LA NUIT DE LA GRANDE CHALEUR (Terence Fisher)

REALISATEUR

Terence Fisher

SCENARISTES

Ronald Liles, Pip & Jane Baker, d’après un roman de John Lymington

DISTRIBUTION

Christopher Lee, Patrick Allen, Jane Merrow, Sarah Lawson, Peter Cushing…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur/science-fiction
Titre original : Night of the Big Heat
Année de production : 1967

Sur l’île de Fara, au large de l’Angleterre, un petit village est en proie à une vague de chaleur inexpliquée pour cette période de l’année. Car au même moment, le reste du pays est sous la neige. La température monte de plus en plus et les esprits s’échauffent dans le petit hôtel tenu par l’écrivain Jeff Callum (incarné par Patrick Allen, vu notamment dans Le Fascinant Capitaine Clegg). Seul Hanson, un scientifique solitaire, semble en savoir plus que les autres sur cet étrange bouleversement climatique. Christopher Lee livre une solide interprétation avec ce personnage froid, presque robotique dans son comportement, qui se tient d’abord en retrait pour entretenir le mystère.

Après une série de morts étranges, Jeff Callum n’y tient plus et presse Hanson de questions. Celui-ci lui révèle qu’il a découvert que l’île de Fara est devenue la base d’observation d’extraterrestres qui se préparent à envahir la Terre…et ces créatures ont besoin d’une chaleur intense pour survivre. Hanson est là pour réunir des preuves car ses collègues le prennent pour un fou…

La Nuit de la Grande Chaleur fait partie d’une série de productions à tout petit budget tournées par Terence Fisher (Le Cauchemar de Dracula) entre deux contrats pour la Hammer. Des contrats qui ont commencé à s’espacer après l’échec du Fantôme de l’Opéra en 1962. Le réalisateur pouvait tout de même compter sur ces deux gentlemen qu’étaient Christopher Lee et Peter Cushing, qui l’ont imposé sur certains projets et qui ont accepté de participer aux deux micro-budgets de Planet Films Productions, L’Île de la Terreur et La Nuit de la Grande Chaleur.

Ces deux longs métrages ont comme point commun d’avoir un scénario qui est proche dans l’esprit des bisseries de S.F. mâtinées d’horreur qui ont déferlé sur les écrans U.S. dans les années 50. Mais s’il peut compter sur une bonne distribution (même si Peter Cushing est tout de même sous-exploité…il n’est vraiment là que pour une participation amicale et il ne force pas son talent), La Nuit de la Grande Chaleur est le moins bon des deux. Terence Fisher a fait ce qu’il a pu avec les faibles moyens à sa disposition, avec quelques bonnes scènes à souligner (comme l’utilisation des sons et du point de vue subjectif lors des premières attaques des aliens…simple et efficace), mais le scénario est bancal et se perd dans des sous-intrigues inintéressantes qui cassent constamment le rythme.
Quant aux créatures, des sortes de grosses méduses de l’espace, elles n’apparaissent que dans les 5 dernières minutes et leur compte est réglé avec une astuce digne du final de La Guerre des Mondes de H.G. Wells juste avant que le mot FIN apparaisse.

L’atout sexy de La Nuit de la Grande Chaleur est l’actrice Jane Merrow, qui campe une jeune femme aguicheuse venue sur l’île pour reconquérir l’écrivain après une courte aventure, quitte à détruire son couple. Un “triangle amoureux” moite (plus le film avance, plus les protagonistes sont débraillés et dégoulinants de sueurs) et ennuyeux, qui n’aide pas à dynamiser l’ensemble.

Pour la petite histoire, les droits de La Nuit de la Grande Chaleur ont été rachetés par une société spécialisée dans les films de charme (attirée certainement par le sous-entendu du titre). Le film a donc connu une brève exploitation avec un nouveau montage lardé de scènes pornographiques. Sur l’affiche de cette version, ce sont les noms des actrices qui sont mis en avant et pas ceux de Lee et Cushing.

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