LA FIANCÉE DU MONSTRE (Ed Wood)

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REALISATEUR

Edward D. Wood Jr

SCENARISTES

Edward D. Wood Jr et Alex Gordon

DISTRIBUTION

Bela Lugosi, Tor Johnson, Tony McCoy, Loretta King…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Titre original : Bride of the Monster
Année de production : 1955

Au début des années 50, Ed Wood tentait sans succès de se faire un nom à Hollywood. Il accumulait les échecs : pilotes de série TV non retenus par les chaînes, pièce de théâtre massacrée par la critique et projets cinéma rejetés par les producteurs. C’est à cette période qu’un ami lui présente Bela Lugosi, une de ses idoles de jeunesse, star du cinéma d’horreur des années 30/40 à la carrière et à la santé déclinante. Les deux hommes se lient d’amitié et Ed Wood parvient à convaincre Bela Lugosi de faire une apparition dans son premier long métrage, Glen or Glenda (Louis ou Louise en V.F.).

La relation entre Ed Wood et Bela Lugosi a fait l’objet de nombreuses discussions. Pour le fils de l’acteur hongrois, Wood n’a fait que profiter du nom de son père à une époque où celui-ci ne pouvait se permettre de refuser des rôles. Mais selon de nombreux documents et interviews, les deux hommes étaient vraiment amis et Wood a aidé l’immortel interprète de Dracula dans les derniers jours difficiles de sa vie (Lugosi était devenu dépendant à la morphine pour lutter contre la douleur). Après, j’avoue que je n’ai jamais vraiment apprécié l’exploitation des dernières images tournées par un Bela Lugosi fatigué dans le « classique » du nanar Plan 9 from Outer Space, réalisé après le décès de l’acteur.

Le tournage de La Fiancée du Monstre a débuté après celui de Glen or Glenda en 1953, mais les divers soucis (principalement d’ordre budgétaire) ont fait que la production s’est étalée sur plusieurs mois. Pour compléter son financement, Wood a du faire des compromis : accepter de donner le rôle du héros au fils de son producteur (un gars sans expérience d’acteur qui réussit à se distinguer par sa prestation léthargique au sein d’une distribution sans talent) et de changer son actrice principale, provoquant la colère de sa petite amie Dolores Fuller (tout ceci a été reconstitué par Tim Burton dans son excellent Ed Wood).

L’intrigue de La Fiancée du Monstre est classique et même plutôt banale : le docteur Vornoff, un savant fou russe, veut conquérir le monde en tentant de créer une nouvelle race de surhommes grâce à l’énergie atomique. Mais comme il s’agit d’un film d’Ed Wood, les éléments bizarres ne manquent pas…les erreurs de montage et les stock-shots aussi, comme d’habitude…

Moins catastrophique que Plan 9 from Outer Space (mais tout est relatif), La Fiancée du Monstre est juste terriblement ennuyeux (les 68 minutes s’étirent lentement)…mais on y trouve un esclave muet (le lutteur Tor Johnson) qui adore caresser de l’angora (comme le fétichiste Ed Wood), un laboratoire aux murs qui menacent de s’effondrer à chaque instant, un chef de police avec un perroquet sur l’épaule, une explosion atomique sortie de nulle part et surtout la fameuse pieuvre inerte en caoutchouc. Volée (ou empruntée selon les témoignages) à un autre studio, la créature n’avait pas de moteur et les acteurs étaient obligés de faire bouger eux-mêmes les tentacules dans des scènes d’« attaques » savoureusement nanardesques.

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