FREDRIC, WILLIAM ET L'AMAZONE (Jean-Marc Lainé / Thierry Olivier)

Genre, ça :

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C’est pas l’image que Thierry a utilisée (quoique : je sais qu’il rassemble une doc complémentaire à celle que je lui envoie, donc si ça se trouve, c’est celle-ci), mais c’est le genre de modèle utilisés à l’époque. D’après ce que je sais, c’est une Ford 1933.
Après, te dire si c’était ça que la police de Brooklyn utilisait à l’époque, je ne saurai l’affirmer avec certitude, mais je me dis que les probabilités sont plutôt grandes que ce soit le cas.

Jim

Ah, voilà de la précision !

Thierry est un furieux : je lui écris une scène où Tartempion appelle Trucmuche au téléphone, il va passer une heure sur le net à chercher une référence précise du téléphone correspondant à la date à laquelle la scène se déroule.

Jim

Voilà, les joies d’internet. C’est pratique, mais on peut vite s’enfermer dans ce genre de précision.

Mais bon, je comprends. Il y a bien une grosse vingtaine d’années, mon oncle m’avait raconté qu’il avait écrit à l’éditeur (Dargaud) qu’il y a une grossière erreur sur une bagnole dans un Harry Dickson. Il ne trouvait pas ça normal, dans une BD avec cette qualité de dessin.

Héhéhéhé
Ouais, il faut savoir trouver un bon équilibre entre la documentation précise et la « licence poétique ». C’est pas toujours facile.
Dans l’histoire, on a des machines à écrire, par exemple. C’est complexe, ces bestioles, donc Thierry a, à chaque occurrence, mis du temps à trouver le bon modèle et le bon cadrage. Parfois, même, on a changé un peu l’image ici et là, parce que la doc ne s’y prêtait pas. Parfois, on a fait l’inverse, on a masqué l’objet parce qu’on n’avait pas trouvé la bonne doc, ou qu’on avait un doute.
C’est comme la tronche des immeubles qui existent encore de nos jours. On sait qu’ils étaient là à l’époque qu’on décrit, mais fatalement, faut tout recréer parce que les images d’époque sont bien moins précises que celles d’aujourd’hui. Donc là, fatalement, on réinvente.
Rajoutons à cela le fait qu’on n’est pas à l’abri d’une erreur.

Jim

De toute façon, il y aura toujours quelqu’un pour dire « Ah, mais non, à l’époque, le dimanche, le tramway ne passait pas à 12h33, mais à 12h42 à cet arrêt… Et sur le rebord de la fenêtre de l’immeuble au troisième plan, vous avez dessiné quinze briques alors qu’il y en avait seize »…
Il ne faut pas que la recherche du moindre détail se fasse au détriment de l’histoire.

Tori.

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C’est un équilibre qui rend un peu marteau, parfois, au détour d’une séquence.

Heureusement, on a une équipe de relecteurs qui nous a pointé du doigt quelques âneries de notre cru (et qui a failli rajouter des bêtises, mais justement, le fait de discuter avec des gens qui n’ont pas le nez dans le guidon favorisent ce genre d’échanges fructueux : mieux vaut poser une question idiote et soulever un lièvre, que ne pas poser de questions du tout).

Jim

Alors ça, c’est que je dis à tous les nouveaux chez moi. C’est nécessaire dans notre métier. Bon, j’en ai une qui l’a un peu trop pris à la lettre …

Dans beaucoup de métiers… L’essentiel étant de ne pas poser toujours les mêmes questions idiotes…

Tori.

L’autre chose intéressante dans un projet comme celui-ci, c’est qu’il y a une grande réflexion sur les pages de maquette, hors BD. Par exemple, on a des bonus. Qu’est-ce qu’on met dedans ? En termes de texte ? En termes d’image ? Où placer les bios ? Et la biblio ? Si bien qu’on doit en être à la quatrième version, avec des choses qui bougent tout le temps, sur la v1, la v2, la v3, qui sont supprimées puis remises. Autre exemple, le chapitrage. Comment présenter cela ? Là, on vient d’inverser le système de présentation (le titre avant l’illu, alors qu’on était partis sur l’opposé au début). C’est la même chose sur la quatrième de couverture, qui est passé par plusieurs idées et compositions. C’est passionnant, cette phase-là. Un peu étourdissant aussi, en ce sens que les auteurs se rendent compte que c’est là que le bouquin cesse petit à petit de leur appartenir, pour devenir autre chose, pour prendre réellement forme.
N’ayant pas toujours d’idées arrêtées sur ces questions, je crois que je suis plutôt conciliant (je suis plus psycho-rigide sur les textes, fatalement, je crois que c’est lié à mon activité). Je propose, parfois avec insistance (lourdeur, diraient certains), mais au final, ce qui m’intéresse, c’est ce que l’on peut faire pour améliorer le bouquin.

Jim

Dans mon métier, tu peux. Et même plusieurs fois par jour !

Par là, je voulais dire « poser une question dont on t’a déjà donné la réponse plusieurs fois ».
Je suppose qu’en ce qui te concerne, une donnée a changé, même si la question reste la même.

Tori.

Oui : l’entreprise et/ou le service à qui on a pu poser la question.

Très chouette projet duquel j’étais passé à côté. Le sujet me parle bien et j’ai hâte de lire ça.

@Jim_Laine, si Edmond ne fait rien, je te proposerai bien un petit entretien sur SP au moment de la sortie, si le cœur t’en dit…

Je n’ai pas assez de temps pour relancer régulièrement le truc, mais je suis bien content que tu te sois arrêté ici.

Banco pour moi.
Pas tout de suite, hein : on est en plein bouclage de l’album, je suis en retard pour une trad chez Eyrolles, et j’ai aussi un bouclage de magazine chez Urban (heureusement, le bonus chez Hachette est rédigé, lui…).
Mais ouais, bien sûr : on en reparle en décembre, pour faire un truc en janvier, si tu veux.

Merci.

:wink:

Jim

Pas de soucis. On fait ça alors.

Le Batman Bimestriel 4 ?

Voui, qui partira au print lundi.
Vilain curieux.

Jim

Il veut seulement s’assurer que ce magazine soit prévu…

Tori.

Qu’il se rassure, je bosse sur le #5, le sommaire du #6 est fixé, et j’ai les dates de sortie au moins des deux suivants.
Ah, le lecteur, cette petite créature farouche qu’un rien effraie…

Jim

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