LA REVANCHE DE FRANKENSTEIN (Terence Fisher)

REALISATEUR

Terence Fisher

SCENARISTE

Jimmy Sangster

DISTRIBUTION

Peter Cushing, Eunice Gayson, Francis Matthews, Michael Gwynn…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : The Revenge of Frankenstein
Année de production : 1958

Sorti en 1957, Frankenstein s’est échappé fut un succès et marqua le début du renouveau des grandes figures de l’horreur sous la bannière de la Hammer Films. Le patron du studio James Carreras partit alors en Amérique pour négocier le financement et les droits de distribution de la suite avec juste une affiche sous le bras. Comme souvent dans ces cas-là, le scénario n’était pas encore écrit et l’auteur principal de la maison de tous les cauchemars, Jimmy Sangster, n’avait plus qu’environ six semaines pour le finaliser avant le début du tournage. Les productions s’enchaînaient et Terence Fisher a réalisé Le Cauchemar de Dracula et La Revanche de Frankenstein à la suite (les deux films sont sortis respectivement en mai et août 1958 en Angleterre).

Le seul « petit problème » est que le baron Frankenstein avait été envoyé à l’échafaud à la fin de Frankenstein s’est échappé. Jimmy Sangster a donc eu recours à une petite astuce pour que Frankenstein échappe à la guillotine, ce qui prend cinq minutes d’un court prologue avant un saut dans le temps de trois ans. Sous un faux nom (Victor Stein…oui, il ne s’est pas foulé sur ce coup-là), le baron exerce la médecine, en soignant aussi bien la haute bourgeoisie que les miséreux. Son affaire marche d’ailleurs tellement bien qu’elle provoque la jalousie des membres du conseil médical…

Cela avait été établi dès le premier volet : dans les Frankenstein de la Hammer, le véritable monstre est le baron. Il se fait ici plus insidieux, moins colérique que précédemment. Respectable en société (même si quelques scènes bien placées montrent bien à quel point ses contemporains l’ennuient)…mais la façon dont il traite les nécessiteux de sa clinique de fortune montre bien qu’il ne laissera jamais une petite chose telle que l’éthique se mettre en travers de ses projets. Peter Cushing incarne une nouvelle fois avec brio ce personnage aux multiples facettes, avec même un peu plus de subtilité que dans le long métrage de 1957.

Il n’y a pas vraiment de créature dans La Revanche de Frankenstein. Le baron a cette fois-ci créé un corps parfait, à l’opposé du patchwork défiguré campé par Christopher Lee. Et il y place le cerveau de Karl, son assistant au corps déformé depuis l’enfance. Karl est volontaire et la transplantation se passe bien. Mais après quelques jours, des effets secondaires commencent à se manifester. Le destin de Karl renforce son caractère tragique et la charge dramatique du récit.

Toutes ces nuances font de La Revanche de Frankenstein l’une des entrées les plus intéressantes du cycle Frankenstein de la Hammer. Terence Fisher sait faire monter les enjeux, menant à un dernier acte palpitant et une dernière scène qui ne manque pas de saveur car elle boucle en quelque sorte la boucle et s’inscrit pleinement dans le développement du personnage du baron initié par Jimmy Sangster un an auparavant.

Frankenstein s’est échappé et La Revanche de Frankenstein peuvent donc se voir comme un diptyque à part. Car le film a cette fois-ci été boudé par le public (peut-être à cause de l’absence d’une créature monstrueuse) et la Hammer a attendu 1964 pour relancer la série avec L’Empreinte de Frankenstein de Freddie Francis, toujours avec Peter Cushing mais sans souci de respecter une certaine continuité.

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