DEVLIN WAUGH (John Smith, collectif / Sean Phillips, collectif)

Ne nous entraîne pas dedans malheureux !

Dans le genre, ça, c est tres bon aussi

Je traverse une « période anglaise », en ce moment.

Jim

Elle est assez méconnue aux États-Unis aussi, il me semble… Alors qu’ils parlent presque la même langue.

Tori.

Et au final, on connaît surtout les transfuges, et une partie de la tonalité insolente et décalée qu’ils ont insufflée à la BD américaine, notamment au travers du catalogue Vertigo.
Mais le marché anglais est un vivier de séries, de personnages et d’auteurs vraiment passionnants.

Jim

Voilà, on y arrive : toute une collection à faire.

J avais prévenu pourtant

Sans parler de ce qui paraît dans la presse, aussi… J’ai l’impression qu’ils ont (ou ont eu) pas mal de séries qui n’ont pas eu une revue dédiée, mais sont parues dans des journaux ou des magazines (qu’il s’agisse de revues de BD ou de magazines sur un thème particulier).

Tori.

Y a 15-16 ans, dans Londres, je voyais des recueils de séries de 2000AD … Je me suis félicité d’être nul en anglais.

Dur de faire vivre un.patrimoine dans ce cas là.

Peut-être que les anglais eux même ne connaissent pas bien leur bd.

Alors que moi, lors de mon premier séjour en Grande-Bretagne (il y a… Oh, purée, il y a trente-trois ans, déjà !), j’ai rapporté des BD et des jeux vidéo… Bon, les BD, c’était des Astérix, cela dit (mais en anglais, hein).

Bon, après, ça ne veut rien dire : c’est en Écosse que j’ai eu mon premier Dylan Dog (en italien).

Tori.

Alors bon, je ne connais pas bien, mais de ce que je comprends, je pense que c’est un marché qui fonctionne sur un système de prépublication (sans doute partiel) : les séries paraissent en feuilleton dans les magazines, et ont droit à des compilations ensuite. Mais je ne pense pas que ce soit aussi systématique qu’aux États-Unis. Je pense qu’il y a une sorte de système de plébiscite (peut-être par des sondages, ou par le courrier des lecteurs). C’est ce qui ressort de préfaces que j’ai lues ici et là.
Bien entendu, je parle ici du mainstream local. J’imagine qu’il y a une production d’albums directement chez les éditeurs de librairie.

Après, et là encore sans trop savoir, j’ai bien l’impression que le marché presse s’est considérablement réduit. J’identifie 2000 AD et Judge Dredd Megazine, mais je ne sais pas trop quels autres magazines les accompagnent en ce moment. Je ne sais pas trop si Battle continue, je ne crois. Mais il me semble que Commando existe encore.
Dans les années 1970 et 1980, il y avait plein de mags. Scream, Action, Starlord, Pink, Buster… Puis Crisis et d’autres. Quand un mag s’arrêtait, les séries principales immigraient dans le sommaire d’une autre revue plus pérenne. C’est ainsi que 2000 AD a absorbé Starlord à l’arrêt de celui-ci, au point que les deux titres figuraient en couverture, afin de bien prévenir les lecteurs. L’un des transfuges célèbres de Starlord, c’était Johnny Alpha, le héros de la série Strontium Dog.

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Je trouve que la reprise des droits des titres et séries IPC par Rebellion, il y a une vingtaine d’années je dirais, a constitué une bonne nouvelle pour tout ce patrimoine. Non seulement ce gros groupe s’intéresse aux adaptations multimedia, mais il fait vivre le patrimoine en rééditant des choses. Il me semble que les grosses collections « files » (les Case Files pour Judge Dredd, adaptées par Delirium, les Agency Files pour Strontium Dog…), c’est une initiative de Rebellion.
Mais là, c’est des trucs connus, des piliers. Mais Rebellion élargit le truc. Certains titres de Delirium, comme Misty, ont été rendus possibles par le travail d’archivage et de réédition anglais. J’ai vu que The Thirteen Floor, une vieille série d’Alan Grant pour Scream, a été rééditée, alors que c’est méconnu… et vieux. Y a d’autres exemples.
Et même en dehors du catalogue 2000 AD : Rebellion a élargi en rachetant les droits de séries issues de Buster. Marney the Fox, qui va être fait chez Komics Initiative, appartient d’ailleurs à une collection intitulée « Treasury of British Comics ». The Leopard from Lime Street aussi est réédité.
Même si je soupçonne qu’il y a eu des compilations bien avant, j’ai l’impression que le rachat par Rebellion a vraiment formalisé une exploration du patrimoine. Peut-être qu’en Angleterre, il y a un glissement comparable du kiosque vers la librairie, et qu’ils ont l’intelligence de le comprendre et de miser dessus.

Jim

Je ramène toujours un 2000AD quand je foule la terre anglosaxonne. Quelque soit l’île ou la partie de l’île.

Tous ces titres inconnus…

J’ai traduit le guide écrit par Gibbons (et Pilcher), et y a plein d’anecdotes de cette période. Ensuite, quelques recueils contiennent des préfaces ou des commentaires, et on recoupe des infos, à force. J’avais écrit aussi une préface pour le recueil de Commando chez Pierre de Taillac, et donc je m’étais un peu plongé dans le sujet. Et comme toi, j’avais cette réaction : tous ces titres, tous ces trucs à découvrir, un peu comme un gamin dans une confiserie…

Jim

C’est pour ça que j’ai mis « (ou ont eu) »…

J’ai le vague souvenir d’avoir lu de la BD dans le Sun, aussi, mais c’était peut-être de la prépub.

Tori.

Ou de la post-pub, comme on trouve souvent désormais : des séries Dupuis ou Bamboo, qui sont déjà sorties en album, reparaissent dans des quotidiens ou des hebdomadaires régionaux. Par chez moi, La Manche Libre fait paraître un gag de Boule & Bill ou Gaston chaque semaine. Je crois que Ouest-France post-publie des séries à gags l’été (mais peut-être pas toute l’année).

Jim

Ah, possible aussi, oui.

Tori.

Voilà, même réaction. Mais bon, c’était en anglais

…qui stress en regardant son porte monnaie vide .

Y a un côté « rempli » dans ces cases. Massif.

Plein les mirettes

J’ai souvent connu des périodes désargentées. Et souvent cette sensation assez triste de devoir repartir en laissant tout ça derrière moi. Aujourd’hui, ça va mieux, mais je rencontre un autre problème : pas assez de place. La période actuelle, qui réduit les déplacements, est l’occasion de lire des tas de choses que j’ai seulement survolées avant de les ranger… et de me dire que, somme toute, ça pourrait repartir chez quelqu’un d’autre sans me priver !
:wink:
Mais ça me fait découvrir aussi des trucs dont j’aimerais les autres tomes ! Ah, quel supplice !
:wink:

Ma lecture de vieux épisodes de Strontium Dog ou Rogue Trooper, ou de sagas moins vieilles de Judge Dredd, m’a donné la sensation que les auteurs tentaient de tirer un max de profit de la place qui leur était alloué. Quand tu racontes par tranche de cinq à huit pages, forcément, tu tasses, tu densifies, tu accélères, tu ellipses. C’est une sacrée école.

Jim

Oui ca doit jouer, c est sur.