L'ÎLE DE LA TERREUR (Terence Fisher)


(Le Doc) #1

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REALISATEUR

Terence Fisher

SCENARISTES

Edward Mann & Al Ramsen

DISTRIBUTION

Peter Cushing, Edward Judd, Carole Gray, Eddie Byrne…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : Island of Terror
Année de production : 1966

Dans les années 60, plusieurs sociétés de production britanniques ont surfé sur la vague du renouveau du cinéma d’horreur initié par la légendaire Hammer Film Productions. Il y a celles qui ont marqué les amateurs du genre comme Amicus et ses films à sketches (Tales from the Crypt, Le Caveau de la Terreur…) et Tigon avec des titres aussi forts que Le Grand Inquisiteur avec Vincent Price et La Nuit des Maléfices de Piers Haggard. Et puis, il y a celles que le temps a oublié, comme Planet Films Productions, qui a livré une poignée de bisseries entre 1963 et 1967.

Des productions Planet (que l’on peut voir comme l’équivalent british de ce qu’était la Monogram Pictures pour les grands studios hollywoodiens) ne sont sortis que 3 films d’horreur souvent mâtinés de science-fiction. Et si les budgets étaient très, très modestes, Planet Films a pu s’assurer les services des stars de la Hammer qu’étaient le réalisateur Terence Fisher (qui a dirigé L’Île de la Terreur et La Nuit de la Grande Chaleur) et ces deux stackhanovistes du genre qu’étaient Peter Cushing (à l’affiche des deux longs métrages précédemment cités) et Christopher Lee (à l’affiche de La Nuit de la Grande Chaleur).

Mais si Terence Fisher reste le metteur en scène incontournable dès qu’on parle de la Hammer, il s’avère que ses relations avec la direction du studio, et particulièrement avec le big boss James Carreras, n’étaient pas toujours au beau fixe. Après l’échec de sa version du Fantôme de l’Opéra (1962), la Hammer a même mis fin au contrat de Terence Fisher pour finalement le réengager deux ans plus tard. Entre-temps, Fisher n’a pu tourner qu’un seul film, un Sherlock Holmes franco-italo-allemand avec Christopher Lee dans le rôle-titre (un échec).
De 1964 (La Gorgone) à 1974 (Frankenstein et le Monstre de l’Enfer, son ultime film), Terence Fisher n’a été employé par la Hammer qu’à six reprises (et pour la dernière, grâce à Peter Cushing). Entre deux contrats, Fisher a travaillé à l’économie pour ces petits studios mentionnés plus haut, la Lippert (The Horror of it all, The Earth dies screaming) et Planet Films.

L’Île de la Terreur en question est l’île de Petty, au Nord-Est de l’Irlande. Suite à une macabre découverte, un cadavre sans os, le médecin local se rend sur le continent et demande l’aide d’un éminent spécialiste, le docteur Stanley (incarné par le toujours impeccable Peter Cushing…un gentleman qui arrive à garder sa dignité même lorsqu’il enfile un préservatif géant). Face à cette situation qu’il ne s’explique pas, Stanley fait appel à un de ses jeunes collègues, le docteur West (Edward Judd). Tout au long du film, Stanley va en quelque sorte “s’effacer” auprès de West, devenant ainsi le faire-valoir de ce dernier. Mais le duo se complète bien, dans le déroulement de l’enquête comme dans les scènes d’action…

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Pour se rendre rapidement sur l’île, Toni, la richissime petite amie de West, leur propose d’emprunter l’hélicoptère de son père, à la condition qu’elle reste avec eux jusqu’à ce que le pilote puisse venir les récupérer quelques jours plus tard. Au demeurant très charmante, la jeune femme n’apporte rien à l’histoire et Carole Gray fait ce qu’elle peut avec un rôle pauvrement écrit.
West et Stanley découvrent alors que l’île abrite le laboratoire de savants qui travaillaient sur un traitement contre le cancer. Ceux-ci ont alors créé accidentellement une forme de vie basée sur le silicium et qui a muté pour devenir une créature tentaculaire qui se reproduit à volonté et que nos deux héros baptisent les “silicates”.

Ces “silicates” fonctionnent mieux quand le réalisateur suggère leur présence, à base d’effets sonores aussi intrigants que dégoûtants lorsqu’ils commencent à se repaître des os de leurs victimes. Lorsqu’ils apparaissent à l’écran, les limites du budget ne font par contre pas de miracles (on voit régulièrement les fils qui manipulent les tentacules). Terence Fisher sait tout de même bien faire monter la tension sur cette île reculée, avec quelques efficaces scènes-choc (personne n’est à l’abri) et un dernier acte plutôt intense qui voit les habitants repliés dans leur hôtel de ville subir les assauts des “silicates”.
On est certes (très) loin des grandes réussites du réalisateur de Frankenstein s’est échappé ! et Le Cauchemar de Dracula, mais cette série B proche dans l’esprit des productions U.S. des années 50 offre un bon petit suspense avec un chouette spécimen de “craignos monsters”.