LA NUIT DE TOUS LES MYSTÈRES (William Castle)

REALISATEUR

William Castle

SCENARISTE

Robb White

DISTRIBUTION

Vincent Price, Carol Ohmart, Richard Long, Elisha Cook Jr…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Titre original : House on Haunted Hill
Année de production : 1959

Ceux qui ont vu le merveilleux Panic sur Florida Beach de Joe Dante (consacré à ces séries B dont je parle à longueur de colonnes) n’ont certainement pas oublié le génialissime Lawrence Woolsey, interprété par le non moins génialissime John Goodman, cinéaste-bateleur qui parcourt l’Amérique pour promouvoir ses films d’horreur à grand coup d’astuces publicitaires comme le Sismo-Rama et l’Atomovision, termes qui ne veulent rien dire mais qui font forte impression sur une affiche ou dans une bande-annonce. Lawrence Woolsey est inspiré par le réalisateur et producteur William Castle, qui avait vite compris qu’une bonne publicité était importante pour se démarquer dans le monde florissant des bisseries à petit budget.

Les anecdotes rapportées dans le long métrage de Joe Dante sont toutes tirées des méthodes de travail de William Castle : il fut ainsi le premier à faire signer une assurance-vie aux spectateurs de Macabre (1958) au cas où l’un d’eux venaient à mourir de peur durant la projection. Pour The Tingler, ses équipes piégèrent des fauteuils de cinéma afin de faire sursauter et crier les spectateurs pendant le climax. Pendant 13 Fantômes, l’audience était équipée de films de cellophanes de couleur qu’ils pouvaient placer devant leurs yeux afin de faire apparaître les spectres. Et ainsi de suite…
Pour La Nuit des tous les Mystères, Castle avait imaginé l’Emergo. Un squelette émergeait d’une trappe fabriquée pour l’occasion et parcourait la salle au moment du grand final. Gimmick qui tourna court puisque le squelette était régulièrement prise pour cible par des mioches munies de frondes.

William Castle tenait à faire de ses films une véritable expérience interactive. Ce qui explique l’intro de La Nuit de tous les mystères qui voient les personnages principaux s’adresser aux spectateurs et les préparer aux événements qui vont suivre. Et quand Vincent Price vous parle, vous savez que la nuit ne sera pas de tous repos…

L’excentrique millairdaire Frederick Lauren et sa femme Annabelle organisent un jeu bien particulier : il offrira 10.000 dollars aux participants qui accepteront de passer une nuit entière dans sa maison qu’il dit hantée.
La nuit est à peine commencée que d’étranges événements commencent à se produire…

Le scénario assez improbable n’est pas la plus grande force de La Nuit de tous les mystères. Les motivations des personnages sont rapidement expédiées et l’histoire, malgré une explication finale qui tente de rationnaliser les choses, s’avère assez laborieuse. Par contre, William Castle n’a pas son pareil pour utiliser toutes les possibités de son magnifique décor afin de transformer la luxueuse maison (dont l’extérieur sera réutilisé dans de nombreux films et séries télévisées) en attraction horrifique de grande classe.
Chute de lustre, apparitions fantômatiques, passages secrets, flaques de sang, planchers qui craquent…tout y passe pour faire sursauter le spectateur dans cette ghost-story aux faux airs de récit à la Agatha Christie qui bénéficie d’une photographie soignée et d’une ambiance sonore très travaillée.

En maître d’oeuvre suave et manipulateur à souhait, le grand Vincent Price assure le spectacle. Classique et efficace, malgré son intrigue alambiquée, La Nuit des tous les mystères a fait l’objet d’un remake quarante ans plus tard : La Maison de L’Horreur de William Malone avec Geoffrey Rush, Famke Janssen et Jeffrey Combs.

[quote=“Le Doc”]
Ceux qui ont vu le merveilleux Panic sur Florida Beach de Joe Dante [/quote]

On m’en a dit le plus grand bien. Faut que je le voie, vraiment.

Jim