Il faut aussi replacer cela dans un contexte qui etait aussi une suite de relances du titre qui echouaient les unes apres les autres. Là Johns trouvait un equilibre qui fonctionnait.
C est une periode que je trouve intéressante pour la nouveauté editoriale et narrative qui consiste à faire de l univers une histoire et des series des espaces différents à partir desquels porter un regard sur l histoire.
Comme chez marvel à la même epoque cela inverse le rapport espace/temps de l univers partagé en vigueur depuis que la continuité marvel avait été inventée avec le spider man de dikto
The Other et Back in Black ont un contexte particulier. Ces contextes venaient trancher un temps avec Peter, éternel blagueur ( parce que les tristes font les clowns ) poussé soudain à bout.
Au niveau de noirceur tordues , le ratio de JMS est loin derrière celui de Mark Millar qui n’est resté que sur 12 numéros ( 16 si on compte sa mini-série sur les vertes années de Ben Parker ).
Peter n’a jamais réglé son deuil et il le cache derrière son masque et ses blagues. C’est aussi un gamin - et un adulte - avec beaucoup de défauts qu’il compense autant qu’il peut car il sait ce que cela coûte de les laisser s’exprimer. Mais ça en fait un peu un frustré. De temps en temps, qu’il dérape ne me semble pas déconnant.
En faire un héros qui sort surtout la nuit et casse des mâchoires au lieu de se servir de sa toile me semblerait aller à l’encontre du personnage si cela devait devenir un statu quo. Le premier épisode de JMS le voyait passer ses nerfs sur un immeuble qui allait être démoli par la ville , pas sur des vilains ou des voyous.
Dans le registre de la chauve-souris, si Batounet n’a jamais rechigné à sortir les poings , les auteurs rechignent depuis , à la louche , 15 ans minimum à montrer la compassion dont il peut faire preuve : ce croque-mitaine incarné était celui qui jouait aux échecs chaque soir avec Harvey Dent via sa fenêtre de cellule ( vocalement, en lui disant où placer la pièce ) , appelait Croc par son prénom sans le ramener à son aspect monstrueux , aidait Batgirl à assouvir ses pulsions, etc…
On ne voit cet aspect de lui que face aux enfants de nos jours. Hors , il veut sauver tout le monde, même les freaks gothamites au départ.
Je suis un énorme fan de la chauve-souris quoiqu’il arrive. Mais de là à fermer les yeux sur les travers dont on l’a affublé avec le temps pour le rendre plus dark et moins complexe au final (alors qu’on vend le perso en partie là-dessus ) , ça m’énerve. Idolâtrer de mauvaise foi le Bat God que beaucoup veulent voir en lui , très peu pour moi. J’aime bien voir ses coups tordus au cas où un héros péterait un boulon mais la tendance a été de tous leur faire péter une durite, tant pour montrer que " Hey, ils savent être dark." et mettre en avant l’imagination des scénaristes pour de tels scénarios (leur égo parfois mal placé fait beaucoup plus de mal à nos héros que les vilains ).
Je crois que c’est pour ça que j’ai pardonné les longueurs de Tom King sur son run : il l’a souvent humanisé dans cet aspect oublié - l’arc Tout le monde aime Ivy le montrait tenter de sauver le monde ET Pamela ( et sa relation avec Harley ). S’il y a une chance de rédemption pour quelqu’un, Batman va la saisir. Ils sont rares ceux pour qui il ne tentera rien d’autre que les enfermer à Arkham. Mais ça, c’était avant…
C’est du Bruce Timm tout craché : Dick et Bruce se sont brouillés parce que Barbara a eu une liaison avec Bruce dans l’univers de TAS d’ailleurs. C’est explicite dans Batman Beyond et des indices sont disséminés dans Le Retour du Joker ( les flashbacks ) et le film vidéo Le mystère de Batwoman.
Dans les comics TAS , elle tombe enceinte de Bruce mais perd le bébé suite à une bagarre qui tourne très mal. Timm ramène une de ses marottes dans le film Killing Joke, tout simplement.
D’où la controverse que cela a généré, tandis que la scène entre Nightwing (ligoté sur un plumard) & Harley Quinn (en sous-vêtements) ne semble pas avoir produit autant de réactions du public.