.
Ce qui permet (encore une mise en contexte historique) de préciser dans quelles circonstances les bouquins avaient été écrits : les courants de pensée ésotérique, l’environnement politique (notamment fasciste), les traumatismes (importance de la Dépression économique post-29…).
Et en plus, c’est succulent pour un lecteur de comics comme moi, puisqu’on y trouve des bases de l’imaginaire de certains auteurs (le néo-evhémérisme a son influence sur Kirby, par exemple).
Vraiment, sympa.

Jim

Je me demandais justement s’il n’y avait pas un bouquin de référence, historique et critique, sur les années Planète, et les avatars qu’a suscités cette revue. Je croyais que oui, mais n’arrive pas à mettre la main dessus.

Je viens de recevoir mon exemplaire.

j’ai feuilleté un peu, c’est du tout miam. (faut dire que j’adore : je dois avoir trente ou quarante Aventure Mystérieuse dans mes étagères)

J’ai recue le mien hier. Je suis en pleine lecture du premier chapitre.

Je viens de compter les miens, j’en ai 31, quand même.
Mine de rien, au fil des ans, j’en ai accumulé pas mal.

Jim

Je crois ne pas en avoir un seul, j’ai juste une grosse douzaine de livres parus chez Robert Laffont dans la même thématique (dont presque tous les Robert Charroux), mais je ne me souviens pas du nom de la collection…

Tori.

Les Énigmes de l’univers ?

J’ai un Erich Von Däniken dans cette collection-là, moi. Et sans doute quelques autres ici et là…

Jim

En Enigmes de l’univers, j’en ai quelques uns aussi : du De Sède, du Charpentier…

Et j’ai aussi le célèbre bouquin sur les recherches parapsy en URSS, cosigné par Sheila Ostrander (aucun lien de parenté avec l’auteur de star Wars Legacy, j’ai vérifié).

C’est la collection avec des lettres dorées sur fond noir ? Nom de Dieu, je dois encore en avoir tout un carton quelque part (je me souviens d’un truc sur les momies avec des photos très impressionnantes pour l’enfant que j’étais, mais aussi plein de trucs fortéens).

Y’a pas, il me faut remettre la main dessus.

En plein rangement de différents rayons de ma bibliothèque, y compris le rayon ésotérique, mais aussi en phase de relecture de quelques textes de Lovecraft (comme ça, pour le plaisir, pour comparer les trads) je me retrouve à lire ou relire quelques bouquins de l’Aventure mystérieuse, la collection ésotérique de J’Ai Lu.

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Là, je reparcours Les Livres Maudits, de Bergier.
Ce bonhomme, je ne le connais pas encore assez pour avoir un avis tranché sur la question, je me suis toujours demandé s’il croyait sérieusement aux conneries qu’il racontait. Il me donne l’impression d’un individu dont le super-pouvoir consiste à tomber dans toutes les escroqueries et tous les canulars littéraires qu’on puisse imaginer. Mais comme je l’aime bien (depuis Le Matin des Magiciens, dont j’ai un souvenir flou mais agréable), je me dis qu’il s’inscrit surtout dans la longue lignée des faiseurs de canulars, et l’idée me plaît bien.
Toujours est-il qu’à la relecture, sa prose (en général, pas seulement ici… mais particulièrement ici) n’est absolument pas convaincante. Au point que ça cesse d’être amusant. On peut ne pas être convaincu, mais trouver ça drôle et accepter le délire. Là, c’est un poil plus difficile.
Le chapitre sur les Stances de Dzyan et Madame Blavatsky est très mal écrit, répétitif, affichant une grande pauvreté de vocabulaire et une construction plate des phrases. Rien n’est sourcé (mais bon, ça, ça fait un peu partie de la collection) et les informations se répètent d’une page à l’autre.
C’est fou, quand même : je remets le nez dans cette collection, et d’un coup elle perd de son charme. Tristesse. Mais il est clair qu’une telle collection contient des pages qui sont proprement illisibles de nos jours.
Zut alors : j’ai bien envie de m’en refaire un ou deux autres, mais j’ai peur de revivre ce phénomène de déception. Peut-être plutôt des traductions, alors, et pas des bouquins écrits à la ligne afin de remplir la collection.

Jim

J’en garde un bon souvenir, pourtant, de celui-là (mais bon, lu il y a 20 ans). y avait des trucs bien rigolos, dans mon souvenir.

Mais Bergier, dans la collec, oui, il torchait des trucs en quelques semaines pour toucher des ronds, c’était une époque où l’éditeur lui filait du taf par charité, parce qu’il était vraiment à la rue.

Si je comprends bien, je lisais déjà ces livres avant vos naissances!
J’ai découvert les Charroux, von Daniken, Lobsang Rampa et consorts vers 14 ans (donc en 1969) dans la bibliothèque d’une de mes sœurs. J’aimais bien ce côté fantastique et surnaturel… et, à l’époque, la contestation des croyances traditionnelles me séduisait bien.
Puis j’ai découvert 2 livres passionnants d’un archéologue, Jean-Pierre Adam : L’archéologie devant l’imposture et Le passé recomposé. Le plus drôle est que le 1e a aussi été publié par Robert Laffont. Ces livres m’ont réconciliée avec la science classique en démontant quelques légendes surnaturelles.

:open_mouth:

Toi, je te soupçonne d’avoir été l’objet d’expériences des « anciens astronautes » dont l’une fort bien documentée le « Projet Mathusalem 55 ». :smiling_imp:

Je sais que j’en lisais au lycée, ça c’est sûr. Donc vers 1987-1988. Et que l’édition du Necronomicon nous faisait marrer. J’ai découvert les bouquins de Lopsang Rampa sans doute un peu avant (fin du collège, je dirais). Et j’ai su assez vite que c’était de l’arnaque (alors que son côté “Docteur Strange de bazar” me faisait bien kiffer). Tout ça vers 1985, je dirais.
Un truc qui me plaît, à me replonger dedans, c’est l’odeur. Les J’Ai Lu des années 1970, ils avaient un papier et une encre reconnaissables à l’odeur. Une odeur qui a un effet proustien chez moi.

Jim

oui, ces bouquins-là, j’ai toujours su, ou à peu près, que c’était pas de la documentation fiable. j’ai dû commencer à mettre le nez dedans (en commençant d’ailleurs plutôt par les Robert Laffont noirs) à la fin des années 80, par des bouquins genre “les phéniciens avaient colonisé le Mexique” et des trucs sur l’Atlantide. puis un pote m’a passé l’Atlantide et le Règne des Géants, de Seurat. Et j’ai adoré : je pouvais pas prendre le truc au sérieux trois secondes, mais c’était du super biscuit pour inventer de l’heroïc fantasy.

et c’est un peu plus tard, en lisant Le Matin des Magiciens, mais aussi le Pendule de Foucault (qui démonte artistement les collections de ce genre), que je me suis aperçu qu’il y avait des arrières pensées inquiétantes dans tout ce fatras. ce qui ne m’empêche pas d’adorer, mais sans être dupe.

Je crois que mon entrée personnelle dans cet univers de l’ésotérisme fumeux s’est déroulée grâce au bouquin de Walter Ernsting (alias Clark Darlton, l’un des auteurs de Perry Rhodan), Le Jour où moururent les dieux, dans la collection argentée “Super Fiction” d’Albin Michel.

Je ne sais pas trop quand je l’ai découvert, ce bouquin (que j’ai encore, même si je crois que ce n’est pas l’édition que j’avais : j’ai dû le racheter entre temps, je ne sais plus), sans doute dans la première moitié des années 1980. Je sais en revanche qu’il a été l’un des premiers à constituer le rayon SF de ma bibliothèque (avec des trucs genres Les Robots d’Asimov…).
Ce roman se présente comme un récit inspiré des notes d’Erich Von Däniken, un auteur qui avait popularisé l’idée que la race humaine a connu la visite d’extraterrestres il y a bien longtemps, rencontre qui aurait laissé des traces dans toutes les civilisations. Bien entendu, à l’époque, je connaissais déjà les Eternals de Kirby (j’avais lu les épisodes dans Strange), et j’avais fait le lien.
Donc Von Däniken a été l’un des premiers auteurs que j’ai lu dans la collection “L’Aventure mystérieuse”, mais très vite, j’ai considéré ses écrits comme un peu illuminés. Mais c’est typiquement le genre de bouquins qui, comme le soulignait Nikolavitch un peu plus haut, me faisait rêver, malgré son caractère discutable.

Jim

Vous connaissez sans doute cette formidable émission qui élève la connaissance et dispense la culture, Alien Theory ? Un truc dans la lignée de la collection “l’Aventure Mystérieuse”, genre pas sérieux, frappadingue, à prendre en rigolant (et, comme c’est souvent le cas avec des trucs fumeux du genre, une mine pour un scénariste).
(Le problème de ces émissions, un peu comme celles qui nous parlaient de fin du monde courant 2011, c’est pas tellement qu’elles racontent des trucs apparemment farfelus, mais qu’elles sont très sérieuses mais paradoxalement pas du tout documentées. Ils soulèvent de vraies questions, mais proposent des réponses un peu ineptes. Les prendre au sérieux, faut pas, mais les regarder avec ironie, c’est l’occasion d’une chouette rigolade.)
Hé bien l’une de ces émissions nous parle de super-héros. Disponible sur Dailymotion (qualité pas terrible, mais à voir).
Dans le cas de cette émission, ils balancent tout le matos qu’il faut, ils parlent de la théorie des premiers astronautes (qui revient dans chacune des émissions), ils vont jusqu’à interviewer Von Däniken, mais paf, ils sont pas capables de causer des Eternals de Kirby. C’est quand même dommage, parce que là, c’était vraiment un champ de carottes qui leur était ouvert.
M’enfin.
Regardez, ça reste sympa.

Jim

Les hasards de mon carnet de commande de traductions m’ont amené récemment à croiser deux fois le chemin des Eternals de Kirby. Il n’en faut pas plus pour que, alors que la charge de boulot s’allège, je replonge dans mon fameux rayon ésotérique (que j’ai déménagé en février dernier à la faveur du passage d’un ami qui a profité de l’occasion pour repartir avec les cent vingt cartons de bouquins stockés chez moi depuis dix ans, autant dire que ça fait un peu de place pour ranger d’autres babioles). Et j’en ressors avec mon édition de Présence des extra-terrestres.

Je l’ai en édition Robert Laffont, dans la collection « Les énigmes de l’univers », mais je crois en fait que je ne l’ai jamais lu en entier.
Il s’agit du fameux ouvrage de l’écrivain Suisse allemand Erich von Däniken, Erinnerrungen an die Zukunft, paru en 1968. Le livre, qui constitue, selon l’expression consacrée, un véritable succès de librairie, a été traduit en Amérique sous le titre Chariots of the Gods (sous lequel il est sans doute plus connu, d’ailleurs) et, donc, en France sous celui de Présence des extra-terrestres. Chose amusante, les deux titres décident de s’éloigner de la version germanophone, qui pourrait se traduire par « souvenirs du futur », ou « mémoires du futur » (j’aurais presque envie de le traduire par « vestiges du futur », pour ma part), loupant ce qui m’apparaît comme une petite étincelle de poésie absurde.
Bref.
Et donc, je me replonge dedans.
Et franchement, c’est assez drôle. Et très sympa.
Mais l’argumentation et la construction des chapitres reposent sur des astuces littéraires assez grossières. Däniken recourt notamment souvent à l’indignation, face aux arguments des spécialistes (rappelons que lui-même n’est spécialiste de rien), sur le ton du « mais voyons, c’est absurde ! » La répétition du procédé est un peu lassante.
Néanmoins, la petite taille des chapitres permet un matraquage assez efficace et, surtout, l’auteur débute son raisonnement (à la hauteur du deuxième chapitre, je crois), par une astuce retorse : il postule que si nous atteignons un monde habité (on est en 1968 je le rappelle, alors que la course à la Lune occupe les médias du monde entier), nous risquons d’apparaître comme des dieux omnipotents aux yeux des indigènes. Ce qui lui permet dès lors d’inverser le propos et de proposer l’idée selon laquelle la situation inverse s’est déjà produite sur Terre, à la préhistoire par exemple.
Malgré ces pirouettes de foire, le bouquin est amusant parce qu’il donne le ton de ce qui deviendra une branche de l’ufologie fertile en idées frappadingues. Les exclamations d’indignation qui ponctuent son bouquin annoncent déjà des émissions comme Alien Theory (alias Ancient Aliens, à laquelle il participe d’ailleurs), des décennies plus tard.
À lire le bouquin, j’ai la paradoxale impression de ne pas l’avoir lu précédemment (ou pas en entier, c’est sûr) mais d’en connaître déjà le contenu. Sans doute parce que, bon, le sommaire est déjà vu et revu : les étranges géoglyphes de Nazca, la disparition de Sodome et Gomorre, tout ça tout ça. C’est assez marrant de relire tout ça avec mes années de lecture de comics en tête.
Une dimension me frappe néanmoins, à la lecture des différents chapitres (j’approche de la fin) : Däniken, quand il aborde ce que l’on appellerait aujourd’hui des expériences génétiques, sur les humains de l’époque (pas située, l’époque, hein : une sorte de vaste préhistoire où les hommes sont des « primitifs »), il insiste sur deux choses : l’hybridation entre les autochtones et les visiteurs, et surtout le caractère « beau » des progénitures que ça engendre. Il glisse l’idée que les visiteurs réagissent ensuite de deux manières différentes, soit en détruisant les preuves de ces mélanges illicites (Sodome et Gomorre, par exemple), soit en capturant les rejetons afin de les relâcher ailleurs en vue de développer une autre souche de l’humanité. En soi, c’est intéressant, mais l’insistance sur la « beauté » des hybrides, elle-même associée à une augmentation de l’intelligence chez cette nouvelle génération, conduit immanquablement à faire jaillir du texte une vision eugéniste. Däniken (en tout cas dans ma version traduite…) laisse entrevoir une sorte d’échelle, de classement, de jauge, associant les expériences des visiteurs à une entreprise d’amélioration de la race. Il ne manque pas de mettre ça en parallèle avec l’idée que « dieu a créé l’homme à son image », ce qui induit que les visiteurs incarnent une sorte de perfection (dans leur esprit en tout cas) vers laquelle ils tentent d’attirer leurs cobayes. Et fatalement, de la part d’un auteur germanophone né en 1935, donc exposé, tôt ou tard, à ce genre de littérature, ça teinte un peu la lecture.
Mais au-delà de ce point précis, la redécouverte du bouquin constitue un divertissement très agréable.

Jim

ça donne envie de refaire une soirée, plus longue que la fin d’après-midi. Vivement la fin de tout ce bordel covidien !

Tu es mon dieu !