LA FEMME QUI RÉTRÉCIT (Joel Schumacher)

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REALISATEUR

Joel Schumacher

SCENARISTE

Jane Wagner

DISTRIBUTION

Lily Tomlin, Charles Grodin, Ned Beatty, John Glover, Henry Gibson…

INFOS

Long métrage américain/italien
Genre : comédie fantastique
Titre original : The Incredible Shrinking Woman
Année de production : 1981

Le tournage de The Incredible Shrinking Woman, déclinaison humoristique et féminine de L’Homme qui rétrécit (le roman de Richard Matheson porté à l’écran en 1957 par Jack Arnold), a débuté en février 1979 sous la direction de John Landis. Un choix qui était judicieux tant l’amour de la série B des années 50/60 a toujours animé le bonhomme. Mais après quelques jours, la Universal a décidé de réduire les coûts (de 30 millions, le budget est passé à 10 millions), une décision qui a entraîné des réécritures et le départ de Landis qui a préféré claquer la porte pour aller tourner Les Blues Brothers (sage décision).

La production de La Femme qui rétrécit a donc repris quelques mois plus tard, avec un nouveau metteur en scène aux commandes, un débutant nommé Joel Schumacher. Avant de signer des adaptations de romans de John Grisham et de prendre la suite de Tim Burton sur la saga Batman dans les années 90, Joel Schumacher faisait là ses débuts sur grand écran (il n’avait alors à son actif que deux téléfilms).

Dans les années 50, les radiations d’un mystérieux nuage étaient à l’origine de la mésaventure du héros de L’Homme qui rétrécit. Une vingtaine d’années plus tard, la menace est d’une autre nature. Pat Kramer (l’humoriste et comédienne Lily Tomlin) est une femme de ménage débordée qui vit dans une banlieue résidentielle où chaque habitant a l’air de sortir d’une publicité. Son mari est d’ailleurs publicitaire et il ramène régulièrement à la maison les articles qu’il doit tester. Après avoir été exposée à un parfum expérimental et à divers produits chimiques, Pat se met à rétrécir de plus en plus rapidement…

L’idée n’est pas mauvaise et un tel sujet se prêtait bien à une critique du consumérisme. Le cocon dans lequel vit la famille Kramer ressemble à une pub de mauvais goût, avec une esthétique et des couleurs qui font saigner les yeux. Mais l’ensemble ne vole pas très haut et surtout La Femme qui rétrécit n’est pas très drôle, ce qui est toujours un comble pour une comédie. Il m’est arrivé de sourire (quand le gorille apparaît par exemple…oui, il y a un gorille joué par le grand Rick Baker dans un passage cartoonesque), mais le film est aussi exaspérant (l’interprétation frise parfois l’hystérie) et souvent navrant.

De bons acteurs (Lily Tomlin, Charles Grodin, Ned Beatty…) se perdent dans cette production assez laide (la photographie est immonde…tellement cotonneuse qu’elle donne l’impression d’avoir été réglée par David Hamilton) qui bénéficie tout de même de trucages plutôt convaincants, aussi bien au niveau des surimpressions que de la qualité des décors agrandis dans lesquels évolue la minuscule héroïne. Mais c’est bien peu…

Un nouveau remake de L’Homme qui rétrécit est régulièrement annoncé depuis le début des années 2000, mais ce projet, qui est passé par différentes phases, semble pour le moment évoluer dans les limbes de l’enfer du développement…