LA CITÉ DES MORTS (John Llewelyn Moxey)

REALISATEUR

John Llewelyn Moxey

SCENARISTES

George Baxt et Milton Subotsky

DISTRIBUTION

Dennis Lotis, Patricia Jessel, Christopher Lee, Betta St John, Venetia Stevenson…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : City of the Dead
Année de production : 1960

En 1692, les habitants de Whitewood, une petite ville du Massachusetts, condamnent la sorcière Elizabeth Selwyn au bûcher. Avant de mourir, Selwyn et son complice Jethrow Keane, qui observe la scène dans l’assistance, passent un pacte avec Lucifer et lancent une malédiction sur Whitewood. Des siècles plus tard, la scène est racontée avec ferveur par le professeur Alan Driscoll (incarné par Christopher Lee) à ses étudiants. Certains sont sceptiques, mais pas la jeune Nan Barlow qui souhaite en savoir plus pour son mémoire de fin d’année. Driscoll lui conseille alors de passer une semaine à Whitewood, dont il est originaire…

Contre les avis de son frère et de son petit ami, Nan se dirige vers Whitewood, localité qui semble prisonnière de son passé. La Cité des Morts est une production à tout petit budget…à peine 45.000 £…mais si le décor principal a bien l’air d’être ce qu’il est, c’est-à-dire quelques bâtisses construites en studio, c’est la façon dont il est filmé qui lui donne toute sa puissance visuelle.

Téléaste prolifique qui signait là son premier long métrage, John Llewelyn Moxey a pu compter sur le talent du chef-opérateur Desmond Dickinson (à l’oeuvre sur le Hamlet de Laurence Olivier par exemple) pour concocter un environnement inquiétant peuplé de silhouettes déambulant dans un brouillard qui est presque un personnage à part entière. La photographie en N&B est superbe, avec des contrastes judicieux évoquant notamment la collaboration Val Lewton/Jacques Tourneur dans les années 40.

Prévu à l’origine pour un projet télévisuel avant d’être retravaillé par l’américain Milton Subotsky (qui co-fondera ensuite la firme Amicus), le scénario entretient bien le mystère dans les premières minutes avant de surprendre par un rebondissement qui n’est pas sans rappeler celui du Psychose d’Alfred Hitchcock sorti la même année. La deuxième moitié fait intervenir d’autres personnages (en donnant plus de place à Christopher Lee) et se répète un peu structurellement parlant même si le suspense est prenant.

Il y a bien quelques maladresses dans La Cité des Morts (comme lors du final) mais dans l’ensemble cette série B sait les faire oublier grâce à son interprétation solide, son atmosphère irréelle et son impeccable travail sur l’image. John Llewelyn Moxey a tiré le meilleur des faibles moyens alloués et Milton Subotsky a su ensuite confirmer dans le genre avec les productions Amicus.

À noter que La Cité des Morts est tombé dans le domaine public, notamment aux U.S.A. ce qui explique que Iron Maiden a pu utiliser les images du film pour illustrer le clip de Bring your daughter to the slaughter.

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