KING DINOSAUR (Bert I. Gordon)

REALISATEUR

Bert I. Gordon

SCENARISTE

Tom Gries, d’après une histoire de Bert I. Gordon et Al Zimbalist

DISTRIBUTION

William Bryant, Wanda Curtis, Douglas Henderson, Patti Gallagher et la voix de Marvin Miller.

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures/science-fiction
Année de production : 1955

Du Fantastique Homme-Colosse à L’Empire des Fourmis Géantes en passant par Soudain les Monstres ou encore Earth vs the Spider, le réalisateur, scénariste et producteur Bert I. Gordon s’est surtout fait connaître auprès des amateurs de B Movies pour son utilisation récurrente du thème de la menace atomique et sa représentation à l’écran de monstres géants. Le légendaire Forrest J. Ackerman, immense fan du genre, l’avait d’ailleurs affectueusement surnommé “Mister B.I.G.”.
Les productions de Bert I. Gordon étaient dotés d’un budget le plus souvent très modeste, ce qui explique la préférence donnée aux techniques d’effets spéciaux telles que la rétro-projection, la surimpression et des constructions pratiques sur le tournage pour donner une allure gigantesque aux lézards, araignées, insectes et rats qui peuplent ses films. Bref, pas (ou peu parce que je n’ai pas tout vu) d’animations en stop-motion popularisées par ces grands artistes qu’étaient Willis O’Brien et Ray Harryhausen.

Aussi bourrées de défauts soient-elles, certaines oeuvres de Mister B.I.G. se regardent encore agréablement de nos jours (L’Epée enchantée, un de ses meilleurs films, garde un petit charme suranné malgré un dragon pas très réussi). Ce qui n’est pas vraiment le cas de son tout premier film, King Dinosaur.

Ecrit par un Tom Gries débutant (le bonhomme réalisera pas mal de bonnes choses pour la TV avant de livrer des westerns solides comme Le solitaire de Fort Humboldt avec Charles Bronson), King Dinosaur est un bel exemple de S.F. fifties naïve et totalement décousue.
Un jour, comme par magie, une nouvelle planète apparaît dans le système solaire. Sa proximité de la Terre rend possible une exploration et quatre scientifiques (deux hommes et deux femmes) y sont donc envoyés afin de découvrir ses secrets…

Dès son premier film, Bert I. Gordon devait faire avec les moyens du bord. Le premier quart d’heure de King Dinosaur (apparation de la planète qui sera baptisée Nova, construction d’une fusée spatiale, recrutement de l’équipe) est ainsi raconté façon reportage, en voix-off avec un montage d’images d’archives raccordées entre elles sans souci de cohérence. Puis, les savants débarquent sur Nova et s’extasient devant un décor forestier qui n’a pas grand chose d’extra-terrestre. L’atmosphère est terrestre, la faune et la flore sont terrestres (oh, les jolis stock-shots) et la joyeuse troupe (deux mecs machos et deux nanas qu’ils ne jugent même pas capable de monter la garde…après tout, on est dans les années 50) ira même jusqu’à adopter une mignonne petite bébête poilue.

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Daktari ?

Cette phase d’exploration se déroule de manière soporifique jusqu’à ce que le blondinet tombe nez à nez avec un croco et manque d’y passer avec les cris perçants de sa dulcinée en fond sonore.

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Help, I need somebody…

C’est là que le scénario vire encore plus dans le n’importe quoi puisque déboule alors sans explication une abeille géante sommairement intégrée à la pellicule.

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Pour les insectes qui font Bzzzz, il y a Baygon Jaune…

Après une quarantaine de minutes ennuyeuses, les explorateurs décident alors de visiter une île mystérieuse (il ne reste que 15 mn après tout, faut se presser) et c’est là qu’ils tombent enfin sur le “Roi Dinosaure” qui donne son titre au film…en fait, un pauvre iguane maquillé à la va-vite et plus ridicule qu’autre chose lorsqu’il surgit d’un rocher en criant “Boo” !

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Boo !

Puisqu’il a eu son diplôme dans une pochette-surprise, le valeureux héros sait qu’il a affaire à un Tyrannosaure qui s’en va alors fighter un crocodile et un autre lézard qui avait le malheur de passer par là. C’est là que débarque n’importe comment (à ce point là, on s’en fout des faux raccords) tout un tas de bestioles, dont un mammouth géant (en fait des images empruntées au film d’aventures préhistoriques de 1940 Tumak, Fils de la Jungle) et…un tatou géant ???

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Heuuu…

Les pseudo-savants décident alors de régler le problème en faisant exploser une bombe atomique (quand vous visitez une autre planète, ne sortez pas sans votre bombe A) et en envoyant l’île par le fond. Cette pauvre entreprise se termine par un effarant “nous avons amené la civilisation sur Nova” proféré avec un tel sérieux qu’il est alors un chouïa difficile de prendre l’oeuvrette au second degré comme elle devrait l’être, ce second (ou 36ème) degré qui sauve tant de “films si mauvais qu’ils en deviennent savoureux”.
King Dinosaur est juste laborieux…mais l’affiche est jolie…mensongère (mais c’est qui cette cinquième silhouette, il n’y a que 4 acteurs ?) mais jolie.