Fantastique
Long métrage japonais
Réalisé par Noriaki Yuasa
Scénarisé par Niisan Takahashi
Avec Eiji Funakoshi, Michiko Sugata, Harumi Kiritachi, Junichiro Yamashita…
Titre original : Daikaijū Gamera
Année de production : 1965
Fondé en 1942 suite à la fusion de trois studios existants (une réorganisation de l’industrie du cinéma japonaise ordonnée par les autorités militaires), la Daiei était dans un premier temps principalement connue pour ses sujets sérieux, drames sociaux et films historiques. C’est chez Daiei que sont sortis des longs métrages comme Rashômon, Le Duel Silencieux (deux réalisations d’Akira Kurosawa) et Feux dans la plaine de Kon Ishikawa. La crise connue par le cinéma japonais au début des années 60, notamment provoquée par la place de plus en plus importante de la télévision, a décidé la Daiei à développer des franchises dites plus commerciales, telles les aventures tournées à la chaîne des sabreurs Zatoichi et Nemuri Kyoshiro.
Le succès de King Kong contre Godzilla en 1962 a également poussé la Daiei à se mettre aux films de monstres, même si la société n’avait pas encore les structures nécessaires pour les effets spéciaux requis pour les kaiju eiga. Pendant deux ans, le projet est passé par plusieurs stades…une pieuvre géante, des hordes de rats qui déferlent sur Tokyo…avant de s’arrêter sur une tortue géante, une idée du président du studio (mais sur ce point les témoignages divergent).
C’est bien évidemment la menace nucléaire qui fait apparaître Gamera, bien que la bombe ne soit pas à l’origine d’une mutation d’une simple tortue. Dans l’Arctique, une exploration scientifique et des inuits assistent au chassé-croisé entre plusieurs avions. L’un d’entre eux s’écrase et l’engin nucléaire qu’il contenait explose, provoquant le réveil d’une créature prise dans les glaces depuis des siècles, une tortue géante cracheuse de feu ! Les Inuits l’appellent Gamera, monstre dont l’existence remonte à l’Atlantide…
Gamera commence alors son périple destructeur à travers le monde, révélant même qu’elle peut voler, sa carapace servant de soucoupe volante (dans ces scènes, la tortue est remplacée par une animation rudimentaire, à l’instar de Superman dans les serials des années 40). Gamera n’hésite pas à écraser tout ce qui se trouve sur son chemin et même à cramer des humains…et pourtant elle sauve un enfant qui allait tomber du haut d’un phare. Un comportement qui n’a aucune explication à part le fait que les auteurs voulaient que les spectateurs plus jeunes éprouvent de l’empathie envers Gamera, rapidement confirmé comme un allié des enfants (un chemin également pris par le Godzilla de la Toho).
Cette décision fait que le scénario ne sait pas toujours sur quel pied danser…et le gamin finit par être assez ennuyeux. Dernier kaiju eiga tourné en N&B (question de budget…le succès aidant, les suivants seront en couleurs), Gamera Le Monstre Géant souffre d’un rythme et d’un déroulé aussi décousu que le travail de caractérisation des différents protagonistes…mais le réalisateur Noriaki Yuasa (qui a obtenu le boulot parce que personne d’autre n’en voulait), a concocté des scènes de destructions généreuses, avec de beaux plans servis par ce genre de trucages riches en maquettes qui ont su garder pour moi un charme suranné.
Comme pour Godzilla, la filmographie de Gamera est répartie entre plusieurs ères. Pour l’ère Showa, il y a eu huit films, presque tous réalisés par Noriaki Yuasa, entre 1965 et 1980 (avec un hiatus de neuf ans entre les deux derniers). L’Ere Heisei a été l’occasion d’une trilogie sortie entre 1995 et 1999. Et l’Ere Millenium n’a connu qu’une entrée, Gamera the Brave en 2006.














