GAMERA CONTRE BARUGON (Shigeo Tanaka)

Fantastique
Long métrage japonais
Réalisé par Shigeo Tanaka
Scénarisé par Niisan Takahashi
Avec Kojiro Hongo, Kyoko Enami, Yūzō Hayakawa…
Titre original : Daikaijū Kettō Gamera tai Barugon
Année de production : 1966

Le studio Daiei a connu le succès en 1965 avec son premier film de monstres géants, Gamera. Il n’a donc pas fallu attendre longtemps pour que son président décide de faire revenir la tortue volante cracheuse de feu pour une nouvelle aventure…et on parle d’un temps où les productions pouvaient être très rapides. Gamera est en effet sorti au Japon fin novembre 1965, l’écriture de la suite a eu lieu en décembre en parallèle de la préproduction (constructions des maquettes, des costumes…). Le tournage a débuté fin janvier 1966 pour se terminer le 5 avril et la post-production a certainement commencé avant la fin des prises de vues car Gamera contre Barugon fut fin prêt pour être projeté dans les salles japonaises dès le 17 avril 1966.

Gamera contre Barugon a obtenu un budget un peu plus important, ce qui a permis notamment de passer à la couleur. Si le scénariste reste le même, Niisan Takahashi (en poste pendant toute l’ère Showa), ce deuxième volet est le seul qui n’a pas été réalisé par Noriaki Yuasa. La Daiei a préféré confier les commandes au plus expérimenté Shigeo Tanaka (Kenshin, La Grande Muraille…) qui avait plus de 30 ans de carrière derrière lui. Noriaki Yuasa ne s’est pas éloigné de son kaiju puisqu’il a supervisé les prises de vue des effets spéciaux.

Gamera contre Barugon se distingue du précédent par le fait qu’il n’y a pas de regard d’enfant sur les apparitions des créatures. Ce changement de ton a été voulu par le producteur Masaichi Nagata qui désirait cette fois une ambiance plus sérieuse, commandant aux auteurs un spectacle plus généreux et extravagant. Les premières minutes ne perdent pas de temps pour expliquer le retour sur Terre de Gamera, prisonnier d’une fusée et projeté dans l’espace, grâce à une météorite qui détourne sa trajectoire. Sous sa forme volante, Gamera provoque une catastrophe…avant de disparaître pendant tout le premier acte.

Le scénario suit ensuite un petit groupe bien décidé à retrouver une énorme pierre précieuse découverte puis cachée par un soldat sur une île pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Les personnalités de ces trois aventuriers sont différentes et ils vont finir par se déchirer à cause de l’appât du gain. Cette partie est assez sombre et plutôt bien ficelée…mais il se dit qu’elle n’avait pas été appréciée par les jeunes spectateurs à l’époque, ennuyés par ces histoires d’adultes et qui ne retrouvaient leur concentration que quand les monstres emplissaient l’écran.

On apprend alors que la grosse opale était en fait un oeuf et sous l’effet d’une lampe à infrarouges, celui-ci éclot, laissant sortir un lézard qui grandit à une vitesse incontrôlable. Si Gamera crache du feu, Barugon peut quant à lui congeler ses adversaires et son arête dorsale génère un arc-en-ciel destructeur. Capacités venant des origines mythologiques de ce kaiju et des premières versions du projet, dans lesquelles Gamera devait combattre des monstres de glace. Les bébêtes peuvent alors se déchaîner et s’en donner à coeur joie en écrasant de nombreuses maquettes dans la grande tradition du genre pour un big fight en deux rounds.

Gamera reste tout de même en retrait puisque Barugon a plus de temps d’écran, les personnages principaux et l’armée enchaînant les plans (c’est presque un running gag) pour en venir à bout. Si certaines péripéties sont tirées par les cheveux (ah, l’attaque finale du traître), le rythme est meilleur que dans le premier long métrage et le spectacle moins décousu. Mais les résultats au box-office ne furent pas à la hauteur de ceux de Gamera, le Monstre Géant. Ce qui n’a pas empêché la Daiei de commander un troisième Gamera pour l’année suivante, avec Noriaki Yuasa de retour à la réalisation, et de revenir à un récit et une atmosphère plus à même d’intéresser un public plus jeune.

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Ce qui est amusant, c’est effectivement le ton différent, plus sombre, et qui entre, avec la couleur, dans un univers plus “pulp”, avec voyage, forêt équatoriale, tribues et quête d’un trésor en milieu dangereux. Le film utilise la couleur de manière totalement décomplexée avec l’attaque “arc en ciel” de Barugon qui se paie un temps de présence beaucoup plus important que Gamera, souvent absent du film!

Comme je l’imaginais, et que tu me confirmes, le public n’ayant pas été conquis, le troisième opus se dirigera vers une ambiance beaucoup plus familiale, et bien moins savoureuse!!

Et le sang des monstres aussi (plus Barugon que Gamera quand même)…

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Bizarrement en Allemagne, le retitrage local mentionne le nom de Godzilla.


Thom.artz :

Ah, ça, c’est une couv’ de magazine de prépub. (Le Shōnen King du 1er mai 1966).

Tori.

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